Arno Luzamba Bompere est né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, en 1985. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR), il vit et travaille à Strasbourg,en France. Le travail d’Arno Luzamba Bompere s’inscrit dans une démarche artistique transculturelle et pluridisciplinaire. Il explore des thèmes variés tels que l’identité, l’histoire, la mémoire,l’écologie, l’espace et le temps. Ses oeuvres s’inspirent d’archives, d’objets et d’oeuvres muséales, ainsi que de l’actualité internationale. Il crée des récits à travers le dessin, la peinture, l’installation et la performance, où l’image et le texte convergent dans une expression allégorique. Les faits historiques et contemporains s’y traduisent par un langage poétique, où les visuels reflètent les liens multiples qui,entre passé et présent, définissent les sociétés humaines. En réunissant symboles et images mentales dans une expression picturale singulière, les oeuvres d’Arno Luzamba Bompere déconstruisent l’Histoire en tant qu’écriture univoque. Retranscrivant la mémoire en tant que vécu intime et partagé, l’encre et l’aquarelle confluent dans une transcription évocatrice du réel, où l’image se fait plus évocation que représentation. Il a participé à plusieurs événements artistiques, résidences de création, expositions collectives et solo. Il a présenté ses oeuvres à la Biennale Yango de Kinshasa en 2015, au Palais des Beaux-Arts (Bozar) à Bruxelles, ainsi qu’à la Galerie Backslash (Paris) en 2024 en 2025 et en 2026. Ses oeuvres ont été exposées au Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren (Belgique)et au Bocs Art Museum à Cosenza (Italie). Elles figurent également dans la collection permanente de la Fondation Montresso à Marrakech. Arno Luzamba a collaboré et exposé dans différents lieux de Strasbourg, tels que la Galerie Retro Futur, la Galerie Inver, et la galerie L’Oiseau Rare qui lui a consacré deux expositions personnelles. Il est également actif dans plusieurs projets collectif et artiste résident au bastion 14 à Strasbourg depuis juin 2025.
Les recherches de Carmel Keane s’ancrent dans des problématiques sociologiques et féministes, en dialogue avec des questions liées à la subjectivité, au deuil et aux structures de pouvoir. Son travail explore la manière dont l’intime devient un espace politique et comment les récits personnels peuvent révéler des dynamiques collectives. Artiste et autrice, elle développe une pratique à la croisée de la photographie argentique, de la vidéo, de l’installation et de l’écriture poétique. Elle envisage l’image et le texte comme des outils d’analyse permettant de mettre en tension visibilité et effacement, exposition et protection. En 2024, elle a présenté son mémoire intitulé Journal Extime, qui explorait la notion d’« extimité », définie comme « le désir de rendre visibles certains aspects de soi jusque-là considérés comme intimes ». Inspiré par Annie Ernaux, ce travail reliait son récit autobiographique à des thèmes tels que la photographie amateur, les albums familiaux, la psychogénéalogie et l’héritage, tout en interrogeant leurs dimensions sociales et politiques. Elle travaille actuellement sur un recueil de poésie intitulé Arte Survie ainsi que sur un projet d’installation vidéo féministe, Zone Grise.
Au cœur de sa pratique, l’artiste s’attache à décortiquer les liens unissant le vivant à l’inerte, articulant sa réflexion autour de trois axes majeurs :
1. Le verre et le soi : une matière mémorielle
Le verre est pour Seunghee CHOI un solide qui conserve intrinsèquement la mémoire de son état liquide. Sa capacité à retrouver sa fluidité sous l’effet de la chaleur suggère que l’objet n’est jamais figé, mais engagé dans une mutation constante. À l’image du « soi » qui se façonne au gré du temps, le verre coule, se solidifie ou se brise. En se figeant à nouveau, il capture et révèle, par sa transparence, les traces cristallisées d’un instant éphémère.
2. L’extension du soi : possession et attachement
Son travail interroge également la transformation d’un objet industriel ordinaire en « objet d’affection ». En résonance avec la pensée de Hegel — pour qui la possession est une projection de la volonté dans la matière créant une « extension de l’ego » — l’artiste imprègne ses objets de son temps et de ses émotions. Une fois adopté, l’objet ne la quitte plus; il devient une parcelle de son propre être, étendue vers l’extérieur.
3. Métamorphose étrange : l’objet vivant
Enfin, l’objet, réceptacle de cette projection, acquiert une vitalité animiste et manifeste des formes humaines. Sous les mains de l’artiste, les anses s’allongent pour garder l’empreinte d’un geste, tandis que des attributs anthropomorphes surgissent pour capter les sons ou les parfums environnants. Cette étrange mutation abolit la frontière séparant l’inerte du vivant, faisant du verre le théâtre d’un dialogue entre ces deux mondes.
Ma pratique artistique à pris forme à l’intersection de la scène théâtrale et de l’atelier d’artiste, liant ces lieux par une pratique du dessin. Formé à l’atelier de scénographie de la HEAR à Strasbourg, j’ai mis y formuler mon intérêt envers les limites et les porosités existantes entre une scène et son contexte de création. Mon intérêt se portait sur les impossibilités d’habiter un lieu, une expérience ou encore une émotion vécue comme non consentis. Cela à orienté mon travail autour des notions d’héritage et de secret : ces sujets me poussant à interroger plus spécifiquement la place du silence dans nos transmissions et les potentielles violences qui gravitent autour.
Elana Gutmann brings together paintings and works on paper created in resonance with that which is not often noticed, seen or heard. In myriad forms, this latest body of the artist’s works considers touch, place, and scale as sensory points-of-entry to dream with, to contemplate, to imagine, and reimagine. Colors shimmer and cool, lingering and inviting suggestions of rivers, horizons, lush undergrowth, figure and form. They draw us in at close proximity and open from afar.
Elana Gutmann lives and works in Basel, and engages in project-based residencies and collaborations in a variety of countries and contexts. In concert with her work in the studio, Gutmann has been engaging in arts-in-social justice projects, primarily in Paris and New York, for over three decades. Her artworks are grounded in dialogue and a process of inquiry and discovery — a conversation with the work as it evolves. Inspired by her research into mycorrhizal networks, and exchanges with international scientists and ecologists, the artist’s latest body of work considers connectivity, imagination and flourishing in our relationships and interactions with all living things.
Deutsch :
Felix Kindeláns künstlerische Praxis bewegt sich im Spannungsfeld zwischen zeitgenössischer Abstraktion und barocker Bilddramaturgie. Ausgangspunkt seiner Malerei sind existenzielle Fragestellungen emotionaler Natur – innere Konflikte, Heilungsprozesse und Momente geistigen Wachstums. Die Bilder entstehen aus dem Bedürfnis heraus, unter die Oberfläche zu blicken: unter die Haut, hinein in den Kern menschlicher Erfahrung. Zentrale Figur von Felix Kindeláns Arbeiten ist der abstrahierte menschliche Körper. Dessen an muskulären Strukturen orientierte Form wird zum Träger psychischer Zustände. Fragmentierung und anatomische Übersteigerung symbolisieren die Komplexität von Emotionen und Persönlichkeitsmustern. So entstehen Bildräume, in denen Verletzlichkeit und Kraft, Auflösung und Verdichtung zugleich präsent sind.
Felix Kindelán versteht seine Malerei als „Existenziellen Barock“ – einen von ihm geprägten Begriff, der eine neue, zeitgenössische Richtung innerhalb der figurativen Malerei beschreibt. Sie verbindet dramatische Bildinszenierung mit persönlicher, psychologischer Tiefenschärfe und lädt dazu ein, sich jenseits äußerer Zuschreibungen im gemeinsamen Erleben von Verletzlichkeit und Transformation wiederzufinden.
Français :
La pratique artistique de Felix Kindelán se situe à la croisée de l’abstraction contemporaine et de la dramaturgie picturale baroque. Ses peintures s’inspirent de questions existentielles de nature émotionnelle : conflits intérieurs, processus de guérison et moments de croissance spirituelle. Les images naissent du besoin de regarder sous la surface : sous la peau, au cœur même de l’expérience humaine. La figure centrale des œuvres de Felix Kindelán est le corps humain abstrait. Sa forme, inspirée des structures musculaires, devient le vecteur d’états psychiques. La fragmentation et l’exagération anatomique symbolisent la complexité des émotions et des schémas de personnalité. Il en résulte des espaces picturaux où la vulnérabilité et la force, la dissolution et la condensation sont simultanément présentes.
Felix Kindelán conçoit sa peinture comme un « baroque existentiel » – un terme qu’il a lui-même inventé et qui décrit une nouvelle tendance contemporaine dans la peinture figurative. Elle combine une mise en scène dramatique avec une profondeur psychologique personnelle et invite à se retrouver au-delà des attributions extérieures dans l’expérience commune de la vulnérabilité et de la transformation.
In contemporary society, social norms, gender roles, and forms of communal belonging are in constant transformation. These shifts are not only conceptual but deeply embodied: power, inclusion, and exclusion are experienced through posture, gesture, proximity, and affective resonance. At the same time, the increasing reliance on digital communication reduces physical presence and attenuates shared, bodily experience.
In my work, I explore and render visible this corporeal dimension of social life. Through moving image and choreographic processes developed with participants, I investigate how social structures are inscribed, performed, and transmitted through the body. My work reveals the subtle ways in which collective dynamics take shape in movement, relation, and sensation.
By engaging both participants and audiences in sensory and affective experiences, my work seeks to foster empathy, deepen social awareness, and cultivate a more nuanced understanding of collective existence. It invites viewers not only to observe, but to feel and reflect on their own embodied position within social systems.
Ultimately, I propose that societal transformation is not solely discursive, but lived and co-created through the body. My practice offers a reflective and participatory framework of moving image that engages embodiment as a site of social negotiation and potential change.
Kann ich, ja, besuchen sie mich im Atelier!
In 2024 I started painting stones. For me, painting a stone means giving up before I’ve even started. A closer look at a single stone reveals countless colors, contrasts, shapes and facets. This motif, which always remains incomplete, and the continual approach towards it, are reflected in my painting process. Some of the depicted stones are imitated from nature, others are imaginary. In the paintings, I place several of them next to each other or one behind the other on a background that looks like a star or an explosion and is partially or completely obliterated by the stones. Despite the power of the stones, they cannot escape the influence of the background. The stones themselves are painted with glazes – in some places opaque, in others transparent, whereby the light from the underlying layers helps to determine their appearance on the stones. How and where they are placed in the composition, what shapes and colors they have and how much they shield from what is behind them is decided by an associative or intuitive approach directly while painting on the canvas. This results in a continuous series of paintings. The starting point for these works is a small castle ruin north of Zurich, which I have visited several times. About 1000 years ago, many stones were built into a large one for protection and after its use, this large stone fell apart again into many smaller ones. Construction and destruction, transience and usefulness come together in this place.