Flore Cazalis

J’ai eu un véritable coup de coeur pour l’impression artisanale et la richesse d’expression qu’ils offrent.
En effet, la gravure est par le processus, une réelle introspection et un exutoire sans faille.
Flirtant avec le dessin, le travail de la matière et les abondantes possibilités la gravure n’est pas que du
multiple elle est un médium à part entière.
Grâce à l’association Papier Gâchette, j’ai pu redécouvrir la sérigraphie qui vient étoffer mes créations.
La linogravure et sa ligne graphique propre me permets de jouer avec son aspect rétro et ses applications
infinies, allant de l’impression textile à l’édition.
La pop culture franco-japonaise dont je côtoie l’univers depuis mon enfance est une véritable source
d’inspiration. Imprégnée de cette double culture, je navigue sans cesse entre les univers littéraires,
culturels et les imageries occidentales et orientales. Ceux et celles qui nous ont abreuvé et suivi durant
notre jeunesse, adolescence et encore de nos jours…

Gaïa Fyot

« Entre dessin, peinture, motif et tissage, mon médium est la ligne. Elle me permet de dresser des portraits, de provoquer la rencontre, de lier et de métisser les histoires et de raconter les existences.

J’aime capter les singularités que je rencontre et leur permettre de se valoriser, soit à travers des ateliers que j’anime, soit en racontant des histoires dessinées et/ou peintes.

J’utilise et je transmets aussi quelques rituels d’artisanat de la laine tissée. Ils sont à la fois un médium de partage, de découverte de l’autre mais aussi un bon outil de méditation, par l’allure qu’ils convoquent. »

Gashi Shqipe

Réalisé in-situ, le travail de Shqipe Gashi se caractérise par la diversité des supports et des médiums qui se répondent les uns aux autres et qu’elle met en scène en fonction des espaces/environnements d’exposition. Nourrie des codes de la scénographie, de la littérature et de l’histoire de l’art, elle emprunte aussi bien aux codes du théâtre, du consumérisme qu’à ceux de l’histoire de l’exposition pour explorer la construction de nos structures sociales. Ce qui l’intéresse ce sont les conditions particulières qu’une chose a besoin pour exister et les interactions qui se mettent en place entre l’oeuvre, son contexte et son spectateur. Les combinaisons de couleurs et d’esthétiques qu’elle associe à différentes histoires et cultures lui permettent d’annuler les normes et les hiérarchies prédéterminées dans les différentes compositions de son travail. 

Bernard Zimmermann

Autodidacte, photographe amateur, je me suis tourné il y a plusieurs années vers l’expression graphique au sens large : acrylique, aquarelle, crayon, fusain, pastels, table graphique…. Qu’importe le moyen et le support, toile, papier, carton d’emballage etc.. Pour moi l’essentiel réside dans le résultat. Quant au sujet même s’il m’arrive de m’en éloigner, il reste centré sur l’être humain.

Marie-Dominique Guth-Procureur

Courir, marcher, dessiner. Observer les talus, les mousses, les lichens, les bois. Dessiner tout ça et puis c’est tout. Pour le reste, faut juste trouver sa place dans tout ce désordre.

Lisa Jaeggy

Plasticienne installée à Mulhouse depuis 2020, Lisa essaie de construire sa pratique céramique comme elle se construit personnellement. Elle est à la recherche dans les deux cas d’une forme de bien-être. Le bien-être se retrouve de bien des manières au quotidien : créer, prendre le temps, partager, prendre soin (des autres, de soi, de ce qui nous entoure…). Cela veut dire un rapport simple, authentique aux choses, à la nature, mais aussi, c’est un besoin, de faire ensemble. Il s’agit de trouver sa place. C’est une recherche simple du bonheur.Ses objets sont des formes très brutes. Des pièces vivantes, qui gardent l’empreinte des doigts, de leurfaçonnage. Elle aime créer des pièces aux allures rondes et rocailleuses.

Kiki DeGonzag

Diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Mulhouse en 2006, je travaille à Motoco, résidence d’artistes installée sur l’ancienne friche DMC à Mulhouse, depuis 2018.Ma pratique est principalement tournée vers le textile, la broderie notamment, mais aussi la performance et l’écriture. Ma réflexion porte sur la question de la domination dans les différentes relations humaines mais également entre l’humain et la nature.

Noé Archambault

La pratique plurielle de Noé Archambault mêle l’image et le volume. Le dessin est un de ses médiums de prédilection. Ancré dans son temps, il développe notamment des techniques de dessin en utilisant uniquement les applications de smartphone. La transformation et manipulation d’objets et de matériaux de récupération est un autre axe de son travail. Par le biais de l’installation, du costume et du masque il interroge le monde autour de lui. Il propose un univers organique et en mouvement permanent.

Ugo Lange

Dessinateur prolifique, Ugo Lange pratique un art multiforme qui couvre une grande palette d’ex- pressions graphiques, depuis le croquis aide-mémoire jusqu’aux descriptions détaillées et minu- tieuses de ses planches « méta-réalistes ». Il utilise des outils traditionnels : graphite, crayon de couleur, aquarelle, gouache, lavis d’encres, sanguine, sépia… S’exprimant sur difféentes textures de papier, il joue aussi sur la présentation des supports adaptés à l’espace d’exposition. Ne pouvant entrer ici dans le détail de ces nombreuses œuvres qui méritent chacune l’attention du regardeur, nous citerons plus précisément deux ensembles qui font bien comprendre le processus de l’artiste et les valeurs qui le sous-tendent. Installé alors dans une commune populaire
de la région parisienne, l’artiste y effectue de longues balades en solitaire et découvre son environnement, sorte de road-movie au ralenti ! Il nourrit son carnet de croquis de fragments d’objets, de personnes ou de végétaux captés en des instants fugaces. Plus que la photo dont il dénonce la « platitude », le dessin lui permet de projeter simultanément son propre univers mental fait de mémoire et d’imagination. Il compose les pages de U à la ville, en tentant d’exprimer la porosité entre ces deux mondes : le « réel » et les impressions venues d’un ailleurs très personnel. À la fois observateur et celui qui rend compte de ses observations, l’artiste se met parfois en scène comme pour en revendiquer la subjectivité, ouvrant un nouveau champ de liberté au regardeur qui peut proposer d’autres interprétations ou bâtir ses propres uchronies.
L’artiste évoque aussi le biologiste prussien, Ernst Haeckel, grand artiste dans la façon réaliste
et esthétique de dessiner les filaments des méduses et autres cnidaires flottant dans l’eau en pensant dit-on, à la chevelure de sa propre femme…Les planches raffinées de ce scientifique qui étudiait les rapports des espèces vivantes avec leur environnement (il inventa le mot « écologie ») ont suscité l’intérêt de notre jeune artiste, lui-même engagé dans une réflexion écologique et cosmogonique qui rejoint, à partir de l’art, les théories du penseur. Dans ses Portraits-coraux, la tête d’un monstre, identifié comme être humain grâce au vêtement qui habille son buste, apparaît comme un magma très coloré d’improbables madrépores, polypes et autres coraux marins, voire aussi de fragments d’êtres fantastiques issus de son imagination. Par là, l’artiste entend s’opposer aux théories anthropocentriques et redonne à l’Homme sa juste place dans l’univers. À côté du savant naturaliste, l’écologiste établit les rapports qu’il pourrait y avoir entre ladite montagne et la fourmi et comment les entretenir. Quant à l’artiste, il imagine, grâce à eux, des mondes à venir, encore invisibles mais issus de ceux-là, assemblant des formes exubérantes qui expriment la puissance et la diversité du vivant, qui ouvrent tous les champs du possible. Texte d’Odile CRESPY

Sybille du Haÿs

L’anecdote historique et l’archive font partie intégrante de la recherche plastique de Sybille du Haÿs, autant d’outils qui lui permettent de jouer avec les déclinaisons possibles d’un même récit.Elle saisit l’information pour en livrer son interprétation, comme dans l’installation Les oubliés de l’actualité. Histoire et mémoire sont deux notions récurrentes de son engagement plastique. De l’art à l’histoire politique et institutionnelle, elle balise un champ de recherches ambitieux qui se déploie en plusieurs ramifications de pensée.Elle explore par exemple les manifestations d’une spiritualité universelle, inhérente à la vie, et utilise pour ce faire des éléments appartenant au domaine religieux comme le retable ou l’ex-voto. Dans Reconnaissances c’est la dichotomie entre les notions de sacré et de profane qu’elle choisit de mettre en avant, tout en manipulant les références artistiques, hommage caustique rendu aux artistes et penseurs à qui elle s’adresse. Dans Silence, l’accumulation de cire coulée crée un débordement ; l’ancrage au sol devient indispensable à la mise en scène de cette pièce qui évoque un temps figé, celui de l’institution religieuse statique.Ces détournements d’objets interrogent la manipulation de la matière, comme dans la peinture Portrait d’un aumônier militaire. L’image pixélisée, démantelée, morcelée oblige le spectateur à s’éloigner afin de trouver une distance physique et critique. En partant du territoire local (À l’arbre vert) ou international (Who wants to shoot ? et Invitation au voyage), Sybille du Haÿs décline une pratique pluri-disciplinaire et esquive la conclusion hâtive, s’inscrivant, comme artiste, au cœur de la réflexion mémorielle collective et individuelle.Élise Girardot – commissaire d’exposition et critique d’art membre de l’AICA