Decko

…/Decko/veut embrasser le monde, en saisir l’unité profonde – de l’infiniment grand à l’infiniment petit – dans ses rythmes sériels et ses variations fractales ; mais aussi en appréhender les fréquences et les vibrations, les forces et les énergies, pour en traduire à la fois l’ordre et le désordre, la genèse et le chaos… Tout cela par des lignes et des couleurs où la symétrie joue un rôle majeur autour d’un axe dont les irrégularités demeurent aléatoires : les lois de la physique se confrontent aux théories de l’incertitude !   Dans l’univers de Decko, la place de l’homme n’est pas oubliée, la sienne en particulier avec l’inclusion dans ses toiles de souvenirs personnels (Carnet de route) et familiaux (Ouranopolis). Quant aux symboles et aux signes, empruntés à diverses civilisations ou inventés, ils traduisent l’héritage commun de l’humanité (Traces). Mais l’artiste sonde avant tout la matière et trace son chemin dans des espaces indifféremment réels ou imaginaires qui mêlent géographie personnelle, rêverie scientifique et interrogation transcendantale. La peinture de Decko, méticuleuse et précise jusqu’à l’ascèse voire l’obsession, se donne ainsi comme une invitation à la méditation. Joël Delaine, conservateur en chef des Musées municipaux de Mulhouse in catalogue « Echo des origines », Mulhouse, novembre 2014 Ces résonances jouent une partition énigmatique dont on ne peut que ressentir la fréquence secrète, telle un soubresaut tellurique surprenant de sa secousse inattendue la quiétude d’une surface endormie. Dominique BANNWARTH (“L’harmonie invente le chaos  » in catalogue « Voyage à travers la matière », mars 2003, Musée de Voïvodine, Novi Sad, Serbie). « …Et puis il y à l’incessant aller retour devant la surface ; comme l’on peut se placer devant un mur infranchissable pour prier. Le peintre y revient tous les jours de nombreux jours, voir des années… ». Claude ENGEL, (in « La durée du désir », lettre à Decko, La Réunion, 2014)

Carlos Pastorino

« Schilikois d’adoption », artiste-peintre et photographe-auteur. J’essaye de décrire graphiquement et émotionnellement l’histoire sans commencement ni fin dont je fais partie et qui s’inscrit dans un cycle de succès et d’échecs. Mon travail, à l’image de mes multiples expériences est rempli de couleurs, de mouvements et d’imaginaire, comme un journal intime, il traduit le dialogue silencieux entre l’artiste et les différents supports.

Karima Duchamp

Karima Duchamp est une artiste et céramiste basée à Mulhouse en France. Elle a obtenu son DNSEP avec mention à l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon et un diplôme en céramique. La pratique de Karima Duchamp est intuitive : avec de l’argile, de la terre, sur papier ou sur toile libre, l’artiste manipule, lâche prise, se dégage d’une pratique académique de la sculpture et du dessin. Elle déploie des paysages, où s’entremêlent les architectures primitives et les corps fantomatiques, si légers qu’ils semblent prêts à s’envoler, à disparaître. Le corpus de sculptures Déconstruction montre une forme d’habitat schématique, qui semble avoir été détruite puis recomposée, dont l’équilibre paraît précaire, presque miraculeux. Assemblage de plaques de terre, l’objet est enrobé et habillé avec des engobes, des terres colorées : comme dans un tableau en volume, Karima Duchamp dépeint une situation étrange, avec personnages masqués et lignes de fuite. Le processus de cuisson comporte des risques et des mutations maitrisées par l’artiste, entre primitivisme et alchimie élémentaire. Dans le corpus de sculptures Golden Rocks, la céramiste construit des volumes de plaques de terre découpées, à l’image de feuilles d’origami froissées. Les surfaces prématurément vieillies semblent porter les traces fossilisées d’une histoire passée. Les reliefs intérieurs sont révélés par un travail sur un engobe blanc et sur les surfaces extérieures, les engobes bleus, blancs et noirs mats contrastent avec la lumière de l’or, à la fois matériau et symbole. Elle s’intéresse à la couleur, au flou, à la patine, à l’usure et au vieillissement de la couleur. L’argile lui permet de raconter le temps qui passe, l’histoire de ses souvenirs laissés par des relations diverses et imprévisibles avec les autres. Ses souvenirs s’expriment en utilisant des formes précaires et fragiles. Ces mêmes souvenirs peuvent être représentés dans son travail à travers l’exploration de la dualité entre faiblesse et force. Elle utilise principalement des plaques d’argile pour créer des surfaces en céramique inhabituelles. Ce qui émerge dans son travail peut provenir d’un détail qui la transporte dans des histoires, des souvenirs et des projections possibles. Ses œuvres uniques ont remporté de nombreux prix et ont été incluses dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le monde, telles que The Salon Art + Design à New York, Design Miami et à Bâle. Son travail est dans des collections publiques telles que le musée Ariana à Genève et le musée Yingge à Taipei. Membre de l’Académie Internationale de la Céramique, elle poursuit ses explorations céramiques à travers des résidences artistiques dans le monde entier.

Anne-Catherine Klarer

J’ai toujours été créative, depuis plusieurs années je pratique la sculpture. C’est en me formant à la fonderie d’art que germe en moi l’idée d’un projet d’atelier collaboratif. En effet, il est impossible de pratiquer la sculpture en bronze en dehors de stage auprès d’artistes professionnels car le matériel nécessaire, en plus de prendre beaucoup de place, est trop coûteux. L’idée était de trouver un espace à partager avec d’autres artistes, d’acheter du matériel en commun, afin de réduire les investissements. C’est un concours de circonstances dans le cadre de ma vie professionnelle qui a été le déclencheur de la création de La CabAnne: licenciée de la société de service informatique dans laquelle je travaillais, je me suis trouvée face à un choix : retrouver un poste dans cette branche ou faire quelque chose de différent. Poussée par mon entourage et par une réelle envie de faire de ma passion mon métier, j’ai fait grandir cette idée et l’ai faite évoluer. Je me suis mise en quête d’un local et suis tombée par hasard sur cette ancienne gare au détour d’un chemin. Un vrai coup de cœur : 400m2 d’espace rénové, une verrière offrant une lumière zénithale, un espace extérieur… bref le lieu idéal. Dès lors que ce lieu a été trouvé, les idées ont coulé de source et ont enrichi mon idée de départ de simple local servant à partager les espaces et à mutualiser les outils. Et pourquoi ne pas créer un lieu où l’économie collaborative serait au centre du développement de l’entreprise, un lieu de partage de connaissances et de compétences en vue de favoriser les pratiques écoresponsables ?

Nadine Untereiner

Mon travail actuel porte sur la peinture d’un paysage dont je fixe et interprète les variations, d’un poste d’observation et d’évasion dont je tais le nom car il m’offre la liberté. J’apprends depuis quelques années à me familiariser avec les techniques de la gravure à l’eau forte . Précédemment c’est le matériaux textile qui m’a inspirée. J’en ai montré les productions lors de 2 expositions en particulier. Au château de Thanvillé une installation nommée « Paysage et petites coutures »: 60 petites pierres en tissus sur une plage de sable. A la galerie de « La Pierre Large »à Strasbourg, un ensemble d’objets en tissus inspirés de la cafetière italienne rassemblés sous le titre « Objets de consolation pour adultes » J’ai appris la technique du modelage à l’atelier de Louis Buecher. Mes personnages en céramique sont crées d’après de nombreux dessins exécutés avec modèle vivant. Le dessin et davantage l’aquarelle sont mes gammes depuis que je suis installée dans cet atelier; quand le temps est clément je travaille en extérieur. Mon activité principale est le métier d’enseignante en arts plastiques dans un collège.

Frédéric Caillard

Le travail récent de Frédéric Caillard s’articule autour de 3 axes: Who’s afraid (estampes) Ces gravures – sur papier et sur dibond – sont issues d »une démarche hybride qui mêle des techniques anciennes d’impression (sur presse taille-douce) et un travail numérique. Frédéric Caillard y propose des versions mises à jour de tableaux célèbres de l’histoire de l’art. Les peintures des grands maîtres y sont épurées, réduites à leur plus simple essence, dans un monde où les marques doivent être reconnaissables instantanément et les images consommées en une fraction de seconde. Les Ecrans (micro-peintures) Un « écran » permet à la fois de « montrer » et de « cacher ». C’est cette contradiction qui est à l’origine de cette série de petites peintures acryliques, qui prennent les dimensions des différents formats historiques du cinéma (cinémascope, films muets, 16/9, etc…). Ces oeuvres sans support (elles sont exclusivement composées d’épaisses couches de peinture) représentent des supports d’images et sont ambiguës quant à leur nature réelle: les couches de peinture sont-elles là pour masquer les précédentes ou pour montrer leur compositions abstraites? Les Bulles (peintures) La série des Bulles reprend les formes de bulles de bandes dessinées qui ont marquées l’histoire du 9ème art. Cette série témoigne de deux constantes de la démarche artistique de l’artiste: l’emploi d’un langage abstrait pour s’exprimer et commenter le réel et la recherche de nouveaux régimes d’expression par le biais de l’intermédialité (hybridation).

Miriam Schwamm

Miriam Schwamm a vécu et travaillé pendant trente ans en Nouvelle-Calédonie avant de s’installer dans le Bas-Rhin. Son travail plastique, protéiforme est souvent questionnement sociétal, environnemental voir historique, qu’il s’agisse d’appels à projets publiques ou de projets d’expositions personnels. Son engagement envers la communauté artistique, très métissée en Nouvelle-Calédonie, l’a amené également à la création et coordination de nombreux événements collectifs en arts visuels et arts vivants. A Nouméa, le partage de son atelier de gravure a permis à plusieurs artistes locaux de développer cette technique, une dynamique qui se poursuit aujourd’hui. Son travail de dessin autour des objets kanak dans des musées en Europe et Australie a participé à la diffusion de ce patrimoine culturel fondateur pour la Nouvelle-Calédonie contemporaine. En réhabilitant et aménageant un espace de travail dans le Nord de l’Alsace, un nouveau projet et un changement de vie se mettent en place depuis octobre 2019. Il ne s’agit pas là d’une coupure avec l’Océanie et son mode de vie et de pensée, même si son travail plastique se consacre désormais aussi aux réalités de son nouveau territoire, mais au contraire de continuer à tresser des liens entre des mondes aux antipodes les uns des autres. C’est pour cette raison qu’en plus de l’ouverture de son atelier de gravure et des espaces d’exposition aux artistes à proximité, elle veut parvenir à accueillir des artistes de Nouvelle-Calédonie et d’ailleurs pour des rencontres et créations en échange avec ceux de la région. Concevoir et faire vivre un espace de partage et de compréhension de l’autre différent, interroger et créer ensemble sur des thématiques qui nous concernent tous, où qu’on se trouve sur la terre est une partie inhérente du travail artistique de Miriam, un enseignement de l’art de vivre des civilisations du Pacifique Sud qu’elle a amené dans ses valises et qu’elle tente de faire vivre.

Sophie Bassot

Sophie Bassot Elle s’inspire de la nature, dont elle capte les forces élémentaires, les lignes essentielles, la spontanéité, le présent éternel, en une sorte de sur-vie. Elle doit choisir une vision totale de l’objet, l’ensemble et non les détails, une nature nue et dépouillée, qui ignore totalement les contours de l’élégance. Elle refuse toute norme de beauté statique, mais une beauté dynamique, en devenir continu, qui ne permet jamais l’exploitation commode des chemins déjà parcourus. Le tableau est là comme idée et non comme objet : le lieu des intuitions et des structurations sur lesquelles s’organisent sa pensée. Elle retrouve le rapport entre rythme individuel et rythme universel, entre individu et univers. Elle pratique l’art par excellence de l’inconscient et de l’irrationnel, cette conscience plastique de nos instincts, l’extériorisation de la vie intérieure représentée par la nature. Elle est aussi opérateur culturel. Avec tous les « enfants terribles » que produit notre société. Elle réconcilie l’art et la vie, en centrant son action sur la valeur sociale, à la recherche des nouveaux mythes fondateurs de la société contemporaine. Elle est porteuse d’ouverture, de tolérance, de sens collectif, de volonté d’être elle-même, du refus de perpétuer le passé. Consciente de pouvoir contribuer à l’évolution de l’art, en suscitant des émotions toujours nouvelles.

Johnny Gaitée

La découverte picturale et l’interaction virtuelle sont au coeur de mes créations présentes. Engendrées par les jeux vidéos et le deeplearning, le renouvellent de ma pratique auprès de ces territoires d’imaginaire où les pixels et l’invraisemblable se croisent, font déraisonner en moi la vision première d’une réalité virtuelle. Éclatante et inquiétante. Se faisant, l’émergeance de ces peintures hybrides nous donne à voir les images figées d’une esthétique dormante ininterrompu, en plein sommeil paradoxal et machinal. J’explore alors une technique de hacking appelé “corruption”, qui décortique les textures des jeux-vide?os et re-décompose les images au grès des variations innnombrables de l’émulateur. L’image ainsi capturé traverse les liquides colorés, relâchées contre la toile par les touches détachées de mes mains instinctives. D’autre part, les oeuvres tirées de peintures classiques fournissent un abécedaire commencé depuis ma découverte du machine learning, et d’un logiciel appelé Dreamdeeply. J’y introduis alors ces peintures, qui ressortent transformées par l’interprétation des images condensées d’un algorythme. En dernier ressort, je retouche l’image obtenue pour y laissé apparaître les formes numériques les plus criantes à mon oeil. J’en suis à la lettre C des peintres trouvé sur la toile numérique et j’ai commencé à partager quelques unes de leurs oeuvres sur les réseaux.