Johnny Gaitée

La découverte picturale et l’interaction virtuelle sont au coeur de mes créations présentes. Engendrées par les jeux vidéos et le deeplearning, le renouvellent de ma pratique auprès de ces territoires d’imaginaire où les pixels et l’invraisemblable se croisent, font déraisonner en moi la vision première d’une réalité virtuelle. Éclatante et inquiétante. Se faisant, l’émergeance de ces peintures hybrides nous donne à voir les images figées d’une esthétique dormante ininterrompu, en plein sommeil paradoxal et machinal. J’explore alors une technique de hacking appelé “corruption”, qui décortique les textures des jeux-vide?os et re-décompose les images au grès des variations innnombrables de l’émulateur. L’image ainsi capturé traverse les liquides colorés, relâchées contre la toile par les touches détachées de mes mains instinctives. D’autre part, les oeuvres tirées de peintures classiques fournissent un abécedaire commencé depuis ma découverte du machine learning, et d’un logiciel appelé Dreamdeeply. J’y introduis alors ces peintures, qui ressortent transformées par l’interprétation des images condensées d’un algorythme. En dernier ressort, je retouche l’image obtenue pour y laissé apparaître les formes numériques les plus criantes à mon oeil. J’en suis à la lettre C des peintres trouvé sur la toile numérique et j’ai commencé à partager quelques unes de leurs oeuvres sur les réseaux.

MG

Je suis né en 1973, en région parisienne. A la fin des années 80, je fais mes premiers pas artistiques au croisement du hip-hop et du graffiti à travers le collectif EN1/NEC. 

Après des études en Histoire contemporaine, j’exerce durant quelques année le métier de conseiller d’éducation que je quitte au début des années 2000 pour me concentrer en « autodidacte » à mes activités artistiques. Affinant ma technique d’aplats de couleurs cernés de noir, je commence alors à façonner mon propre univers en lien avec la bande dessinée, la culture urbaine tout en développant mon sens du cadrage. Ma participation au marché de la création de Bastille en 2005, me permet de rentrer en relation avec une galerie parisienne, dans laquelle j’exposerai durant trois ans. Suivront des expositions collectives et personnelles dans divers galeries en France et en Belgique, des participations à la braderie de l’art de Roubaix, ainsi qu’à divers salons artistiques…

En 2008, des obligations familiales m’obligent à mettre mes activités d’artiste entre parenthèses. Durant six ans, j’occuperai un poste de manager socio éducatif au sein d’une école de la Chambre de Commerce de Paris, avant de rencontrer une belle muse Alsacienne… 

Début 2015, je quitte mes fonctions pour m’installer à Strasbourg, et enfin, reprendre la création. Depuis, j’ai participé à diverses manifestations artistiques sur Strasbourg et sa région (salon ST’art, salon Art3F, Ateliers ouverts, Place des Arts, Marché Off de noël, Salon des arts de Wissembourg, les vitrines de Mulhouse, Les Pyramides d’argent…). Des expositions collectives et solo m’ont également permis de présenter mon travail dans les galeries Art’course et Bertrand Gillig, ainsi que chez Madame Françoise Lenotre à Khel-Goldscheuer. 

Désormais, les couleurs, le graphisme et le cadrage de mes œuvres évoluent vers d’avantage de mystère et de sensualité, tout en soulignant mon attachement à la ligne claire, aux femmes fatales des années 50 et au mouvement pop-art ainsi qu’à la pop culture. Installé depuis deux ans dans le village de Weyer en Alsace bossue, je dispose désormais d’un grand atelier me permettant de créer en toute sérénité dans un cadre bucolique. Mes dernières œuvres reflètent cette sérénité dans une série de paysage inspirés de la nature environnante. A très bientôt, MG

Yvanne Laurent

Artiste, artisane, bijoutière à Strasbourg depuis 2022, Yvanne Laurent imagine, dessine et fabrique des bijoux en argent en petite série et à la commande – mais également de petits objets, des boîtes et sculptures en cuivre, laiton, argent, bois. Issue d’une formation technique et créative, elle dessine des formes simples inspirées d’une géométrie élémentaire. La réflexion est celle d’un jeu d’enfant, le rapport aux objets se veut simple et ludique. Une boîte dænse dans le creux de la main : jouer à l’ouvrir, répéter le geste, se demander ce qu’on y mettra… un petit mot, peut-être rien ? Peu importe. Formes et motifs dialoguent avec le corps et se laissent influencer par les reliefs, les surprises, les imperfections qui font la poésie du vivant.

Valérie Gerrer

Fascinée, dès mon plus jeune âge dans la marbrerie familiale, par les gestes techniques et sensuels des hommes domptant le matériau, j’ai ressenti comme une évidence le besoin de rester en contact avec la pierre et de questionner les formes et la représentation qui pouvaient en émaner.

Après m’être formée à la gravure sur pierre, la découverte de l’œuvre de Camille Claudel me bouleverse. C’est un choc esthétique fondamental doublé d’une révélation qui nourrit encore mon engagement associatif et politique actuel, celle du combat des femmes pour trouver une égalité dans la vie civile, professionnelle, artistique et politique.

Portée par la nécessité de créer et le désir de transmettre ma vision intérieure, c’est au contact des œuvres des artistes du début du XXe siècle, précurseurs de l’Abstraction que j’ai trouvé une liberté et une spontanéité formidables, et l’énergie pour développer mon propre vocabulaire formel.

Dans ma pratique artistique, j’interroge la taille du matériau à l’aide de différents outils et tente de traduire une émotion et une intensité par une courbe, un volume, une arête, un bloc à peine dégrossi ou un feuilletage de marbres. Le minéral, le travail des pleins et des vide, de la lumière et de l’espace sont d’une poésie infinie.

Je mène actuellement une réflexion en sculpture sur le corps féminin : le corps comme lieu d’intériorité et d’intimité, le corps créateur et spirituel, le corps sensuel et sexualisé, le corps politique sur lequel se nouent et se dénouent les combats pour l’égalité, le droit et le respect des femmes.

C’est dans cette méditation sur le corps, sa puissance onirique et les enjeux fondamentaux qu’il porte en lui que je cherche, à travers mon matériau, à exprimer le ressenti, l’émotion et l’exploration d’un monde en constante métamorphose.

Francis Hungler

L’Art de la gravure a toujours été au coeur de mes recherches plastiques, tant par les supports utilisés que par leur présentation. En association avec d’autres matériaux j’insuffle à cet Art un vent de jouvence et un esprit original unique. La pédagogie n’est pas en reste ,j’enseigne la gravure et d’autres pratiques artistiques de façon régulière sous forme de stages et de cours tout au long de l’année. L’Art de la Gravure est en relation étroite avec le monde de l’enfance,il s’apparente à un grand terrain de jeu où tout peut s’inventer et se découvrir sans jamais se lasser,  » Soigne l’enfant qui est en toi  »  » Mémoire baignée de songe, la Gravure est mémoire baignée de songe  » écrit Miguel Angel Asturias

Hervé Le Bis

Démarche artistique: J’ai commencé à peindre en autodidacte vers l’âge de trente ans. Puis j’ai senti la nécessité de trouver une cohésion dans mon travail, ce qui m’entraîna à fréquenter l’école des Arts décoratifs de Strasbourg en cours du soir pendant quatre ans de 1982 à 1986. Fort heureusement, le professeur de couleur, Monsieur Gérard Haug me fit comprendre l’importance de toujours chercher « l’essentiel ». Pour moi qui avais une propension à la dispersion, aujourd’hui, je le remercie de m’avoir permis de réfléchir la peinture, en terme de taches colorées au-delà de toute narration. Quatre ans plus tard , il me fit comprendre que je n’avais plus besoin de soutien institutionnel et je quittais alors les Arts déco. J’eu l’occasion de partir quelques temps en Martinique, et c’est à ce moment là que ma peinture a vraiment trouvé un sens; Celui des « sens », car maintenant quand je peins, j’ai toujours ce même plaisir épicurien à savourer la couleur comme quelque chose de gustatif, qui m’entraîne dans un état de contemplation loin des turbulences de la pensée discursive. Je n’ai pas la prétention d’être affecté d’une mission particulière face à l’histoire de l’art, mais tout simplement de réconforter par l’émotion picturale, celle que l’on peux ressentir en présence des oeuvres des peintres « Fauvistes » tels « Derain, Vlaminck, Matisse…. »

Laurent Waechter

Après une formation à la photographie aux Etats-Unis en 1991-1992, j’ai développé mon travail avec pour thèmes principaux le portrait et le nu. Je représente le corps sous ses formes les plus diverses ; corps en mouvement, corps en sommeil, corps peint, corps troublant, éblouissant, corps en jeu perpétuel avec toutes les sources lumineuses qui s’offrent à lui, bribes de corps transformées par la lumière. Photographe de studio tout d’abord, mes recherches me poussent à explorer les espaces extérieurs, en périphérie des villes, là où se croisent le monde naturel et le monde altéré par l’homme, industriel, urbain, où la nature finit parfois – toujours ? – par reprendre le dessus. Et de pousser mon chemin vers de lieux où l’homme n’a encore su imposer sa trace. Lieux hostiles ou simplement résistants ? Après avoir longtemps travaillé au format 24×36, je diversifie mes outils d’exploration, n’hésitant pas à reconsidérer des techniques anciennes, voire élémentaires, le sténopé, le photogramme, mais aussi par l’utilisation d’objets plus anodins tels que l’instantané polaroid, à la recherche d’une image unique.

Krycha

Aujourd’hui j’ai deux amours le dessin et la céramique. J’aime voyager dans le quotidien. J’aime regarder ce qui m’entoure comme si les voyais pour la première fois. Je consigne ce que je vois dans des carnets de croquis, sorte de Journal Dessiné Dans mon voyage inattendu je ne m’ennuie jamais : salle d’attente d’une administration ou d’un médecin, transports en commun, promenade en ville ou à la campagne : tant de choses à consigner ! Les carnets sont en général de format A5, ils sont ainsi toujours dans mon sac. J’aime voyager léger, mon « nécessaire de survie » se compose de stylos plumes et d’un pinceau à réservoir. Si je sais que je vais dessiner je rajoute une boite d’aquarelles, de l’encre, des feutres de couleurs… En 2015 mon chemin a croisé celui des Urban Sketchers, et me voilà embarquée dans une aventure collective. C’est une joie de partager le dessin de croiser les regards ! La céramique c’est le temps de l’atelier : autant le dessin est spontané et rapide, autant la céramique demande un temps d’apprentissage, de découvertes et d’appropriation des techniques. Il faut apprendre vivre le temps du façonnage, du séchage, de la cuisson, il faut apprendre la patience et parfois l’échec. Mes pièces sont diverses et mon chemin éclectique. Des bols façonnés à la main et au tour, Des jeux d’émaux, Des personnages surgissant de la terre, Des objets de formes abstraites, Je teste, je découvre, je m’emporte…

Ayline Olukman

Ayline Olukman a une pratique pluri disciplinaire qui aborde la notion d’intimité et de nostalgie. Elle utilise la photographie, la peinture, l’écriture, la gravure et le dessin. « Maintenir ma quête de l’errance, c’est une quête en elle-même. J’ai fini par admettre que la question du déplacement est centrale dans ce que je fais. Un non-lieu commun à chacun. Pendant longtemps, dans ce rapport à la nostalgie, j’étais dans le désenchantement de ce temps que rien ne retient. Puis, j’ai réalisé que non. L’image n’ est qu’une image mais elle a un statut réel ; elle existe par elle-même, ce qui provoque un certain déséquilibre. D’où mon interrogation constante sur la création elle-même. »