2022 03 24 Le travail Faire une sculpture première Pas primitive mais première. Qui aurait pu se faire avant la symbolisation des signes. Pas d’idée, pas de symbole. Une sculpture abstraite et pourtant ambiguë qui ferait penser à… Une sculpture qui parlerait de la sculpture, des sculptures. Faite comme je fais les dessins. Le simple fait de poser l’encre sur le papier, c’est déjà le dessin. Le simple fait de manipuler la terre, c’est déjà la sculpture. Comme le feraient les enfants et pourtant ailleurs aussi. Ailleurs que dans l’enfance. Dans un monde simplifié au simple fait de faire. Le monde de l’intuition qui me pousse à mettre en forme les images qui surviennent sourdement au moment même où je travaille. Je fais pour penser. Faire pensée. Je m’appuis sur le travail produit ou en train de se faire pour construire mon histoire. Animé par la force des matériaux. Regardant comment ils apparaissent et comment naissent entre eux des relations intimes. Des fusions, des guerres sans merci. Je les rapproche c’est tout. Je les mène en relation avec moi, avec mes mains. Ma peau, ma tête aussi. Un son naît du pot que je construis. Un son comme une échographie au cœur du pot. Issu du pincement régulier, le geste répété. Un son qui perdure dans l’atelier et qui accroche la forme à mes oreilles. Le corps entier est attentif, tendu, concentré sur la fabrication. Je regarde. Comment la terre rencontre mes mains et comment la forme rencontre mes yeux et mes oreilles. La cuisson, c’est autre chose, c’est une affaire de temps : changer le temps de la terre. Ralentir. Changer le temps de mon regard. Rien ne se fait sans ce ralentissement général. Il faut le temps que les choses naissent, qu’elles apparaissent au monde, qu’elles m’apparaissent. Il me faut ce temps de faire pour entrevoir ce que je suis. Et tous les jours refaire. Inlassablement. Sans compter, ni le temps ni l’énergie. Refaire pour voir, enfin. Voir les traits et les espaces du dessin, voir les masses et les couleurs de la sculpture. Voir l’humanité du pot.
J’explore les frontières de l’identité humaine à travers le projet « Qui suis-je ? Humain. » Je m’intéresse à ce qui fait de nous des êtres humains, à la manière dont notre environnement, les événements et les personnes nous façonnent et nous transforment. Dans mon travail, je combine mon expérience en design industriel avec des éléments de la nature, créant des installations interactives. Je crée un art avec lequel le spectateur peut interagir : toucher, manipuler et modifier. Une partie essentielle de ma pratique est l’utilisation de matériaux recyclés et la minimisation de la consommation de nouvelles ressources. Ce n’est pas seulement un geste écologique, mais aussi une manière de ressentir la voix de la forme au-delà de la fonction du design, en réinterprétant son sens. Je suis inspirée par les frontières entre le passé et le présent, l’influence du moment présent – unique –, la mémoire et la réalité. Je travaille avec des objets trouvés et des matériaux naturels, créant des structures qui reflètent la fragilité et la fluidité de l’identité humaine en fonction de l’environnement et des événements imprévus. Mon objectif est d’inciter le spectateur à réfléchir sur son identité. Comment les autres influencent-ils notre construction ? Que laissons-nous dans le cœur des autres ? À travers l’art, je propose un espace de réflexion, d’interaction et de réinterprétation de soi.
Présentation J’ai grandi en Alsace où j’ai entrepris des études d’architectures. Durant mon parcours, j’ai toujours été attaché à la question du « chez-soi », la façon dont les humains s’approprient l’espace, y créent des souvenirs, et le gardent en mémoire. Dans ma pratique de l’art, j’explore cette interaction fragile entre les éléments à ma disposition, et la manière de les réassembler pour créer un nouveau « tout »; Cet acte traduit le point de rencontre entre mon imaginaire, le lieu, les matériaux, et ma temporalité propre. Ainsi, mes œuvres peuvent prendre la forme d’assemblages en pierre et bois, à la limite entre équilibre et effondrement; Traduisant l’idée d’appropriation physique du lieu, puis sa disparition lorsque je le quitte, seule la photo demeure (ma mémoire). Ou des altérations de photographies, mettant en valeur des formes perçues dans le paysage et traduisant l’appropriation mentale, l’imaginaire. Ou encore de simples statuettes en terre crue, pouvant soit disparaitre sous les intempéries, soit être recueillies par quelqu’un qui se les approprie, prolongeant ainsi leur durée de vie.
Fragilité mais aussi hasard, mouvement, ordre et chaos sont au cœur de la démarche plastique de Thierry Amarger. La simplicité des moyens et des matériaux mis en œuvre caractérise son travail. Que ses créations prennent la forme de dessins, sculptures, installations ou encore d’actions faisant intervenir le public, elles ont pour point commun un travail graphique : signes accumulés, superposés, enchevêtrés qui deviennent réseaux, structures simples ou complexes.
Anne Vigneux, plasticienne, vit et travaille en Alsace. Après une maitrise en Arts Plastiques, elle a étudié la scénographie aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Attentive au monde végétal, elle aime travailler à partir d’éléments glanés dans la nature. Ses récoltes, qui alimentent son cabinet de curiosités, constituent le matériau de ses créations. Pistils, graines, feuilles, branches deviennent de fragiles sculptures végétales, servent de médium ou posent silencieusement afin d’être dessinés. Son intérêt pour la botanique l’amène à poser un regard curieux et contemplatif sur le monde vivant.
« Rose Le Goff a fait de l’ellipse son principal médium de travail. L’omission, le manque, l’absence ou encore le vide sont de toutes ses œuvres. Une galerie de portraits (« Les Moqueurs », 2024-2025) : uniquement des détails et non pas des visages. Des souvenirs (« Sans titre (Rêves) », 2024) ? : gravés sur un cd devenu illisible les rendant inaccessibles à tout jamais. Une performance (« Pas de pièces, merci », 2023, en collaboration avec Camille Dumay) : une fontaine à vœux dont personne ne saura jamais si certains se sont réalisés. Le corollaire presque irrationnel de cet état de chose est l’extraordinaire effet de concentration que procurent ses œuvres. Elle produit des œuvres métonymiques qui fonctionnent sur des rapprochements symboliques. Ainsi sa lampe (« Sans titre (Lampe) », 2023) dit tout de la maison dans laquelle elle n’est pas posée ; l’installation « Mordre la poussière » (2023) laisse présager des vies entières au travers de simples dents de lait. En ce sens, le travail de Rose Le Goff permet une nouvelle esthétique de la relation, car c’est la relation des termes (et des formes), entre eux qui permet au sens d’émerger. » (Elsa Bezaury, 2024)
Nelly Massera est artiste et réalisatrice. Elle développe un ensemble de vidéos et
d’installations qui jouent avec les frontières narratives du cinéma. Ancrées dans des réalités humaines, ses œuvres, souvent fragmentaires, placent le corps au seuil du réel. Nelly Massera est invitée pour de nombreuses résidences d’artistes et expositions en France et à l’étranger. A partir de 2014 elle développe un projet de long métrage documentaire en Algérie. Finalisé en 2018, il reçoit un bel accueil dans diverses salles. Pour le théâtre, elle élabore des dispositifs vidéo jouant avec l’espace scénique. Depuis quelques temps , elle replonge ses mains dans différents procédés d’estampe, processus sensible et de réflexion à la base de son travail.
Elle mène par ailleurs des ateliers en milieu scolaire, associatif, carcéral, à l’Université, dans les musées et les écoles d’art.
Plasticienne, graphiste et illustratrice, je m’épannouis dans l’objet imprimé en faisant vivre mes illustrations sur différents supports.
Les œuvres de Lucille Uhlrich traversent les styles à la recherche d’un équilibre entre la stabilité de la ligne et la puissance des métamorphoses. Après avoir questionné la fonction du langage dans l’art en faisant dialoguer le texte et le motif, son travail célèbre désormais les rencontres impromptues entre la peinture et les objets du quotidien.