Léa Munsch

Fascinée par le potentiel de la terre et les savoirs millénaires qui l’entourent, Léa Munsch explore ce matériau avec curiosité et instinct. Elle aime s’inspirer de ce que nous donne la nature. Elle travaille principalement la terre brute, à la recherche des textures, des couleurs et des qualités inhérentes à la matière. Dans son atelier, émerge un langage de formes sans âge, des sculptures à la croisée de l’art et de l’architecture. Tel un travail archéologique qui brouille les lignes du temps, ses sculptures semblent surgir d’un futur ancien. Dans sa pratique, elle cultive l’écoute de l’instinct et s’en nourrit pour donner forme à un monde abstrait, architectural, brut, texturé, naturel.

Marina Zindy

Présentation et démarche artistique de l’artiste
Marina Zindy est une artiste plasticienne, travaillant en Alsace. Elle explore différents médiums en fonction des projets qu’elle développe : peinture, installation, photographie, céramique.
Elle pose toujours la question du lien et du rapport que nous entretenons au monde.
Elle a étudié les arts plastiques à l’Université de Strasbourg et de Paris.
Il y a une dizaine d’années la céramique a retenu son attention, fascinée par la
transformation de la matière, elle explore grâce à l’argile, l’histoire humaine, du patrimoine industriel (anciennes tuileries et la cueillette de terre de rencontre), au temps plus long : le temps géologique. Comment se forme le paysage? Comment expliquer que les montagnes d’aujourd’hui se trouvaient sous l’eau autrefois ?
Grâce à son projet Une bouteille à la mer, elle a pu convoquer ce passé de la biodiversité marine préhistorique, jusqu’aux enjeux écologiques d’aujourd’hui.
Son travail pluridisciplinaire art, sciences et environnement, s’est développé en travaillant avec des scientifiques qui étudient le corail :
– Département de Biologie et de Recherches Marines de l’Université de Lampung, en Indonésie
– L’association Ocean Quest , à Toulon
– L’association ADE Méditérannée, à Menton
Elle poursuit des récits d’aujourd’hui en interrogeant le futur avec la série intitulée Îlot d’incertitude. Elle pose des questions face aux enjeux climatiques, par exemple :
Dans un futur proche, les coraux uniquement ne seront-ils plus visibles que dans les musées d’Histoire naturelle ?
Elle a travaillé en partenariat avec différents musées d’Histoire naturelle :
– Musée d’Histoire naturelle et d’Ethnographie, Colmar, France
– Collections paléontologiques de l’Université de Nancy, France
– Museum Jurassica, Porrentruy, Suisse
Face aux bouleversements d’aujourd’hui, nous sommes en droit de nous poser la
question : peut-on encore changer de trajectoire ?
Le scientifique Olivier Hamant propose de « dérailler » et de montrer en quoi les
imperfections du vivant permettent de trouver d’autres chemins viables, une école de la vie dans un monde fluctuant. Ensemble ils décident de réaliser un livre, un roman graphique adressé à un large public pour raconter différentes histoires : celle de la robustesse mais aussi comment se reconnecter au vivant de façon plurielle.
En 2024, Marina Zindy expose son travail intitulé Îlot d’incertitude, dans différents lieux culturels:
– Galerie des Augustines, à Marseille pour l’exposition intitulée la Mer au plus près
– Kunsthalle Palazzo, à Liestal dans le cadre de la Régionale
– Hôtel de ville, à La Celle-Saint-Cloud pour l’exposition Sur la route des fonds marins.
Elle prépare une mission océanographique en 2027, avec les équipes de l’ENS de Paris pour observer les dorsales de l’Atlantique Nord et un roman graphique avec Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’ENS de Lyon.
Le titre Îlot d’incertitude, est une référence aux écrits d’Edgar Morin : Toute vie est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers quelques îles ou archipels de certitudes où se ravitailler.
Marina Zindy souhaite créer de nombreux îlots grâce à de futurs projets, notamment celui de pouvoir travailler avec l’équipe scientifique de l’ENS de PARIS, afin de continuer à rencontrer des personnes passionnées et engagées, de partager les connaissances afin de constituer une équipe pluridisciplinaire. De pouvoir vivre cette joie collective de la découverte et de la création, et de la partager au public.

Sarah Makina

Toujours dans cette quête de notre rapport au corps parfois fétichisé, fantasmé ou performé je suis à présent en recherche d’une relation à l’autre, d’un contact. Je vous présente cette année un tryptique photographique résultant d’une performance vertigineuse.

Jacky Schieberlé

Le travail de Schieberlé est proche de celui d’un plasticien réalisant des collages. Dans un premier temps, il crée des images par superpositions parfois multiples, puis après développement, il colle sur ce « fond », des éléments prélevés dans ses propres photos ou dans des magazines, ou pose simplement dessus de petits objets. De cette nouvelle opération, naît par télescopage une nouvelle image qu’il photographie à nouveau. Ce processus rudimentaire qui laisse la place au hasard et à l’accident, produit des images d’une indéniable force visuelle. Dans le cas des images de Schieberlé, on ne peut pas vraiment parler d' »œuvres » au sens d’un achèvement. En effet, il réalise de nombreuses versions de ses photos, qu’il modifie et re-photographie à l’envi. Quant il regarde son travail, c’est toujours avec l’idée d’en retrancher quelque chose ou d’y ajouter des éléments. Il ne s’agit pas de la marque d’une perpétuelle insatisfaction face à un travail qu’il faudrait sans cesse peaufiner pour tendre à la perfection, mais plutôt de l’intuition, que les images rendues visibles sur le papier, sont des objets dont l’essence même est d’être en perpétuelle mutation. C’est sans doute pourquoi Jacky Schieberlé manipule ses images sans ménagement, qu’il ose tailler dedans à coup de ciseaux, qu’elles n’ont pas de format bien déterminé, et qu’elles s’entassent dans ses tiroirs ou sur des clés USB, dans l’attente d’une nouvelle idée qui les transformera. Texte : Inès P. Kubler

Ines P. Kubler

Pendant plusieurs années je pratique le dessin, le collage ou la peinture sur papier, à la recherche toujours insatisfaite d’un terrain d’expression qui me soit propre. Ce terrain je le découvre enfin lors d’une expérience professionnelle forte au cabinet du Docteur Jean Pillet, spécialiste en prothèses médicales dont la troublante esthétique illusionniste les rend presque invisibles. Cette expérience est fondatrice, car c’est là « sur le tas », que je sculpte quelque chose pour la première fois ; et c’est là aussi que je rencontre mon matériau de prédilection : la cire, dont la nature de caméléon tantôt  fluide ou solide, opaque ou translucide, m’a immédiatement séduite. Depuis, mon travail se développe essentiellement en volume, sous la forme de séries de sculptures ou petites installations, et la cire est devenue un matériau indispensable, presque un fétiche. Le travail que je poursuis sonde la matérialité des objets. Guidée par leur fort pouvoir d’évocation, je les manipule, laissant volontiers la place à l’accident. Je coule la cire, y agglomère divers matériaux, grave ou teinte certaines surfaces, parfois en lutte avec le tempérament de l’objet qui me contrecarre. Par ce processus qui peut s’apparenter à un collage, je tente de mettre au jour des aspects de la personnalité des choses jusque là restés invisibles. L’objet se déploie hors des limites imposées par l’usage, pour se glisser dans une toute autre peau et de nouveaux champs d’interprétation. Le caractère transitoire de la cire en fait des objets incertains, passagers d’un monde qui ne l’est pas moins.

Melissa Decaire

Ma Cabane à la Coop Fête l’AN 01 !
Situé dans le Quartier du Port-Du-Rhin, à deux pas de La Virgule, l’atelier « Ma Cabane à la Coop », dédié à la photographie, se trouve au coeur du bâtiment 5A, dans l’ancien Bureau d’administration de la COOP Alsace, attenant au tiers lieu Kaléidoscoop. Cet atelier qui s’intègre au projet urbain Deux-Rives conçu par A. Chemeto ff , met en lumière le projet de réhabilitation architecturale menée de 2018 à 2024 par LOFT FACTORY / DRLW et «Les Amis de la Coopé» dont je fais partie. Réhabilité pour ma part avec la complicité de REK architectes, il présente de nombreux vestiges faisant partie intégrante de la mémoire des lieux. « Ma Cabane à la Coop » est surtout un « Observatoire photographique du paysage » – échos du monde changeant. Pour célébrer « l’AN 01», j’invite le spectateur à découvrir tout ce que la transformation urbaine des espaces qui m’entoure m’inspire ; Des paysages énigmatiques, des architectures qui s’étoffent sous les grues immenses et fi ères, la wildlife, des phénomènes étranges et une pratique qui évolue avec les invisibles : les ouvriers de chantier, les petites scènes de la vie quotidienne et les habitants de ce quartier re-naissant.

Mélodie Meslet-Tourneux

«A rebours de la révolution numérique et du « tout dématérialisé », Mélodie Meslet-Tourneux investit depuis dix ans la céramique qu’elle marie à la photographie argentique dans un minutieux travail artisanal qui révèle simultanément images et volumes. Travaillant étroitement avec des potiers aux savoirs immémoriaux, elle est guidée par des postures, des façons de préparer la terre, mais aussi d’être potier. C’est par l’observation et le mimétisme gestuel que Mélodie s’imprègne d’un site et de son histoire. Elle modèle, tourne, monte la terre à la plaque ou au colombin, prend autant de notes dessinées, écrites que photographiques, pour constituer une collecte hétéroclite de sources. Elle ne néglige aucun mode d’écriture pour embrasser un sujet. Le résultat de ses recherches génère de multiples traces, documents et objets qui parfois s’hybrident avec finesse et sous la forme de pièces témoins aussi bien inédites que chargées de mémoire. De cette façon, en 2015, l’artiste a travaillé avec les potières de Dioulasso Ba au Burkina Faso aux cotés desquelles elle a réalisé des répliques d’objets traditionnels détournés de leur fonctions premières. Terre Burkinabée présente ainsi des contenants oblitérés par des clichés qu’elle réalisa de femmes façonnant la terre. En 2016, Bleu fassi raconte la rencontre avec des potiers d’un atelier marocain au travers de créations de monotypes, d’une vidéo et de photographies dont certaines sont développées sur la face des stèles modelées. Lors de ces expériences, Mélodie Meslet-Tourneux a perfectionné une technique de travail personnelle. Elle fait apparaître des images à la surface des reliefs de la terre cuite par l’usage de gélatines photosensibles. Ces expérimentations sont parfois longues et aventureuses, mais font partie du processus de recherche qu’elle élabore à chaque fois différemment pour faire advenir ces objets comme des apparitions visuelles et révèle ce qui habituellement ne se voit pas. Des lieux, des gestes, des situations de création, des histoires d’atelier dont l’objet devient le témoin. (…) « Sophie Auger-Grappin Critique d’art Directrice du centre d’art contemporain le Creux de l’enfer, Thiers

Jan Stevens

L’observation attentive de la nature et de ses composants est au cœur de ma pratique.  Je considère l’ensemble de mon travail comme une sorte de réserve accumulant et abritant mes tentatives de rendre visible la vulnérabilité et la ténacité du monde végétal et minéral. Souvent en symbiose avec le dessin et la gravure, j’expérimente d’autres matériaux. Les recherches fragiles et éphémères sont « préservées » par la photographie, qui à son tour me fournit un moyen d’explorer les changements d’échelle. La lumière, qu’elle soit projetée, réfléchie ou bloquée et la transparence ou la superposition peuvent interagir et parfois déconcerter.

Jacqueline Bilheran Gaillard

Un triple travail de photographie, de peinture-techniques mixtes et de sculptures-assemblages. 

Mon regard saisit de la beauté dans ces continents de déchets produits par la consommation de masse ou dans les lieux désertés d’une industrie périmée. Mon objectif photographique y prélève les couleurs de ma palette et les formes de mes motifs artistiques : métal, papier, plastique, entassés, écrasés, plissés, déformés, colorés. Le fouillis de formes et de couleurs que je saisis dans ces tas de détritus ou ces lieux à l’abandon, deviendra peintures, sculptures, photographies plasticiennes. Mes photos sont donc à la fois le point de départ, le matériau de mon travail pictural par l’usage du transfert, et un aboutissement quand je les retravaille, que je photographie des fragments de sculptures ou que je peins des sculptures photographiées. De la photographie à la peinture, de la peinture à la sculpture, pas de choix exclusif des médiums ni des matériaux, mais un même univers, la poésie de l’abandon, la beauté des objets qui ont perdu leur usage familier et subi l’usure du temps et la déformation aléatoire de l’entassement, celle aussi, volontaire, de l’artiste démiurge qui comprime, écrase, fond, déchire, plisse, assemble, colore, peint.

Mes peintures et mes sculptures empruntent au Pop Art américain ou au Nouveau Réalisme une part de leurs techniques et leur fascination pour l’univers de la culture populaire à l’époque de la consommation de masse. Tout dans le monde qui nous entoure, même les objets les plus triviaux, peut faire art. Il n’y a pas de hiérarchie des formes et des matières. Le sens, l’émotion et le beau peuvent surgir là où on ne les attend pas. En cela je produis sans doute comme une archéologie et une mémoire de ma propre culture, celle de la pénurie de l’après-guerre où l’on ne jetait rien, où tout pouvait être réutilisé. Celle aussi des Trente Glorieuses et de l’abondance inouïe promise par de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques.  

Travail de généalogie, d’interprétation, pour retrouver, sous les strates du présent, dans ces restes relégués aux marges, ce qui fait encore sens. Mais travail d’une époque qui n’est plus celle de l’émerveillement devant le ready made ou la vitrine de Noël du Grand Magasin, mais celle de la catastrophe annoncée et du tragique de l’excès, de l’accumulation et de la décrépitude. Fascination pour les pertes, les destructions, les formes du difforme, pour les formes de ce qui est exclu comme déchet, déprécié par la culture dominante et qui devient signifiant pour l’artiste.

 

Violaine Chaussonnet

Mon travail en ce moment tourne toujours autour des miroirs ronds et carrés, de l’eau, de ma main, des broussailles et surtout de la lumière.
C’est un travail qui utilise l’appareil photo argentique.
C’est un travail qui cherche à attraper quelque chose tout au bout dans la lumière et qui passe par les images et par les mots de plus en plus.
C’est un travail qui cherche ce qui sauve.
Tirages jet d’encre divers format et livres d’artiste.