Christiane Bricka

Aux côtés de la Galerie Nicole Buck, au coeur d’Hurtigheim, l’atelier de Christiane Bricka s’étale comme la peinture sur ses créations dans un espace de plus de 300 mètres carrés. Retour aux sources artistiques et à la matérialité des couleurs, logé dans le bois et le torchis, l’atelier se situe à l’étage d’un corps de ferme du 17ᵉ siècle dont la charpente donne au lieu des airs de cathédrale. Niché dans la campagne alsacienne, mais pourtant seulement à 10 minutes de Strasbourg, on se laisse surprendre par le volume que renferme l’atelier de Christiane Bricka. Fenêtre sur cour, vue sur jardin.La particularité de l’atelier de Christiane Bricka, c’est sa superficie et l’appropriation par l’artiste des pièces composant cet espace. Travaillant d’abord dans une ancienne chambre d’ouvriers dont la fenêtre donne sur la cour, Christiane Bricka, qui s’était également installée dans la nef du corps de ferme, s’est aménagée un second cocon – cette fois avec vue sur le jardin. C’est donc un atelier multiple, traversé par différentes lumières malgré son apparente obscurité, depuis l’aube, jusqu’au crépuscule, dans lequel navigue l’artiste. Un espace nécessaire à la création.L’Art de Christiane Bricka s’exprime sur des formats libres : d’immenses toiles sur lesquelles l’artiste couche des épaisseurs de couleurs. Pour performer, créer et corriger, elle a besoin de recule, ce que lui permettent les 300 mètres carrés d’atelier. Mais ce que permet surtout l’atelier de Christiane Bricka, c’est la sublimation de l’ancien par le neuf, de l’obscur par la couleur. Ses toiles colorées habillent la charpente de la ferme grisée par le temps. Ses formats, des toiles immenses couvertes d’aplats vifs et pastels, habillent les murs en torchis tantôt pour sécher, tantôt pour y rester. Le mariage du contemporain et de l’ancien.Naissant concomitamment au déplacement de la Galerie Nicole Buck du cœur de Strasbourg vers la campagne, l’atelier de Christiane Bricka est jeune sur le papier. Pourtant la pratique qu’il renferme est héritée des années passées et de l’expérience d’une vie entière : Christiane Bricka, plasticienne depuis 40 ans, s’inscrit assurément dans l’abstraction lyrique et le colorfield en ce sens.

Le Bananier

J’aime les pierres. Les cailloux au lit de la rivière, les conglomérats du désert…La puissance du rocher ancré, solide dans le temps qui passe. Je suis traversée par une danse changeante, et renouvelée sans cesse. Le plaisir de répéter les gestes, la sensation s’affine, l’énergie vient et s’échappe, elle me prend, alors je sais que je vais commencer. Je touche l’écorce, je caresse la peau, je choisis la couleur, je réinvente l’émotion, j’y crois…Le béton a cette troublante faculté à se muer du liquide en solide. La peinture s’écoule, se jette et se hérisse. Le béton fait prise, la fragilité devient la force. Je suis sous l’emprise. Et j’attends la surprise à chaque fois. Je commence et ne sais jamais ce qu’il va advenir. Ce que je fais me transforme autant que mon élan premier…Pourtant, j’ai besoin de la source, c’est la naissance. L’amour me guide, et prend corps. Ensuite vient ce qui nait de ce ce qui s’impose.

Anna Byskov

Anna Byskov, née en 1984 à Quito (Equateur) est une artiste anglo-danoise qui a grandit majoritairement à Genève. Diplômée de la Villa Arson à Nice en 2008, elle travaille à Mulhouse et à Paris où elle bénéficie d’un atelier à la Fondation des Artistes à Nogent-sur-Marne ainsi qu’à Motoco à Mulhouse. En tant qu’artiste invitée, elle enseigne actuellement la performance au Beaux Arts de Lyon.
Anna Byskov pratique la performance où son corps et son esprit sont engagés vers la voie du burlesque et de la folie, l’artiste incarne des personnages à la frontière trouble, mêlant fiction et récit personnel, nous emmenant jusqu’aux confins de l’absurde, de l’incongruité.
En 2019, elle co-fonde avec cinq autres artistes (Christina Huber, Hannah Kindler, Stella Meris, Nika Timashkova) de la région Grand Est, Bade-Wurtemberg, Region-Bâle, un collectif somebody*ies qui souhaite renforçer les liens entre les artistes et les acteurs culturels de la région des trois pays (région frontalière entre l’Allemagne, la Suisse et la France) pour contribuer à une
atmosphère de solidarité. Le collectif participe et s’interroge sur comment déplacer un travail personnel au sein d’un groupe ? Est-ce que le travail de groupe peut élargir et renforcer les conceptions d’un travail personnel ? Comment penser, travailler et fonctionner collectivement ?
« Anna Byskov se constitue au fil des ans une bibliothèque en perpétuelle évolution de formes et de gestes qu’elle utilise ensuite jusqu’à contentement, voir jusqu’à épuisement. En expérimentant à chaque fois de nouvelles combinaisons, elle cherche à atteindre ce point d’équilibre où le langage créé par ces différents agencements traduira alors parfaitement sa pensée. » Vincent Verlé, commissaire indépendant, Openspace.
BIBLIOGRAPHIE
Anna Byskov a participé au 55ème Salon de Montrouge ; « Le Festival » dans le cadre de «Beaubourg la Reine » invitée par la compagnie Zerep avec l’artiste Arnaud Labelle-Rojoux au Centre Pompidou, Paris ; « A une forme pour toute action » dans le cadre du Printemps de Septembre, Toulouse ; « Les filles de la nuit sont toujours par trois » avec la céramiste Alice Gavalet dans le cadre de « La Regionale », invitée par le Crac Alsace à la FABRIKculture, Hégenheim ; « Performance Tv », invitée par Mathilde Roman à la Maison d’Art Bernard
Anthonioz, Nogent-sur-Marne ; Au Cyclop dans le cadre de la nuit européenne des Musées, « Un départ, un exil, une odyssée » avec l’artiste Yvan Etienne, Milly-la-Forêt ; Au « Printemps de l’Art Contemporain» à Marseille ; La Fondation du Doute, Blois; The Festival of performance « ReActor », Power Station of Art, Shanghai ; « Atelier Regional » dans le cadre de « Oslo night », invitée par Atelier Mondial, Bâle ; La résidence « Temporars Susch » au Muzeum Susch, les Grisons ; La résidence « Reconnect » à la Villa Clavel avec l’artiste Nika Timashkova, Bâle-

Campagne.

Clemens Buentig

Approche de travailLes images de Büntig se développent à partir de la perception et de la permission de processus naturels visibles et invisibles et du jeu avec les techniques de gravure.
 Son travail porte sur la nature, mais il ne s’agit ni d’une plante particulière ni d’une représentation botaniquement correcte des végétaux. »Je conçois plutôt la nature comme l’idée d’un esprit créatif qui se matérialise une fois sous telle forme et une autre fois sous telle autre. Un acte artistique monstrueusement impressionnant qui m’inspire et me donne envie d’étudier cette idée et de traduire en formes et en signes les régularités observées ». »De même, je trouve dans les plantes, leur croissance et leur « posture » ainsi que leur relation les unes aux autres, des pendants de l’âme humaine. Les plantes sont des co-créatures et s’offrent comme symboles des états de conscience humains. Pour l’intérieur, les sentiments, l’invisible, pour les rêves et ce qui est pressenti, les plantes se retrouvent dans l’image et offrent symboliquement une forme visuelle comme résonance avec l’âme ».et »Toucher la nature de l’observateur avec mon art et soutenir ainsi la prise de conscience que nous sommes tout autant la nature que tout le reste sur cette merveilleuse créature qu’est la Terre, telle est ma véritable ambition ».Dans ses tableaux, Büntig cherche à exprimer la complexité et la beauté fascinantes de la vie.Ses travaux sont connus pour leur rayonnement, leur complexité, leur effet positif et leur utilisation innovante des techniques d’impression originales.Clemens Büntig continue de travailler au sud de Munich, à Mooseurach, près du lac de Starnberg. C’est d’ici qu’il participe à des foires d’art internationales, à des expositions de groupe ou individuelles.2008 Création de son propre atelier d’impression, éditions pour Sean Scully, Mark Harrington et autres. Collaboration avec le Brücke Museum, Ketterer Kunst et des collections d’art graphique, visites guidées et formation continue, activité d’enseignement intensive dans son propre atelier et en tant que professeur invité, développement de nouvelles techniques crossover.2019 Création de son propre projet de galerie sous le nom de Clemens Büntig Editions. Participation à des foires d’art internationales.

Nicolas Barberot

Nicolas Barberot explore les différents modes de communication pour parler aux gens des changements occasionnés par les bouleversements actuels. Il nous questionne sur notre rapport aux autres, aux groupes, à la cité pour continuer à vivre ensemble de manière conviviale et festive…Le jeu est un moyen, pour rester connecté aux autres, au monde du vivant et à soi-même.Pour faire simple Nicolas Barberot aime l’art populaire, un art qui se revendique modeste, à la portée de toutes et tous.Un art qui ne s’écrit pas avec un grand A mais qui s’écrit à travers une quête permanente de sens.« Une nouvelle ère se dessine, rendant l’homme à sa dignité sauvage et donnant sens, joie et ambition à son existence … L’Art d’aujourd’hui sert d’esquisse à ce nouveau projet de société. » Guillaume Logé, « Renaissance sauvage » édition PUF .

Yves Bingert

C’est à l’âge de trente ans que j’ai sculpté ma première tête, dans une poutre de charpente en chêne, avec un outillage très rudimentaire.

Mais c’est à peine il y a une dizaine d’années que mon parcours artistique a vraiment commencé. Très jeune je passais des heures en forêt avec mon grand-père .

J’ai donc été marqué par ce terreau forestier.

J’ai aussi eu la chance d’avoir à ma disposition le bois et la pierre, ces matières nobles qui possèdent intrinsèquement une charge vitale et émotionnelle.

L’artiste est simplement là pour les mettre en résonance, pour leurs donner sens et raconter des histoires.

Quelques faits marquants :

1 ère expo importante à la Lyonnaise des Beaux Arts en 2017.

Rencontre avec François Grand de la Galerie Licence 4 et Pierre Souchaud, fondateur de la revue Artension.

Présentation de Bottes People avec la Galerie Zangbieri à Bâle en 2018.

Présentation de L’Echiquier Géant à la Fondation Fernet Branca à Saint-Louis en 2019.

Plusieurs expos à la Fondation Fernet Branca.

Salon Start en 2022 et en 2023 avec la Galerie Cardi.

Pour approfondir, tout mon travail est visible d’un coup

Marie Bernabel

Artiste : Pierre Paul et Jacques pressant leurs jus d’éponges. Jus d’éponge : métaphore de l’inspiration découlant de l’absorption d’un monde environnant. Pierre Paul et Jacques se transforme en éponge, parfois devant les gens. Le spectateur : c’est le pote de Pierre Paul et Jacques, ils jouent ensemble aux ping pong Le ping pong : des échanges. Les échanges : sous différentes formes, ils se créent et persiste. J’aime bien les voir exposer. Exposer : c’est montrer mais il faut regarder. Pierre, Paul Jacques et leur copain vivent heureux, ils peuvent jouer du ping pong tout en dégoulinant un peu partout.

Michel Bedez

« Michel Bedez est une idole – une idole des jeunes. Des jeunes du Moyen-Age. Venus du fond des temps, asservis à la chaire, il n’a pas eu le choix. La figuration est grossière et renvoie à des images archétypales au coeur de toutes les mémoires. » (Stéphanie Lucie Mathern, artiste). Son oeuvre « offre son étrangeté radicale, « cachesexuée » et naïve. Dans cette projection d’une part d’intime, on pourra lire cette façon si humaine de faire totem de son chaos intérieur. pour se protéger. » (Philippe Lefait, journaliste et écrivain). Les idoles sont des confidents qui ont le pouvoir de soigner les maux des hommes et de la société. Elles apparaissent sur des toiles ou sous forme de statues taillées dans du tilleul de la forêt proche, fruit d’un travail coopératif avec le sculpteur Loïc Bosshardt. Michel Bedez explore également les thématiques de la mort et de la danse : mythe de Salomé, sarabande mortelle, baloche égrillard…

Olivia Benveniste

Olivia Benveniste est une dessinatrice française basée à Barr, à 30 km de Strasbourg.
A la mine de crayon et parfois en dessin animé, elle représente des formes : figures humaines ou figures de la nature.
Elle fait apparaître les choses que l’on connaît, hors-contextes, seules. Ces choses sont belles, fragiles ou fortes de par leur étrangeté.

Astrid Bachoux

Diplômée en 2017 de la Haute école des arts du Rhin, Astrid Bachoux transpose ses questionnements artistiques sous différentes formes.

Bien que le dessin reste son médium de prédilection, elle se confronte au fil des rencontres à différentes formes telles que le documentaire, la mise en scène, le textile ou encore le design.

Elle explore par ailleurs les liens entre travail social et pratiques artistiques à travers ses différents emplois salariés dans les champs du social et du médico-social.

« Une artiste, un médium de prédilection. Depuis plusieurs années déjà Astrid Bachoux est au plus proche de la mine de plomb, cette pointe plus ou moins fine et sèche qui vient caresser la feuille afin de faire naître ses structures mentales, dignes des grandes perspectives renaissantes.« Tant par aisance plastique que dans une recherche volontaire d’économie de moyens », l’artiste sculpte le papier. Ses dessins sont des décompositions d’images connues des objets qu’Astrid assemble afin de « créer des narrations picturales volontairement floues, pleines d’antagonismes ». Fragments de ruines, d’architectures et grands damiers sont investis de formes et d’apparitions. Une faune libre et l’une en détresse hantent ces paysages, où règne un climat d’agitation sourde. Réquisitoire ou plaidoyer ?

L’œuvre de Astrid Bachoux vacille de neutralité.

Telles des empreintes oniriques tracées par des éléments disparates du vocable de l’histoire de l’art et de nos sociétés, chaque dessin « ouvre la voie à une multiplicité de strates de perception et d’interprétation. »»