Anne Zimmermann

Anne Zimmermann est une artiste plasticienne qui vit en Alsace (Wittersdorf). Elle créée son atelier en 1999. Elle croise différentes pratiques comme le volume, la céramique, le dessin, l’écriture, la vidéo, l’installation et la performance. En 2003 elle crée un personnage au nom de Paula Orpington. Personnage hybride dénonçant l’agriculture intensive. Ce personnage décède symboliquement en 2010 et sera autopsié lors d’une performance à la Kunsthalle de Mulhouse. Depuis sa réflexion se poursuit sur les rapports que l’on entretient avec l’organique, la nature animale et végétale en général. Elle installe depuis 1999 une série d’œuvres en extérieur bas relief en céramique et peinture , des installations avec des ruches, projet Stuwa en 2015 en partenariat avec La Filature de Mulhouse et autres structures.

Un livre  » peau et truie » est sortie aux éditions Médiapop en 2014, ainsi qu’un vinyle avec son duo Picobelo en 2019.

Elle installe régulièrement des caméras pièges en extérieur en partenariat avec l’ONF suisse et le zoo de Mulhouse.

 

Philippe Haumesser

Photographie
œil éveillé & cœur battant

Au recommencement, la photographie fut ma méditation, ma réunification, mon ancrage à l’ici-maintenant. Transmutation de l’absence en rencontre, elle devint mon ouverture à l’autre et au monde.
Ensuite, ce fut un style qu’il fallut créer. La voûte céleste fut ma révélation : c’est l’obscurité qui permet aux étoiles de nous émerveiller. Mon style sera alchimie en clair-obscur et les étoiles vont apparaître dans mon univers grâce à la danse.
Je développais alors mon éloge de l’ombre. Cette claire pénombre qui sied aux apparitions divines, cette obscure clarté qui sculpte les étoiles, sublimera la beauté, composante visuelle de l’idéal du Kalos kagathos.
Pour mes quarante ans, je troque ma maison de famille contre un loft brut à la Manufacture, que je vais développer pour en faire ma Factory : un lieu pour y faire danser les étoiles, photographier, créer, exposer, y vivre mon art.
Dans un monde de made in et de ready-made, j’ai mobilisé toutes mes ressources au service de l’expression de mes valeurs : on ne photographie bien qu’avec le cœur et le portrait me permet de privilégier le NOUS que je crois supérieur au je.

J’aime les créations à 4 mains ou plutôt à 2 cerveaux, 2 regards et 2 cœurs.

Daniel Kieffer

KIEFFER Daniel, photographe-plasticien autodidacte,

français, né en 1955,

réside à Kehl (Allemagne) depuis 2006

Florian Tiedje

Florian Tiedje est autodidacte.
Les grandes forêts autour de Francfort sur le Main, la nature de son enfance, ont été le lieu et l’espace d’expériences fondamentales, d’apprentissages et d’émerveillements renouvelés et depuis qu’il photographie, la nature est le sujet et le modèle privilégié de son travail.
SOUCHES est une série d’images grand format qui travaille et s’agrandit avec le temps.
Chaque série ouverte appelle une suite, et ainsi se donne le temps, laisse le temps en devenir une composante.
Le temps qu’il faut, le temps qu’il fait, le temps qui passe et celui qui pousse.
Le temps qu’il faut pour arpenter la forêt, repérer le terrain, préparer et bricoler à l’atelier.
Le temps de monter, de répéter, chaque expédition minuscule mais délicate, le temps de transporter tout le matériel nécessaire aux prises de vues à travers les sous bois.
Le temps qu’il fait, qui n’est que rarement propice. Alors Il faut patienter.
Attendre.
La bonne saison, la bonne lumière, s’interrompre puis reprendre, s’abriter ou s’accommoder, essayer de ruser avec un artifice, bouleverser le protocole et ajouter encore un outil à la longue liste de matériel à porter, perdre ou oublier.
Le temps qui passe et pousse une graine, la transforme en arbre majestueux.
LES IMAGES ont un format carré.
Dans le cadre une forme centrée se détache du fond, elle est irrégulière plus claire que lui qui, par contraste, parait flou.
On ne saisit pas immédiatement la nature de cette tâche, à quoi elle fait penser ou de quelle autre forme elle se rapproche, ni ce qu’elle rappelle :
Un dessin ? Une fiction ? Une île ? Une carte de géographie ?
Peut-être le repéré orthogonal blanc qui désigne le centre de l’image et l’oriente va t-il dans ce sens ?
Mais la tâche…
Quand on s’en approche des indices remontent du fond:
La forme nette et classique d’une feuille, la couleur dorée de la mousse et celle saturée de la terre mouillée.
De la sciure dispersée, des bosses, des creux remplis de feuilles mortes: Le sol du sous bois se trouve soudain projeté sur le mur, et l’observateur – l’objectif – suspendu à l’aplomb d’une souche.
C’est le point de vue de l’oiseau survolant l’endroit exact où était un arbre.
L’image d’une coupe !
La coupe des bûcherons, brutale, qui a abattu l’arbre réduisant en un instant l’énergie, la verticale, l’équilibre improbable et patient à un tronc, un cylindre couché, incongru, et à un désordre illisible de branches, à des pièces éparses n’appartenant déjà plus à la masse mouvante de la forêt, à débarrasser.
Mais elle est aussi la coupe descriptive, précise et abstraite, du dessin d’architecture ou de botanique.
Qui, perpendiculaire et bien lisible, renseigne sur la construction, l’organisation interne, les circulations, la taille, l’âge, toute la vie immobile et mouvementée de l’arbre.
La coupe supprime l’arbre, mais c’est elle aussi qui contient et codifie tout ce qu’il a été. C’est le dernier portrait de l’arbre.
Et l’image de cette coupe se retrouve elle aussi dédoublée, elle est l’image d’un disque, un masque, la preuve frontale d’une disparition définitive , une image presque abstraite. Et pourtant elle renvoie hors champ, hors cadre, à l’ombre rêvée de l’arbre immense.
Elle donne à penser.
Anne-Sophie Tiedje

Tilmann Krieg

L’ artiste allemand Tilmann Krieg est un peintre photographe. Les images semblent floues, comme si elles avaient été prises intentionnellement hors du plan de mise au point et se chevauchant avec d’autres images. Ainsi, ces éléments fugaces ont un sens différent de celui des éléments de la photographie classique en ce qui concerne leur représentation et leur actualité. L’artiste vise autre chose qui va au-delà de la simple apparence et de la confiance dans une représentation superficielle. Plus les figures se fondent dans le flux du temps et de l’éphémère, plus les images deviennent des peintures, bien plus que des images photographiques, véhiculant à la fois une dimension poétique et une atmosphère dense et lyrique. C’est particulièrement évident dans les images dynamiques de la série Metro, sur laquelle l’artiste travaille comme l’un de ses thèmes principaux. L’environnement urbain devient un synonyme iconographique de la vie quotidienne et de l’identité de l’individu moderne. Les gens modernes sont constamment en mouvement, constamment en route quelque part. Ce type contemporain apparaît dans ces tableaux comme des personnages anonymes dont l’identité disparaît au rythme de leur vie quotidienne trépidante. Le regard semble suivre les figures qui s’évanouissent, entremêlées d’ombres et de lumières. On pense involontairement à un ventre urbain qui protège ces êtres anonymes. En ce sens, ces images photographiques symbolisent le caractère éphémère de toute existence : êtres en mouvement, phénomènes dans l’écoulement du temps, figures qui se fondent dans l’ombre et disparaissent finalement dans le néant.
(Kho Chunghwan, critique d’art, Séoul, Corée, sur l’exposition Museum PakYoung, Séoul 2009 – extrait)

Vincent et Hugo Muller / Mairelle

Être(s) est une ode à la nature et un hommage aux peuples autochtones. Ce projet collaboratif réalisé dans la région par le plasticien Hugo Mairelle et le photographe Vincent Muller questionne notre rapport à l’environnement. Le masque, objet mystique et anthropomorphe présent aux quatre coins du monde, est ici une passerelle du sensible au spirituel. Ces créations locales, délicates et périssables, sont laissées sur place après chaque séance, pour retourner à la terre et respecter ainsi le cycle du vivant. La variété des corps et des environnements exposés aux saisons et aux éléments, met en valeur la richesse et la beauté de la nature, au travers d’une unité, d’une origine commune et d’une diversité indispensable à son épanouissement.

Jean Mathis

Retour à Baala

Un photo-reporter visite un petit pays lointain. Il y photographie et interroge quelques habitants. 25 ans plus tard il y retourne, retrouve les individus déjà rencontrés, et reprend ses portraits et entretiens. Le visiteur n’a-t-il vu que lui-même lors de ses échanges ?

Philippe Colignon

Quinze fois la mer

L’horizon se tend et sépare deux univers liquides sans rivage où toute réalité se dissout, où ne flottent que brumes et buées.

/ …

Ces carrés de mer, où toute vérité est absorbée, diluée dans des gris chauds, violacés ou verdâtres laissant percevoir la possibilité d’une lumière.

La mer, sans vague et sans ride, confinée au bas de l’image, nous ramène inlassablement à la possibilité d’une terre, d’un rivage où le ciel sera moins pesant, moins immense, une terre de repos où nous pourrons enfin goûter la plénitude du paysage.

Quinze fois la mer, quinze voyages au long cours où l’on abandonne toute certitude de retour, se laissant porter par les éléments et dériver sans fin.

Emmanuel Antoine

Sandro Weltin

Sandro Weltin est né en 1970, à Mulhouse.
A l’âge de 14 ans, il découvre la photographie.
Et quelques années plus tard, le travail de Sebastião Salgado.
C’est une révélation
Il tracera son chemin pour faire de cette passion, son moyen d’expression.
Autodidacte, il observe et admire le travail de tant d’autres.
Discret, il pose son regard, sensible et respectueux.
Ses sujets, causes, lieux, projets, se dévoilent, naturellement et dignement.
A une époque où l’accélération est de mise, Sandro prend son temps.
Une image se réalise si rencontre il y a.
Une image est une émotion.
Sandro, est photographe pour le Conseil de l’Europe.
Témoin d’une Europe en mutation, il photographie pour rendre compte.
Au quotidien.
Appareil enclenché, il crée des images.
Nature, intime, ligne, vertige, absence, innocence, signe, vie.

Björn Nussbächer

Björn Nussbächer est « travailleur frontalier » de diverses manières. Il a étudié l’art et le design à la «Gerrit Rietveld Academy“ d’Amsterdam et a été impliqué dans divers programmes d’artistes en résidence, par exemple Sandimen en Rep Chine, «Tsarino“ en Bulgarie et «Setouchi“ au Japon et Motoco“, Mulhouse ( Fra). Son travail artistique a été au „NAI“, Rotterdam, au Stedelijk Museum, Amsterdam et au Palais de Tokyo, Paris. Il travaille également comme charpentier et menuisier en bois et est un judoka passionné. Dans sa recherche artistique, l’autonomisation performative, la mise en scène installative et le cadre constructif jouent un rôle qui détermine l’œuvre. Ce faisant, il explore les limites au moyen de l’implication physique et réalise ces zones intermédiaires de manière performante.