Les œuvres de Lucille Uhlrich traversent les styles à la recherche d’un équilibre entre la stabilité de la ligne et la puissance des métamorphoses. Après avoir questionné la fonction du langage dans l’art en faisant dialoguer le texte et le motif, son travail célèbre désormais les rencontres impromptues entre la peinture et les objets du quotidien.
Hanna Woll vit à Karlsruhe, elle travaille depuis 2013 au CIAV de Meisenthal, en Lorraine. Les entreprises artisanales régionales traditionnelles des deux côtés du Rhin, leur histoire et leur importance pour l’avenir occupent une place importante dans sa pratique artistique.
Plus d’informations :
https://www.hannawoll.de
Ma pratique traite de la compréhension, du doute, du bruit. En brouillant les distinctions entre l’individu et l’environnement, la mémoire et le présent, le bruit et l’information, le technologique et le naturel, la compréhension et le doute. Cela passe par de formes collectives, notamment avec Entropies, qu’il a fondé en 2022, de vidéo, d’installation, de performance, d’édition et de conservation. Fragments de choses, trouvés, récupérés, écrits et réécrits. Bruits, sonores et visuels, boucles et superpositions, mélanges de tonalités et de voix différentes.
Le travail de Ines Assoual interroge les différentes représentations et pratiques de la construction au fil du temps. À partir d’études sur les vestiges du passé, de pratique mythologique et contemporaine d’entraînement physique intensif, elle aborde notre besoin de repousser les limites du possible. Dans ses installations éphémères et ses performances (montages performatifs), elle construit des moments de tension, des combats perpétuels entre corps et objets, où la seule issue reste la chute.
Puisant dans les gestes et l’esthétique du chantier dans lequel elle a évoluée et dans son attachement aux édifices antiques, elle cherche à mettre son corps et ses structures à l’épreuve, les poussant jusqu’à leurs points de rupture. Le corps est mis au service de la structure comme un étai qui soutient un plafond à la limite de l’effondrement, ou une colonne comme squelette lui permettant de rester debout encore quelques minutes.
Un corps-à-corps avec l’inerte, une danse inspirée de la sévérité et du lâcher prise dans notre recherche de construction collective et personnelle. Chaque projet est articulé comme le chapitre d’un seul livre construit sur un même répertoire de
gestes, de formes et de matériaux. Les performances, installations et textes sont toujours le résultat de fragments des pièces précédentes, semblables aux briques constituant un mur, une entité.
Un protocole poétique invoqué pour contrôler avec force l’instabilité de ce qui nous entoure, prêt à s’écrouler à tout moment.
Alors Ines se façonne un corps résistant comme taillé dans le marbre et bâtit des architectures aussi fébriles qu’un muscle exténué. Autant de paradoxes qui lui permettent de flirter entre l’art du spectacle où le corps invincible se met en scène et l’espace d’exposition où elle laisse place à ses installations précaires invoquant la fragilité.
Marie Tučková moves in the space between the media of text, performance, composition, video, drawing and installation. Her work explores the politics of listening, the hierarchy of voices, polyphony, various forms of collaboration and the overlapping of political and poetic language. Her work is based on improvisation as endless rehearsal (Wilson Harris) and song as manifestation.
Né en 1993, Mathias Martinez grandit en banlieue parisienne à Cergy-Pontoise entre les ruines du parc Mirapolis, à quelques encablures de Disneyland Paris et non loin du Parc Astérix, d’où sa fascination pour les parcs d’attractions. Il découvre le dessin avec les cartoons de Betty Boop et la bande dessinée en lisant Crumb, Calvo, Tezuka et Winsor McCay. Il apprend la gravure à l’école Estienne de Paris puis rejoint l’atelier d’illustration de la HEAR à Strasbourg d’où il sort diplômé en 2019. Depuis il vit et travaille à Strasbourg et expose ses dessins à la Galerie Arts Factory de Paris ou à la galerie E 2 sterput de Bruxelles. Il a été remarqué par la maison Jean-Paul Gaultier qui lui a demandé de réaliser des visuels illustrés pour leur campagne de prêt-à-porter « Les Marins » et de dessiner ensuite leur carte de vœux 2022. Il publie son premier album de bande dessinée Clocki aux éditions Misma en 2023, qui remporte le prix Mention Spéciale catégorie livre jeune adulte à la Foire Internationale du Livre Jeunesse de Bologne en 2024. En parallèle, il travaille aussi comme illustrateurs pour divers revues telles que Télérama, Kiblind, Topo, Fluide Glacial, etc…
“Le projet Un itinéraire s’appuie sur mon parcours artistique : depuis la Syrie et ce que j’ai pu y vivre durant la guerre (la violence, la perte et l’exil, d’abord en Égypte puis en Italie), jusqu’à la France. Je pense sans cesse aux animaux comme des figures pouvant exprimer le vécu des hommes et des femmes du monde arabe. Je le montre de façon indirecte. La série L’abattoir regroupe un ensemble de peintures inspirées de l’élevage intensif. Elle cherche à traduire les problèmes sociaux et politiques actuellement en jeu dans cette région du monde. Mon travail s’est transformé radicalement lorsque j’ai commencé à sortir de la figuration pure, en me focalisant sur une gamme colorée plus précise. Comme si je revenais au travail de gravure qui avait été mon premier médium dans mon pays natal. J’ai laissé les couleurs s’exprimer à travers les différentes traces laissées par les pinceaux et autres outils que j’emploie. Je me concentre sur la technique. Par moments, je m’éloigne des détails et je travaille la forme, comme dans la nouvelle série des Poches (2022). Je veux faire percevoir la sensation du tissu, je mets l’accent sur le poids qui fait naître ses plis, la lourdeur de ce qui est à l’intérieur. Je pose ici la question de ce que le corps doit porter, tant physiquement que symboliquement. Je parle des libertés qui sont bafouées tous les jours, de la répression, la corruption, mais aussi de l’effervescence, de l’envie de fuir vers un endroit meilleur.”
François Briand s’intéresse à montrer des corps cachés, que ce soit des objets, des plantes ou des animaux. Il rejoue des mythes ou s’en inspire pour leur donner une autre résonnance vis-à-vis de notre époque aux technologies troublantes. Sa formation de souffleur de verre l’a lié à la matière minérale puis vivante, de laquelle il réalise des œuvres qui s’amusent à bouger, à vibrer, à clignoter tout en attirant humblement l’attention. Il rejoue « La tentation de Saint-Antoine » dans un parc d’attractions aussi étrange qu’inquiétant ; s’exile dans le désert de Marfa pour rejouer à deux, une robinsonnade ; moule l’intersection de plusieurs humains pour qu’iels accouchent d’un être vivant surréaliste ; invente une révolte de balais au milieu d’une friche industrielle ou fais sortir du placard des dildos pour les présenter au centre Mondial de la Paix. Un univers sculptural empreint de réalisme magique s’en dégage, révélant ainsi l’impossibilité de saisir le monde plein de curiosités et de belles nuances.
Né en 1946 à Barra de Piraí, une ville située à l’intérieur de l’État de Rio de Janeiro, au Brésil. Osvaldo Marci a toujours ressenti un grand désir de recréer son jeune moi. Il a commencé par dire qu’il était encore un enfant et que sa passion pour l’art ne l’a jamais quitté, son œuvre est indissociable de sa trajectoire existentielle. Il est auteur et éditeur sur les événements marquants de l’histoire contemporaine, du mouvement des hippies aux événements de Mai 1968. L’influence de la Beat Generation, de l’existentialisme et de l’esthétique, nous invite à nous lancer dans un voyage de découverte et d’exploration artistique à travers le monde. Cette odyssée planétaire, qui lui fait aimer visiter différents pays, villes et cultures, enrichit sa peinture d’un regard singulier. Cette perception visuelle, fondamentalement picturale, nous permet de capter l’essence de ses expériences.
C’est en découvrant les sculptures de Louise Bourgeois à la Fondation Beyeler
que sa pratique artistique s’est infléchie en faveur de la création de volumes.
Aujourd’hui, il en est venu à réaliser des volumes composés d’une structure en
bois et en carton, revêtus d’une couverture formée d’éléments végétaux prélevés
dans la nature, tels que : samares d’érable (fruit sec pourvu d’une membrane en
forme d’aile), gousses d’acacia, graines de catalpa ou feuilles de ginkgo. Une
fois posé, ce revêtement est mis en couleur avec de la peinture acrylique. Les
volumes, de forme simple (souvent des parallélépipèdes ou assemblages de
parallélépipèdes) sont généralement munis d’ouvertures apportant un peu de
légèreté, des jeux d’ombres, de lumière et de transparence. Les dimensions des
volumes sont assez diverses; ils peuvent être de taille modeste, comme ceux
présentés pour l’exposition (30 à 50 cm de haut), mais peuvent aussi atteindre
deux mètres de haut et prendre une allure de totem.