Créer des poupées, c’est un voyage. Un voyage vers la douceur, vers les rêves d’enfants. Il y a six ans, j’ai façonné ma première poupée pour ma fille. Je voulais lui offrir une compagne unique, une confidente avec laquelle elle pourrait rêver, partager ses peurs et grandir. C’était Ophélie… son Ophélie. En la créant, j’ai découvert un univers de poésie et de tendresse. Tout commence par les matières : la laine, le coton. Chaque fibre glissée entre mes doigts devient une invitation à ralentir, à savourer l’instant. Chaque geste est un voyage sensoriel qui m’ancre profondément dans le présent. Puis vient le moment clé, celui où tout bascule. Point après point, je brode les yeux… et un univers s’ouvre. Une présence naît. Alors, délicatement, je l’accompagne dans sa métamorphose. Je choisis ses cheveux, je dessine ses vêtements. Peu à peu, imperceptiblement, elle entre en résonance avec une part de moi-même. Des valeurs, des souvenirs et des rêves que j’offre à ma fille. Depuis, je n’ai jamais cessé de créer. Mes inspirations viennent des rêves de mes enfants, des saisons, de la nature qui m’entoure. Chacune de mes poupées porte en elle un fragment du vivant : par les matières qui la composent, par la teinture végétale que je réalise moi-même, avec des plantes sauvages cueillies au fil du temps. Chaque poupée m’invite à l’écoute, à la contemplation. Ce dialogue silencieux m’apaise et me nourrit en profondeur. À travers elles, je célèbre la simplicité, la beauté du naturel, l’émerveillement de l’enfance et l’amour du fait-main. À travers elles, je vous invite à une rencontre. Une rencontre avec la nature… Et peut-être, avec une part de vous-même.
L’œuvre de Marc Gouvion est une ode à la matière, une exploration où le métal, matériau par essence froid et industriel, se métamorphose en organismes vibrants. À partir de composites hétéroclites — métaux neufs ou rongés par la rouille, chutes industrielles et pièces utilitaires — le sculpteur gère des paradoxes pour donner naissance à des formes inédites, transfigurant le quotidien à l’emporte-pièce. Sous le feu, l’artiste fait ployer le fer, créant des compositions qui s’échappent de leur socle minéral. Bien que s’inscrivant dans une abstraction assumée, ses sculptures ne sont jamais inertes : on y devine des réminiscences de cellules, des germinations végétales ou des corps en mutation. Loin d’une géométrie rigide, ces éléments convoquent une sensation de vie latente. L’acier semble respirer, s’étirer ou se contracter, illustrant cette union sacrée où le minéral rejoint le vivant. Chaque pièce devient le temple d’un mouvement silencieux qui semble se poursuivre bien au-delà de sa structure physique. Les sculptures de Marc Gouvion agissent comme des réceptacles de lumière, des interfaces captant les variations célestes. Les reflets et les ombres portées ne sont pas des accidents optiques, mais une part intrinsèque de l’identité de l’œuvre, une « âme lumineuse » qui évolue selon les astres et les saisons. Cette interactivité invite le spectateur à une contemplation sans cesse renouvelée. Au-delà de l’esthétique, cette démarche résonne avec les enjeux environnementaux actuels. En transformant le manufacturé pour évoquer le naturel, l’artiste souligne la dualité de notre rapport à l’environnement : nous sommes à la fois les observateurs et les acteurs de sa fragilité. La tension entre la rudesse du matériau et la délicatesse des formes organiques interroge ainsi la place de l’homme et de ses constructions au sein des écosystèmes.
Fragilité mais aussi hasard, mouvement, ordre et chaos sont au cœur de la démarche plastique de Thierry Amarger. La simplicité des moyens et des matériaux mis en œuvre caractérise son travail. Que ses créations prennent la forme de dessins, sculptures, installations ou encore d’actions faisant intervenir le public, elles ont pour point commun un travail graphique : signes accumulés, superposés, enchevêtrés qui deviennent réseaux, structures simples ou complexes.
Anne Vigneux, plasticienne, vit et travaille en Alsace. Après une maitrise en Arts Plastiques, elle a étudié la scénographie aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Attentive au monde végétal, elle aime travailler à partir d’éléments glanés dans la nature. Ses récoltes, qui alimentent son cabinet de curiosités, constituent le matériau de ses créations. Pistils, graines, feuilles, branches deviennent de fragiles sculptures végétales, servent de médium ou posent silencieusement afin d’être dessinés. Son intérêt pour la botanique l’amène à poser un regard curieux et contemplatif sur le monde vivant.
Regarder, enfin voir. J’ai besoin de marcher, d’être en extérieur, de déambuler pour réaliser des images, et cela à travers les différents outils que j’utilise: photographie, vidéo, dessin ou encore gravure. En cherchant plus loin, il s’agira aussi d’instants, de moments qui arrivent n’importe quand, l’espace de quelques minutes et qui durent parfois plus longtemps. Des moments pendant lesquels je marche et observe ce qui se trouve autour de moi. Ces moments me marquent et me permettent d’en faire découler des processus de travail. La notion de temporalité est importante dans mes marches, le temps qui passe, le temps que je prends à regarder un espace, ou juste à parcourir les lieux. Mon travail parle de petits instants qui me sont propres, quelquefois ce sont des lieux où je passe depuis quelques temps déjà et qui, un jour deviennent autre chose, ou simplement des espaces qui se présentent à moi pour la première fois. Dans certains lieux, ce sont des objets, qui sont là sans attirer l’attention, une atmosphère, une végétation qui se développe furieusement dans un espace abandonné, qui me donnent l’envie de faire une image. Ma façon de voir mon environnement est frontale, je me laisse fasciner par un paysage, ou par un détail, le ciel, un espace vide, etc. Mon regard a une portée poétique avant tout. Mes images sont un moyen de montrer ma façon singulière de regarder ce qui nous entoure. Regarder est une chose simple en soi, aussi ce qui en découle doit l’être tout autant. «Ça me faisait du bien de regarder par la fenêtre. Si seulement on pouvait filmer comme ça, comme on ouvre les yeux quelques fois. Seulement regarder. Sans vouloir rien prouver.» Wim Wenders
Alison Metté crée et développe en 2010 sa marque qui porte son nom. Elle y exprime son style en créant des boucles d’oreilles, colliers ou bagues aux formes audacieuses et élégantes en très petites séries ou des modèles uniques. Son travail se caractérise par des textures et jeux de lumière qu’elle crée avec le métal. Les répétitions et croisements de motifs se reflètent dans ses collections qui oscillent entre floral, graphique et géométrique, naviguant entre le figuratif et l’abstrait. Chaque pièce conçue est le fruit d’une exploration et s’articule autour de techniques comme la réticulation.
Une fois finis, les bijoux sont dorés à l’or fin 24k.
« Rose Le Goff a fait de l’ellipse son principal médium de travail. L’omission, le manque, l’absence ou encore le vide sont de toutes ses œuvres. Une galerie de portraits (« Les Moqueurs », 2024-2025) : uniquement des détails et non pas des visages. Des souvenirs (« Sans titre (Rêves) », 2024) ? : gravés sur un cd devenu illisible les rendant inaccessibles à tout jamais. Une performance (« Pas de pièces, merci », 2023, en collaboration avec Camille Dumay) : une fontaine à vœux dont personne ne saura jamais si certains se sont réalisés. Le corollaire presque irrationnel de cet état de chose est l’extraordinaire effet de concentration que procurent ses œuvres. Elle produit des œuvres métonymiques qui fonctionnent sur des rapprochements symboliques. Ainsi sa lampe (« Sans titre (Lampe) », 2023) dit tout de la maison dans laquelle elle n’est pas posée ; l’installation « Mordre la poussière » (2023) laisse présager des vies entières au travers de simples dents de lait. En ce sens, le travail de Rose Le Goff permet une nouvelle esthétique de la relation, car c’est la relation des termes (et des formes), entre eux qui permet au sens d’émerger. » (Elsa Bezaury, 2024)
Diplômée en juin 2021 de la HEAR de Strasbourg en atelier Didactique Visuelle, je cherche à mêler la pratique du chercheur.euse à celui.celle de l’artiste. Dans ce sens, mes recherches plastiques et graphiques prennent la forme d’enquêtes. Ces enquêtes se nourrissent d’interviews, de carnets remplis de croquis, de récoltes d’objets, de collages et photomontages. Ces investigations sont nourries par l’exploration textile, dans la confection de costumes, installations et scénographies. J’expérimente un travail au trait fourni, habillé de motifs, dans lequel le thème du spectacle, du cabaret et de la danse s’incarne. Je tente de traduire la vibration du corps dans des personnages illustrés, en série, costumée et colorée. Les thématiques du soin, du rituel et du collectif sont développées dans ces recherches. J’interroge ce qui réunit ces personnages singuliers entre eux : dans leurs postures et dans leur rapport au corps. L’habillage et la parure deviennent une façon de se révéler, augmenter une partie de nous-même, elle peut aussi nous camoufler et devenir une armure. Ces armures rendent tangibles nos entrailles et nos vulnérabilités. Ces objets fabriquent des récits, questionnant de possibles futurs enviables (micro-utopies). Ils interrogent nos symboles et rituels collectif. La formation CFPI (centre des plasticiens intervenants) à Strasbourg a renforcé ma quête de transformation sociale à travers l’intervention plastique. Cette quête est fondamentalement liée à une lutte pour la préservation de l’imaginaire, en tant qu’outil engagé pour ouvrir les possibles d’un avenir socialement plus juste plus proche de l’environnement.
Né à Strasbourg, FR en 1964
Vit et travaille entre Strasbourg et Marsal, FR
Nicolas Schneider pratique la sculpture, l’aquarelle et le dessin. Il est responsable de l’atelier moulage de la HEAR de Strasbourg.
Regarder ses sculptures, c’est contempler un horizon où les rivières et les flaques d’eau se transforment en une transparence du temps, un miroir où passé et futur se confondent. Les fleurs de l’autre rive, celles qui semblent hors de portée, évoquent le mystère et la beauté des choses difficiles à atteindre, symboles d’un monde qu’on ne peut saisir que par la connaissance des ponts invisibles qui unissent le présent à l’éternité. À travers son art, Nicolas Schneider nous invite à traverser ces passages secrets, à explorer les chemins subtils qui mènent à une compréhension plus profonde de la nature, où chaque instant figé par le bronze est à la fois une mémoire et une promesse.