Pratiques : Photographie
Elie Stacho
Marion Augusto
Ce sont des allers-retours intempestifs entre une recherche visuelle personnelle et des expériences collaboratives hors et en institutions. Ces différentes manières d’entrer et d’approcher – un environnement, une situation, un contexte – m’amènent à interroger les notions de cadre, de milieu, de relation ou d’incompréhension. Cette discipline du fragment est sans cesse réactivée par l’expérience de la rencontre, à travers des agencements narratifs. Mettre en doute le visible par une attention signifiante portée sur des détails insignifiants et pointer l’écart entre l’éprouvé et ses représentations.
Laurence Muller
Le Paradis est comme éparpillé sur toute la terre – et c’est pourquoi il est devenu méconnaissable. Ses traits épars doivent être réunis, son squelette habillé de sa chair : Novalis
Revoir la notion de guetteur d’images et de textes, explorer les voies vers un « dé-montage », construire la possibilité d’une traversée à pas menus, en vue d’inaugurer une vision esthétique du monde, l’exercice d’un rapport renouvelé aux objets, paysages… ; ceci par la présentation, la mise en contact de photographies, de fragments d’objets prélevés dans la nature, dans les archives, d’objets domestiques trouvés dans une maison (outils, bris, vaisselle…)
S’agit-il de l’exploration de la notion d’expérience esthétique, « une flamme entre rien et quelque chose » ainsi que l’écrit Walter Benjamin ?
Des traces de dessins, des collages/assemblages comme des textes tissés en mesure, par une pratique de la collusion, du télescopage d’images issues de sources et de supports divers.
Fragments, éclats, re-montés, un jeu vers une « iconologie de l’intervalle », proposer au visiteur d’aspecter l’écart entre les choses, les objets et un sens nouveau qu’il lui revient d’ imaginer, de créer, à son tour.
Juste la nécessité de tracer, matérialiser par des moyens techniques, presque toujours intempestifs, ce qui est perçu, ramassé : tenter d’accueillir ce qui est donné.
Julien Hoffschir
Dans la foulée de la photo minimaliste, j’aborde maintenant d’un peu plus près une technique très ancienne, la photo double exposition, dite de surimpression. Un art à part entière. La surimpression reflète, à mon sens, la simultanéité des pensées. Elle révèle la complexité et l’étrangeté du réel pour qui est un tant soit peu observateur. La photo double exposition n’apporte pas une compréhension immédiate. Elle complexifie la réalité, une petite dose d’ambiguïté à l’appui. L’entremêlement des différents fragments visibles sur le cliché perturbe la lecture de la réalité. Les impressions qui se superposent peuvent s’avérer troublantes. Après une première vue d’ensemble, il appartient au spectateur d’entrer dans la profondeur de l’image pour la décrypter. De quoi le conduire vers une perception nouvelle, une compréhension nouvelle des télescopages d’images venant de différents espaces et se retrouvant sur une même surface. J’aime à penser à une ultime étape que j’affectionne tout particulièrement face à un cliché double exposition : percer le mystère et reconstruire la tangibilité. C’est dire la richesse de sa lecture ! « Une image, et surtout une image photographique, ne donne du réel qu’un instant de son apparence. Derrière cette mince pellicule qui moule un aspect des choses, à l’intérieur même de cette image il en existe à l’état latent une autre, ou plusieurs autres superposées dans le temps et que des opérations le plus souvent dues au hasard décèlent brusquement. » Raoul Ubac (1910-1985)
Issro
Je travaille essentiellement sur la féminité, en peinture comme en ceramique
Vincent Bohn
Vincent Bohn s’autorise tout, par le dessin, la photo, le collage, la peinture, la sculpture, il construit et deconstruit. Sans limite, ses oeuvres percutent son quotidient. Ce quotidient si plat auquel il redonnent du relief, du sens.
Théo Leteissier
À travers différentes explorations, je m’intéresse au passé et à l’évolution de lieux qui me touchent. Un escalier creusé dans la falaise normande, une sphère colorée sur l’autoroute A4, des anciens bains de rivière urbaine en Alsace… Chacune de mes recherches est l’occasion de documenter une manière d’habiter, d’utiliser ou de regarder le paysage. J’envisage ainsi la photographie de manière locale, à partir de constructions singulières et d’histoires oubliées.
Valérie Trégan
