Pratiques : Installation
Johnny Gaitée
La découverte picturale et l’interaction virtuelle sont au coeur de mes créations présentes. Engendrées par les jeux vidéos et le deeplearning, le renouvellent de ma pratique auprès de ces territoires d’imaginaire où les pixels et l’invraisemblable se croisent, font déraisonner en moi la vision première d’une réalité virtuelle. Éclatante et inquiétante. Se faisant, l’émergeance de ces peintures hybrides nous donne à voir les images figées d’une esthétique dormante ininterrompu, en plein sommeil paradoxal et machinal. J’explore alors une technique de hacking appelé “corruption”, qui décortique les textures des jeux-vide?os et re-décompose les images au grès des variations innnombrables de l’émulateur. L’image ainsi capturé traverse les liquides colorés, relâchées contre la toile par les touches détachées de mes mains instinctives. D’autre part, les oeuvres tirées de peintures classiques fournissent un abécedaire commencé depuis ma découverte du machine learning, et d’un logiciel appelé Dreamdeeply. J’y introduis alors ces peintures, qui ressortent transformées par l’interprétation des images condensées d’un algorythme. En dernier ressort, je retouche l’image obtenue pour y laissé apparaître les formes numériques les plus criantes à mon oeil. J’en suis à la lettre C des peintres trouvé sur la toile numérique et j’ai commencé à partager quelques unes de leurs oeuvres sur les réseaux.
Manon Pourcher
Diplômée de la mention Art-Objet à l’atelier bijou en 2021, elle a d’abord suivi 5 années d’études techniques en bijouterie.
Après ses études à la HEAR, elle obtient un atelier au Bastion 14 à Strasbourg en 2022. Son travail interroge, dans une perspective animiste, les liens que les objets tissent dans les paysages ainsi que les échanges qu’ils opèrent avec les corps.
En parallèle de son travail personnel, elle poursuit ses réflexions sur le vivant et dans le duo Tierstein, co-fondé avec l’artiste Zoé Kiner-Wolff en 2021
Julien Amillard
Entremêlant la littérature et les arts plastiques, j’interroge les événements de notre Histoire à travers la création d’objets de transmission (livre, flyer, affiche, badge, etc.), des installations et des performances réactivant une histoire oubliée, réécrite ou fantasmée.
Par ce biais, je développe une pensée poétique du monde. »
Myriam Kotrys
Les réalisations puisent leur force dans l’utilisation de matériaux naturels et/ou recyclés afin de donner corps à des Etres de la Natures, ou des objets en résonnance avec elle. Récolter, assembler, marier, tisser, associer peuvent être autant de petits gestes et de jeu avec la matière qui lui redonne un nouveau Souffle. Hommage au vivant qui dans de nombreuses cultures et traditions du monde était honoré! Les Anciens se liaient et renouaient avec les forces et énergies de la nature dans un respect et une connaissance de ces dernières. Créer avec la complicité de ce que chaque matière insuffle, dans un dialogue où le créateur et la matière ne sont pas en lutte mais dans une forme d’alliance. De ces alliances naissent des corps et des êtres, des objets faits de fibres naturelles, de lanières végétales, de minéraux, de bois flottés, de coquillages et autres trésors de la Terre. Une personnification des Eléments de la Nature s’opère alors, et laisse libre cours à tout un univers, où magie et poésie vont de paire. Voilà comment naissent ces Etres, ces Gardiens de la Terre avec leur magie … c’est la puissance des Mystères!!!
Claire Guerry
C’est l’univers du léger, de l’aérien et du blanc, à l’image de la colombe, qui est au centre des travaux de Claire Guerry. Les installations de plumes blanches in situ, donnent à s’ouvrir vers l’infini, la vastitude, un sentiment de plénitude et de paix quelle cherche à transcrire. Par les peintures en techniques mixtes intégrant des éléments naturels tels que pigments, poudres végétales ou minérales, sables, œuvres en verre, planisphères célestes, elle aime montrer une perception des réalités à la fois multiple et simultanée. Touchée par l’art pariétal et dans l’esprit des arts amazoniens, les images, pour elle, « disent quelque chose et agissent aussi comme une sorte de ‘transformateurs d’énergie’ » et entraîne un processus ontologique de transformation voire de métamorphose.
Lucie Muller-Karapostoli
« la fonction de l’artiste est fort claire: Il doit ouvrir un atelier et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il lui vient. » Francis Ponge
Gris Bois
Gris Bois est une association inventive et compétente entre architecte, ingénieur et menuisier. Installés à Strasbourg avec le collectif du CRIC (artistes de la Semencerie et du Bastion) nous évoluons dans un univers ou interagissent technicité, art et valeur environnementale. Notre objectif : Créer une synergie entre spatialité et structure au travers de l’usage du bois et des matériaux de réemploi. Dans ce sens, la construction est pensée de telle manière à pouvoir s’adapter, évoluer, se réemployer. Pour cela, nous développons des moyens et méthodes d’assemblages rendant nos réalisations plus modulables et accessibles. Il s’agit de penser des constructions autonomes à différentes échelles. Au delà de la pensée constructive et du respect de l’environnement, nous voulons y ajouter l’intelligence de la main, l’envie de retrouver une qualité et de créer notre vision du savoir faire local. C’est vouloir expérimenter, interagir et créer du lien au travers d’une vision du monde portée de plus en plus par une envie de reconquête du sens.
Arthur Poutignat
Du sensé au sensible La question de la perception est centrale dans mon travail. Le point de vue du spectateur, la construction de l’espace, sa dépravation (anamorphoses, métamorphoses, perspectives singulières), sont les moyens qui vont permettre de nouveaux agencements visuels, propices à la remise en cause de repères traditionnels. L’équivoque et l’étrange sont les moyens de cette nouvelle donne, interrogeant les références communes et les distinctions généralement admises entre volume, surface, motif. Par le paradoxe, le renversement, l’ambiguïté, ma démarche m’amène ainsi à produire des objets, installations et dispositifs, qui viennent détourner la perception du spectateur, lui proposant une vision étrange, un monde imaginaire qui vient mettre en crise le tangible. Les zones d’ombres, les ambiguïtés spatiales créent le doute, les mettent en évidence et me permettent de révéler les contradictions et oppositions sous-jacentes à notre appréhension du monde. Inhérente au visible, l’obscurité vient affirmer notre perception de l’espace, sa mise en valeur me permet de trouver des points de basculements du réel vers la fiction. De l’altération à l’altérité Sans médium de prédilection, mais très attaché aux principes du dessin, je cherche à faire émerger le poétique à partir de nouvelles combinaisons. La fiction vient effleurer le réel, enrichissant l’imaginaire du spectateur. J’interroge nos visions du monde, en adoptant d’autres points de vue ; de nouvelles logiques donnent forme à mes œuvres. Il s’agit, à la fois, d’interroger un scientifique par la logique du dessin et de transposer des éléments de vocabulaire dans un nouveau champ lexical. Créant ainsi un espace sémantique ambiguë et ludique. Ces opérations me permettent de mettre à jour l’incertitude des choses, d’en préserver sa magie et ses possibles. Il s’agit avant tout de permettre un autre regard.
Letizia Romanini
Ma pratique tente de créer une parenthèse, un souffle ou un arrêt sur image.
Le geste, la répétition, la collecte, le lien, la minutie, l’empreinte participe à ce
temps de pause où j’invite à réévaluer le quotidien. Je traduis par « laisser pour
compte » des fragments du monde qui évoluent comme un contrepoint d’une
frénésie dans laquelle nous sommes inscrits malgré nous.
Face à la saturation progressive de notre univers par des images, à la médiation
croissante de nos relations sociales par l’image et les technologies visuelles, ma
démarche est animée par le désir d’attirer l’attention sur ce que nous ne
remarquons pas ou ce qui nous échappe dans notre quotidien. Ce que
l’accoutumance a déréalisé, mes recherches s’emploient à le révéler, et c’est en
rendant compte de l’évanescent, du presque futile que j’entreprends de prononcer l’existence fascinante des choses.
L’espace et le temps sont des données essentielles dans mon travail. Mes
productions interrogent la condition humaine et la fragile barrière oscillant entre l’absence et la présence, entre le visible et l’invisible.
Letizia Romanini
