Vincent Gallais

Le travail de Vincent Gallais met en exergue des temps différés, des directions, des mouvements arrêtés. Ces temporalités et processus peuvent s’observer dans notre environnement par la constitution ou la déstructuration des objets et des espaces.

Sa pratique reste perméable, ouverte et réactive aux variables extérieures. Néanmoins, elle puise dans la machinerie de la production humaine une grande inspiration, passant ainsi de l’objet industriel ou artisanal à l’habitat, de l’architecture à l’espace urbain. Il les considère au même titre que le dessin et l’installation comme des médiums à part entière. Les formes qui résultent de cette recherche interrogent l’acte de fabrication lui même, le geste « en train de se faire », et en développe les potentiels plastiques et critiques.

Que ce soit dans l’espace plan ou dans l’espace tridimensionnel les œuvres produites ne se limitent pas à une forme figée. Les éléments qui les composent sont propices aux déplacements, sujets aux transformations quand le contexte s’y prête. Cela dénote d’une volonté de les considérer comme « vivants » et « flexibles » tout comme le lieu qui les accueille. Le bricolage comme concept et process lie dans une tension, un équilibre précaire, ces dispositifs composés d’objets issus de l’espace domestique, des « objets trouvés »dans l’espace public ou issus d’expérimentations d’atelier.

Ces rapprochements inattendus, ces frictions entre différents états et matières, sont autant de rencontres que ces espaces peuvent produire, égales à celles qui surgissent au coin d’une rue, entre une carcasse de lit et un sac de gravats, une flaque d’eau et un échafaudage. De cette pratique quotidienne de l’Arpenteur découlent des combinaisons photographiques, de dessins ou de volumes – manifestations de ces micro-évènements urbains. Un détournement s’opère dès leur captation/transcription, une nouvelle fiction voit alors le jour.

Alice Bidault

(…) Au cœur de la pratique de Vincent Gallais, le temps et l’espace se télescopent pour produire une forme de poétique de l’instant, sacralisant toujours un peu plus le vivant. L’ambiguïté naissante entre la réalité tangible du monde et ce qu’il nous donne à voir, permet d’apprécier en toutes circonstances L’instant de plus aussi précieux que fugace, qui bien qu’insaisissable cristallise pourtant la conscience du temps qui passe.

Ainsi, invité en 2021 à réaliser une exposition dans l’ancienne maison du trésorier du chapitre de la Cathédrale de Reims, Vincent Gallais a choisi, dans ce lieu chargé d’histoire, d’utiliser les proportions dorées et la géométrie sacrée. La grille de ventilation d’une soufflerie de McDonald’s devient alors le réceptacle à encens d’un autel révéré quand le tournesol se fait relique au sein d’une étrange mezzanine sur pilotis foudroyées dans un espace transformé en temple énigmatique.

Qu’elle soit organique ou synthétique, la matière est omniprésente chez Vincent Gallais, qui cherche en suivant ses intuitions à la mettre sans cesse en tension. Face au miroir tout est double ou contraire : l’ascension et la descente, l’eau et le feu, le flux et la stase. La notion de passage, de changement d’état, voire de transformation, permet ici aux œuvres de constituer une véritable architecture du rêve, que le corps et l’esprit habitent, et où ils peuvent ensemble se mouvoir.

Leïla Couradin
(pour l’exposition L’instant de plus)

Caroline Paulus

La photographie est devenue sérieuse pour moi au courant de l’année 2010. Depuis, je ne lâche plus mon appareil photo. D’abord séduite par les détails de la vie quotidienne, j’ai rapidement joué avec les effets de bokeh qui sont toujours très présents dans mes photos. C’est ce qui définit mon style et ma manière d’approcher la photographie. Après avoir beaucoup utilisé la couleur, avec une dominante de tons sépia, j’explore maintenant le noir&blanc. Je travaille actuellement sur 2 projets dans ce sens. Dans la série intitulée « Silhouettes » j’ai volontairement défocalisé à l’extrême, ne laissant que la « structure» de mes sujets. Le noir et blanc renforce cette impression minimaliste. Même si mon appareil est numérique, j’ai utilisé des objectifs de l’ère argentique à grande ouverture permettant les meilleurs rendus. Le deuxième projet intitulé « mains d’artistes » part à la rencontre de divers artistes ou artisans de la région et raconte leur travail au travers de leurs mains. Le but est d’obtenir, après la session photo, une image, toujours cadrée au carré les représentant au mieux. Une première série a été présentée dans le cadre de Strasbourg Art Photography (mars 2018) et dans un atelier au cours des JEMA (avril 2019

MAJO

A la fois instinctive, entière et généreuse, j’affirme ma créativité au travers du travail en volume où mes toiles et mes objets aboutissent souvent à des sculptures. Plasticienne dans l’âme, proche des matières et des matériaux, je compose et réintègre tout objet dans mes réalisations. Bien souvent, partant d’une idée abstraite, je la personnalise sous les traits d’un objet, un animal voire un personnage. Dessin, coupe, assemblage, collage, où formes, couleurs, matériaux divers aboutissent à mon engouement total pour cet art, permettant une belle évasion. Expression de mes idées, mes rêves, mes sentiments. Mon attachement au volume et à la transformation dégage un travail objectif. Donner une seconde vie. Une nouvelle page. Un nouveau départ. Un autre regard. Le début d’une nouvelle histoire. Mon message est toujours de vouloir susciter, provoquer, stimuler, faire découvrir une nouvelle vision des choses, un univers autre.

GiZi

Les inspirations profondes de Gisèle, alias GiZl, puisent dans ses racines familiales, ces moments de joie partagés, des liens qui nous unissent et interpellent sur l’évolution de l’humain dans un univers en perpétuelle extension. Dans le cadre de sa formation de céramiste à l’IEAC, elle réalise sa première installation artistique, une allégorie parlant de transmission et de diversité. L’installation, occupant 3 à 4 m2, se compose de 26 sphères de différents diamètres disposées en spirale. Ouverte par nature à l’expérimentation, elle s’associe à l’artiste-peintre Sophie Gouvion pour présenter une nouvelle installation sur la thématique des liens, résumée en ces termes par la presse: « Leur installation ne laisse pas insensible tant l’implication des deux artistes lie les deux disciplines. La continuité de la couleur des tableaux dans la présentation des modelages renforce le moi et le double de l’humanité multiple. Les chaînes ne sont pas forcément des entraves mais peuvent servir de liens vers une fenêtre de liberté ». En effet, il parait difficile de parler de chaines sans évoquer le côté sombre de ce lien voulu solide, de l’esclavagisme à l’addiction, l’emprisonnement parfois consenti de notre plein gré. La gravité du sujet se trouve néanmoins conjurée par les couleurs vives qui s’échappent des toiles de Sophie pour coloniser les céramiques de GiZl, harmonie salvatrice pour un message positif au final. Dans le cadre de l’exposition Art au Vert 2019, GiZl explore de nouvelles associations, toujours sur ce thème, en associant le végétal et la terre de grès modelée dans un esprit racinaire. Ainsi les plantes s’enchevêtrent naturellement avec la céramique, le contenu part à la conquête du contenant pour former un ensemble harmonieux, un havre de paix. En relation avec son passé d’aide-soignante, elle aborde également des sujets plus difficiles tels que la maladie, la déchéance. Lors de l’exposition d’Art en Art 2019, elle présente ainsi un buste décharné en relation avec l’opération Octobre rose.

Sophie Gouvion

Le travail de Sophie Gouvion s’articule autour d’une quête fondamentale : sonder les liens profonds qui unissent l’humanité au vivant. À travers un langage pictural vibrant et exubérant, l’artiste déploie un univers où la nature, loin d’être un simple décor, devient le théâtre d’une métamorphose permanente. Ses toiles, véritables « jardins d’Éden » ou jungles sauvages, célèbrent la diversité biologique tout en interrogeant notre place au sein de cet écosystème global.

Au cœur de cette nature foisonnante se meuvent ses figures de prédilection : des êtres hybrides et chimériques. En fusionnant des éléments humains, animaux et végétaux, Sophie Gouvion crée une mythologie personnelle qui sert de miroir à nos conflits intérieurs contemporains. Ces figures mutantes, à la fois fascinantes et déstabilisantes, illustrent la capacité humaine à façonner l’inimaginable, oscillant entre prouesse créatrice et dérive absurde. Ses images, puissamment symbiotiques, génèrent des émotions contradictoires, invitant le spectateur à un voyage entre tendresse, mystère et questionnement sur la fragilité du vivant.

La signature de l’artiste repose également sur une recherche plastique singulière liée au support. Sophie Gouvion s’approprie des matériaux chargés d’histoire, notamment d’anciens sacs de café en toile de jute. Cette matière brute, marquée par les trames industrielles et les inscriptions de voyage, devient le socle d’un dialogue puissant. Elle y peint la faune et la flore spécifiques aux régions de provenance de ces sacs, transformant un objet de transport en un manifeste pour la connexion globale. La tension entre la rusticité du support et l’exubérance du détail graphique crée une immersion totale où l’imaginaire vagabonde librement entre le réel et le fantastique.

Son exploration de l’inconscient et des instincts domine l’espace pictural, offrant une œuvre où l’immersion graphique oblige à un regard neuf sur notre environnement. Cette recherche constante de renouvellement, affinée par une rigueur technique, fait de chaque œuvre le creuset d’une narration onirique où l’exploration de la métamorphose rend hommage à la vitalité universelle.

Aygun Agayeva

Je m’appelle Aygun Agayava. Je suis née le 25 février 1985 à Bakou en Azerbaïdjan. J’étais professeur des écoles en primaire. Je suis arrivée en France il y a 3 ans et animée par mon goût de l’artisanat artistique, j’ai décidé de me lancer dans la création d’accessoires et de bijoux uniques. Cette activité me permet de m’exprimer et d’insérer dans chacune de mes réalisations une partie de mon âme.

Sonia Haser

je me suis toujours passionnée pour le monde animal et je recherchais un moyen d’exprimer cet attachement. Il y a une quinzaine d’année un atelier sculpture m’a permis de prendre contact avec la terre et très vite dès que cette matière m’est devenue plus familière j’ai modelé des animaux. J’ai commencé la sculpture avec l’association Pôle Sud à la Meinau, et à l’ARES à l’Esplanade. J’ai également suivi des stages de modelage et me suis perfectionnée dans l’émaillage.

Patrick Lang

Ma pratique s’organise autour du dessin, du modelage, de la sculpture en marbre en bronze.

Luc Dornstetter

Je suis né à Rothau en 1948. J’entre aux Arts Décoratifs de Strasbourg en 1966. Au bout de quatre années, formé par Camille Claus et Camille Hirtz, j’obtiens mon diplôme avec le prix de la ville de Strasbourg. Jusqu’en 2011 je partage mon temps entre l’enseignement du dessin en lycée et la peinture. Président de l’AIDA de 2008 à 2011, j’anime le groupe « 7 à voir » qui se compose d’une dizaines de plasticiens. Membre du comité des artistes de l’Evêché, je collabore à l’organisation des expositions du Chemin d’Art Sacré. Depuis 2011 une grande partie de mon temps est voué à l’Art Sacré avec des expositions de groupe et individuelles sur des thèmes tels que : « Musique et Bible », « L’Apocalypse » et en 2022 « La rédemption » au couvent du Bischenberg à Bischhofsheim.Je suis un peintre pythagoricien à tendance symboliste à la croisée de l’histoire, de l’ésotérisme, de la littérature et de la bande dessinée, passionné par l’histoire des techniques picturales et un peu alchimiste.

Nathalia Wespi

La synagoge semble être placer dans une lumière particuliere . Une lumière qui montre autant le délabrement que la poésie de cet édifice, qui est visiblement marqué par l’age, mais dégage encore quelques chose d’oniriques et magique. Mais la lumière ne montre pas seulement lumière, mais aussi l’ ombre, l’âge, le changement_ une transformation. Dans ce sens le bâtiment laisse un héritage. L’ombre ne doit pas forcement être sombre, est plutôt une empreinte et c’est lui, qui déplace le éclairé dans le centre.
Nous aimerions explorer ces pensées sensuelles et éphémères. Nous sommes intéressés par L’histoire, la substance et la poésie de la matérialité qu’un tel bâtiment porte en soi. A travers différentes settings installatives, performatifs et lyriques nous voulons mettre le bâtiment au centre et conciennement illuminer certaines choses ou délibérément mettre à l’ombre. Dans un processus continu nous développons également des arrangements éphémères et apparemment temporaires. La synagogue comme lieu saint devrait devenir un temple, un temple pour la lumière sensuelle et l’ombre réfléchie.