L’atelier fait partie d’un ensemble d’ateliers, appelé Zone d’art. Il se situe au 1er étage, au bout du couloir, couloir qui fut un jour baptisé Le Couloir, espace servant temporairement de lieu d’exposition pour les artistes de zone d’art et d’ailleurs.
Cet atelier d’artiste, situé au 16 rue Mercière à Mulhouse, a été conçu dès l’origine par l’architecte chargé de la réalisation de l’immeuble au XIX ème siècle.
Il est le dernier atelier encore existant dans le centre historique de la ville, il a depuis sa création toujours hébergé des artistes, peintres et photographes.
Au bas de l’immeuble, pour accéder à la sonnette de l’atelier il faut faire le 11, lorsque le nom de Latuner apparaît vous pouvez sonner. L’atelier est situé au 4 ème étage sans ascenseur.
Mon atelier où je travaille chaque jour est situé au sous-sol d’une maison. Une porte vitrée s’ouvre sur un espace où des toiles sont en cours de séchage, d’autres attendent leur vernis. Puis nous entrons dans l’atelier principal où je travaille, soit à l’huile ou à l’acrylique au chevalet. Ce n’est donc pas une galerie, mais un atelier authentique que j’aime, où je me sens bien.
Dans le charme d’une ancienne ferme, lieu d’exposition insolite. C’est naturellement, pour répondre à une envie d’exposer mes sculptures, que je me suis lancée dans l’organisation d’expositions. Ayant un espace dédié à ce genre d’événement, une cour de ferme et une grande grange, et des artistes prêts à se joindre à moi, amis des arts décoratifs et de la faculté d’arts plastiques de Strasbourg.
L’aventure débute timidement en 2003 à quatre personnes pour devenir un rendez-vous annuel d’une quinzaine de peintres, sculpteurs, photographes, qui désirent rejoindre l’événement spontanément jusqu’en 2014. Une interruption pour raisons professionnelles marque la fin de ces rendez-vous que je souhaite relancer.
Le lieu accueille des ateliers et me permet de réaliser de pièces grandeur nature.
Selon les éditions et les opportunités, l’événement est agrémenté de spectacles ou de concerts, DJ pour le vernissage, performances d’artistes, concerts, ateliers visiteurs…
Le travail est récompensée par une une ambiance conviviale et joyeuse, un intérêt marqué par les villageois et un échange toujours motivant et constructif entre artistes.
Faire vivre l’art, le promouvoir, dans un village est pour moi une grande fierté.
Ma vision est de toucher et d’inspirer les gens avec mon art à la fois dynamique et réduit à l’essentiel. Je m’intéresse aussi bien aux thèmes abstraits et géométriques « intemporels » qu’à l’abstraction de thèmes actuels. Pour ce faire, j’associe des contraires comme l’immobilité & le mouvement et je combine des formes avec des couleurs et des lignes dans un esprit ludique et vivant.
En outre, je travaille actuellement sur le lien entre l’écriture et l’image écrite. C’est ainsi que des structures d’écriture deviennent des formes géométriques d’écriture. J’associe souvent des poèmes à des structures circulaires, qui sont liées à la polarité entre condensation et dissolution, entre concentration de la forme et de l’espace.
S’allonger par terre dans l’herbe d’été, regarder le ciel pour humer l’air du moment puis, de temps en temps, jeter un regard à droite et à gauche pour se rendre compte que tout est là, sous nos yeux, depuis bien longtemps… Le monde se donne à qui sait l’observer, à qui sait simplement prendre le temps de « pauser » le regard. Pascal Bastien est un adulte qui a gardé la curiosité de voir et le plaisir de s’amuser avec la photographie. Son monde est souriant, à la fois doux et tranquillement déjanté. « Ce n’est pas grave » nous dit-il avec ses images : pas grave la séance chez le dentiste, pas grave le costume trop neuf, trop clinquant et mal ajusté, pas grave les chaussettes trouées, pas grave le café qui déborde et éclabousse la cafetière, pas grave non plus si le cliché qui enregistre tout cela est en définitive un peu flou. Bien au contraire, c’est plutôt drôle et émouvant songe-t-il certainement le dos courbé sur son appareil 6×6 : l’antidote à la gravité c’est le vagabondage de l’esprit, la part accordée au hasard et la légèreté du geste qui sait se saisir de l’appareil photographique au bon moment.
Michaël Houlette, Directeur de la Maison de la Photographie Robert Doisneau.
Lisa Bonvalot, artiste plasticienne: peinture, dessin, romans graphiques
Je tente le plus fidèlement possible de retranscrire, par diverses techniques, ce que mes observations visuelles, sonores et sensibles me transmettent sur les mutations permanentes de mon environnement. Je crée des paysages où contradictions et accointances entre nature, culture, corps et esprit convergent et s’incluent mutuellement. L’espace, méconnaissable, devient une porte vers une dimension où la matière semble glisser d’un état à un autre et œuvre à la création d’une entité nouvelle, multiple et entière.
Elle peint principalement sur toiles libres (acryliques et pigments), mais également sur des matériaux de récupération, s’inscrivant dans la lignée de l’abstraction lyrique et du colorfield. Elle s’intéresse à la matérialité de la peinture et superpose ainsi les couches sur ses toiles.
Concernant la présentation de Madame Bricka, ce texte de Germain Roez décrit très justement : « Liberté de la couleur intérieure : Inlassablement, elle caresse l’intériorité de la couleur. Elle égratigne délicatement les plissements mordorés. Les gestes du dessin raffinent la couleur. Pourtant, en certains lieux de sa peinture se joue comme un drame existentiel (rouges et épines du robinier, contrastes bruyants, collisions). Des verts, que Véronèse envie, s’immiscent dans les raies de lumière. La peinture se dévoile. Ne pas se fier à la beauté qui apparait au premier regard, mais saisir l’épaisseur même de ce que signifie le brio de la couleur, la liquidité du tracé, la rudesse du pigment. La peinture de Christiane Bricka est dans le même temps une quête intérieure de ce qu’est vivre mais aussi un témoignage de ce que la peinture engage ontologiquement. Se questionnant sur elle-même tout en interrogeant l’être qui la produit. Sorte d’aller et retour qui entraine le regardeur dans un infini fécond. Il ne faut plus avoir peur du ressenti, ni de la référence cosmique, ni d’une certaine idée du sacré, il faut simplement accepter cette chose difficile qu’on appelle la liberté. »
Mais s’il est également possible d’intégrer cet extrait de l’article de « Quand la lumière affleure – Semer la couleur de Christiane Bricka – Du 8 novembre au 19 décembre 2019 » publié dans COZE en 2019 : « La peinture de Christiane Bricka relève d’une alchimie, d’un lent processus d’élaboration des formes et des couleurs. Elle pose, elle effleure, elle attend. Puis elle scrute. L’alliance qu’elle cherche nécessite de la patience, une inscription dans la durée. Longtemps la couleur se déployait verticalement, des lignes, ascendantes et descendantes, liées entre elle par des écarts coloristiques somptueux. Une sorte de soie de couleur. Ce déploiement, aujourd’hui elle le contrarie par des gestes plus courts et plus obliques comme si le paysage était maintenant traversé par une angoisse plus existentielle. Lorsqu’elle peint, elle efface ou dilue la couleur avec la paume de sa main. Elle fait toujours ce chemin entre son jardin et son atelier, entre les objets délaissés, qui ont une vie propre et sont souvent usés. Elle se les réapproprie.«