Margot Cannizzo Lazaro

Designer spécialisée en graphisme et direction artistique, Margot Cannizzo Lazaro intervient dans le cadre de commandes nécessitant une traduction et une narration visuelle sensible.  En parallèle de cette activité, Margot explore régulièrement d’autres savoir-faire, notamment dans le domaine du textile. Consciente des dérives croissantes de son système de production industrielle, la designer cherche à participer à son ralentissement par le biais de «Prendre soin!», son projet de revalorisation textile.  Après un apprentissage exigeant, par l’étude d’ouvrages anciens et par le biais de ses pair·e·s, Margot s’est spécialisée dans la réparation et l’ornementation de tricots ayant subi de petites catastrophes (taches, usures, trous). En effet, les mailles lui apportent un ensemble de contraintes techniques avec lesquelles elle aime particulièrement composer. Par cette pratique, elle se plait à perpétuer les gestes d’antan comme le remaillage, la broderie sur mailles ou encore le point de toile. Conçues comme de petits bijoux manifestes, ses interventions sont colorées et assumées. Ces signes graphiques invitent ainsi à échanger sur l’histoire de nos vêtements et notre volonté de les chérir. Travaux d’aiguilles et graphisme se conjuguent alors pour célébrer ce que nous possédons déjà, la réparation plutôt que le remplacement.

Quentin Bohuon

Il affectionne particulièrement la construction d’images autonomes, pouvant déployer un récit à elles seules. Au travers de différentes recherches plastiques, il trouve une affection particulière pour l’aquarelle, le pastel sec et le fusain. Dans ses dessins, il utilise régulièrement la faune et la flore pour constituer des environnements oniriques et mystérieux. Des décors qui existent comme des éléments centraux, métaphoriques, permettant de cacher ou de dévoiler des questionnements plus profonds.

Marianne Muller

L’arrivée d’internet m’a accompagnée dans mon passage à l’âge adulte. La manière dont elle a révolutionné le mode de diffusion des images a aussi profondément marqué mon parcours artistique. Comme toute ma génération, j’ai été fascinée par l’accroissement exponentiel de mes champs de recherches, sidérée par la masse de matière iconographique à laquelle j’accédais et par le flux incessant d’images auquel j’étais soumise au cours de mes errances sur internet. A partir de 2005, j’ai décidé d’ordonner mes navigations sur internet. J’ai ainsi commencé des collections d’images en cherchant à classer la masse iconographique qui s’étalait devant moi. Mettre en relation des images entre elles était une façon de redonner de la mesure et du sens aux flux d’images auxquels j’étais soumise incessamment. Ces classements s’élaborent au gré des analogies visuelles, des émotions et des sensations que les images m’évoquent. Puis naissent des couples d’images. J’identifie des similitudes formelles, je traque les échos narratifs et symboliques entre les photos.

Feu Jean Claus

Le travail de Jean Claus (1939–2025) se caractérise par une évolution continue, où chaque période redéfinit la précédente. Après des débuts en peinture, marqués par des natures mortes et paysages encore liés au réel, le dessin et l’aquarelle occupent déjà une place importante comme moyens d’observation et de recherche sensibles.

Dans les années 1970, il opère un tournant vers des assemblages tridimensionnels réalisés à partir de matériaux modestes, affirmant une démarche expérimentale. Les années 1980 voient l’émergence des « reliquaires », œuvres centrales peuplées de figures angéliques, où se croisent mémoire, fiction et sacré, et qui lui apportent une reconnaissance institutionnelle. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, ces figures se déploient dans l’espace sous forme de sculptures, instaurant un rapport plus direct et théâtral avec le spectateur.

À partir du milieu des années 1990, avec le « Garde-Meubles », il développe des formes hybrides entre sculpture et mobilier, dans une dimension plus introspective. Parallèlement, dans les années 2000, il approfondit une pratique régulière du dessin et de l’aquarelle, notamment liée à ses marches dans les Vosges, prolongeant cette recherche par l’écriture, une pièce de théâtre et une réflexion théorique autour de « l’Art Météo ».

Dans les années 2010, il revient à la peinture en y intégrant pleinement le cadre comme élément constitutif de l’œuvre. Jusqu’à sa disparition en 2025, son travail reste traversé par des motifs récurrents — figures, mémoire, phénomènes naturels — et par une dynamique de transformation constante, où peinture, sculpture, dessin et aquarelle dialoguent dans une même recherche de renouvellement

Veslina Salustra

VESLINA SALUSTRA est artiste contemporain·e autodidacte. Iel bidouille et collectionne, façonne et farfouille des formes, des sons ou des usages pour imaginer des fictions guérisseuses et cathartiques. Des obsessions émergent : cafetière italienne, tricotin, boulettes de feutre, plats protéinés, tisanes oestrogène-likes, collections de galets, autoportrait à la flemme… Veslina se joue du réel et de la fiction dans chacun de ses gestes.   Dès son enfance, iel a développé une fascination pour le plancton : entre visible et invisible, ces êtres vivants nourrissent à la fois les baleines et ses propres recherches sur l’inframince.   Iel a été bouleversé·e par l’exposition Vernis-schnaps pendant les ateliers ouverts de la Drêche en 2024. Pour 2026, Veslina prépare une installation immersive – fruit d’un travail en visio-cocréation. A chacun de ses projets, iel s’entoure d’une dizaine d’assistant·e·s et ouvre ainsi son œuvre sur un dispositif social en constante évolution.

Marion Poulizac

La restauration des peintures consiste d’abord à comprendre les matériaux constitutifs du tableau, grâce à une observation détaillée de tous les côtés, à l’aide d’une bonne lumière naturelle et une lampe à rayonnements ultraviolets.
Le diagnostic établi sur les altérations et les interventions souhaitables et souhaitées, nous pouvons intervenir, selon deux axes :
– sa bonne conservation : par la consolidation de déchirures, le refixage de couche picturale, des comblements structurels par exemple ;
– la restauration de sa lisibilité : par la reprise des déformations, des nettoyages superficiels, des allègements de vernis et d’anciennes retouches, un revernissage, la réintégration des lacunes.
Ce métier peut s’appliquer à d’autres spécialités, dont la peinture murale fait partie et sur laquelle j’interviens parfois en collaboration avec d’autres professionnels de la région.
Les techniques et outils utilisés sont variés.
Nous employons des outils pour traiter la structure du tableau comme le châssis et le montage de la toile (colles à bois, pinces, scie, marteau, pince à tendre, semences et agrafes, brosses…).
Mais aussi des outils adaptés à la couche picturale : colles plus fines, résines, vernis, spatules, pinceaux divers, outils de précision, scalpels…
Nous disposons de matériaux naturels et synthétiques, et ajustons leur emploi aux besoins du tableau et ses conditions de conservation : papiers, toiles, adhésifs, intissés.

Sylvia Louisiade

– Designer textile pour des Maisons de Haute Couture à Paris, j’ai pu exprimer mon goût pour la couleur et le dessin, en créant motifs et harmonies colorées pour la mode et l’ameublement
– puis formée par un Maitre Tapissier dans la région de Toulouse, j’ai restauré sièges et habillé la maison à travers les étoffes et cuirs des Maisons d’édition
– depuis plusieurs années, c’est vers la lumière que s’oriente mon travail, avec la fabrication d’abat-jour originaux, en utilisant toujours les textiles d’éditeur et les passementeries qui s’accorderont avec les pieds de lampes, ou pour des créations uniques qui affirmeront la décoration intérieure.

Marie Odile Biry Fetique

Mon travail est principalement axé sur le thème du paysage. Ce paysage sera interprété et dépaysé en quelque sorte par l’exercice de la peinture. Je travaille sur des formats différents qui vont de la miniature au très grand format, pour offrir un panel de sensations optiques et corporelles.sé en quelque sorte dans l’exercice de la peinture.

Zoé Nehlig

Je suis peintre en décor, restauratrice, et dessinatrice. Dans mon travail j’utilise des techniques de peinture de trompe l’œil (imitations de bois et de marbres notamment), pour des projets allant de la restauration de patrimoine à des projets contemporains en collaboration avec des artistes, en passant par la création d’œuvres murales.

Marguerite Kalt

Artiste plasticienne, j’expérimente les médiums de l’écriture, du verre, du latex, de l’impression dans des installations vidéo. En m’inspirant de la pratique du vitrail contemporain, j’utilise les formes de la fenêtre ou de l’écran dans mes installations comme des supports à narrations déformants. Dans ces narrations, j’entremêle des souvenirs personnels, des archives et de la fiction pour jouer avec les différentes manières dont mémoire et fiction sont liés dans nos quotidiens et nos environnements (dans nos rêves, dans nos villes, …) . Le cœur de mes recherches théoriques est d’explorer la porosité entré le réel, la mémoire et la fiction afin de parler d’intimité, de rapport au temps, à l’oubli, de fantômes et d’errance.