Ariana Remy

Ariana Remy est d’origine norvégienne, belge et yougoslave. Née en Californie, elle a vécu successivement aux Etats-Unis, en Algérie, dans divers pays d’Europe de l’Ouest et en Bosnie. Elle est désormais établie dans la Petite France, à Strasbourg.

Elle a commencé à sculpter en 1995 pendant la guerre en ex-Yougoslavie, où elle travaillait pour des ONG dans les camps de réfugiés. Formée par des sculpteurs parisiens renommés, elle a exposé ses œuvres en France, au Luxembourg et au Royaume-Uni. Elle prépare actuellement deux expositions en 2015 au Palais du Conseil de l’Europe et à Ribeauvillé, dans le cadre des Chemins d’Art Sacré en Alsace.

Son atelier est ouvert sur la place des Orphelins, dans le cœur du quartier de la Krutenau. Facilement accessible au public, cet espace de travail et d’exposition appelle à la sérénité et à l’échange.

Les sculptures d’Ariana Remy, à la fois abstraites et figuratives, reflètent son parcours multiculturel. Elles sont une invitation à la méditation, au respect et à la célébration des différences dans notre monde. Ses créations s’ancrent dans le thème artistique contemporain du corps au physique blessé par un environnement politique. Elles mettent en valeur la souffrance humaine par une démarche créatrice où les cicatrices sont métamorphosées.

Céline Anheim

Une vocation artistique qui a mis du temps à se concrétiser.
Autodidacte, Célina a commencé à peindre sérieusement à l’aube de ses 40 ans.
Sa vie professionnelle et personnelle ont quelque peu différé l’expression de cette passion,
qui s’est finalement manifestée par une première exposition en 2011…

Sabine Clochey

«… dans ses petites compositions, à peine ébauchées, [elle] traite des « paysages devant la porte », comme si la quête du monde se traduisait par la volonté d’absorber les choses infinies que l’on a toujours devant soi, chaque matin quand on ouvre ses volets, quand on sort de sa maison pour faire quelques pas dans le jardin. » Alexandre Rolla
 » Mon temps d’observation est souvent plus long que le temps de réalisation d’un dessin. La trace que je dépose sur le papier, que ce soit au pinceau, avec du pastel ou un crayon, est plus l’empreinte d’un objet que l’objet lui-même. » S. Clochey

Young hee Hong

Percer le visible pour atteindre une dimension autre ? Mais de quelle  visibilité s’agit-il lorsqu’on parle d’une frontière ?
Aujourd’hui, avec la même détermination, il s’agit de faire le point par rapport à ce qui, insidieusement, nous assaille. Je veux parler de la  pression médiatique, pression très puissante, qui nous oblige, soit à croire en tout ce que la société envoie (à travers la publicité, les idéologies), soit à douter de tout. Comment réagir ? Comment trouver son équilibre face à un conditionnement omniprésent et incessant ? C’est à cette question que répond à sa manière, par le travail, Young-Hee Hong.

Elle nous invite avec tact et légèreté à suivre ses mises au point. Elle nous incite, par le regard à examiner avec attention à relativiser, à évaluer, à estimer, à exercer notre esprit critique ; bref, elle nous appelle à nous concentrer afin de conserver notre lucidité, sauver notre jugement personnel et accroître notre conscience.

Cet effort intellectuel et moral, l’artiste le réalise physiquement. Avec son pinceau, sa main, avec son bras, avec toute sa concentration mentale, avec tout son être. Point après point, goutte après goutte, tous ces points  ponctuent un instant de création qui s’étale dans l’espace de ses œuvres.  Ils se superposaient d’abord à des images préexistantes, les points s’appliquaient sur des affiches, des photos, des images extraites d’Internet, mais entre temps, ces mêmes points de vue se sont progressivement affranchis de ces images, qui assaillent notre imaginaire et nous perturbent. Dans un processus d’évolution somme toute assez logique, les points de peinture se sont affranchis, ils flottent librement dans l’absolu, dans un vide qu’ils ont réussi à conquérir. Chaque point s’énonce alors avec sa discrète force. Certaines de ces œuvres s’intitulent par exemple « L’Ombre du Temps », et, de fait, on ne peut imaginer de  meilleure incarnation du temps qui, à la fois s’écoule progressivement goutte après goutte, et demeure à la fois dans un absolu qui n’autre catégorie que lui-même.
Chaque point, chaque goutte de peinture délicatement posée par un fin  pinceau, correspond à un instant précis et renvoie au point suivant, avec chaque fois un peu moins de matière (jusqu’à son extinction ?). Mais, nous en avons fait l’expérience, le temps, lui, n’a pas de fin. « … ».
Claude Rossignole 2014