Ma recherche se concentre sur la peinture de portrait. Je m’intéresse au portrait non pas comme représentation d’une personne précise, mais comme lieu où la question de l’existence humaine apparaît. Le portrait pose toujours une question simple : qui est là ? Mais cette présence n’est jamais stable. Elle apparaît et en même temps se retire. C’est dans cette tension que je travaille. Dans mes peintures, le regard joue un rôle central. Il ne fonctionne pas comme un simple échange entre l’image et le spectateur. Il crée un mouvement : quelque chose se projette vers l’extérieur, vers le monde et vers celui qui regarde, puis revient vers la surface du tableau. Ce va-et-vient transforme la peinture en un espace ouvert, où la présence n’est jamais fixée une fois pour toutes. Les figures que je peins ne sont pas liées à des identités personnelles. Elles ne racontent pas une histoire précise et ne cherchent pas à préserver la mémoire d’un individu. Ce qui m’intéresse n’est pas l’identité sociale ou biographique, mais une dimension plus fondamentale : la manière dont un être humain apparaît comme présence sensible. Lorsque nous regardons un portrait, nous ne rencontrons pas seulement une image. Nous faisons l’expérience d’une distance, d’un écart entre ce qui est visible et ce qui ne peut pas être totalement saisi. Cet écart n’est pas un manque ; il fait partie de la condition humaine. Il rappelle que l’existence ne se réduit jamais à une identité claire. Ainsi, la peinture ne cherche pas à définir le « soi ». Elle ouvre un espace où le spectateur peut ressentir sa propre présence. Le portrait devient alors un lieu de réflexion silencieuse sur ce que signifie être là.
Après des études en psychologie et en communication, Marc Wiers Dagnino, d’origine néerlando-italienne, a suivi de manière autodidacte des ateliers et des cours auprès de divers artistes. Son style est figuratif, avec des séries d’œuvres inspirées, par exemple, des fauvistes. Au fil des ans, il a développé son propre style coloré, plein de fantaisie et de vivacité. Son travail consiste principalement en des peintures acryliques sur toile ou sur papier. Il réalise également régulièrement des bandes dessinées éducatives sur commande, principalement pour des organisations néerlandaises. Depuis une dizaine d’années, son travail est exposé dans différents endroits en Europe. Outre son activité artistique, Wiers Dagnino est directeur créatif et propriétaire d’un cabinet de conseil social. Il est également comédien vocal et doubleur professionnel depuis ses études et dispose de son propre studio à domicile aux Pays-Bas. Son mari italien, Roberto Dagnino, est maître de conférence en néerlandais à l’université de Strasbourg. Ils vivent alternativement à Strasbourg, à Groningue aux Pays-Bas et à Gênes en Italie.
Lors des ‘Ateliers Ouverts’, je présenterai des peintures récentes sur toile et sur papier.
Des réflexions sur la dynamique des fluides ou bien la symbiose végétale me préoccupent. J’essaie de les traduire avec les moyens propres à la peinture.
Pour représenter les courants d’un fleuve, il faut se laisser emporter.
Pour peindre un jardin, ne vaut-il pas mieux s’intéresser aux plantes adventices et aussi être prêt à perdre quelques pétales dans les rafales ?
Bei den „Ateliers Ouverts“ werde ich aktuelle Gemälde auf Leinwand und Papier präsentieren.
Ich beschäftige mich mit Überlegungen zur Strömungsdynamik oder zur Symbiose von Pflanzen. Ich versuche, diese mit den Mitteln der Malerei umzusetzen.
Um die Strömungen eines Flusses darzustellen, muss man sich mitreißen lassen.
Ist es zum Malen eines Gartens nicht besser, sich für Unkraut zu interessieren und auch bereit zu sein, ein paar Blütenblätter iim Wind zu verlieren?
Je peins les objets que j’aime, ceux qui me font rire, m’inquiètent, me trompent ou m’interrogent. J’essaie de tracer ce qu’ils portent de fiction. Je les choisis pour ce qu’ils disent de nous, les humains. J’apprécie ces longs moments d’observation et de concentration pour les peindre. Fascinée par les faux-semblants, je m’attache à ce que les images que je crée ne s’offrent pas d’emblée: les choses changent de rôle, les identités se déplacent, les apparences se troublent. Les travestissements, les masques, les décors traversent mon travail, qu’ils prennent la forme de peintures à l’huile sur bois ou sur toile, de créations scénographiques ou de compositions de motifs textiles.
Le travail de Jean Claus (1939–2025) se caractérise par une évolution continue, où chaque période redéfinit la précédente. Après des débuts en peinture, marqués par des natures mortes et paysages encore liés au réel, le dessin et l’aquarelle occupent déjà une place importante comme moyens d’observation et de recherche sensibles.
Dans les années 1970, il opère un tournant vers des assemblages tridimensionnels réalisés à partir de matériaux modestes, affirmant une démarche expérimentale. Les années 1980 voient l’émergence des « reliquaires », œuvres centrales peuplées de figures angéliques, où se croisent mémoire, fiction et sacré, et qui lui apportent une reconnaissance institutionnelle. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, ces figures se déploient dans l’espace sous forme de sculptures, instaurant un rapport plus direct et théâtral avec le spectateur.
À partir du milieu des années 1990, avec le « Garde-Meubles », il développe des formes hybrides entre sculpture et mobilier, dans une dimension plus introspective. Parallèlement, dans les années 2000, il approfondit une pratique régulière du dessin et de l’aquarelle, notamment liée à ses marches dans les Vosges, prolongeant cette recherche par l’écriture, une pièce de théâtre et une réflexion théorique autour de « l’Art Météo ».
Dans les années 2010, il revient à la peinture en y intégrant pleinement le cadre comme élément constitutif de l’œuvre. Jusqu’à sa disparition en 2025, son travail reste traversé par des motifs récurrents — figures, mémoire, phénomènes naturels — et par une dynamique de transformation constante, où peinture, sculpture, dessin et aquarelle dialoguent dans une même recherche de renouvellement
Mon travail est principalement axé sur le thème du paysage. Ce paysage sera interprété et dépaysé en quelque sorte par l’exercice de la peinture. Je travaille sur des formats différents qui vont de la miniature au très grand format, pour offrir un panel de sensations optiques et corporelles.sé en quelque sorte dans l’exercice de la peinture.
Je suis peintre en décor, restauratrice, et dessinatrice. Dans mon travail j’utilise des techniques de peinture de trompe l’œil (imitations de bois et de marbres notamment), pour des projets allant de la restauration de patrimoine à des projets contemporains en collaboration avec des artistes, en passant par la création d’œuvres murales.
Tenir un spray en main et me tenir face à un mur, une surface qui me dépasse, c’est d’abord par la pratique du graffiti qu’est nait en moi un désir d’explorer la physicalité de mon corps et celle du support prêt à le recevoir. Après une licence en Histoire et l’obtention d’un DNSEP à la Haute Ecole des Arts du Rhin à Strasbourg, j’ai trouvé dans l’acte de peindre, avec l’utilisation de différents outils, matériaux et supports ; peinture à l’huile, aérosol, toile, bois, un moyen de répondre pressamment au besoin de m’inscrire dans le réel par l’exploration et la sensation que pouvait me procurer le contact avec la matière picturale. Qu’est-ce qui fait qu’une toile devient une œuvre d’art ? Que me révèle le châssis, sa taille, la toile, son grain ? Que projette elle avant d’être recouverte de peinture ? De ces questionnements m’est apparue la nécessité de confronter la toile, la martyriser, la soigner, la repousser dans ses limites. C’est dans cette friction avec la matière que s’est formé l’expérience temporelle de la toile, propice à ce que je recherche, pas une image figée mais un événement pictural, une vibration, un basculement qui lui donnerait son autonomie. De là je n’ai alors plus besoin d’intervenir, notre rapport cesse, elle existe désormais par elle-même. Pour alimenter et structurer cette démarche, je mets en place des méthodes de travail, répétition de rythmes, de gestes et de matériaux. En disposant les toiles dans l’espace, comme des fragments, au mur, au sol et en les travaillant simultanément, elles s’influencent et dialoguent. Des accidents se produisent, ce qui échappe à mon contrôle, je choisis d’en sauvegarder certains, et d’en recouvrir d’autres. Ces évènements se retrouvent aussi au dehors de l’atelier, lorsque je me déplace en ville où j’appréhende les phénomènes de dégradation, des bâtiments, façades et plus largement dans des zones liminales et naturelles où je capture des détails, motifs, lumières, couleurs, des « impressions » que je transforme à l’atelier, en matière et en expérience picturale.
Mon travail est orienté vers le réalisme, j’aime saisir les ambiances et lumières dans des compositions recréer de la réalité.J’aime particulièrement le portrait, mais j’ai réalisé une série qui se déploie dans le tram ou chaque tableau est l’écran d’une scène banale figée par le regard extérieur du spectateur.Cette série, composé de 16 tableaux, met en évidence la séparation d’êtres pourtant physiquement réunis.
Je travaille également beaucoup le dessin, d’après nature, au crayon, au fusain, au carré conté, du croquis rapides au travail plus élaboré, mes thèmes de prédilection sont le corps humain, le portrait et la nature…
Basée à Strasbourg depuis 2024, Amélie Munich a recours à de multiples médiums comme le dessin, la peinture, la sculpture et l’installation. Son intention artistique naît des réflexions sur la représentation d’un espace et des perceptions de ce dernier ; notamment de l’observation subtile de la lumière et des ombres qui révèlent ou déforment les volumes. De cette notion d’espace s’ajoute celle du corps. Ce dernier entretient un rapport personnel au lieu où il se situe. Le corps appréhende l’espace, il s’y meut. Cette sensibilité est d’autant plus vive quand l’espace touche à l’intime, au quotidien. Et parfois ce quotidien se transforme en un drôle d’absurde. Le vocabulaire de la scénographie et de la théâtralité devient alors un outil qu’Amélie utilise pour développer son travail plastique.