Auguste Vonville

LA TRACE ET LA MÉMOIRE Quand on évoque le tryptique ; la vue, le regard, la vision, on pourrait y rajouter la notion de Temps. Le thème de la Mémoire et de la Trace est le fruit de nombreuses pérégrinations, de temps de contemplation, d’observations. Ce qui mène à une vision des éléments, de nous-mêmes. Il faut que la vue devienne active pour pleinement prendre ce qui nous est offert. Les sculptures organiques d’Auguste Vonville suggèrent avant tout. Elles sont un miroir qui nous renvoient à des formes qui passent du minéral au végétal et de l’animal à l’humain, mais qui inspirent un dépassement de ces statuts physiques. A chacun la liberté de l’interprétation, d’entrer dans son lot d’images, dans son ou ses histoires. Regarder, c’est se relier aux éléments, et d’une façon ou d’une autre, on entre en Contemplation. « Et c’est là qu’on entre dans le « Voir », ce qui nous permet d’avoir une « Vision ». Dès lors apparait la notion d’appartenance à un monde impalpable, qui va du micro au macro, et qui nous entraine dans des spirales infinies », confirme le céramiste. C’est ainsi qu’il évoque les quatre éléments chers à Gaston Bachelard. Ils sont omniprésents ; l’argile/terre pour sculpter, l’eau pour triturer celle-ci, le feu qui permet la cuisson et l’air qui permet au feu d’exister. Auguste Vonville, à travers son regard porté vers la Nature, dans le sens large du terme, affine sa réflexion sur la place qu’occupe l’Humain dans cette « organisation » mystérieuse.

Urbain Sketchers Strasbourg

Urban Sketchers (USk) est une organisation à but non lucratif qui met en avant la valeur artistique, narrative et pédagogique du dessin « in situ », qui en fait la promotion et crée des liens entre croqueurs dans le monde entier, qu’ils soient chez eux ou en voyage. Notre manifeste : Le Manifeste Urban Sketchers 1. Nous dessinons in situ, en intérieur ou en extérieur et croquons sur le vif. 2. Nos dessins sont les témoins de notre quotidien et de nos voyages. 3. Nos dessins représentent des archives de lieux et d’instants. 4. Nous sommes fidèles aux scènes que nous voyons. 5. Nous utilisons tous types de techniques et apprécions la diversité de nos styles. 6. Nous nous soutenons, aidons, et encourageons les uns les autres et dessinons en groupe. 7. Nous partageons nos dessins en ligne. 8. Nous montrons le monde de dessin en dessin.

Morgane Salmon

Je m’inspire beaucoup de la nature. Ses couleurs et ses formes foisonnantes. Ses fleurs, ses feuillages et les petites bestioles qui s’y cachent. Je les transforme à ma façon, à travers mon imagination. C’est une manière de m’exprimer, de partager avec d’autres mes passions, ma façon de voir. Comme dans la nature, je n’aime pas le vide. Je couvre entièrement mes dessins et mes céramiques de motifs colorés. Comme dans la nature, la ligne droite n’existe pas, la spirale est mon point de départ. La perfection mécanique non plus. Je laisse mes couleurs couler, mes pièces pencher, je me dis que… c’est comme ça. Comme dans la nature, mes pièces comportent plusieurs strates. Les couches inférieures recouvertes par les couches visibles déterminent la forme finale. Comme dans la nature, mon atelier est un lieu de production, un monde en soi où se ressourcent mes trois passions : céramique, aquarelle et gravure. Re-transcription des paroles de Morgane Salmon, 2019 

Marion Rapp

À la simple vue d’un animal sauvage en forêt je suis en émoi ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres que je prends plaisir à partager. On peut dire que c’est ma façon d’accepter mon hypersensibilité, une façon de gérer les émotions qui me traversent en permanence pour le meilleur et pour le pire si j’ose dire. Je souhaite que l’Homme renoue le contact avec le monde qui l’entoure. Rien de plus facile au quotidien un bon thé ou un bon bain. Mes petites illustrations permettent simplement de poser cet instant pour moi et pour le spectateur. L’outil le plus pratique à l’heure actuelle étant les réseaux sociaux je l’utilise pour peut-être à cet instant créer un sourire lorsqu’une personne « scroll » ou mieux lui faire lever la tête de son écran. À d’autres moments je partage avec enfants ou adultes autour d’expositions qui mettent en valeur une ou un artiste comme lors du festival « RAMDAM » avec lequel j’ai eu la chance de créer et m’exprimer. Enfin, de façon plus sérieuse encore j’ai pu donner un point de vue plus léger sur le terme « directives anticipées » pour donner de l’importance à cette démarche dans les hôpitaux. En somme mon travail parle tout naturellement de ma vie et de LA vie de façon plus globale.

Catherine Fischer

Les  formes et les couleurs apparaissent librement. Je crée directement sur le papier en laissant les éléments réagir entre eux. Tout est intuitif et les résultats sont souvent imprévisibles. Le souvenir de quelque chose, un arbre ou une fleur, une vision éphémère, un mouvement, un objet, une lumière, un poème, une forme entrevue l’espace d’un instant, toutes ces manifestations  qui me touchent profondément  peuvent susciter la création d’une image. La mémoire parle et le geste est guidé par ces émotions.

Vincent Schueller

Les mouchoirs retiennent des océans Une trace lumineuse dans le ciel Le vieux T-Rex éructe L’optimisme est côté en bourse Des masques sont en vente libre aux portes des villes Mais les cravates sont de mauvais goût Les plaintes sont palettisées Parce que le plastique fond au soleil, les Playmobils sont à la peine Le silence est un vrai luxe Si le standard est un dur à cuire, il n’en est pas moins stupide  V26S

Jim Ceneda

LA DIVERSITÉ.

Elle caractérise mon travail : diversité de thématiques, de techniques et de styles – qu’ils soient semi-figuratif, abstrait ou onirique.

 

MES RECHERCHES.

  • L’approche de la vie.

Mon approche est celui du « Presque-rien » cher au philosophe Vladimir Jankélévitch ; la fragilité de la vie sous ses multiples aspects : la temporalité, la solitude, la jouissance, la sensualité, la sexualité, l’amour, la mort, la vie intérieure, la beauté, les autres. J’aime mêler des textes dans m ; on y trouve souvent des messages philosophiques qu’il s’agira de décrypter.

  • L’engagement : le monde contemporain.

Pour paraphraser Antonio Gramsci dans ses cahiers de prison,  il y a entre un ancien monde et un nouveau  «cet interrègne où [on] observe les phénomènes morbides les plus variés »

Je crois que tout artiste est un résistant, contre les dangers actuels de la dynamique exponentielle des forces du marché et de la globalisation, et ses bouleversements sociaux ; pour l’avenir de Gaïa (Bruno Latour), unique solution à la vie des générations actuelles et futures.

 

MES TECHNIQUES, MES PREFERENCES ET MES PRODUCTIONS.

. Le papier. Il se laisse gorger d’eau, maculer par les pigments, plier, déchirer. Ses fragments peuvent se rassembler dans de nouvelles cohérences plastiques, selon des processus de déconstruction-construction.

. Le dessin, les encres, l’acrylique aquarellée, le travail à la plume.

. Le collage.

. Ex-sérigraphe, j’ai un faible pour l’imprimé et les petits tirages : la gravure sur bois et mieux encore la linogravure sont des procédés artisanaux qui demandent humilité, patience, mais qui offrent des résultats souvent très étonnants.

. Les livres d’artiste avec mes propres créations poétiques.

. Le dessin parodique : activité secondaire, je l’utilise surtout pour illustrer des évènements sociétaux ou/et politiques.

. Les petits formats :travailler sur des petits formats dans une société de la démesure est une gageure. Chemin de méditation pour l’artiste, le petit format invite le spectateur à l’effort de l’intériorité.

 

L’ART IN VIVO, LA PERFORMANCE____________________________________________________

Danseur de tango argentin, amateur et créateur de textes poétiques, la performance de groupe « ART&TANGO » est l’occasion pour moi de réunir quatre passions : la danse, la poésie, la performance picturale et la création collective avec d’autres artistes tels que danseurs, musiciens, plasticiens. Elle est aussi la possibilité de combler un manque vécu dans la solitude l’atelier, celui du contact avec le public ; cette opportunité de voir, en direct, son émerveillement, quand la danse survient, quand la poésie fait mouche, quand l’œuvre picturale se crée, in vivo, incertaine, spontanée, éphémère. L’instant magique, la jouissance.

 

« L’art retrouve un ordre qui peut ressembler à du désordre […] ». Christian Boltanski.

 

Stefano Gioda

Stefano Gioda pourrait être considéré comme un alchimiste moderne décidé à créer un nouveau code de représentation de la réalité constitué de signes en constante mutation. Illustrateur de formation, l’artiste se sert du dessin comme point de départ de la plupart de ses projets pour donner vie à un processus de recherche qui est le fruit d’un travail manuel précis et intense. Son trait minutieux, riche de détails, engendre un univers hybride peuplé de curieuses créatures zoomorphes saisies sur papier à l’encre de Chine, à l’aquarelle et au stylo. Partant d’une étude analytique des insectes, centre et origine de cet univers, l’artiste élabore une oeuvre allégorique de l’humanité : les insectes sont des créatures inconnues en mutation qui dévoilent l’imposture de l’identité, des formes qui évoluent en désordre alphabétique et qui semblent avoir été collectées par un entomologiste surréaliste à l’occasion d’une expédition hors du temps. La technique est méticuleuse, l’approche scientifique, la représentation « immagnifica». La forme insolite qu’il assume provoque grimaces et sourires, répulsion et attraction. La création, limitée à des domaines organiques, est un exercice mu par une impulsion qui veut classifier et montrer un mode d’existence atypique. Les dessins et les oeuvres mixed media exposés ont l’air d’objets vivants figés dans le temps, révélateurs d’une pratique artistique hybride et sérielle, qui ose se répéter et créer l’illusion. Nathalie Fritz

Sandrine Rummelhardt

Mon travail photographique est constitué pour l’essentiel par des portraits, plus exactement par des séries de portrait, en noir et blanc ou en couleur. Partir à la rencontre de personnes, de lieux, de paysages, en laissant le regard et le corps parcourir l’espace environnant. Laisser libre cours aux cheminements de la pensée et de l’imaginaire. Explorer le réel. Interroger la place de l’humain et de la nature dans notre société contemporaine. C’est là quelques-unes de mes préoccupations artistiques.

Pierre Rich

Vibrations violoncelle
C’est, au départ de l’aventure, un pari fou : parvenir à capter les vibrations des cordes de l’instrument, défi paradoxal, car une photographie est par nature immobile, tandis que la musique est mouvement. Elle n’est qu’une bouffée du souvenir du temps, dit Pascal Quignard. C’est en cela qu’elle rejoint la photo, car toutes deux usent des sortilèges de la nostalgie. Je rejoins ainsi, très inconsciemment, la chronophotographie de Marey et Muybridge à la fin du XIXème siècle. Beaucoup d’autres photographes depuis ont expérimenté la captation du mouvement. Depuis ce temps, la recherche se poursuit avec d’autres musiciens.
L’image est une brèche dont une des définitions du Larousse – ouverture ou cassure produite par des fragments de matières enlevées – pourrait correspondre à cette série photographique : rendre compte autant de la matérialité du violoncelle – ses matières, ses poussières, ses écorchures, ses brillances, que du surgissement de l’inattendu, sans crier gare et comme par magie, d’une sorte d’abstraction résultant des actions et des mouvements. Des traces, des fuites, des interférences sensibles, des coïncidences improbables, des transparences, des démultiplications, des flous, des bougés, des scintillements, des flottements, des vitesses lentes, des points de netteté décalés – seuls à même de capter ces étranges apparitions  : voilà le laboratoire du photographe. Les artifices techniques révèlent cette énergie où tout s’anime conjointement, bras, mains, doigts, archet, cordes, caisse de résonance.
Tirages 40×40 cmm sur papier fine art ultra smooth.
http://www.pierrerich.com/vibrations-musique.html#vibrations_violoncelle