Michel Friz

Faire une photographie est ma façon d’être au monde, d’en franchir le seuil pour mieux le regarder. Les thèmes que j’aborde évoquent souvent les paysages ruraux, là où l’homme et l’animal cohabitent à travers le lien ancestral du pastoralisme. Dans ces espaces de vie aux écosystèmes foisonnants, j’explore le visible et le caché, en quête d’émerveillements.  Les séries Lignes de crête illustrent plus particulièrement ce parti pris visuel. Initié à la photographie argentique dans les années soixante-dix avec pour modèles Franco Fontana (Skylines), Jean-Loup Sieff (La Vallée de la mort) ou plus récemment Pentti Sammallahti (Ici au loin), j’ai renoué depuis une quinzaine d’années avec cette expérience sensible en adoptant le format numérique.  Mes projets s’appuient sur un travail à long terme et une immersion in situ, à la croisée du documentaire et de la poésie visuelle. Leur mise en œuvre donne lieu à l’organisation  d’expositions, en Alsace et dans les Vosges, de conférences, ainsi qu’à la publication d’ouvrages en éditions limitées.

Claudine Carbo

Son œuvre puise son inspiration dans les paysages, explorant des éléments naturels comme les rivières, les lacs et les herbes folles, avec une palette qui va des verts turquoises, des gris, aux bleus outremer, évoquant des ambiances diurnes ou nocturnes. Elle s’inspire de ses souvenirs de paysages, notamment ceux du bassin méditerranéen et des étendues vosgiennes.

Sandrine Cayet

Après une formation en art-thérapie en 2016, je commence à créer des tableaux de chevaux en peinture acrilyque. Je découvre également l’aquarelle botanique durant cette période.
Mon esprit de recherche et de nouveautés m’amène à la cire froide, médium qui m’est totalement inconnu mais qui attise ma curiosité.
C’est une révélation, les textures et les couleurs se mélangent, j’utilise différents outils.
Les formes se dessinent, se sont principalement des paysages, la nature se révèle au travers des différentes couches de cire.

Gad

Gad, 
l’art digital qui remonte le temps !  On entre dans l’univers de Gad comme dans une soucoupe volante, immédiatement immergé dans un monde à venir aux tonalités futuristes : figures androïdes, couleurs métalliques, science-fiction…  Mais, immédiatement, un gouffre s’ouvre, d’où surgissent des manifestations de temps révolus : déesses, icônes, ancêtres… Dans cet entre-deux, se vit l’expérience absolue de l’art, celle qui parle de l’origine et de l’humanité à venir.  Ici, pas d’intelligence artificielle. Le pinceau numérique aux mille embouts est animé par une réflexion sensible, une gestuelle créative unique ; pour saisir l’insaisissable : la rencontre du passé et du présent, de l’antiquité et de la modernité, du sacré et du profane, du mystère et de la lumière… C’est au coeur du féminin, là où l’humanité est en perpétuelle gestation, que se jouent nos identités et nos libertés. Ces héroïnes, qui se présentent toujours de face, nous ouvrent l’espace d’un instant, un événement qui s’annonce, sans rien dire encore de ce qui arrive… Une question qui n’attend pas de réponse, une interpellation.  Il n’y a rien de léger au milieu de ces lignes douces, lisses et élancées, rien de simple au cœur de ces couleurs primaires, rien de clair au fond de cette lumineuse obscurité. Ou alors, tout est si léger que même la terre se dérobe sous nos pieds. Seul le spectateur peut ici sauver ce qui reste à sauver. Il devient le point convergent de l’œuvre. Il se tient là où toutes les lignes, et tous les regards, conduisent. Dans leur posture transcendante, les œuvres de Gad, nous invitent, avec clarté et fermeté, à relever les yeux, la tête, le corps, l’humain et l’humanité que chacun porte en soi.

Yutong Yin

Ma recherche se concentre sur la peinture de portrait. Je m’intéresse au portrait non pas comme représentation d’une personne précise, mais comme lieu où la question de l’existence humaine apparaît. Le portrait pose toujours une question simple : qui est là ? Mais cette présence n’est jamais stable. Elle apparaît et en même temps se retire. C’est dans cette tension que je travaille. Dans mes peintures, le regard joue un rôle central. Il ne fonctionne pas comme un simple échange entre l’image et le spectateur. Il crée un mouvement : quelque chose se projette vers l’extérieur, vers le monde et vers celui qui regarde, puis revient vers la surface du tableau. Ce va-et-vient transforme la peinture en un espace ouvert, où la présence n’est jamais fixée une fois pour toutes. Les figures que je peins ne sont pas liées à des identités personnelles. Elles ne racontent pas une histoire précise et ne cherchent pas à préserver la mémoire d’un individu. Ce qui m’intéresse n’est pas l’identité sociale ou biographique, mais une dimension plus fondamentale : la manière dont un être humain apparaît comme présence sensible. Lorsque nous regardons un portrait, nous ne rencontrons pas seulement une image. Nous faisons l’expérience d’une distance, d’un écart entre ce qui est visible et ce qui ne peut pas être totalement saisi. Cet écart n’est pas un manque ; il fait partie de la condition humaine. Il rappelle que l’existence ne se réduit jamais à une identité claire. Ainsi, la peinture ne cherche pas à définir le « soi ». Elle ouvre un espace où le spectateur peut ressentir sa propre présence. Le portrait devient alors un lieu de réflexion silencieuse sur ce que signifie être là.

Marc Wiers Dagnino

Après des études en psychologie et en communication, Marc Wiers Dagnino, d’origine néerlando-italienne, a suivi de manière autodidacte des ateliers et des cours auprès de divers artistes.   Son style est figuratif, avec des séries d’œuvres inspirées, par exemple, des fauvistes. Au fil des ans, il a développé son propre style coloré, plein de fantaisie et de vivacité. Son travail consiste principalement en des peintures acryliques sur toile ou sur papier. Il réalise également régulièrement des bandes dessinées éducatives sur commande, principalement pour des organisations néerlandaises.  Depuis une dizaine d’années, son travail est exposé dans différents endroits en Europe.  Outre son activité artistique, Wiers Dagnino est directeur créatif et propriétaire d’un cabinet de conseil social. Il est également comédien vocal et doubleur professionnel depuis ses études et dispose de son propre studio à domicile aux Pays-Bas.  Son mari italien, Roberto Dagnino, est maître de conférence en néerlandais à l’université de Strasbourg. Ils vivent alternativement à Strasbourg, à Groningue aux Pays-Bas et à Gênes en Italie.

Harmen de Hoop

Harmen de Hoop est un artiste qui réalise des interventions anonymes dans l’espace public. Il travaille sur la notion de « lieu » dans la ville contemporaine, le comportement des individus ou des groupes, et les conflits d’intérêts dans l’espace public. Il s’adresse aux passants sans utiliser le langage existant du monde de l’art.  Ses interventions consistent à recontextualiser des signes ou des objets existants, à les ajouter à un lieu de manière inattendue et, ce faisant, à remettre en question la «normalité».  Son travail porte souvent sur la fonctionnalité des matériaux et des objets, ou sur les règles et les réglementations et la manière dont les gens se comportent dans le domaine public. Il tente ainsi d’amener les gens à se regarder différemment, souvent avec humour.  Avant de réaliser une œuvre, il visite et photographie un nombre illimité de lieux dans une ville choisie jusqu’à ce qu’il trouve le site idéal pour son intervention.  Depuis 1998, la majorité de ses œuvres consistent en des actions soigneusement planifiées dans l’espace public. Comme dans ses interventions, il confronte un public non préparé à des actions qui commentent des questions sociales, politiques et philosophiques.

Géraldine Legin

Je peins les objets que j’aime, ceux qui me font rire, m’inquiètent, me trompent ou m’interrogent. J’essaie de tracer ce qu’ils portent de fiction. Je les choisis pour ce qu’ils disent de nous, les humains. J’apprécie ces longs moments d’observation et de concentration pour les peindre. Fascinée par les faux-semblants, je m’attache à ce que les images que je crée ne s’offrent pas d’emblée: les choses changent de rôle, les identités se déplacent, les apparences se troublent. Les travestissements, les masques, les décors traversent mon travail, qu’ils prennent la forme de peintures à l’huile sur bois ou sur toile, de créations scénographiques ou de compositions de motifs textiles.

Margot Cannizzo Lazaro

Designer spécialisée en graphisme et direction artistique, Margot Cannizzo Lazaro intervient dans le cadre de commandes nécessitant une traduction et une narration visuelle sensible.  En parallèle de cette activité, Margot explore régulièrement d’autres savoir-faire, notamment dans le domaine du textile. Consciente des dérives croissantes de son système de production industrielle, la designer cherche à participer à son ralentissement par le biais de «Prendre soin!», son projet de revalorisation textile.  Après un apprentissage exigeant, par l’étude d’ouvrages anciens et par le biais de ses pair·e·s, Margot s’est spécialisée dans la réparation et l’ornementation de tricots ayant subi de petites catastrophes (taches, usures, trous). En effet, les mailles lui apportent un ensemble de contraintes techniques avec lesquelles elle aime particulièrement composer. Par cette pratique, elle se plait à perpétuer les gestes d’antan comme le remaillage, la broderie sur mailles ou encore le point de toile. Conçues comme de petits bijoux manifestes, ses interventions sont colorées et assumées. Ces signes graphiques invitent ainsi à échanger sur l’histoire de nos vêtements et notre volonté de les chérir. Travaux d’aiguilles et graphisme se conjuguent alors pour célébrer ce que nous possédons déjà, la réparation plutôt que le remplacement.