Bernard Zimmermann

Autodidacte, photographe amateur, je me suis tourné il y a plusieurs années vers l’expression graphique au sens large : acrylique, aquarelle, crayon, fusain, pastels, table graphique…. Qu’importe le moyen et le support, toile, papier, carton d’emballage etc.. Pour moi l’essentiel réside dans le résultat. Quant au sujet même s’il m’arrive de m’en éloigner, il reste centré sur l’être humain.

Marie-Dominique Guth-Procureur

Courir, marcher, dessiner. Observer les talus, les mousses, les lichens, les bois. Dessiner tout ça et puis c’est tout. Pour le reste, faut juste trouver sa place dans tout ce désordre.

Sybille du Haÿs

L’anecdote historique et l’archive font partie intégrante de la recherche plastique de Sybille du Haÿs, autant d’outils qui lui permettent de jouer avec les déclinaisons possibles d’un même récit.Elle saisit l’information pour en livrer son interprétation, comme dans l’installation Les oubliés de l’actualité. Histoire et mémoire sont deux notions récurrentes de son engagement plastique. De l’art à l’histoire politique et institutionnelle, elle balise un champ de recherches ambitieux qui se déploie en plusieurs ramifications de pensée.Elle explore par exemple les manifestations d’une spiritualité universelle, inhérente à la vie, et utilise pour ce faire des éléments appartenant au domaine religieux comme le retable ou l’ex-voto. Dans Reconnaissances c’est la dichotomie entre les notions de sacré et de profane qu’elle choisit de mettre en avant, tout en manipulant les références artistiques, hommage caustique rendu aux artistes et penseurs à qui elle s’adresse. Dans Silence, l’accumulation de cire coulée crée un débordement ; l’ancrage au sol devient indispensable à la mise en scène de cette pièce qui évoque un temps figé, celui de l’institution religieuse statique.Ces détournements d’objets interrogent la manipulation de la matière, comme dans la peinture Portrait d’un aumônier militaire. L’image pixélisée, démantelée, morcelée oblige le spectateur à s’éloigner afin de trouver une distance physique et critique. En partant du territoire local (À l’arbre vert) ou international (Who wants to shoot ? et Invitation au voyage), Sybille du Haÿs décline une pratique pluri-disciplinaire et esquive la conclusion hâtive, s’inscrivant, comme artiste, au cœur de la réflexion mémorielle collective et individuelle.Élise Girardot – commissaire d’exposition et critique d’art membre de l’AICA

Virginie Kubler-Sutter

Virginie Kubler-Sutter aime lire, écrire, relire et relier.Son métier et sa passion se caractérisent par l’envie de tisser du lien mais aussi de proposer une expérience sensorielle tout en apportant une touche de délicatesse. Quand elle écrit ou relie, elle essaie de donner corps à ce qui n’était qu’un rêve ou un désir, elle cherche la forme textuelle et structurelle pour magnifier l’intention. Son travail commence par le regard et l’écoute pour suivre ensuite les labyrinthes de l’imagination et laisser émerger des émotions qui participent au travail de mémoire autant qu’au dévoilement de l’intime car les mots que l’on souhaite conserver et mettre en valeur sont précieux.Etant curieuse de découvertes et d’expériences, chaque nouveau projet est une terre vierge propice à la rencontre et à l’exploration. Ses multiples voyages, les langues étrangères découvertes, les livres lus, les pratiques artistiques et corporelles effleurées sont autant d’univers venus modeler sa personnalité et nourrir d’une sève riche son imaginaire.Elle aime les histoires, celles que l’on raconte aux enfants, celles que l’on chérit, celles qui nous construisent. Elle aime aussi les cadeaux. C’est pour cela que les livres ont une si grande place dans sa vie. Ils sont les écrins de tant de souvenirs et des vecteurs foudroyant d’humanité.L’artisane est également fascinée par le papier, celui qui est fabriqué à l’atelier autant que celui qui vient de l’autre bout du monde, celui qui provient de la transformation de « déchets » aussi bien que celui qui naît des fibres d’êtres vivants improbables. Le papier nous renvoie à notre résistance autant qu’à notre fragilité. Une feuille est si légère et pourtant il est très difficile de détruire une bibliothèque entière.Virginie Kubler-Sutter souhaite incarner un métier millénaire, en reproduisant des gestes en voie de disparition, tout en laissant parler sa propre sensibilité pour transmettre quelques éclats de sa vision du monde. Sa démarche se veut éthique et embrasse une écologie intégrale. Du choix de son statut (devenir entrepreneuse-salariée d’une SCOOP), à la décision d’un mode de vie rural sobre et joyeux, en passant par la sélection de matériaux durables, elle essaie d’harmoniser au maximum ses valeurs et ses aspirations à son mode de production, afin que par les objets qu’elle crée autant que par les collaborations qu’elle choisit, elle construit, pierre après pierre, rêve après rêve, le monde qu’elle désire pour demain.

Yves Bingert

Sculpture dans la masse et assemblages bois et pierre. Installations sylvestres. Travail sur la thématique du cerf et du taureau. Création d’un échiquier géant pour la Nuit des Musées à Bâle. Statues pour l’extérieur.

Sabine Gazza

J’observe d’infimes détails dans le paysage, dans le quotidien, chacun étant un témoin du temps qui passe, de la lumière de l’instant. L’image d’un monde entier peut se dérouler sur quelques centimètres carrés. Aussi, j’ai pris l’habitude, ces derniers temps, de chercher un monde dans de petites flaques, de représenter un tout par un détail, un contenu pour un contenant, un envers pour un endroit, parler des choses de manière indirecte, comme on utiliserait une métonymie en littérature.

Sophie Davin

Je joue avec les « rebuts » de mon utilitaire afin de construire et déconstruire en laissant les mains et le corps se laisser aller à faire. Mes gestes sont rapides, instinctifs et intuitifs. Dans mes compositions, je trouve l’équilibre, chaque chose prend sa place.Il s’en dégage, silence, douceur et poésie.D’abord, je collecte mes pièces d’utilitaires tournées, des détails cassés que je garde précieusement, des morceaux de pièces que je glane dans l’atelier. Mon choix se porte essentiellement sur la terre grise, la porcelaine, des pièces crues, biscuitées ou en haute température.Les rebuts, c’est cette matière mise de côté puisque, non aboutie, déformée, fissurée… Des tessons sensibles qui parlent d’une vie, d’un geste, de choix, mais aussi d’intentions, d’un parcours personnel, d’un goût… Poser un regard attentif sur ces éléments m’a permis de les considérer, de les percevoir tels des richesses, des trésors avec leur histoire. Il s’agit de remettre en scène ces fragments afin d’en proposer une nouvelle lecture. Chacun des rebuts confiés ou trouvés est une base de travail, ce qui donne naissance à une pièce unique une fois le tout assemblé. J’aime l’idée que la pièce puisse avoir plusieurs vies.Ensuite, j’assemble le tout, parfois de manière éphémère en déconstruisant aussi vite que construit et parfois, je pérennise mes sculptures en les collant à l’émail.« À chaque fois dans mes constructions, je regarde ce qu’il se passe dans les détails de ce que je suis en train de faire, je ne vois pas toujours ma pièce dans sa globalité, j’ai besoin de recul. Le recul, je l’obtiens une fois ma pièce dans l’objectif de mon appareil photo, et là ma pièce commence à exister, je peux devenir l’observatrice de moi-même et de mes créations ». Sophie Davin

Anne Lerognon

L’humain est au coeur de ma démarche plastique.Depuis une année le thème de la migration s’impose à moi.C’est une des questions centrales de notre temps.J’ai une place confortable pour être émue.Alors je cherche pudiquement une forme,une expression,un groupe,la terre ou la rive rêvée.Le drame aussi.Ce sont souvent des portraits en pied sur toile libre.De cette façon l’image qui vient est comme en miroir et m’interroge sur le sens de l’exil que chacun porte en lui.