Hervé Le Bis

Démarche artistique: J’ai commencé à peindre en autodidacte vers l’âge de trente ans. Puis j’ai senti la nécessité de trouver une cohésion dans mon travail, ce qui m’entraîna à fréquenter l’école des Arts décoratifs de Strasbourg en cours du soir pendant quatre ans de 1982 à 1986. Fort heureusement, le professeur de couleur, Monsieur Gérard Haug me fit comprendre l’importance de toujours chercher « l’essentiel ». Pour moi qui avais une propension à la dispersion, aujourd’hui, je le remercie de m’avoir permis de réfléchir la peinture, en terme de taches colorées au-delà de toute narration. Quatre ans plus tard , il me fit comprendre que je n’avais plus besoin de soutien institutionnel et je quittais alors les Arts déco. J’eu l’occasion de partir quelques temps en Martinique, et c’est à ce moment là que ma peinture a vraiment trouvé un sens; Celui des « sens », car maintenant quand je peins, j’ai toujours ce même plaisir épicurien à savourer la couleur comme quelque chose de gustatif, qui m’entraîne dans un état de contemplation loin des turbulences de la pensée discursive. Je n’ai pas la prétention d’être affecté d’une mission particulière face à l’histoire de l’art, mais tout simplement de réconforter par l’émotion picturale, celle que l’on peux ressentir en présence des oeuvres des peintres « Fauvistes » tels « Derain, Vlaminck, Matisse…. »

Eden Lefevre

Une comète mélancolique, de grandes sphinges à têtes de chattes, une pince de mante religieuse et des Madones âgées de trois siècles ; mes sculptures et dessins se nourrissent d’imagineries symboliques aux acidités harmonieuses. J’aime interroger les choses et objets qui habitent nos quotidiens, sonder leurs identités, leurs charges historiques, politiques et affectives. C’est en mettant en tension les limites normées, en me les appropriant, les détournant et les réinvestissant, que je puise mes formes intuitives : poétiques et émancipatrices.
Pensives et précieusement arrangées dans l’espace, mes installations deviennent
narration où discours dominants et transversalités piquantes se charment et s’affrontent (…)

Ann Loubert

Le travail d’Ann Loubert est en prise directe avec le réel : portraits, paysages, scènes de vie, fleurs… Elle dessine et peint avec le sujet sous les yeux, sans passer par l’intermédiaire de la photo. Sa démarche est double : la pratique nomade du dessin, assidue, quotidienne, lui permet de glaner des images, des moments de vie, par des croquis rapides et instantanés ; la pratique de l’atelier, nécessairement sédentaire, propose une autre temporalité. Ce travail sur le motif donne une peinture figurative mais allusive, pratiquant l’ellipse, la suggestion, la recherche de lignes épurées. Les techniques et les matières sont choisies pour leur fluidité – aquarelles, encres sans épaisseur… – et permettent de saisir une réalité mouvante, parfois fugace.

Dominique Lentz

 Gribouilleuse, dessineuse, graveuse, estampeuse, sculpteuse…peintre parfois… depuis ma naissance…J’utilise des moyens techniques tels que ceux de la lithographie sur pierre, la gravure sur métal, sur plexi ou rhénalon et sur lino…mais aussi ceux de la sculpture en terre, actuellement plus particulièrement de la porcelaine, sur laquelle je fais parfois des transferts de textes de dessins ou d’autres images. Mon travail quelle que soit la technique utilisée, raconte des histoires…non préméditées…qui suggèrent un univers plus rêvé que réel, inspiré de la nature et du vivant…il est possible que les craintes des dangers immédiats ou plus lointains de notre quotidien et ceux qui mettent en jeu l’évolution de notre monde, s’y insinuent discrètement…

Philippe Lutz

Depuis plus de vingt ans, je publie quotidiennement une photo que j’ai prise en cours de journée, en la mettant en ligne sur mon site Internet La photo du jour. Ces photos sont un peu des haïkus visuels, qui rendent compte d’un instant où il m’a semblé « voir » quelque chose. À ce titre, elles témoignent de mon regard tout autant qu’elles témoignent du monde où je vis. Ces milliers de photographies prises au fil des jours constituent également un énorme réservoir d’images, dans lequel je puise à l’occasion pour concevoir des expositions…

LaGraineMère

J’ai toujours dessiné. Pourtant, cinéphile et passionné par l’image, c’est avec la photographie, la vidéo et l’écriture de scénario que je commence mon aventure artistique en autodidacte. A 30 ans, je reprends mes études. Après un DAEU, je reviens aux sources de mon expression visuelle en 2006-2007, en suivant une année de prépa aux Ateliers des Arts Plastiques de Colmar. Par la suite, je réalise une série de toiles, en techniques mixtes, sur le thème de la Naissance, de son Mystère et de la place de l’Homme dans la Nature, en réinventant mes propres mythes. C’est sous la forme d’une graine que se cristallise désormais ce sujet. Par la répétition, je crée un langage primaire, enfantin, pour transfigurer et réinventer le réel et faire émerger un regard nouveau sur ce qui nous entoure.  Outre la peinture, je pratique l’illustration jeunesse, et depuis 2022, la linogravure. Cette technique permet d’allier le dessin et le geste de gravure, qui se rapproche de la sculpture. La transposition sur le papier est mécanique : elle autorise la duplication d’une même image à l’infini, en jouant avec le support et les couleurs, donnant une identité propre à chaque impression. C’est sous la forme d’un atelier participatif que je tisse le lien avec le public. J’expose mes œuvres, propose mon univers graphique, que chacun peut s’approprier en  imprimant lui-même une plaque et prendre ainsi part au geste artistique. SUM Romuald

Julie Luzoir

Julie Luzoir cherche à interroger nos certitudes. Par le dessin, l’interview, la performance, elle pose des questions contemporaines pour participer au grand débat polyphonique de nos sociétés. L’artiste cherche à donner voix à ceux qui attendent, celles qui luttent inlassablement, à ceux qui fuient, à celles qui travaillent, à ceux qui se noient, à celles qui partent, à ceux qui restent, à celles qui savent, à ceux qui sont nés dans le nouveau millénaire, à celles et ceux que nous n’entendons pas… Un regard sensible sur le monde, pour que quelque chose surgissent chez le public qui y fait face. En collectif — au sein du duo ramel · luzoir — Julie réalise des projets graphiques au service de structures privées, d’associations, de services publics et d’institutions culturelles.

Claudine Leroy Weil

« Puiser dans la terre, tendre vers le ciel Nous connaissons d’elle ses sculptures: des créations d‘une force lumineuse et élégante, offrant à nos yeux une retenue mystérieuse en même temps qu’une solide présence entre ancrage et mouvement. Les tableaux que nous montre Claudine Leroy Weil aujourd’hui révèlent à quel point son art peut se lire sous différents angles. Sa peinture expose une nouvelle dimension de son travail: des fragments intimes d’un cheminement autonome. Cette artiste suit sa voie avec persévérance et dévouement, confortée par la puissance de l’inspiration. » Sabine LUBOW, rédactrice, traductrice et journaliste indépendante Dans ma sculpture « les volumes se rencontrent et se tutoient » (Paul Ambille) . Dans ma peinture ce sont les corps qui se rencontrent, parfois se traversent ou se côtoient .Mon travail se nourrit tout autant de l’énergie vitale de la nature, la montagne où je vis, que des énergies et sensations corporelles liées aux arts énergétiques et à la danse. Ce qui me touche : la présence et l’espace entre les êtres, ce qui se joue entre eux, les liens visibles ou invisibles et l’histoire qui se tisse.

Coralie Lhote

Je crée à partir de mon désir de manipuler et façonner les formes, de les collecter, notamment les formes corporelles que ce soit les miennes ou celles plus imaginaires d’un corps qui se veut varié et mouvant. Dans mes créations plastiques, je considère le corps, de par sa fragilité et son instabilité, comme un outil formel et esthétique. Je traite plus spécifiquement de la peau, des surfaces, de la matière. J’assemble des fragments en mêlant organique et fabriqué. On retrouve dans ma production une dimension de représentation personnelle. Il s’agit de suggestions, d’évocations et de tensions entre des apparences sages et maîtrisées et des orientations sourdement ou manifestement charnelles et davantage instables. Je joue et questionne également les formes, les signes de mon identité. Je joue avec les ambivalences sexuelles, avec les formes du genre, avec comme volonté de partager mes expériences et questionnements avec le spectateur autour de la représentation de soi. Mes créations se évoluent pourtant davantage en une relation entre corps et surface, sur ce qui est visible et palpable.