Marc Gouvion

L’œuvre de Marc Gouvion est une ode à la matière, une exploration où le métal, matériau par essence froid et industriel, se métamorphose en organismes vibrants. À partir de composites hétéroclites — métaux neufs ou rongés par la rouille, chutes industrielles et pièces utilitaires — le sculpteur gère des paradoxes pour donner naissance à des formes inédites, transfigurant le quotidien à l’emporte-pièce.  Sous le feu, l’artiste fait ployer le fer, créant des compositions qui s’échappent de leur socle minéral. Bien que s’inscrivant dans une abstraction assumée, ses sculptures ne sont jamais inertes : on y devine des réminiscences de cellules, des germinations végétales ou des corps en mutation. Loin d’une géométrie rigide, ces éléments convoquent une sensation de vie latente. L’acier semble respirer, s’étirer ou se contracter, illustrant cette union sacrée où le minéral rejoint le vivant. Chaque pièce devient le temple d’un mouvement silencieux qui semble se poursuivre bien au-delà de sa structure physique.  Les sculptures de Marc Gouvion agissent comme des réceptacles de lumière, des interfaces captant les variations célestes. Les reflets et les ombres portées ne sont pas des accidents optiques, mais une part intrinsèque de l’identité de l’œuvre, une « âme lumineuse » qui évolue selon les astres et les saisons. Cette interactivité invite le spectateur à une contemplation sans cesse renouvelée.  Au-delà de l’esthétique, cette démarche résonne avec les enjeux environnementaux actuels. En transformant le manufacturé pour évoquer le naturel, l’artiste souligne la dualité de notre rapport à l’environnement : nous sommes à la fois les observateurs et les acteurs de sa fragilité. La tension entre la rudesse du matériau et la délicatesse des formes organiques interroge ainsi la place de l’homme et de ses constructions au sein des écosystèmes.

Marion Galut

Rendez-vous au début de chaque heure : séance vidéo (30 min) ou performance (1h). Sur inscription de préférence, par SMS au 06 12 29 01 16. Places limitées, dès 15 ans.

Métasynergie

Un art de l’expérience*

Métasynergie désigne ma démarche artistique consacrée à l’exploration de la perception et des états de conscience. Elle articule installations immersives, vidéos lumineuses, dispositifs sonores et performances au sein d’un même champ expérientiel.

Mon travail se situe à la croisée des arts immersifs, des recherches contemporaines sur la perception, de l’hypnose, des neurosciences et d’une pratique méditative et énergétique menée depuis plus de trente ans. 

Toutes ces formes partagent une même dynamique : le spectateur n’est plus simple observateur, il devient acteur et co-auteur de l’expérience. L’œuvre agit comme un champ d’interaction où les forces perceptibles, lumière, son, mouvement, rencontrent des dynamiques plus subtiles, souffle, concentration, intention, énergie.

Elle n’est pas un objet à contempler, mais un milieu à traverser. La synchronisation des langages sensoriels crée une cohérence perceptive : la focalisation stabilise l’attention, la progression temporelle accompagne le système perceptif, le rythme densifie la présence.

Ce processus de convergence sensorielle, technologique et énergétique produit un effet global dépassant la simple addition de ses composantes : une forme d’alchimie artistique. Il ne s’agit ni de représenter ni de démontrer, mais de créer des conditions perceptives précises dans lesquelles la conscience peut se modifier, s’intensifier ou se déplacer.

Mes performances prolongent cette recherche dans la relation directe. Par une gestuelle lente, une attention soutenue et un travail de présence et de rayonnement, j’ouvre un espace où regard, intention et énergie deviennent actifs. La performance devient un champ vibratoire partagé, propice à l’émergence d’une expérience singulière.

 

Le dispositif, technologique ou humain, devient un pont entre conscient et subconscient, entre artiste et spectateur. L’expérience peut demeurer esthétique ou s’approfondir selon l’engagement de chacun.

 

Chaque œuvre peut être traversée selon trois dimensions :

– Sensorielle, comme immersion dans un champ vibratoire de lumière et de son transformant le rapport au temps, à l’espace et au corps.

– Intentionnelle, comme concentration de l’attention créant un passage entre conscience et subconscient, où l’intention peut s’inscrire et se déployer.

– Énergétique, lorsque l’engagement volontaire de certains centres perceptifs conduit à un élargissement de la conscience.

Ces dimensions coexistent sans hiérarchie.

La métasynergie ne promet aucune transformation. Elle pose un cadre rigoureux où perception, intention et présence peuvent entrer en résonance.

L’art devient alors un catalyseur : non un discours sur la conscience, mais une expérience située.

Un espace de traversée où peut se rendre sensible une force intérieure déjà là.

Guillaume Chauchat

Arrivé aux Ateliers bois de la COOP en octobre 2023,
Guillaume Chauchat s’y attelle à explorer de nouvelles pistes.
Un axe principal : faire dialoguer le dessin et le volume dans l’espace.
Il profite également de la proximité d’artistes et de structures avec lesquels il poursuit ses expérimentations  :
Manuel Zenner, graphiste avec lequel il travaille depuis plusieurs années sur ses livres et avec lequel il partage son nouvel atelier :
Je me suis caché, éd. Albin Michel Jeunesse
Un lisou, éd. Biscoto
La Flaque d’eau Bleue, éd. La Partie…
et d’autres à paraître,
Emmanuelle Giora, céramiste avec laquelle il partage ses préoccupations de dessin et de volume, pour donner naissance tant à des objets utilitaires décorés que des modelages inutilitaires.
Gargarismes, et son éditeur Pierre Faedi, qui continue de bien vouloir donner naissance à des livres étranges.
BOOMSHAKALAKA
Trois petits livres …
et d’autres à paraître,
Les éditions 2024, qui après avoir publié son premier livre il y a onze ans remettent le couvert avec la sortie de Je suis un Américain, en avril 2024
Il se passe des choses T.1, T.2, T.3
Fesse
Vu, lu (collectif)
Le Roi de la lune T.1, T.2, de Donatien Mary et Bérengère Cornut (lettrage)
et d’autres rencontres à paraître…

Salomé Garraud

Diplômée de la HEAR à Strasbourg, mon travail se développe principalement par la pratique de l’illustration et du dessin. Au fur et à mesure, j’affine et réinvente mon langage visuel, composé principalement de couches de crayons de couleurs, au travers desquelles je laisse différentes interprétations ouvertes et la possibilité pour le spectateur de se raconter sa propre histoire.  Dans mes travaux, la représentation d’une nature idéalisée prend une grande importance. Les végétaux, la mer et surtout le ciel se déclinent, de manière orageuse, étoilée ou brumeuse, et se mêlent aux personnages représentés pour évoquer le temps qui passe, la solitude ou une douce mélancolie. Le rapport au corps, à la mutation et la métamorphose est également au centre de ce que j’aime représenter.  Je pratique principalement le crayon pour le rapport au temps long qu’il permet de trouver dans la création : une image se construit au fur et à mesure, lentement, morceau après morceau. Je cherche toujours à donner du temps à mes images, à les rendre précieuses et uniques à la recherche d’une manière de crayonner qui me semble parfois plus juste qu’une autre. J’aime jouer sur la délicatesse de certains traits qui se devinent plus qu’ils ne se voient parfois, à l’image de la sensibilité que j’essaye de percevoir, archiver et transmettre à travers mes dessins.  Le choix de couleurs pastels me permet de réaliser des tracés subtils, parfois presque invisibles, à l’instar des traits ou des aplats de crayons gommés que je conserve. Ils me permettent parfois, en heureux accidents, de trouver une nouvelle superposition de couleurs plus intéressante que la précédente, ou alors ils apparaissent discrètement dans l’ensemble du dessin, selon l’angle avec lequel on les observe. Je tente avec le temps, de garder toute la poésie de ces soit disantes ratures, ces « anomalies » de traits, discrètes, mais bien là, telles des fantômes de papier, une interprétation qui me plaît tant elle convient à ma façon d’envisager mes images.  En effet, si j’ai toujours choisi le dessin comme technique artistique de prédilection, c’est parce qu’il a toujours été pour moi une langue à part entière, une forme de poésie, une façon d’exprimer des sentiments enfouis, qui se gâteraient peut-être si on essayait de les décrire autrement.  Actuellement, je travaille à des projets d’éditions d’albums illustrés, de séries d’estampes et de dessins et de recueils de textes.

Joachim Galerne

Joachim Galerne naît en 1991 à l’Haÿ-les-roses. Son père est roboticien, sa mère est institutrice et collectionne les illustrés. Dans l’école nouvelle où il est élève, il voit pour la première fois une presse typographique sur laquelle il imprime son tout premier fanzine, Cauchemars, avec ses camarades.

Plus tard, dans l’atelier d’un sculpteur, il s’initie au gâchage du plâtre avant de se tourner vers l’illustration. Il étudie alors au Lycée Auguste Renoir à Paris, puis à la HEAR Strasbourg dont il sort diplômé en 2019. Cette année là, il co-crée le collectif de micro-édition Discovery Much, et en 2020 il publie le petit livre Chimico, aux éditons Flûtiste.

Son univers graphique et ses productions oscillent entre volume, dessin et image imprimée ou animée. Il vit et travaille à Strasbourg.

Anina Groeger

Dans ses créations Anina Gröger se base sur des phénomènes vus et vécus dans la nature : eau et vapeurs, ombres et lumières, apparitions dans le ciel. Le fugace et l’éphémère nous entraîne dans cet univers éthéré. L’aspect concret du paysage se concentre au travers de la perspective de son langage visuel et fait passer par le filtre du souvenir les impressions qui se mêlent, pendant l’acte de peindre, à l’humeur intérieure et subjective de l’instant. L’artiste concilie dans sa peinture une force expressive presque brutale avec une richesse de nuances infinies, de demi-teintes subtiles passées au crible de sa sensibilité et de sa réflexion.

Romain Goetz

Romain Goetz est un graphiste, développeur web, illustrateur, photographe et peintre Strasbourgeois.   

 

Depuis 2016, il travaille comme graphiste indépendant. Il accompagne des projets au long cours et évolue de la conception à la fabrication, grâce à une vision globale et fédératrice. Il collabore notamment avec le secteur culturel et associatif, avec la restauration, ainsi qu’avec des agences de communication et des entreprises de toutes tailles. Son univers est vibrant, coloré et dynamique. Il emploie les nombreux outils de la création graphique pour construire des identités fortes et cohérentes.   

 

Sa pratique d’illustrateur s’y inscrit en suite. L’artiste y travaille principalement la commande, où il complémente ses univers graphiques par des dessins, des images, des peintures. Elles se déploient sur de nombreux formats et matériaux : la carte d’un restaurant, des étiquettes de vins, l’intérieur d’un rapport d’activités, les interstices de sites internets. Tous deviennent autant d’espaces d’expressions et de transformations. La relation de Romain Goetz avec le public se déroule par le biais d’un objet utile, pourtant, elle apporte un retournement, un carnaval d’idées et de mélanges de genres .Le cartoonesque, la dérision et l’audace se mêlent aux techniques traditionnelles, à un travail minutieux et sensible.   

 

Enfin, comme peintre et dessinateur, Romain Goetz présente un travail plus intime et introverti. Au contact du terrain, à l’arpent du paysage, que l’artiste vit comme une rencontre, il cherche un échange avec le « plus que soi ». Il cherche la survivance du sauvage, une certaine étincelle, les tremblements qui émergent. L’artiste est à la recherche des lumières, des couleurs, des vibrations des moments plutôt qu’à leur représentation. En découle une œuvre disparate, autant toile que carnets, papier trouvés et morceaux d’écorces, dessins d’atelier et croquis de bivouacs.

Vanessa Garner

Née en 1993. L’artiste considère que le métissage est une pleine composante de son identité. Dès l’enfance, la question de l’identité se posait déjà. Jeune femme eurasienne (d’une mère thaïlandaise et d’un père français), elle est aussi petite-fille de nomades qui sillonnaient jadis le Siam et l’Asie du Sud-Est. Bercée par des cultures différentes, l’artiste grandi avec un sentiment de flottement. Son travail artistique permet à l’artiste d’explorer son métissage et sa féminité pour en faire une véritable force, presque spirituelle. Un univers unique découle de ses œuvres, infusé d’une mythologie personnelle influencée par ses origines, l’art brut, ainsi que les arts asiatiques et africains, qui lui permet à la fois d’explorer son rapport au monde, et son identité. Pour l’artiste plasticienne, le questionnement identitaire se définit à travers l’articulation de ses outils plastiques. Variant les techniques et médiums, en passant par la peinture et l’installation.

Yutao Ge

Je travail peinture à huile, sculpture en céramique et du bronze

Jean-Marie Ganeval

Avec une maman potière, un papa comédien, sensible à la poésie et passionné par la mécanique des voitures anciennes, comment Jean-Marie Ganeval pouvait-il échapper à la passion et au plaisir du beau ? C’est ainsi qu’il est venu à l’art par le dessin. Son enfance a été une longue suite d’observations, de traits, d’esquisses, de formes et de couleurs. Plus tard c’est dans les musées qu’il a saisi le volume en dessinant les sculptures des collections. Ce foisonnement en deux dimensions a vite été un frein à son envie de se relier aux espaces. La sculpture est venue par une suite de rencontres et de compagnonnages artistiques en France et en Nouvelle-Calédonie.

Jean-Marie Ganeval sculpte ce qu’il entrevoit du beau, de la vie, de la finitude, comme autant d’immersions dans un univers personnel et infiniment humain. 

L’art est une reconquête, chaque sculpture est un nouvel ordre non dogmatique, où la seule règle serait d’être dans une reformulation du sensible. Comme s’il en était le reporter il rend compte de vérités et de l’impalpable, en genèse et en esprit. Chaque œuvre est une nouvelle onde, une voie alchimique aux confins de ses rêves. 

Par son chemin de vie, il témoigne de notre besoin d’harmonie. La sculpture lui offre le moyen de construire des ponts entre des humanités dispersées. Pour lui, le chaos est une sorte d’anachronisme esthétique qu’il essaie sans cesse d’apaiser et de canaliser. Dompter le désordre pour mieux restituer ce qui parait antagoniste, pour tordre le cou aux conventions car elles opposent plus qu’elles n’unissent. Rien n’est dit mais tout s’exprime par la voie des trois dimensions. 

Son art ne reformule pas, il exprime des sensations fugaces rencontrées à mesure. Cependant, il donne forme à un son éternel, comme un hymne aux symboles invisibles de la vie. De son passé de violoncelliste lui reste le désir d’une partition esthétique faite de rythmes, de sons intérieurs, de silences, et de rencontres entre des entités sculpturales et l’air qui nous enveloppe.

Le « sensible » revient souvent dans ses explications. Une recherche est à l’œuvre, celle du regard porté sur les origines, toujours aussi présentes en nous alors que notre univers n’entretient plus la même relation au temps. Retour aussi vers des fondamentaux qui entretiennent un rapport étroit avec les éléments. L’œuvre nait de la confrontation avec la matière. Elle la transcende.

Le bois, le métal forgé ou fondu, la terre, le plâtre, la pierre, transportent ses pensées. Pour l’artiste ils sont catalyseurs. Pour le regardeur, ils sont autant d’invitations à toucher, à voyager, à s’émouvoir, à se détourner aussi, cela arrive, mais toujours il se passe quelque chose, un entre-deux magique et sacré, qu’il faut entretenir et défendre. La vérité est celle qui vient du cœur, la métamorphose de la matière ne peut s’accomplir qu’à cette condition.

Jean-Marie Ganeval a la sculpture au cœur et nous invite à voyager au cœur de ses œuvres.