Catherine Fischer

Les  formes et les couleurs apparaissent librement. Je crée directement sur le papier en laissant les éléments réagir entre eux. Tout est intuitif et les résultats sont souvent imprévisibles. Le souvenir de quelque chose, un arbre ou une fleur, une vision éphémère, un mouvement, un objet, une lumière, un poème, une forme entrevue l’espace d’un instant, toutes ces manifestations  qui me touchent profondément  peuvent susciter la création d’une image. La mémoire parle et le geste est guidé par ces émotions.

Sandrine Rummelhardt

Mon travail photographique est constitué pour l’essentiel par des portraits, plus exactement par des séries de portrait, en noir et blanc ou en couleur. Partir à la rencontre de personnes, de lieux, de paysages, en laissant le regard et le corps parcourir l’espace environnant. Laisser libre cours aux cheminements de la pensée et de l’imaginaire. Explorer le réel. Interroger la place de l’humain et de la nature dans notre société contemporaine. C’est là quelques-unes de mes préoccupations artistiques.

Pierre Rich

Vibrations violoncelle
C’est, au départ de l’aventure, un pari fou : parvenir à capter les vibrations des cordes de l’instrument, défi paradoxal, car une photographie est par nature immobile, tandis que la musique est mouvement. Elle n’est qu’une bouffée du souvenir du temps, dit Pascal Quignard. C’est en cela qu’elle rejoint la photo, car toutes deux usent des sortilèges de la nostalgie. Je rejoins ainsi, très inconsciemment, la chronophotographie de Marey et Muybridge à la fin du XIXème siècle. Beaucoup d’autres photographes depuis ont expérimenté la captation du mouvement. Depuis ce temps, la recherche se poursuit avec d’autres musiciens.
L’image est une brèche dont une des définitions du Larousse – ouverture ou cassure produite par des fragments de matières enlevées – pourrait correspondre à cette série photographique : rendre compte autant de la matérialité du violoncelle – ses matières, ses poussières, ses écorchures, ses brillances, que du surgissement de l’inattendu, sans crier gare et comme par magie, d’une sorte d’abstraction résultant des actions et des mouvements. Des traces, des fuites, des interférences sensibles, des coïncidences improbables, des transparences, des démultiplications, des flous, des bougés, des scintillements, des flottements, des vitesses lentes, des points de netteté décalés – seuls à même de capter ces étranges apparitions  : voilà le laboratoire du photographe. Les artifices techniques révèlent cette énergie où tout s’anime conjointement, bras, mains, doigts, archet, cordes, caisse de résonance.
Tirages 40×40 cmm sur papier fine art ultra smooth.
http://www.pierrerich.com/vibrations-musique.html#vibrations_violoncelle

Martyn Greenhalgh

Mon travail est purement photographique. Ce qui m’intrigue et m’attire dans la photographie est sa dépendance au sujet; l’appareil doit être pointé vers quelque chose. Je ne me lasse pas de la transformation qui a lieu quand le déclencheur est activé, et par la façon dont cette association entre le sujet et cette transformation peut être canalisée pour exprimer des idées et des expériences. Quand je commence à photographier j’ai une fascination presque obsessive pour le sujet qui dure jusqu’à l’achèvement du travail, moment où elle se reporte alors vers les photographies elles-mêmes. Le paysage est une de mes obsessions constantes, particulièrement la frontière entre l’homme et la nature. Je travaille en argentique dans tous les formats (35mm à chambre 20x25cm.) et en numérique.J’ai exposé à travers la Grande-Bretagne, en Europe et aux Etats-Unis. Mon travail se trouve dans les collections privées et publiques dont: Victoria and Albert Museum, Londres.National Gallery of Scotland, Edimbourg.MACBA Museo d’Art Contemporani de Barcelona, Edinburgh City Council.City Arts Centre, Edimbourg.North West Arts, Manchester.Kunsthalle, Bâle.Leipziger Galerie für Zeitgenössische Kunst, Leipzig.Motherwell District Council, Ecosse.

Philippe Lutz

Depuis plus de vingt ans, je publie quotidiennement une photo que j’ai prise en cours de journée, en la mettant en ligne sur mon site Internet La photo du jour. Ces photos sont un peu des haïkus visuels, qui rendent compte d’un instant où il m’a semblé « voir » quelque chose. À ce titre, elles témoignent de mon regard tout autant qu’elles témoignent du monde où je vis. Ces milliers de photographies prises au fil des jours constituent également un énorme réservoir d’images, dans lequel je puise à l’occasion pour concevoir des expositions…

Michel Friz

Avant de faire une photographie, il y a ou il devrait y avoir, la surprise d’assister au monde ! Ce moment me procure à chaque fois un sentiment de plénitude.
Les thématiques que j’aborde évoquent souvent les paysages ruraux où l’homme et l’animal cohabitent à travers un lien ancestral, le pastoralisme. Dans cet espace de vie  »riche en monde », j’ai découvert le visible et le caché, passant de l’étonnement au mystère, du présent au lointain.
Mes séries intitulées  »Lignes de crête » illustrent plus particulièrement cette exploration.
Par ailleurs, d’autres présences animales me sont au fur et à mesure devenues familières. C’est le cas des hirondelles qui ont trouvé dans ces paysages des écosystèmes parfaitement adaptés à leur existence. Elles sont au cœur de mes derniers projets.
Après une carrière dans l’édition et la formation, j’ai renoué depuis une dizaine d’années avec ma passion pour la photographie et la poésie.
Mes projets s’appuient sur un travail documentaire à long terme et une immersion in situ, en fonction des thèmes abordés.
Leur mise en œuvre donne lieu à l’organisation d’expositions, en Alsace et dans les Vosges, de conférences, ainsi qu’à la publication d’ouvrages en édition limitée.
Ils témoignent de ma quête d’un paysage idéal, en lien avec le vivant :
•  »Envie de paysages » en 2018, exploration hors-champ et à vélo de la campagne alsacienne
•  »Lignes de crête » en 2019 suivi de  »Lignes de crête – Vosgiennes » en 2012, incarnation du paysage vosgien par les grands animaux de pâturages
•  »Fantaisie pastorale » en 2020, vagabondages autour du village d’Ottrott en compagnie d’un berger et de son troupeau
•  »Vaches et autres poèmes » en 2021, voyage initiatique au pays des vaches
•  »L’alphabet des hirondelles », décryptages photographiques du langage des hirondelles (poèmes d’Albert Strickler).
Cette série sera au cœur de ma participation en 2024, avec plusieurs échanges prévus à la  »Webershütte » sur le thème des hirondelles, à destination des scolaires et des visiteurs.

Christophe Chabot

Les polyptiques de cette nouvelle série sont l’un des fruits d’une expérience individuelle et collective : Renaissance, Amour, Amitié, dépassement de Soi ont guidé l’Esprit créateur dans nos actions et dans nos Vies. La photographie est ici l’une des allégories de cette traversée.

Emmanuel Georges

Je suis photographe auteur (et aussi pro pour la communication publique) depuis plus de 30 ans. Les images présentées pour cette édition seront essentiellement issues de mon dernier travail « America Rewind » exposé à ST’ART galerie La Chambre en 2017, au CEAAC et à Mulhouse (galerie Hors champs et Filature) et qui a fait l’objet d’une monographie éditée par Hatje Cantz. Je présenterai quelques images issues d’autres séries, notamment « Photo 2000 », et d’autres tirages jamais exposés.

Christian Vogt

Depuis la fin des années 1960, Christian Vogt (né en 1946) a créé une œuvre photographique qui impressionne par son inventivité créative et ses rebondissements surprenants. Il maîtrise l’art du haïku photographique ainsi que la virtuosité du récit associatif avec les images. Pour Christian Vogt, la photographie n’est jamais seulement une image, mais toujours aussi une question de ce qui se cache derrière la surface en termes de sens ou d’histoire. Il s’agit d’une réflexion sur la subjectivité du regard photographique, sachant que l’image réelle n’émerge que dans la perception du spectateur… ». Martin Gasser

Hélène Thiennot

Mon travail s’articule autour des notions de trace et de mémoire, ce que j’appelle le fantôme réel , soit une réflexion picturale autour de ce qu’il reste d’une existence ou d’un événement. Chaque trace laissée sous quelque forme que ce soit est un indice précieux qui nous permet de se faire une image plus ou moins précise de ce qui a pu se produire. Ma démarche est avant tout observatrice : je collecte, je contemple, je photographie chaque détail qui me touche, qui pourrait par sa seule présence raconter une histoire. Je veux faire parler les objets morts , leur donner de la voix là où justement leur utilité s’est évanouie. Tout ce que nous touchons, tout ce qui nous entoure est un prolongement de notre propre corps ; le paysage, les bâtiments, les objets sont des extensions. On pourrait dire qu’ils sont les organes inorganiques de notre existence et témoignent ainsi de notre vécu après même notre disparition. C’est principalement au travers de la photographie argentique que je construis mon travail, je la vois comme un spectre, un instant qui n’apparaîtra plus jamais, le fameux « ça a été » de Roland Barthes. Elle est une apparition, créée par la lumière qui devient image, elle se matérialise. Cette idée de matière persiste également au travers d’autres expérimentations dessinées, installées car c’est bien la matière qui est marquée par le temps, grâce à quoi on peut deviner les traces et les faire parler. Ma recherche, à la fois archéologique, artistique et matiériste se veut l’interprète d’un certain passé,le mien, celui des autres. On ne peut construire un « après » sans connaître l’ « avant ». Nous déambulons dans un monde jonché de stigmates qui contribuent à nous façonner