Gad,
l’art digital qui remonte le temps ! On entre dans l’univers de Gad comme dans une soucoupe volante, immédiatement immergé dans un monde à venir aux tonalités futuristes : figures androïdes, couleurs métalliques, science-fiction… Mais, immédiatement, un gouffre s’ouvre, d’où surgissent des manifestations de temps révolus : déesses, icônes, ancêtres… Dans cet entre-deux, se vit l’expérience absolue de l’art, celle qui parle de l’origine et de l’humanité à venir. Ici, pas d’intelligence artificielle. Le pinceau numérique aux mille embouts est animé par une réflexion sensible, une gestuelle créative unique ; pour saisir l’insaisissable : la rencontre du passé et du présent, de l’antiquité et de la modernité, du sacré et du profane, du mystère et de la lumière… C’est au coeur du féminin, là où l’humanité est en perpétuelle gestation, que se jouent nos identités et nos libertés. Ces héroïnes, qui se présentent toujours de face, nous ouvrent l’espace d’un instant, un événement qui s’annonce, sans rien dire encore de ce qui arrive… Une question qui n’attend pas de réponse, une interpellation. Il n’y a rien de léger au milieu de ces lignes douces, lisses et élancées, rien de simple au cœur de ces couleurs primaires, rien de clair au fond de cette lumineuse obscurité. Ou alors, tout est si léger que même la terre se dérobe sous nos pieds. Seul le spectateur peut ici sauver ce qui reste à sauver. Il devient le point convergent de l’œuvre. Il se tient là où toutes les lignes, et tous les regards, conduisent. Dans leur posture transcendante, les œuvres de Gad, nous invitent, avec clarté et fermeté, à relever les yeux, la tête, le corps, l’humain et l’humanité que chacun porte en soi.
Ma recherche se concentre sur la peinture de portrait. Je m’intéresse au portrait non pas comme représentation d’une personne précise, mais comme lieu où la question de l’existence humaine apparaît. Le portrait pose toujours une question simple : qui est là ? Mais cette présence n’est jamais stable. Elle apparaît et en même temps se retire. C’est dans cette tension que je travaille. Dans mes peintures, le regard joue un rôle central. Il ne fonctionne pas comme un simple échange entre l’image et le spectateur. Il crée un mouvement : quelque chose se projette vers l’extérieur, vers le monde et vers celui qui regarde, puis revient vers la surface du tableau. Ce va-et-vient transforme la peinture en un espace ouvert, où la présence n’est jamais fixée une fois pour toutes. Les figures que je peins ne sont pas liées à des identités personnelles. Elles ne racontent pas une histoire précise et ne cherchent pas à préserver la mémoire d’un individu. Ce qui m’intéresse n’est pas l’identité sociale ou biographique, mais une dimension plus fondamentale : la manière dont un être humain apparaît comme présence sensible. Lorsque nous regardons un portrait, nous ne rencontrons pas seulement une image. Nous faisons l’expérience d’une distance, d’un écart entre ce qui est visible et ce qui ne peut pas être totalement saisi. Cet écart n’est pas un manque ; il fait partie de la condition humaine. Il rappelle que l’existence ne se réduit jamais à une identité claire. Ainsi, la peinture ne cherche pas à définir le « soi ». Elle ouvre un espace où le spectateur peut ressentir sa propre présence. Le portrait devient alors un lieu de réflexion silencieuse sur ce que signifie être là.
Après des études en psychologie et en communication, Marc Wiers Dagnino, d’origine néerlando-italienne, a suivi de manière autodidacte des ateliers et des cours auprès de divers artistes. Son style est figuratif, avec des séries d’œuvres inspirées, par exemple, des fauvistes. Au fil des ans, il a développé son propre style coloré, plein de fantaisie et de vivacité. Son travail consiste principalement en des peintures acryliques sur toile ou sur papier. Il réalise également régulièrement des bandes dessinées éducatives sur commande, principalement pour des organisations néerlandaises. Depuis une dizaine d’années, son travail est exposé dans différents endroits en Europe. Outre son activité artistique, Wiers Dagnino est directeur créatif et propriétaire d’un cabinet de conseil social. Il est également comédien vocal et doubleur professionnel depuis ses études et dispose de son propre studio à domicile aux Pays-Bas. Son mari italien, Roberto Dagnino, est maître de conférence en néerlandais à l’université de Strasbourg. Ils vivent alternativement à Strasbourg, à Groningue aux Pays-Bas et à Gênes en Italie.
Harmen de Hoop est un artiste qui réalise des interventions anonymes dans l’espace public. Il travaille sur la notion de « lieu » dans la ville contemporaine, le comportement des individus ou des groupes, et les conflits d’intérêts dans l’espace public. Il s’adresse aux passants sans utiliser le langage existant du monde de l’art. Ses interventions consistent à recontextualiser des signes ou des objets existants, à les ajouter à un lieu de manière inattendue et, ce faisant, à remettre en question la «normalité». Son travail porte souvent sur la fonctionnalité des matériaux et des objets, ou sur les règles et les réglementations et la manière dont les gens se comportent dans le domaine public. Il tente ainsi d’amener les gens à se regarder différemment, souvent avec humour. Avant de réaliser une œuvre, il visite et photographie un nombre illimité de lieux dans une ville choisie jusqu’à ce qu’il trouve le site idéal pour son intervention. Depuis 1998, la majorité de ses œuvres consistent en des actions soigneusement planifiées dans l’espace public. Comme dans ses interventions, il confronte un public non préparé à des actions qui commentent des questions sociales, politiques et philosophiques.
Lors des ‘Ateliers Ouverts’, je présenterai des peintures récentes sur toile et sur papier.
Des réflexions sur la dynamique des fluides ou bien la symbiose végétale me préoccupent. J’essaie de les traduire avec les moyens propres à la peinture.
Pour représenter les courants d’un fleuve, il faut se laisser emporter.
Pour peindre un jardin, ne vaut-il pas mieux s’intéresser aux plantes adventices et aussi être prêt à perdre quelques pétales dans les rafales ?
Bei den „Ateliers Ouverts“ werde ich aktuelle Gemälde auf Leinwand und Papier präsentieren.
Ich beschäftige mich mit Überlegungen zur Strömungsdynamik oder zur Symbiose von Pflanzen. Ich versuche, diese mit den Mitteln der Malerei umzusetzen.
Um die Strömungen eines Flusses darzustellen, muss man sich mitreißen lassen.
Ist es zum Malen eines Gartens nicht besser, sich für Unkraut zu interessieren und auch bereit zu sein, ein paar Blütenblätter iim Wind zu verlieren?
Maria Luchankina est artiste plasticienne et docteure en arts.
Sa pratique se situe à la croisée du dessin, de la performance, de la marionnette, de la sérigraphie et surtout de la gravure,. À travers des formes sensibles et souvent hybrides, elle développe un travail de recherche-création autour des relations entre humains, animaux et milieux.
Son travail explore les écologies sensibles, les imaginaires du vivant et les manières de percevoir autrement ce qui nous entoure. Forêts, animaux, figures fragmentées ou en transformation traversent ses œuvres, qui interrogent la place du corps et les frontières entre le vivant et l’inerte. La marionnette et les dispositifs performatifs occupent une place centrale dans cette recherche, comme formes de présence instables, entre objet et corps.
Attachée aux pratiques de terrain et aux dynamiques collectives, elle développe également des projets participatifs mêlant création artistique et transmission, en lien avec des territoires et des publics variés. Son travail donne lieu à des expositions, performances, éditions et projets hybrides, où se rencontrent image, geste et récit.
Monika Rygálová (née en 1994 à Kroměříž) est une artiste audiovisuelle dont le travail mêle vidéo, texte et installation. Sa pratique mobilise des dispositifs de cartographie, d’anthropométrie numérique et de dialogue pour explorer les zones de rencontre entre émotion, technologie et les limites de la perception (in)humaine. Depuis 2018, elle est membre du collectif artistique Lilky_60200. Elle est également cofondatrice et curatrice de la galerie Cejla à Brno. Son projet de résidence s’appuie sur une recherche autour de la codépendance. À partir de souvenirs fragmentaires, de références théoriques et d’un travail de récolte de témoignages, elle développera un texte expérimental qui constituera le socle d’une œuvre vidéo et d’une installation.
Gaby Mahey est designeuse graphique, fondatrice de l’Atelier Bagarit. Formée à la typographie à l’École Estienne (Paris), puis à la HEAR (Strasbourg), elle articule sa pratique autour d’un fort intérêt pour les matériaux, le façonnage et les techniques d’impression traditionnelles ou contemporaines. Elle s’applique à penser à la faisabilité technique des objets en parallèle de leur forme et de leur appréhension sensible. Elle porte une attention particulière à la poésie des détails et du quotidien, et nourris une grande curiosité pour le petit et le non-remarqué, qu’elle injecte dans des créations contemporaines où dialoguent mots et images. Avec l’Atelier Bagarit, elle réalise des projets d’identité visuelle, de signalétique, de design éditorial et de communication imprimée ou numérique.
Je peins les objets que j’aime, ceux qui me font rire, m’inquiètent, me trompent ou m’interrogent. J’essaie de tracer ce qu’ils portent de fiction. Je les choisis pour ce qu’ils disent de nous, les humains. J’apprécie ces longs moments d’observation et de concentration pour les peindre. Fascinée par les faux-semblants, je m’attache à ce que les images que je crée ne s’offrent pas d’emblée: les choses changent de rôle, les identités se déplacent, les apparences se troublent. Les travestissements, les masques, les décors traversent mon travail, qu’ils prennent la forme de peintures à l’huile sur bois ou sur toile, de créations scénographiques ou de compositions de motifs textiles.