Bill Noir

Bill Noir travaille depuis l’été 2022 à l’atelier Pare-défaut.
Atelier partagé avec Paul Souviron, Mathieu Tremblin et Corentin Seyfried.
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Le collage que je pratique, est à la fois un geste libre et brutal, une manière d’ouvrir le réel à des associations imprévues. Mais c’est aussi une discipline rigoureuse : je cherche à donner une forme construite à un désordre inspirant, dans une sorte d’errance volontaire.  Tout commence par la récolte. Je chine, je fouille, je collectionne des documents divers : encyclopédies, magazines, papiers anciens. Je puise mes matériaux dans les surfaces imprimées du vingtième siècle, avec comme but, la quête d’images qui portent en elles une singularité, un pouvoir de fascination. Ces fragments de livres et de revues anciennes sont pour moi des trésors inépuisables : ils offrent une richesse de textures, une palette de couleurs et de détails qui nourrissent sans cesse mon regard et mon imaginaire.  Vient ensuite le dépouillement. Le temps consacré au classement, à la découpe, au défrichage. C’est l’occasion de concasser, de définir les lignes, en utilisant les ciseaux comme crayon. De ces multiples destructions résultent des fragments, des monticules d’ingrédients, qui viendront bientôt nourrir mon espace de travail.  C’est alors que j’entre dans un jeu de confrontations et de rapprochements. Je classe, je pioche, je mélange. Le désordre me guide, me déstabilise, jusqu’à provoquer l’étincelle : la surprise d’une rencontre improbable, l’équilibre fragile entre des éléments disparates. Même les rebuts ou les chutes deviennent des ressources précieuses.  La composition s’élabore peu à peu, dans un dialogue entre vides et pleins, entre vibrations de tons et d’images. La page devient un espace où je cherche la profondeur, où les strates s’empilent, s’emboîtent, se bousculent.  En tant qu’il est issu d’un collage, le mot chaosmos pourrait peut-être désigner ce processus.

Morgane Salmon

Je m’inspire beaucoup de la nature. Ses couleurs et ses formes foisonnantes. Ses fleurs, ses feuillages et les petites bestioles qui s’y cachent. Je les transforme à ma façon, à travers mon imagination. C’est une manière de m’exprimer, de partager avec d’autres mes passions, ma façon de voir. Comme dans la nature, je n’aime pas le vide. Je couvre entièrement mes dessins et mes céramiques de motifs colorés. Comme dans la nature, la ligne droite n’existe pas, la spirale est mon point de départ. La perfection mécanique non plus. Je laisse mes couleurs couler, mes pièces pencher, je me dis que… c’est comme ça. Comme dans la nature, mes pièces comportent plusieurs strates. Les couches inférieures recouvertes par les couches visibles déterminent la forme finale. Comme dans la nature, mon atelier est un lieu de production, un monde en soi où se ressourcent mes trois passions : céramique, aquarelle et gravure. Re-transcription des paroles de Morgane Salmon, 2019 

Mathias Graff

Certain de l’existence de la vie extra-terrestre, Mathias Graff est aussi convaincu que le premier contact avec les Autres se fera par le design graphique. Mathias a donc propulsé Astéroïde, son atelier graphique et sérigraphique, actuellement sous l’emprise gravitationnelle du collectif M33, galaxie scintillante peuplée de petits hommes et femmes vert·e·s de tous horizons artistiques et cosmiques. Diplômé de la Haute École Supérieure des Arts de la Débrouille, sous la direction du professeur Mac Gyver – lui-même Zéta-réticulien – Mathias Graff navigue à vue à travers tout le processus créatif : la conception, l’illustration, la création digitale et l’impression en sérigraphie artisanale.

Corto Koller

Après s’être spécialisé en dessin narratif à l’école Pivaut où il a apprivoisé bon nombre de techniques, Corto Koller est revenu à Strasbourg et a intégré l’Atelier M33. Depuis sa sortie d’école, il développe plusieurs projets en parallèle, peinture, bande dessinée, animation 2D.

P-mod

Officiant professionnellement dans la photographie depuis 1997, Dominique Pichard a quitté le confort d’un laboratoire photo où il exerçait depuis une dizaine d’années pour se plonger dans le vaste univers de l’indépendance depuis 2007.
Issu du milieu alternatif, ancien musicien, il commence à se faire la main en arpentant les scènes de festivals et salles de concerts dans la région de Strasbourg.
Il publie rapidement dans la presse tattoo internationale, parcourant le monde au gré des conventions de tatouage qu’il couvre notamment pour le magazine Rise pendant dix ans.
Fin 2013, il entame une résidence à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, où il
développe des projets artistiques et expose les photos du chantier monumental jusqu’à la fin de sa restructuration en 2018. Entre plusieurs voyages sur les cinq continents, il organise deux expositions hors les murs intitulées De Chair et d’Encre et A corps écrits.
Les douze ans de documentation sur le tatouage prendront forme dans l’ouvrage “Figures Libres” co-écrit par la journaliste Laure Siegel aux éditions Noire Méduse.
En mars 2015, il rejoint le collectif M33, un atelier partagé à Strasbourg, où il installe son studio. Il co-préside l’association avec la photographe Paola Guigou. Il y développe progressivement d’autres approches du métier, plus collectives, et se frotte à des sensations et des rythmes différents, comme la réalisation vidéo ou le photojournalisme pour la presse d’information nationale (ARTE, Médiapart…)
La somme de ces expériences donne naissance à une démarche plus engagée dans le cadre de deux résidences artistiques toujours en cours:
– l’une avec la Maison des Ados de Strasbourg depuis 2016, où il documente les activités de la structure, forme les professionnels du médico-social et son public en vue d’un travail de création immersif lors d’ateliers de médiation par l’image.
– l’autre avec Emmaüs Scherwiller depuis 2019, où il forme les compagnons en vue d’un travail de documentation qui deviendra la série photographique “Le Grand Dérangement”, présentée en septembre lors du festival Caritatif Compagnons d’encre, également coordonné par l’artiste en résidence et le collectif M33.
À mi-temps à l’atelier strasbourgeois M33 et l’écolieu Oasis Multikulti à Mietesheim, les projets actuels s’axent aujourd’hui vers la recréation du lien via la co-construction de projets inter structurels à portée sociale et artistique, sur la collecte de mémoire auprès de publics larges et variés par le prisme du projet Memento, ainsi que sur le développement des alternatives économiques et culturelles”

Florence Ichter-Simon

 Mars 2026   Artiste franco-néo-zélandaise, née en Mulhouse, Florence Ichter-Simon s’est installée à Lapoutroie dans le pays Welche depuis 2014.  « Issue d’une famille d’industriels textiles alsaciens et de coloristes je collectionne toute sorte de des matériaux, des tissus, des patrons de vêtements et autres objets découverts dans les tiroirs familiaux. Au cours de mes voyages je glane et je rapporte des morceaux d’affiches, des articles de journaux, des mots mêlés ou croisés.  Ma pratique artistique est profondément influencée par mes racines et mes voyages, ainsi que le monde dans lequel je vis. Elle est le témoin de la mutation du monde. Elle laisse place à l’esthétique, au questionnement et à une vérité subjective.  L’intention est de m’en inspirer et de les introduire dans mon travail selon ma réflexion philosophique et après une sélection minutieuse des mots et de manière plus spontanée avec les couleurs. Mon travail contient des messages personnels liés à l’actualité, à la condition de la femme et au respect de l’environnement. Je travaille sur papier ou bois avec des encres, des pigments naturels, du graphite, de l’acrylique et de l’huile.  Ces dernières années je me tourne de plus en plus vers une abstraction totale avec des aplats de couleurs mêlés à des structures et des traits de pinceaux plus graphiques laissant de moins en moins apparaitre les mots.  Je tente de combler le fossé entre l’art et la vie quotidienne comme le faisait Robert Rauschenberg dans les « combines » et François Dufrêne dans les dessous d’affiches. Mon travail avec des encres est également fortement influencé par Fabienne Verdier »

Francine Clerc

Je peins pour mon plaisir et non pour faire du commerce. » Ses visages sortis de l’ombre ou piégés dans l’obscurité ne sont pas sans refléter l’intensité dramatique que l’on retrouve chez certains peintres russes du siècle dernier. Si l’on retrouve la puissance de son trait dans ses pay-sages» ceux-ci renouent plutôt avec l’im-pressionnisme. « J’ai une grande prédilection pour l’eau, ses mouvements, ses re-flets. » Et elle les rend à merveille. Pour obtenir ses effets de contraste, Francine Clerc prépare les fonds et les esquisses à l’acrylique. pour casser la forme elle applique des pigments avec des rajouts de craie pour augmenter les effets structurels de la surface. puis elle fini avec des glacıs

Isabelle Wenger

Pour moi, chaque ligne tracée, chaque espace exploré, chaque ensemble découvert reflète mon univers unique. Travaillant sur une variété de supports — toile, papier, cristal, métal (argent) — je vous invite à plonger dans un monde où l’interprétation et l’appropriation sont infinies. Mon art ouvre la porte à une expérience personnelle, permettant à chacun de s’y retrouver et d’en faire sa propre histoire.

Lucie Muller-Karapostoli

« la fonction de l’artiste est fort claire: Il doit ouvrir un atelier et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il lui vient. » Francis Ponge

Raymond Stoppele

Depuis toujours, dans mon travail je privilégie le support papier. J’apprécie tout particulièrement le contact, le toucher de cette matière. Toutes sortes de papiers, souples, rigides, légers, lourds…avec une préférence pour les papiers non industriels, mais depuis quelques mois je le régale avec la toile, brute, non tendue sur un châssis, libre…

Pendant une longue période, le concept et la réflexion ont constitué une part importante de mes créations, mais un jour de 2010, un fort besoin de poser une feuille au sol, de reprendre les pinceaux, le fusain et surtout mes mains, est réapparue avec une exclusive présence du noir et du mouvement. Lentement, des formes organiques puis les couleurs sont arrivées, pour se transformer en une foule de figures humaines surgies de je ne sais où…

Depuis un certain temps, ma peinture devient de plus en plus fugitive, parfois elle m’échappe presque, mais que c’est enivrant de se laisser aller ainsi jusqu’à perdre le contrôle, même si en définitive il n’est certainement jamais perdu.

…Et ces personnages qui hantent qui habitent qui se promènent dans mes peintures sont certainement vrais, enfouis quelque part…