Léo Marquié

Plusieurs éléments jouent un rôle substantiel dans mes travaux. Formé aux sciences humaines et sociales, mon approche tant pratique que réflexive du médium photographique s’en trouve fortement imprégnée. Les uns rejoignant les autres, j’aime à-lier les aspects esthétiques et techniques aux questionnements et méthodes de l’anthropologie. L’espace ouvert de ce dialogue dessine les contours de ma démarche et, en creux, en fonde la singularité. Photographier est une façon d’entrer en relation avec ce qui m’environne. Les éléments consubstantiels de mon environnement, vivants ou inertes, humains ou non, sont autant d’entités avec lesquelles j’interagis. Pleins de promesses, les rencontres m’amènent à répéter mes visites. Dès lors, je noue avec les espaces des liens de familiarité. En ressassant ainsi les lieux, j’escompte mieux en découvrir les différentes facettes, en saisir les ambiances. La traduction pratique de cette interaction se concrétise par les réglages de l’appareil au moment de la captation, le choix des paramètres. La maitrise technique vient appuyer le propos photographique. Mes compositions, dans leur grande majorité, se caractérisent par une esthétique empreinte d’un fort graphisme. J’aime et recherche le fait que l’impression visuelle suscitée par la photographie prenne le pas sur la lecture logico-rationnelle de l’image. En dépouillant le sujet photographié de sa signification première, je cherche à faire naître chez l’observateur quelque chose d’intime et difficilement exprimable : son ressenti. Pour arriver à ce résultat, j’essaye de leurrer le sens de la vue. En fonction du sujet, je joue avec la profondeur de champ et l’alignement des différents éléments figurant dans le cadre. En manipulant l’empilement des différents plans de la photographie, je compose une image aux lignes et perspectives déroutantes. Aussi, l’utilisation d’une focale plus ou moins importante associée au zoom (ou au rapprochement du sujet) me permet de brouiller les pistes quant à l’échelle. Enfin, en dépouillant l’image de détails, j’accrois le trouble visuel occasionné tout en soulignant l’effet graphique de mes compositions. Tout cela concourt à brouiller les pistes du regard, trop habitué – éduqué – à se repérer dans l’espace, à associer aux choses une signification au premier coup d’oeil. La chaîne de production de sens ainsi leurrée reste aveugle, sa cécité momentanée laissant le champ libre à l’impression. En parallèle à ces travaux, au moyen d’incisions, de découpages et de tressages, j’expérimente des manières d’assembler mes tirages photographiques les uns avec les autres. L’oeuvre dont la finalité semblait alors acquise, s’entrouvre, renouvelée.

Patrice Bûcher

Projet Apparences des Rencontres Photographiques des Récollets.
Au bal des apparences, le corps apparait comme l’accessoire ultime.Nous sommes tous des multiples de nous-même … ainsi revêtons nous de si nombreuses apparences qu’il serait incongru d’en choisir une seule pour nous représenter !Je photographie les yeux dans les yeux … là où il n’y a plus d’espace pour tricher … ce que les paroles mentent, les yeux le révèlent …Il s’agit de :Questionner la pertinence de nos apparences en même temps que la réalité de nos apparences.Questionner notre image à travers des photos faites de nous en studio en parlant de notre vie.Patrice Bucher

Karin Blaser

Über meine Arbeit / PRÉSENTATION

Nebst der klassischen Grafik und den neuen Medien interessiert mich das bewegte Bild. Ich habe mich hauptsächlich im experimentellen Bereich damit beschäftigt. So sind Videoarbeiten, Musikclips und Installationen entstanden.
Seit einigen Jahren ist mir die Beschäftigung mit Objekten im Raum wieder wichtiger geworden. So sind Arbeiten in Ton, Bronze und Installationen entstanden.

Medien: Video, Fotografie, Grafik, Tonarbeiten, Musikstücke und Texte.

«Antonios Postkarte»
Videoinstallation, Musik

Eine Postkarte aus Venedig ist das Thema dieser Arbeit.
Antonio hat sie 1956 aus Vendig an seine liebst Aime geschickt, die in einem Dorf oberhalb von Montreux wohnte. Auf der Vorderseite ist ein Bild einer Gondel mit einem Gondoliere zu sehen.
Der Inhalt der Karte ist kurz: „Attendi una lettera. Je t’aime – Antonio.“, aber die Fantasie erzählt die Geschichte weiter.

Nargez Mirnezhad

Je suis née à Mashhad, en Iran, en 1985. Depuis 2018, je vis , étudie et travaille à Strasbourg.

C’est dans la vie quotidienne que je trouve l’inspiration. Mes dessins, peintures, gravures et vidéos y font références d’une manière ou d’une autre. Ce sont des vies empruntes d’une solitude parfois tragique, de désespoir, d’absence d’avenir, que je représente. Ces situations je les puise tant dans la culture occidentale que dans celle orientale. Solitude et désespoir sont universels !

Durant le confinement, reléguée dans l’espace étroit de ma chambre d’étudiante, le lit s’offrait à mon regard presque incessant, lorsqu’il n’était pas mon refuge. Il est devenu, dès lors, le sujet principal de mes toiles. Les draps défaits sculptés par la lumière, sont les arabesques de cette solitude obligée dans une architecture vide. Des nuances subtiles de gris lumineux, des couleurs douces mais froides obtenues par le mélange des bleus glacés avec leur complémentaire orangée, des contrastes, des combinaisons avec de brèves incursions de couleurs parachèvent l’atmosphère.

Le choix de la peinture à l’huile n’est pas anodin, il concourt à mon sens à un style expressif.

Symboles féminins et des allégories s’installent dans mes toiles. En 2011, j’ai réalisé des natures mortes peuplées de chaussures, tant féminines que masculines. Cette collection, fruit de mes émotions, reflétait « La société aux pieds nus », titre de la première de mes expositions personnelles.

Mon histoire de femme marquée par la culture perse reste prégnante.

Estelle Hoffert

Mon atelier est à 5m de la forêt. Cette proximité me permet d’y travailler, de récolter et d’orienter l’essentiel de mes recherches artistiques autour de cet environnement. Je construis mes décors avec des matériaux de récupération, travaillant avec ce que je trouve ou ce que j’ai à portée de main. Je ramasse des objets portant le poids d’une histoire et je les utilise dans mes photographies. Je les classifie sans jamais convenir d’une hiérarchie en mélangeant le beau et le grossier, le faux et le vrai. Dans cette même logique, à travers un travail de mémoire, sensible aux héritages et à leur transmission, j’explore les pistes d’une société où les époques cohabitent.

Wonderbabette

S’exprimer différemment, découvrir de nouveaux langages qui nous permettrons de formaliser nos pensées. L’art porte les idées, les points de vue, les univers du créateur. Il va permettre de communiquer sur d’autres modes, plus instinctifs, plus émotionnels.Mes productions allient le merveilleux avec des questionnements bien réels, en écho avec mes ressentis sur le monde, les incompréhensions que j’ai de celui-ci et la farouche volonté de l’envisager autrement. Wonderbabette agit depuis avec des publics dits sensibles, cherchant à ouvrir les yeux sur l’absurdité de nos comportements ou de nos fonctionnements au moyen de pratiques artistiques.Sensibiliser à la responsabilité que l’on a chacun de pouvoir agir sur et autour de soi, dans la société, dans son quartier, dans nos relations avec les autres… « C’est avec douceur que l’on ferme les yeux des morts, c’est avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants. » Jean Cocteau

Léa Munsch

Fascinée par le potentiel de la terre et les savoirs millénaires qui l’entourent, Léa Munsch explore ce matériau avec curiosité et instinct. Elle aime s’inspirer de ce que nous donne la nature. Elle travaille principalement la terre brute, à la recherche des textures, des couleurs et des qualités inhérentes à la matière. Dans son atelier, émerge un langage de formes sans âge, des sculptures à la croisée de l’art et de l’architecture. Tel un travail archéologique qui brouille les lignes du temps, ses sculptures semblent surgir d’un futur ancien. Dans sa pratique, elle cultive l’écoute de l’instinct et s’en nourrit pour donner forme à un monde abstrait, architectural, brut, texturé, naturel.

Marina Zindy

Présentation et démarche artistique de l’artiste
Marina Zindy est une artiste plasticienne, travaillant en Alsace. Elle explore différents médiums en fonction des projets qu’elle développe : peinture, installation, photographie, céramique.
Elle pose toujours la question du lien et du rapport que nous entretenons au monde.
Elle a étudié les arts plastiques à l’Université de Strasbourg et de Paris.
Il y a une dizaine d’années la céramique a retenu son attention, fascinée par la
transformation de la matière, elle explore grâce à l’argile, l’histoire humaine, du patrimoine industriel (anciennes tuileries et la cueillette de terre de rencontre), au temps plus long : le temps géologique. Comment se forme le paysage? Comment expliquer que les montagnes d’aujourd’hui se trouvaient sous l’eau autrefois ?
Grâce à son projet Une bouteille à la mer, elle a pu convoquer ce passé de la biodiversité marine préhistorique, jusqu’aux enjeux écologiques d’aujourd’hui.
Son travail pluridisciplinaire art, sciences et environnement, s’est développé en travaillant avec des scientifiques qui étudient le corail :
– Département de Biologie et de Recherches Marines de l’Université de Lampung, en Indonésie
– L’association Ocean Quest , à Toulon
– L’association ADE Méditérannée, à Menton
Elle poursuit des récits d’aujourd’hui en interrogeant le futur avec la série intitulée Îlot d’incertitude. Elle pose des questions face aux enjeux climatiques, par exemple :
Dans un futur proche, les coraux uniquement ne seront-ils plus visibles que dans les musées d’Histoire naturelle ?
Elle a travaillé en partenariat avec différents musées d’Histoire naturelle :
– Musée d’Histoire naturelle et d’Ethnographie, Colmar, France
– Collections paléontologiques de l’Université de Nancy, France
– Museum Jurassica, Porrentruy, Suisse
Face aux bouleversements d’aujourd’hui, nous sommes en droit de nous poser la
question : peut-on encore changer de trajectoire ?
Le scientifique Olivier Hamant propose de « dérailler » et de montrer en quoi les
imperfections du vivant permettent de trouver d’autres chemins viables, une école de la vie dans un monde fluctuant. Ensemble ils décident de réaliser un livre, un roman graphique adressé à un large public pour raconter différentes histoires : celle de la robustesse mais aussi comment se reconnecter au vivant de façon plurielle.
En 2024, Marina Zindy expose son travail intitulé Îlot d’incertitude, dans différents lieux culturels:
– Galerie des Augustines, à Marseille pour l’exposition intitulée la Mer au plus près
– Kunsthalle Palazzo, à Liestal dans le cadre de la Régionale
– Hôtel de ville, à La Celle-Saint-Cloud pour l’exposition Sur la route des fonds marins.
Elle prépare une mission océanographique en 2027, avec les équipes de l’ENS de Paris pour observer les dorsales de l’Atlantique Nord et un roman graphique avec Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’ENS de Lyon.
Le titre Îlot d’incertitude, est une référence aux écrits d’Edgar Morin : Toute vie est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers quelques îles ou archipels de certitudes où se ravitailler.
Marina Zindy souhaite créer de nombreux îlots grâce à de futurs projets, notamment celui de pouvoir travailler avec l’équipe scientifique de l’ENS de PARIS, afin de continuer à rencontrer des personnes passionnées et engagées, de partager les connaissances afin de constituer une équipe pluridisciplinaire. De pouvoir vivre cette joie collective de la découverte et de la création, et de la partager au public.

Sarah Makina

Toujours dans cette quête de notre rapport au corps parfois fétichisé, fantasmé ou performé je suis à présent en recherche d’une relation à l’autre, d’un contact. Je vous présente cette année un tryptique photographique résultant d’une performance vertigineuse.