Marine Chevanse

Marine Chevanse, née en 1993, vit et travaille à Strasbourg.

Plasticienne et auteure, sa pratique relève autant d’une recherche anthropologique que de l’écoute d’un territoire et s’ancre dans la rencontre. Elle fait de l’immersion son protocole de recherches afin de révéler les gestes et les récits des êtres à la marge – qu’il s’agisse du milieu maritime ou du milieu sportif. Elle appréhende un environnement, expérimente les énergies individuelles et collectives, les points de rupture et les manières d’habiter ces territoires afin de soulever leurs enjeux sociologiques.Il s’agit d’abstraire des réalités observées, transmises pour évoquer des espaces invisibilisés. Avec une attention particulière portée à l’outil et au corps en mouvement, elle développe des installations, un travail sculptural et pictural.

 

 

Jamila Wallentin

De culture franco-allemande, Jamila Wallentin vit et travaille à Strasbourg. Originellement adossée à une pratique du textile avant d’étudier l’archéologie et l’histoire de l’art, elle poursuivit une formation en Art – Objet et Bijou contemporain à la Haute Ecole des Arts du Rhin ainsi qu’à l’ Akademie der Bildenden Künste de Nuremberg.
Ce parcours entrecoupé de deux années de voyages nourrit considérablement ses
recherches actuelles. Investiguant le corps par des travaux de petite taille, elle dépasse cette dimension pour se confronter à de nouvelles échelles sculpturales dans l’espace. Elle fait face à beaucoup d’évidence intuitive, son travail se développe dans l’expérimentation des matériaux.
Diplômée en Juin 2018, elle obtient le prix du mémoire pour les “Zusammehänge” (les liens suspendus), une suite de récits, témoignant de l’importance des rencontres dans sa pratique artistique.
En 2020 elle intègre les ateliers de la ville de Strasbourg et en parallèle de ses recherches plastiques, elle obtient le Master 1 critique-essais, écriture de l’art contemporain à la faculté des arts visuel.
Ses expositions et projets récents incluent : Avec délicatesse, Galerie Robet Dantec, Belfort (FR) ; MKG Messe ; Hambourg (DE) ; BRIO, Galerie HECTAR, Bruxelles (BE) ; Résidence de recherche, Musée du feutre, Mouzon (FR) ; séjour de recherche au Kirghizistan, projet « Une histoire, une prière, un espoir » avec le soutien de la DRAC Grand-est ; Passe partout, Biennale du Sentier des passeurs, Vosges (FR), À vos corps ! Centre d’art Eleven Steens, Bruxelles (BE) 2021 Looking at a blackbird, Kunstverein, Regionale 22, Freiburg (DE)

Anne Derivière

Une raideur tangueuse du tronc. Une résistance flottante de la tête. La météorite creusant le sol dans la violence de sa chute. Le trou fume, le son du crépitement a changé. La fumée gonfle jusqu’à se dissoudre dans le ciel. La vague s’élève transpercée par la lumière, le blanc mêlé à l’ocre quand elle craque. Les éléments s’entrechoquent, résistent, se pénètrent. Les forces opèrent. Je construis le fantasme de territoires introuvables et partout à la fois. Intérieur-Extérieur. L’échappée, au-dessus, en-dessous, au-delà.

Jeanne Bischoff

Tantôt savante, exploratrice ou alchimiste, la plasticienne Jeanne Bischoff navigue avec manœuvre et sagacité parmi les ouvrages et archives anciennes (La Mode Illustrée, Maria-Sybilla Merian, Conrad Lycosthenes, etc.). De ces différents fonds, patrimoniaux ou personnels, l’artiste expérimente le support pour en extraire la trace intangible, souvenir du passé, histoires illustrées, littéraires, graphiques ou historiques.

Formant les sillons d’une recherche intime au sein de l’image, Jeanne Bischoff scrute l’empreinte avec minutie, prélève le détail et retient la forme. Dans l’humilité de ce terreau visuel confidentiel, l’artiste pétrit avec instinct, façonne et sublime l’image jusqu’à épuisement par le geste et l’ordinateur. Purs et anonymes, ces motifs résiduels parachèvent ainsi la première armature de ses créations.

De cette lente consomption de l’archive (re)surgit une œuvre résiliente, protéiforme et ondoyante. Dans l’élégance d’un mouvement aérien, les formes vibrent de concert avec la couleur et distillent l’énergie d’un motif sans cesse renouvelé, composant une odyssée visuelle et sensorielle exaltante.

Tel un art de la mémoire, Jeanne Bischoff dévoile un ailleurs poétique, entre nostalgie et archive collective. Excluant le décoratif pour n’en conserver que la confidence d’une image, l’artiste confère à l’expérience de la forme et du motif, la délicate résurgence d’un intime souvenir. Elodie Gallina, chargée des relations internationales au CEAAC (Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines, Strasbourg) Septembre 2020.

Skander Zouaoui

« Mes oeuvres dérivent de mes préoccupations, réflexions et interrogations ; il ne s’agit pas de commentaires pour autant, pas tout le temps. Ce sont peut-être plus souvent des questions que des réponses. J’emprunte parfois au quotidien des formes qui sont facilement identifiables, j’aime les manipuler. En les refaisant, j’ai l’impression de les comprendre davantage, de les saisir un peu plus. La matière est un élément important dans mon travail, elle m’impose un temps nécessaire.» Skander Zouaoui

Skander Zouaoui est un sculpteur, un metteur en scène d’histoires. Il travaille aussi bien le modelage que le moulage, pour réaliser des pièces en céramique mais également en d’autres matières si le projet le nécessite. L’impression 3D fait également partie des processus de production qu’il intègre dans son travail et vient revisiter le travail manuel.

Parmi ses questionnements, le rapport de l’homme au paysage, et tout d’abord celui qui l’environnait, enfant, en Tunisie. Il rend hommage aux rituels en lien avec les repas traditionnels. Le jardin d’Eden, aux fruits et à la végétation luxuriante, qui l’entouraient, s’oppose à l’aridité des sols. Élargissant son propos à la mémoire des plantes, ou à la transmission des objets fabriqués par l’homme, il dénonce les excès de la consommation dans ses sculptures de fruits en trompe l’œil ou dans des installations en écho à la révolution de jasmin.

Artiste engagé, Skander Zouaoui s’interroge sur la perception par l’Homme de son environnement et de la planète. La curiosité le meut, il interroge les visions des explorateurs du XVIe comme celles des encyclopédistes du XVIIIe. La nature, l’action de l’homme sur son environnement, mais également la poésie du monde, constituent autant de sujets de recherche pour cet artiste, en perpétuel questionnement.

Jisook Min

Dans ma démarche artistique, puisant son élan dans l’innocence des souvenirs d’enfance, je m’engage dans une série de travaux où se rejoignent divers sujets et techniques. Au-delà de cette diversité, une constante se dessine : la projection intime et la volonté d’abolir les frontières entre mon monde intérieur et l’extérieur, entre les souvenirs qui me bercent et ma condition présente. Chaque création devient ainsi le témoin vibrant de cette quête artistique, explorant la complexité du monde à travers les petits drames quotidiens.

Dans cette aventure artistique, mes choix de matériaux sont guidés par une complicité profonde avec les nuances du quotidien. Chaque pièce que je façonne transcende la temporalité, révélant des liens intemporels entre l’individu, ses souvenirs, et l’histoire. Ce mouvement artistique est une invitation à la contemplation, à un voyage imaginaire où notre réalité intérieure se mêle aux sensations et aux images projetées à l’extérieur. J’appelle cet instant fugace l' »instant imaginaire », une parenthèse éphémère qui n’aspire pas à l’éternité, mais qui, le temps d’un souffle, crée les conditions d’un éveil en permettant une échappée hors du mode habituel de perception.

Taegon Kim

A mes difficultés linguistiques de départ s’ajoutèrent donc des difficultés culturelles et personnelles à créer de la relation et à entrer en contact avec les autres, c’est-à-dire les membres de cette culture française qui se montrait, une fois dépassée la première impression somme toute familière, si différente. Pour tout dire, je ressentais une telle impossibilité à communiquer qu’elle rendait impensable toute possibilité d’intégration à un groupe quel qu’il soit en me faisant souffrir de mon isolement. Pour moi, qui était déjà peu enclin de par nature à rechercher la vie en société, entrer en relation avec mon entourage est alors devenu une nécessité absolue. C’est tout naturellement par l’intermédiaire de ma pratique artistique que j’ai tenté d’analyser et de résoudre mon problème relationnel. J’ai alors créé ce que j’appellerais des « objets collectifs expérimentaux » destinés à rassembler des personnes autour d’un dispositif à faire résonner des sentiments, un peu comme s’il s’agissait d’instruments de musique muets. J’ai alors invité tous ceux qui s’approchaient de mes travaux à participer à cette expérience qui n’imposait pas la maîtrise d’un langage commun mais seulement le désir de se réunir, ensemble, autour d’un objet artistique.

Jan Stevens

L’observation attentive de la nature et de ses composants est au cœur de ma pratique.  Je considère l’ensemble de mon travail comme une sorte de réserve accumulant et abritant mes tentatives de rendre visible la vulnérabilité et la ténacité du monde végétal et minéral. Souvent en symbiose avec le dessin et la gravure, j’expérimente d’autres matériaux. Les recherches fragiles et éphémères sont « préservées » par la photographie, qui à son tour me fournit un moyen d’explorer les changements d’échelle. La lumière, qu’elle soit projetée, réfléchie ou bloquée et la transparence ou la superposition peuvent interagir et parfois déconcerter.

Carolle Masson

Je m’intéresse aux images et recherche des moyens de déployer des lectures possibles, leur permettre d’échapper à la surface à laquelle elles sont souvent cantonnées. Mes différentes questions se tissent dans les symboliques de l’intime, jouant sur la singularité et l’universel, interroger l’ambiguïté entre la notion de frontière et de limite, de ce qui est étranger mais aussi ce que l’on reconnaît de soi chez l’autre. Les mises en forme passent par la photographie, la vidéo, les installations, ou d’autres médiums selon les projets. Née en 1980, je vis et travaille en Alsace. Mon atelier est dans l’ATELIER 12, bâtiment des anciennes filatures de Guebwiller.

Laurent Odelain

Mes créations explorent les liens entre les territoires que je rencontre, l’imaginaire qu’ils me transmettent et les formes qui jaillissent des expérimentations que j’y mène.

Leur genèse à lieu in situ. J’y souligne le décalage grandissant entre notre condition terrestre et ces fantasmes industriels et technologiques nous enjoignant à la dépasser, nous éloignant des simples notions de présence et d’acte. Aux confins de l’écrit, de la sculpture, de la performance et du paysage, je tente de révéler la poésie absurde du faire humain et m’amuse de sa vulnérabilité face à la présence immuable du monde. Les enregistrements vidéos et photographiques permettent l’apparition et le partage d’images et de figures. Je les installe vis-à-vis des formes construites ou rencontrées dans les espaces qui m’animent.

Je m’intéresse à l’usage humain du territoire, dans son exploitation, sa préservation, la vie qui en dispose et s’y établit en le transformant, ou étant transformée par lui. Je me demande comment la géographie conditionne l’esprit et l’action de ceux qui s’y meuvent, en fabriquant des récits et des artefacts.

Dans les gestes que je mets en place, entre philosophie et mythologie, des caractères essentiels et existentiels cherchent à transformer le malaise contemporain en une source poétique. Au fil du temps et des expériences rencontrées, mes travaux constituent un inventaire sensible de lieux et d’actes. Derrière leur facture prosaïque, se glisse une dimension ayant attrait à la solitude, à l’errance et au rituel naïf. Une primitivité affleure et donne corps à des puissances invisibles qui révèlent la présence d’une altérité.