« Je travaille, disons, à quelque chose comme un collage généralisé ; rencontre forcée entre des éléments autobiographiques, des formes et techniques empruntées à l’art expérimental et des références culturelles lues, vues et entendues.
De quoi ça parle ? Je crois que — à l’exception peut-être de la série de dessins titrés “Les lents”, et encore… — un des arrière-fond possible est Internet et la numérisation généralisée, l’accumulation absolument délirante d’archives, actuellement en cours, avec parfois la découverte de textes, d’images ou plus simplement des témoignages de modes de vies qui nous semblent inouïs. Concernant le collage, au sens large, je trouve que l’on accorde généralement beaucoup trop d’importance à la question du sens, là où je cherche quelque chose de l’ordre de la surprise et du rebondissement, rebondissement du sens par exemple.
C’est un grand mot mais mon idéal d’art est multidimensionnel, multidirectionnel et personnel. »
Sous la shed, côté sud, 5eme étage de l’ancien bureau d’administration de la COOP Alsace transformé en loft-atelier.
Un lot brut composé de matières qui se retrouvent dans mes travaux photographiques.
Ma cabane à la Coop s’ouvre sur une bibliothèque qui me livre, sur un décors rempli de cartons où se joue plusieurs actes,
sans toutefois obstruer ma ligne d’horizon.
Côté cours, une installation enneigée rend hommage au ready-made et questionne la qualité de mon environnement.
En face, une table lumineuse laisse entrevoir des suites.
Côté jardin, eh bien c’est la terrasse, le jardin, mon poste d’observation du paysage en pleine mutation.
Au nord, un meuble de métier révèle mes bondieuseries, mes tirages d’arts et les maquettes d’ouvrages en cours.
Le bureau de l’administration lui, dévoile 3 ans de travaux sur l’architecture et la métamorphose de mon quartier.
Au sud, un coin lumineux avec mon fleuve fétiche.
L’espace peut paraître assez éclectique, pourtant ici tout converge.
L’atelier « Aéronautique Domestique »
Les œuvres de Valentine Cotte s’inspirent librement de l’esthétique médiévale, convoquant un imaginaire d’avant la modernité, empreint de spiritualité, de mysticisme et de luttes collectives. Dans ses images le corps, ses blessures, ses soins et ses cicatrices, occupent une place centrale, et la mémoire des souffrances vécues côtoie celle des guérisons possibles. Les chevaleresses qu’elle imagine sont revêtues d’armures en porcelaine brisées et réparées à la feuille d’argent, ou recouvertes de cotte de mailles minutieusement assemblées. En revisitant l’iconographie martiale et virile des chevaliers traditionnels, l’artiste inverse leurs symboles et célèbre la fragilité, la résilience et le soin. L’univers de Valentine Cotte aborde de manière détournée des thèmes sensibles comme la famille, la santé mentale et l’effacement des voix minoritaires dans l’histoire de l’art, et se présente ainsi comme une réflexion sur la réparation, intime et collective, et sur la capacité à se relever. (Texte de Julien Bouharis)