Rosa Maria Vilella Fontelles

Depuis sa plus tendre enfance, Rosa Maria, d’origine catalane, s’est prêtée à l’art de la sculpture.
Rosa Maria n’a pas hésité, par la suite, à suivre une formation professionnelle. Celle-ci lui sera fondamentale et lui apportera un savoir-faire de base, c’est à dire, l’approche du métier et l’apprentissage de certaines techniques de production. Elle se prêtera à l’exercice de la pose et vivra ces moments comme une prise de conscience de ce que le corps a de féminin, influençant ainsi un grand nombre de ses oeuvres. Rosa Maria, de son nom artistique ROMA, créera son propre atelier de céramique à Strasbourg, en 200, un espace de création où règne une atmosphère méditerranéenne et dans lequel, argile, émaux et bonne humeur sont malaxés avec le savoir-faire et la sensibilité artistique de ROMA.

Stéphanie Pelletrat

Les sculptures de Stéphanie Pelletrat interpellent par leur formes inattendues, énigmatiques, puissantes.
Ses œuvres semblent surgir des tréfonds d’univers organiques, végétaux, minéraux, elles nous interrogent sur notre rapport au monde du vivant.
L’artiste se laisse guider par son intuition, travaille à l’instinct ; elle se fait complice des caprices de la matière, expérimente formes et textures, joue avec la lumière et ose les contrastes.
Elle débute par la technique du colombin, apparent, sobre et engobé, l’orne de gravures, de bosses, de creux, de trous, de gouttes, de pics ; elle développe la technique de la plaque et de la porcelaine papier, explore l’alliance du colombin brut avec la porcelaine taillée dans la masse émaillée ; puis vient le goût d’allier cette terre à d’autres matériaux comme le fil de fer tressé, le bois, le verre…
Ses sculptures sont vibratoires, révèlent l’invisible en elle, en soi.

Arnaud Lang

EpouvanterresSérie de terres cuites de plein-airLes pièces font écho aux tuiles faîtières populaires de nos toits ainsi qu’auxépouvantails de nos jardins, cauchemars des oiseaux.Les argiles tournées et modelées sont travaillées avec la gestuelle traditionnelle despotiers de terre.Les émaux sont composés majoritairement de Lœss locaux (limon calcaire très findéposé par les vents).

Anne Dickely

« Le pli, c’est le geste qui met en volume le plat , c’est le premier geste de la vie. » C’est aussi celui qui dissimule , qui rend secret. C’est autour de cette question que mon travail se développe. Je manipule ainsi des images et textes sérigraphiés , autant de fragments de vies , qui se rencontrent de manière fortuite, disparaissent , se révèlent , se transforment. Ces histoires se dissimulent au creux d’un pli , dans le revers d’une surface. Elles se donnent à voir de manière franche ou timidement et trouvent un prolongement dans le regard de l’autre. La technique de la sérigraphie me permet de rassembler des traces de natures diverses ( dessins, photographies , textes ) , témoins de nos vies ,et de les envisager comme une matière. Parfois lisibles, parfois confuses et inaccessibles ,ces histoires sont néanmoins présentes et forment une sorte de peau qui se vitrifie à la surface de la terre.

Kiki Stierlin

Contours d’argile

Modeler l’invisible par des contours d’argile, ressentir sa forme presque imperceptible, la recouvrir d’une fine peau de glaise.

Dans le travail de la céramique ce qui m’intéresse est de rendre visible  cette énergie de vie cachée, la révéler par des contours, lui donner un espace de vie. Cette manifestation nous renvoie directement à notre propre conscience, cloisonnée dans notre corps de chair. La céramique comme un langage s’adressant à l’intime, au sensible, au subtil.

Et une citation de P.Claudel qui colle bien à ma vision de la céramique et de l’art en général.

« Par des choses visibles, nous sommes conduits à la connaissance des choses invisibles » Paul Claudel

Anne Fischer

Designer française, Anne Fischer est diplômée en 2016 de la Design Academy d’Eindhoven, sous la direction d’Ilse Crawford, Formafantasma, Atelier NL et Olaf Stevens.

Inscrit dans notre société de consommation, le design joue selon-elle un rôle majeur pour le futur de notre planète. Elle voit le consommateur comme un acteur et le design comme un scénario.

Considérant le monde comme un écosystème où tout est interconnecté, Anne a une approche transdisciplinaire du design qu’elle utilise afin de développer des solutions locales ayant un enjeu global.

Fascinée par le potentiel de la nature et du végétal, elle aime explorer les domaines des sciences, de la botanique, de l’ethnobotanique, de la santé, de l’artisanat ou des propriétés des matériaux.

Elle expérimente la matière, en s’inspirant de ces domaines distincts, afin de révéler des objets significatifs, traitant de sujets comme le bien-être de l’Homme mais aussi le bien-être de sa planète.

Rose-Marie Crespin

Ma démarche

Mon travail s’articule autour de la notion de temps et de notre capacité à élaborer des images mentales: souvenirs, rêves, transpositions abstraites de ce que l’on capte de la pensée de l’autre, de ce qu’il décrit ; c’est-à-dire un jonglage entre la perception et la construction psychique; entre le connu, le reconnu et l’inventé.

Revient, constamment, dans mes recherches, le questionnement du ressenti d’une durée: plus précisément, notre faculté à ne plus mesurer une temporalité, dés lors que nous sommes soumis à notre propre temps par une activité, dont “La puissance de recroquevillement* nous mène à une pleine concentration.

Je privilégie des gestes simples et répétés pour construire imperceptiblement avec une matière choisie. Cette infime progression du temps d’exécution (nouage à l’aiguille, dessin pointilliste, découpage et recomposition de frêles morceaux de papiers imprimés, pastillage de la terre…) est propice à l’évocation du vivant, à la restitution incertaine d’une mémoire et la recherche d’un passé commun présumé.

Il n’ y a pas de place pour la spontanéité. Tout s’élabore lentement comme pour permettre de mieux appréhender d’impalpables images.

Quels que soient les domaines abordés, j’aime jouer avec les limites de la perception, de la préhension. Utiliser ce qui est à portée de mains pour amplifier, qualifier mes aptitudes et ainsi parfaire mon rapport à la matière et satisfaire ma volonté d’accomplissement et de créativité.

*expression de Louise Ferrarri

Rose-Marie CRESPIN

Florian de la Salle

Ma main pense. Elle est l’héritage de plusieurs millions d’années. Cette main est le premier temoin de
l’existence d’une humanité avant même que les Hommes en prirent consciences. Elle n’est pas spécialisée,
ses opérations de préhension-rotation-translation ont traversé tous les temps. Elle fait lien avec le
monde, elle fait aussi naître en moi un désir de ce qu’elle sait que je ne sais pas. Nous sommes à la fois
l’histoire de l’humanité et cette page blanche. Alors je me mets à enrouler un fil de cuivre autour d’un
axe, ma main est à la fois l’outil et le moteur. La distance de ces fils correspond aux distances d’autres
chemins quotidiens – entre mon atelier et un musée (4810 m), mon atelier et un magasin de bricolage
(8848 m), mon atelier et un jardin collectif (5895 m), mon atelier et l’université (4167 m), ou encore
mon atelier à la bibliothèque (2917 m) – sur lesquels ma main m’a emmené. L’objet finit le trajet fini (ou
l’objet fini, le trajet fini – à moins que le trajet finit l’objet fini), ma main finit par déclencher des objets
de vision. Ces distances sont aussi les hauteurs respectives du Mont Blanc, de l’Everest, du Mont Kilimanjaro,
du Mont Toubkal et du Mont Olympe. Et ça fait sens.