Yvanne Laurent

Artiste, artisane, bijoutière à Strasbourg depuis 2022, Yvanne Laurent imagine, dessine et fabrique des bijoux en argent en petite série et à la commande – mais également de petits objets, des boîtes et sculptures en cuivre, laiton, argent, bois. Issue d’une formation technique et créative, elle dessine des formes simples inspirées d’une géométrie élémentaire. La réflexion est celle d’un jeu d’enfant, le rapport aux objets se veut simple et ludique. Une boîte dænse dans le creux de la main : jouer à l’ouvrir, répéter le geste, se demander ce qu’on y mettra… un petit mot, peut-être rien ? Peu importe. Formes et motifs dialoguent avec le corps et se laissent influencer par les reliefs, les surprises, les imperfections qui font la poésie du vivant.

Manon Pourcher

Diplômée de la mention Art-Objet à l’atelier bijou en 2021, elle a d’abord suivi 5 années d’études techniques en bijouterie.
Après ses études à la HEAR, elle obtient un atelier au Bastion 14 à Strasbourg en 2022. Son travail interroge, dans une perspective animiste, les liens que les objets tissent dans les paysages ainsi que les échanges qu’ils opèrent avec les corps.
En parallèle de son travail personnel, elle poursuit ses réflexions sur le vivant et dans le duo Tierstein, co-fondé avec l’artiste Zoé Kiner-Wolff en 2021

Cannelle Preira

Par la sculpture et la photographie, Cannelle Preira interroge les relations entre le corps, les objets et l’architecture.

À travers différentes séries de sculptures portables et manipulables, l’artiste explore la complicité que l’on peut entretenir avec les objets. Ses petites pièces artisanales en pierre, métal ou céramique (Les Osselets, Récréation, les Handschmeichler…) nous invitent à un toucher ludique et instinctif. Ils suscitent une appropriation très personnelle des objets.

Lorsqu’elle emploie la photographie, Cannelle Preira récolte, collectionne et enquête à la recherche de formes et de matières signifiantes (dans les aires de jeux, les halls d’immeubles, les mouvements des mains) mais surtout pour relever les subtilités qui font toute la singularité d’un environnement. Ces collections de photographies nourrissent généralement son travail du volume, ainsi les deux médiums cohabitent et se répondent au sein de sa démarche.

Si les recherches de Cannelle Preira convoquent régulièrement l’enfance et les sensations vécues à cet âge, elles sont également traversées par des questionnements sociologiques, politiques et culturels, comme avec le projet Hair Pride qui interroge la diversité capillaire et l’héritage post-colonial ou encore Mon Château qui souligne l’absence de la pierre dans le logement social.

Valérie Gerrer

Fascinée, dès mon plus jeune âge dans la marbrerie familiale, par les gestes techniques et sensuels des hommes domptant le matériau, j’ai ressenti comme une évidence le besoin de rester en contact avec la pierre et de questionner les formes et la représentation qui pouvaient en émaner.

Après m’être formée à la gravure sur pierre, la découverte de l’œuvre de Camille Claudel me bouleverse. C’est un choc esthétique fondamental doublé d’une révélation qui nourrit encore mon engagement associatif et politique actuel, celle du combat des femmes pour trouver une égalité dans la vie civile, professionnelle, artistique et politique.

Portée par la nécessité de créer et le désir de transmettre ma vision intérieure, c’est au contact des œuvres des artistes du début du XXe siècle, précurseurs de l’Abstraction que j’ai trouvé une liberté et une spontanéité formidables, et l’énergie pour développer mon propre vocabulaire formel.

Dans ma pratique artistique, j’interroge la taille du matériau à l’aide de différents outils et tente de traduire une émotion et une intensité par une courbe, un volume, une arête, un bloc à peine dégrossi ou un feuilletage de marbres. Le minéral, le travail des pleins et des vide, de la lumière et de l’espace sont d’une poésie infinie.

Je mène actuellement une réflexion en sculpture sur le corps féminin : le corps comme lieu d’intériorité et d’intimité, le corps créateur et spirituel, le corps sensuel et sexualisé, le corps politique sur lequel se nouent et se dénouent les combats pour l’égalité, le droit et le respect des femmes.

C’est dans cette méditation sur le corps, sa puissance onirique et les enjeux fondamentaux qu’il porte en lui que je cherche, à travers mon matériau, à exprimer le ressenti, l’émotion et l’exploration d’un monde en constante métamorphose.

Francis Hungler

L’Art de la gravure a toujours été au coeur de mes recherches plastiques, tant par les supports utilisés que par leur présentation. En association avec d’autres matériaux j’insuffle à cet Art un vent de jouvence et un esprit original unique. La pédagogie n’est pas en reste ,j’enseigne la gravure et d’autres pratiques artistiques de façon régulière sous forme de stages et de cours tout au long de l’année. L’Art de la Gravure est en relation étroite avec le monde de l’enfance,il s’apparente à un grand terrain de jeu où tout peut s’inventer et se découvrir sans jamais se lasser,  » Soigne l’enfant qui est en toi  »  » Mémoire baignée de songe, la Gravure est mémoire baignée de songe  » écrit Miguel Angel Asturias

Hervé Le Bis

Démarche artistique: J’ai commencé à peindre en autodidacte vers l’âge de trente ans. Puis j’ai senti la nécessité de trouver une cohésion dans mon travail, ce qui m’entraîna à fréquenter l’école des Arts décoratifs de Strasbourg en cours du soir pendant quatre ans de 1982 à 1986. Fort heureusement, le professeur de couleur, Monsieur Gérard Haug me fit comprendre l’importance de toujours chercher « l’essentiel ». Pour moi qui avais une propension à la dispersion, aujourd’hui, je le remercie de m’avoir permis de réfléchir la peinture, en terme de taches colorées au-delà de toute narration. Quatre ans plus tard , il me fit comprendre que je n’avais plus besoin de soutien institutionnel et je quittais alors les Arts déco. J’eu l’occasion de partir quelques temps en Martinique, et c’est à ce moment là que ma peinture a vraiment trouvé un sens; Celui des « sens », car maintenant quand je peins, j’ai toujours ce même plaisir épicurien à savourer la couleur comme quelque chose de gustatif, qui m’entraîne dans un état de contemplation loin des turbulences de la pensée discursive. Je n’ai pas la prétention d’être affecté d’une mission particulière face à l’histoire de l’art, mais tout simplement de réconforter par l’émotion picturale, celle que l’on peux ressentir en présence des oeuvres des peintres « Fauvistes » tels « Derain, Vlaminck, Matisse…. »

Régis Guillaume

Dès mes débuts en photographie, j’ai été attiré par la faculté de transfiguration du réel par l’image, par les effets obtenus grâce au cadrage ou à la lumière. Puis, lorsque j’ai commencé à faire du tirage noir et blanc, il y a 20 ans, j’ai découvert le pouvoir d’agir sur l’image photographique au delà de la simple prise de vue, de transfigurer cette fois le réel par l’abstraction du Noir et blanc et son espace graphique. Mon intérêt s’est porté non pas vers une photographie qui montre mais vers une photographie qui donne à voir une certaine poésie des choses. Par mes connaissances du médium argentique, dans mes démarches créatrices j’aime explorer et expérimenter des formes plastiques inhérentes à ce dernier, les interactions possibles entre la lumière des choses, la chimie et le papier photographique. Ainsi, en plus d’une pratique du sténopé ou du photogramme, j’ai developpé des pratiques alternatives à la prise de vue classique, telle que la pratique direct de la lumière sur le papier argentique, comme dans la série « Les expressions pures », ou encore la gravure chimique. Faire mes tirages est très important, aussi, l’univers du labo photo, de ma pratique avec l’argentique, est pour moi un autre espace de création.  Représenté aux collections privées de Madeleine Millot-Durrenberger, Marcel Burg et Francis Meyer ainsi qu’à l’Artothèque de la Ville de Strasbourg.

Laurent Waechter

Après une formation à la photographie aux Etats-Unis en 1991-1992, j’ai développé mon travail avec pour thèmes principaux le portrait et le nu. Je représente le corps sous ses formes les plus diverses ; corps en mouvement, corps en sommeil, corps peint, corps troublant, éblouissant, corps en jeu perpétuel avec toutes les sources lumineuses qui s’offrent à lui, bribes de corps transformées par la lumière. Photographe de studio tout d’abord, mes recherches me poussent à explorer les espaces extérieurs, en périphérie des villes, là où se croisent le monde naturel et le monde altéré par l’homme, industriel, urbain, où la nature finit parfois – toujours ? – par reprendre le dessus. Et de pousser mon chemin vers de lieux où l’homme n’a encore su imposer sa trace. Lieux hostiles ou simplement résistants ? Après avoir longtemps travaillé au format 24×36, je diversifie mes outils d’exploration, n’hésitant pas à reconsidérer des techniques anciennes, voire élémentaires, le sténopé, le photogramme, mais aussi par l’utilisation d’objets plus anodins tels que l’instantané polaroid, à la recherche d’une image unique.

Eden Lefevre

Une comète mélancolique, de grandes sphinges à têtes de chattes, une pince de mante religieuse et des Madones âgées de trois siècles ; mes sculptures et dessins se nourrissent d’imagineries symboliques aux acidités harmonieuses. J’aime interroger les choses et objets qui habitent nos quotidiens, sonder leurs identités, leurs charges historiques, politiques et affectives. C’est en mettant en tension les limites normées, en me les appropriant, les détournant et les réinvestissant, que je puise mes formes intuitives : poétiques et émancipatrices.
Pensives et précieusement arrangées dans l’espace, mes installations deviennent
narration où discours dominants et transversalités piquantes se charment et s’affrontent (…)

Krycha

Aujourd’hui j’ai deux amours le dessin et la céramique. J’aime voyager dans le quotidien. J’aime regarder ce qui m’entoure comme si les voyais pour la première fois. Je consigne ce que je vois dans des carnets de croquis, sorte de Journal Dessiné Dans mon voyage inattendu je ne m’ennuie jamais : salle d’attente d’une administration ou d’un médecin, transports en commun, promenade en ville ou à la campagne : tant de choses à consigner ! Les carnets sont en général de format A5, ils sont ainsi toujours dans mon sac. J’aime voyager léger, mon « nécessaire de survie » se compose de stylos plumes et d’un pinceau à réservoir. Si je sais que je vais dessiner je rajoute une boite d’aquarelles, de l’encre, des feutres de couleurs… En 2015 mon chemin a croisé celui des Urban Sketchers, et me voilà embarquée dans une aventure collective. C’est une joie de partager le dessin de croiser les regards ! La céramique c’est le temps de l’atelier : autant le dessin est spontané et rapide, autant la céramique demande un temps d’apprentissage, de découvertes et d’appropriation des techniques. Il faut apprendre vivre le temps du façonnage, du séchage, de la cuisson, il faut apprendre la patience et parfois l’échec. Mes pièces sont diverses et mon chemin éclectique. Des bols façonnés à la main et au tour, Des jeux d’émaux, Des personnages surgissant de la terre, Des objets de formes abstraites, Je teste, je découvre, je m’emporte…