Laurent Odelain

Mes créations explorent les liens entre les territoires que je rencontre, l’imaginaire qu’ils me transmettent et les formes qui jaillissent des expérimentations que j’y mène.

Leur genèse à lieu in situ. J’y souligne le décalage grandissant entre notre condition terrestre et ces fantasmes industriels et technologiques nous enjoignant à la dépasser, nous éloignant des simples notions de présence et d’acte. Aux confins de l’écrit, de la sculpture, de la performance et du paysage, je tente de révéler la poésie absurde du faire humain et m’amuse de sa vulnérabilité face à la présence immuable du monde. Les enregistrements vidéos et photographiques permettent l’apparition et le partage d’images et de figures. Je les installe vis-à-vis des formes construites ou rencontrées dans les espaces qui m’animent.

Je m’intéresse à l’usage humain du territoire, dans son exploitation, sa préservation, la vie qui en dispose et s’y établit en le transformant, ou étant transformée par lui. Je me demande comment la géographie conditionne l’esprit et l’action de ceux qui s’y meuvent, en fabriquant des récits et des artefacts.

Dans les gestes que je mets en place, entre philosophie et mythologie, des caractères essentiels et existentiels cherchent à transformer le malaise contemporain en une source poétique. Au fil du temps et des expériences rencontrées, mes travaux constituent un inventaire sensible de lieux et d’actes. Derrière leur facture prosaïque, se glisse une dimension ayant attrait à la solitude, à l’errance et au rituel naïf. Une primitivité affleure et donne corps à des puissances invisibles qui révèlent la présence d’une altérité.

Fanny Buecher

Ma pratique se développe autour du dessin et de la peinture, oscillant entre petits formats et installations qui se déploient dans l’espace d’exposition. 

Les techniques que j’emploie sont le fusain, le pastel sec et une peinture de ma composition qui s’apparente à l’aquarelle. 

Mon regard se porte particulièrement sur les formes de la nature et je veille à ce que le dessin d’une pierre, d’une fleur, d’herbes sauvages, ou d’un bout de jardin, soit aussi le lieu où s’exprime une présence, une voix. 

Partant souvent d’un geste spontané, qui s’enrichit petit à petit d’images mentales, de photographies, de préoccupations du moment et de références à l’histoire de l’art, mes dessins invitent à regarder le vivant avec une attention renouvelée. 

Les motifs, la couleur, la texture, les traits s’assemblent pour créer des récits sensibles tels des paysages intimes. 

Mon processus est marqué par l’expérimentation et les changements de technique. Ma façon de travailler ne suit pas un chemin tracé. Il s’égare, s’essaie, se transforme. Je fais avec la sève du moment, en conciliant l’affluence autant que les erreurs présumées de manière inclusive.

 

Atelier de l’Écho : https://www.instagram.com/atelierdelechoboersch/

Birgit Kempker

Birgit Kempker vit et travaille à Bâle. Arts visuels. Expositions. Installations. Multimédia. Langage. Idées. Radio . Lesungen. Textes. Essais . Prose. Poésie. Hörspiel. Parallel worlds .Vidéo. Son. Concepts. Collaborations. Conscience. Elle enseigne art et langage à Bâle et Bienne.

Stephan Jon Tramer

Tramèr erachtet das Experimentelle als nicht wesentlich. Das unkontrolliert Gestische als Ausdruck kreativen Ausdrucks spielt für ihn keine Rolle, da es nicht seiner Eigenart entspricht. Er legt aber Wert auf die Bedeutung des im Momenthaften, in der zurückhaltenden Handschrift des Malvorganges  befindlichen Duktus, der sich aber durchaus in Eruptionen, sinnlichen Erregungen und visuellen Sensationen niederschlägt. Aufblitzende Lichtpreziosen sind mit Umsicht gesetzt. Jedem Farbfleck wird sein Platz zugewiesen. Farben werden abgeschwächt und verstärkt. Strukturen werden zusammengefasst, gerafft und akzentuiert. Licht und Bewegung sind Haupttriebe des Bildgeschehens. Die Malerei bündelt anstürmende Innenkräfte und zwingt das Chaotische in Form und Gestalt. Es sind Bilder von Feurigem und Wässrigem, welche die Horizonte aufbrechen, wo Eis aus schwarzen Himmeln fällt und glühende Galaxien auseinanderdriften. Alles ist in Bewegung. Unnennbares wird sichtbar, was nicht heisst, dass es verstandesmässig begriffen werden könnte.

 

TOV

Christophe Schircker, connu sous le nom d’artiste TOV, développe depuis 2007 un langage pictural singulier, fondé sur la liberté absolue du geste et la puissance expressive de la ligne.

Tout part d’un acte. La toile est posée à plat sur le sol, et le peintre se met en mouvement autour d’elle. Le bras s’élance, la peinture coule, glisse, se répand en arabesques imprévisibles. Cette technique du dripping et pouring, héritée de l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, est pour TOV bien plus qu’un procédé : c’est une philosophie. Celle de l’instant capté dans toute sa vérité, avant que la raison ne vienne corriger, lisser, contrôler.

De ces premières coulures émergent des formes vivantes — des visages, des corps, des silhouettes en mouvement. La figure humaine s’impose naturellement, comme si elle était toujours là, tapie dans les lignes, attendant d’être révélée. TOV la libère, la réinterprète, la célèbre avec humour et chaleur. Ses œuvres dégagent une énergie communicative, portée par des couleurs vives et des lignes qui semblent danser sur la toile.

Le travail de TOV se déploie en plusieurs séries complémentaires. Les TETOTOVs explorent les expressions du visage, principalement le sourire, avec des lignes courbes et déliées qui insufflent joie et vitalité. Les Inseparables représentent une communauté humaine épicurienne, avide de partage et de présence. Les Triptyques et Diptyques jouent avec la structure, le relief et la profondeur, donnant à chaque ensemble une dimension architecturale. Les Tableaux Design transgressent les formats habituels, explorant des supports aux formes inattendues. Enfin, les Monotypes ouvrent la voie à l’expérimentation pure, où la surprise du résultat est elle-même source d’émotion.

Ce qui unit toutes ces séries, c’est une même exigence : rester fidèle à l’énergie de l’instant. Ne jamais trahir la spontanéité du premier geste. Laisser la ligne raconter ce que les mots ne peuvent pas dire.

TOV expose régulièrement en France, en Allemagne et en Suisse, où son travail rencontre un public sensible à cette alliance rare entre liberté formelle et profonde humanité.

Une ligne. Un souffle. Un visage. L’essentiel.

Olivier Chatté

« De la méthode à suivre dans l’étude de la nature : Il faut procéder des faits particuliers et composés, qui sont pour nous les plus notoires et les plus clairs, et remonter par l’analyse jusqu’aux principes universels, aux causes des choses, et à leurs éléments simples, qui sont les plus clairs et les plus notoires en soi. » Aristote, Physique. Tome I : Livre I – Des principes de l’être.

Ka

Luka MATHIS alias KA, vit et travaille à Strasbourg. C’est un artiste couteau-suisse, qui aime explorer les techniques et leurs contraintes, mais c’est un dessinateur avant tout. Pour lui tout part du dessin, il crée des banques d’images personnelles dans lesquelles il puise son inspiration. Tel un D.J il aime mixer, assembler, déconstruire pour rebondir, afin de développer une œuvre organique et chimérique, qui s’adapte et évolue sur les différents espaces et supports qui s’offrent à lui. Du feutre sur la feuille de papier, en passant par le collage, le marouflage, la peinture sur toile, jusqu’à la bombe sur les murs, et plus récemment l’aiguille sur la peau avec le tatouage-handpoke.

Anne-Lise Moreno W.

Aller au delà des apparences ou des faux-semblants a toujours été un « leitmotiv » accompagnant mes recherches et créations. Comment « entrer » dans le vif d’un sujet, ou d’un tableau alors que tout (ou presque) a déjà été proposé par les plus grands artistes plasticiens ? Comment atteindre la chair à travers un dessin, une toile, comme on atteindrait une Étoile, ou « le corps nu de nos rêves » (K. Gibran) ? Si se rapprocher du détail revient à se rapprocher d’un tout, se rapprocher de l’Autre reviendrait-t-il alors aussi à se rapprocher inexorablement de nous-même ? Ces questions ont toujours guidé mon travail, où traduire le mouvement, jouer avec les matériaux, faire émerger une forme à travers quelques traits, une texture, demeure mon objectif.

Decko

…/Decko/veut embrasser le monde, en saisir l’unité profonde – de l’infiniment grand à l’infiniment petit – dans ses rythmes sériels et ses variations fractales ; mais aussi en appréhender les fréquences et les vibrations, les forces et les énergies, pour en traduire à la fois l’ordre et le désordre, la genèse et le chaos… Tout cela par des lignes et des couleurs où la symétrie joue un rôle majeur autour d’un axe dont les irrégularités demeurent aléatoires : les lois de la physique se confrontent aux théories de l’incertitude !   Dans l’univers de Decko, la place de l’homme n’est pas oubliée, la sienne en particulier avec l’inclusion dans ses toiles de souvenirs personnels (Carnet de route) et familiaux (Ouranopolis). Quant aux symboles et aux signes, empruntés à diverses civilisations ou inventés, ils traduisent l’héritage commun de l’humanité (Traces). Mais l’artiste sonde avant tout la matière et trace son chemin dans des espaces indifféremment réels ou imaginaires qui mêlent géographie personnelle, rêverie scientifique et interrogation transcendantale. La peinture de Decko, méticuleuse et précise jusqu’à l’ascèse voire l’obsession, se donne ainsi comme une invitation à la méditation. Joël Delaine, conservateur en chef des Musées municipaux de Mulhouse in catalogue « Echo des origines », Mulhouse, novembre 2014 Ces résonances jouent une partition énigmatique dont on ne peut que ressentir la fréquence secrète, telle un soubresaut tellurique surprenant de sa secousse inattendue la quiétude d’une surface endormie. Dominique BANNWARTH (“L’harmonie invente le chaos  » in catalogue « Voyage à travers la matière », mars 2003, Musée de Voïvodine, Novi Sad, Serbie). « …Et puis il y à l’incessant aller retour devant la surface ; comme l’on peut se placer devant un mur infranchissable pour prier. Le peintre y revient tous les jours de nombreux jours, voir des années… ». Claude ENGEL, (in « La durée du désir », lettre à Decko, La Réunion, 2014)

Carlos Pastorino

Artiste-peintre et photographe – J’essaye de décrire graphiquement et émotionnellement l’histoire sans commencement ni fin dont je fais partie et qui s’inscrit dans un cycle de succès et d’échecs. Mon travail, à l’image de mes multiples expériences est rempli de couleurs, de mouvements et d’imaginaire, comme un journal intime, il traduit le dialogue silencieux entre l’artiste et les différents supports.