Garance Bertin

Créer des poupées, c’est un voyage. Un voyage vers la douceur, vers les rêves d’enfants. Il y a six ans, j’ai façonné ma première poupée pour ma fille. Je voulais lui offrir une compagne unique, une confidente avec laquelle elle pourrait rêver, partager ses peurs et grandir. C’était Ophélie… son Ophélie. En la créant, j’ai découvert un univers de poésie et de tendresse. Tout commence par les matières : la laine, le coton. Chaque fibre glissée entre mes doigts devient une invitation à ralentir, à savourer l’instant. Chaque geste est un voyage sensoriel qui m’ancre profondément dans le présent. Puis vient le moment clé, celui où tout bascule. Point après point, je brode les yeux… et un univers s’ouvre. Une présence naît. Alors, délicatement, je l’accompagne dans sa métamorphose. Je choisis ses cheveux, je dessine ses vêtements. Peu à peu, imperceptiblement, elle entre en résonance avec une part de moi-même. Des valeurs, des souvenirs et des rêves que j’offre à ma fille. Depuis, je n’ai jamais cessé de créer. Mes inspirations viennent des rêves de mes enfants, des saisons, de la nature qui m’entoure. Chacune de mes poupées porte en elle un fragment du vivant : par les matières qui la composent, par la teinture végétale que je réalise moi-même, avec des plantes sauvages cueillies au fil du temps. Chaque poupée m’invite à l’écoute, à la contemplation. Ce dialogue silencieux m’apaise et me nourrit en profondeur. À travers elles, je célèbre la simplicité, la beauté du naturel, l’émerveillement de l’enfance et l’amour du fait-main. À travers elles, je vous invite à une rencontre. Une rencontre avec la nature… Et peut-être, avec une part de vous-même.

Morgane Britscher

Regarder, enfin voir. J’ai besoin de marcher, d’être en extérieur, de déambuler pour réaliser des images, et cela à travers les différents outils que j’utilise: photographie, vidéo, dessin ou encore gravure. En cherchant plus loin, il s’agira aussi d’instants, de moments qui arrivent n’importe quand, l’espace de quelques minutes et qui durent parfois plus longtemps. Des moments pendant lesquels je marche et observe ce qui se trouve autour de moi. Ces moments me marquent et me permettent d’en faire découler des processus de travail. La notion de temporalité est importante dans mes marches, le temps qui passe, le temps que je prends à regarder un espace, ou juste à parcourir les lieux. Mon travail parle de petits instants qui me sont propres, quelquefois ce sont des lieux où je passe depuis quelques temps déjà et qui, un jour deviennent autre chose, ou simplement des espaces qui se présentent à moi pour la première fois. Dans certains lieux, ce sont des objets, qui sont là sans attirer l’attention, une atmosphère, une végétation qui se développe furieusement dans un espace abandonné, qui me donnent l’envie de faire une image. Ma façon de voir mon environnement est frontale, je me laisse fasciner par un paysage, ou par un détail, le ciel, un espace vide, etc. Mon regard a une portée poétique avant tout. Mes images sont un moyen de montrer ma façon singulière de regarder ce qui nous entoure. Regarder est une chose simple en soi, aussi ce qui en découle doit l’être tout autant. «Ça me faisait du bien de regarder par la fenêtre. Si seulement on pouvait filmer comme ça, comme on ouvre les yeux quelques fois. Seulement regarder. Sans vouloir rien prouver.» Wim Wenders

Josianne Bat La Skaw

Bouder parfois la gravure et redécouvrir le viseur d’un Canon et son originalité.

Nadège Baumann

Oscillant entre le papier et la céramique, le figuratif et l’abstraction, le travail de Nadège prend la forme d’éditions, de tasses ou encore de petits collages carrés. Diplômée de l’École Supérieure d’Art d’Épinal en 2022, elle s’installe à Strasbourg en tant que plasticienne et auteure. Fin 2024, elle pose ses kilos de papiers découpés dans le grand espace collectif de la Maison Rose. Elle s’y bricole un petit atelier pour y développer sa pratique d’artiste. À la recherche d’une poésie de la vie, ses créations joyeuses visent à apporter de petits éclats de douceur dans le quotidien. En côtoyant son travail, vous déambulerez dans un jardin habité et observerez une nuit étoilée. Vous risquez de croiser deux-trois animaux, quelques absurdités et surtout une magie colorée. 

Nicolas Brunelle

Ma pratique traite de la compréhension, du doute, du bruit. En brouillant les distinctions entre l’individu et l’environnement, la mémoire et le présent, le bruit et l’information, le technologique et le naturel, la compréhension et le doute. Cela passe par de formes collectives, notamment avec Entropies, qu’il a fondé en 2022, de vidéo, d’installation, de performance, d’édition et de conservation. Fragments de choses, trouvés, récupérés, écrits et réécrits. Bruits, sonores et visuels, boucles et superpositions, mélanges de tonalités et de voix différentes.

François Briand

François Briand (1992, FR) développe une pratique mêlant design, sculpture, et verre soufflé. Depuis la richesse symbolique, physique et scientifique du verre et de ses applications, il élabore des récits à la limite de la réalité et d’un imaginaire sensible et poétique. 

 

Par la réinterprétation de la littérature scientifique ou romanesque, il déploie des métaphores qui résonnent avec son époque en associant savoir-faire traditionnel, bricolage et technologies numériques. Ses objets lumineux et mobiles, réalisés à partir de matériaux hétéroclites sont à la fois drôles et bizarres. Son travail interroge comment le verre d’apparence inerte qui est au centre de nos communications et de nos machines structure nos corps et nos affects.

Maeva Bochin

Diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Nancy, en France, Maeva Bochin a forgé les bases de son expression artistique dans un environnement riche en histoire artistique et culturelle. Sa formation s’est également étendue à l’école territoriale de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, apportant une dimension multiculturelle à son approche artistique. L’univers artistique de Maeva se révèle à travers une série d’expositions personnelles captivantes depuis presque 30 ans. En 2024, elle prend la charge d’actions au sein de l’association « Les Possibles ». Un projet marquant de land art intitulé « Chemin de curiosités » au parc zoologique et forestier de Nouméa a illustré son engagement à fusionner l’art avec la nature.  Sa passion pour la promotion des arts visuels contemporains a trouvé une expression concrète à travers la création de deux associations dédiées : « Les Arts Bougent » en 2009 et « Les Possibles » en 2023. Ces organisations ont été des plates-formes dynamiques pour la collaboration artistique et la promotion de l’expression créative en Nouvelle-Calédonie. Les résidences artistiques ont marqué des étapes importantes dans sa carrière. De la création en Land art sur l’île d’Orléans au Québec à sa résidence à La Case de Preuschdorf, chaque projet a contribué à façonner son répertoire artistique diversifié. La biographie de Maeva est une saga artistique dynamique, marquée par une exploration incessante, une créativité florissante et un engagement profond envers la promotion de l’art contemporain, passant de la gravure aux installation land art et les projets numériques. Son engagement dans la promotion des arts visuels contemporains, ses réalisations artistiques variées et sa contribution à des projets collectifs témoignent d’une carrière artistique dynamique et engagée. Maeva préfère encore laisser ses mains s’exprimer en création plutôt que de disserter. C’est encore le cas aujourd’hui. Elle est entière et libre. Pour elle, l’art c’est d’abord des gestes qui s’inscrivent dans la réalité d’une œuvre, la pensée est juste le marqueur d’une intention qu’il faut restituer avec sincérité. Comme elle aime le dire, elle construit son chemin avec l’actualité de sa vie.

Alice Bienassis

Alice Bienassis est une autrice et illustratrice française née en 1988.

Elle se forme à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille. Diplômée en 2010 elle s’oriente rapidement vers la BD en auto éditant tout d’abord des livres sérigraphiés « Night&Co. » qui s’inspire de la vie nocturne Marseillaise et dessine lors de concerts des chroniques musicales pour la revue dédiée au Paléo festival en Suisse.
Quelques années plus tard elle apporte sa participation à l’imagerie de la “Quinzaine des Féminismes” à Marseille et réalise un reportage sur les stages d’autodéfense féministe “Riposte”.

Alice travaille sur ce que l’intime et le commun, le subjectif et l’universel ont parfois de presque indissociable.
C’est en 2023 qu’elle publie sa première bande dessinée « Attachements » dont le sujet porte sur la pratique du Shibari et plus spécifiquement sur le consentement dans cette pratique BDSM aux éditions Lapin et projette de sortir début 2025 une enquête sur les féminicides pour les Éditions Delcourt.
Elle participe également au 𝙁𝘼𝙉𝘼𝙏𝙄𝘾 𝙁𝙀𝙈𝘼𝙇𝙀 𝙁𝙍𝙐𝙎𝙏𝙍𝘼𝙏𝙄𝙊𝙉, fanzine réalisé en hommage à Aline Kominsky-Crumb, à la culture des zines undergrounds féminins et queers.

Samuel Bas

Samuel Bas cultive une forme d’étrangeté dans son travail et cherche à créer des images à la fois festives et angoissantes, comme une fête d’anniversaire qui pourrait tourner mal. Son travail puise dans un imaginaire lié à l’enfance, notamment nourri par sa collection de jouets en plastique et par son obsession pour les films d’animation des années 1930/1940, comme Betty Boop, les Silly Symphonies ou Flip the Frog.  Ces films l’inspirent autant par la façon dont chaque élément semble prendre vie, bouger et se métamorphoser, que par le contraste visuel entre les personnages animés en aplats et les décors détaillés et texturés. Ils représentent pour lui un mélange parfait entre un univers à la fois joyeux et enfantin, mais également profondément étrange et dérangeant.

Cathy Baume

Dotée d’une double formation en sciences de l’éducation et en céramique, Cathy Baume travaille la terre pour créer des liens, pour favoriser des partages concrets, fraternels et constructifs.

Ses recherches céramiques qu’elles soient sculpturales ou utilitaires interrogent son rapport au monde et à l’autre. Elles se nourrissent principalement d’architecture et de poésie. 

Le motif de la maison y revient de façon récurrente :

 « Habiter poétiquement le monde ou habiter humainement le monde, au fond, c’est la même chose . » Christian Bobin dans « Le plâtrier siffleur »