Théo Moulin

Tenir un spray en main et me tenir face à un mur, une surface qui me dépasse, c’est d’abord par la pratique du graffiti qu’est nait en moi un désir d’explorer la physicalité de mon corps et celle du support prêt à le recevoir. Après une licence en Histoire et l’obtention d’un DNSEP à la Haute Ecole des Arts du Rhin à Strasbourg, j’ai trouvé dans l’acte de peindre, avec l’utilisation de différents outils, matériaux et supports ; peinture à l’huile, aérosol, toile, bois, un moyen de répondre pressamment au besoin de m’inscrire dans le réel par l’exploration et la sensation que pouvait me procurer le contact avec la matière picturale. Qu’est-ce qui fait qu’une toile devient une œuvre d’art ? Que me révèle le châssis, sa taille, la toile, son grain ? Que projette elle avant d’être recouverte de peinture ? De ces questionnements m’est apparue la nécessité de confronter la toile, la martyriser, la soigner, la repousser dans ses limites. C’est dans cette friction avec la matière que s’est formé l’expérience temporelle de la toile, propice à ce que je recherche, pas une image figée mais un événement pictural, une vibration, un basculement qui lui donnerait son autonomie. De là je n’ai alors plus besoin d’intervenir, notre rapport cesse, elle existe désormais par elle-même.  Pour alimenter et structurer cette démarche, je mets en place des méthodes de travail, répétition de rythmes, de gestes et de matériaux. En disposant les toiles dans l’espace, comme des fragments, au mur, au sol et en les travaillant simultanément, elles s’influencent et dialoguent. Des accidents se produisent, ce qui échappe à mon contrôle, je choisis d’en sauvegarder certains, et d’en recouvrir d’autres.  Ces évènements se retrouvent aussi au dehors de l’atelier, lorsque je me déplace en ville où j’appréhende les phénomènes de dégradation, des bâtiments, façades et plus largement dans des zones liminales et naturelles où je capture des détails, motifs, lumières, couleurs, des « impressions » que je transforme à l’atelier, en matière et en expérience picturale.

Vi

Vi (ielle) né.e en 1984 à Cannes est un.e artiste dessinatrice et graveur, travaillant et résident actuellement à Strasbourg, après avoir passé les 15 dernières années au Mexique. Diplômé.e en 2005 du Diplôme National des Arts Plastiques (DNAP) de l’école des Beaux-Arts de Rouen et en 2007 du Master degree in Fine Arts (MAFA) de Norwich School of Art and Design, sa pratique artistique tournait alors principalement autour de la sculpture, l’installation et la photographie, avant que le baroudage ne lui fasse rendre au dessin sa primordiale importance comme moyen itinérant de collection et de mémoire, puis que la gravure, apprise dans les nombreux ateliers d’arts graphiques du Mexique ne devienne un nouveau terrain de jeu à part entière. Passant d’un medium à l’autre suivant l’inspiration, son oeuvre, souvent tintée de la brutalité environnante, s’interroge sur notre processus individuel dans la prise de décision, questionnant notre responsabilité dans l’abandon de soi à l’indifférence et la passivité face au pouvoir destructif de notre espèce. Féministe et activiste assidu.e pour la justice socio-environemental et l’écologie, son travail a souvent été témoignage de ces préocupations, entre critique du système patriarcal et dénonciation des abus commis par l’extractivisme et la corruption au Mexique et en Amérique centrale, et s’est aussi prêté à illustrer affiches informatives, et diverses publications dont en 2020 le livreL a Tierra Somos: Buen Vivir y defensa del Territorio en Mesoamérica ( La Terre nous sommes: Bien vivre et Défense du Territoire en Mésoamérique) , par Colectivos en Acción. En 2024, le design de l’affiche illustrant les problématiques sociaux.ambientales du «Train Maya» pour la Caravane «El Sur Resiste». En 2024-2025, les illustrations pour la publicationR isistir a los Megaproyectos del capital en el territorio sur-sureste. El tren maya y el corredor interocéanico CIIT» (Résister aux mégas projets du capital dans le territoire Sud-Sud-Est. Letr ain Maya et le couloir interocéanique CIIT), pour le collectif: Colectivo Internacionalista de InvestigAcción, ou encore l’illustration de couverture pour la publicationC IPOG-EZ und CNI-CIG im auge des sturms (CIPOG-EZ et CNI-CIG au coeur de la tempète) par Misión de observación civil – Sexta, parut en Août 2025.

Justine Wagenfuhrer

Mon travail revêt toujours une dimension architecturale, que j’aborde l’utilitaire ou le sculptural. Ce qui m’intéresse c’est la relation de la matière à l’espace, les formes simples, brutes, leur dialogue avec la lumière. Le vide est partout, autour, dedans. Composé impalpable. L’idée de ruines est un thème récurrent. La ruine est un marqueur temporel elle existe dans son inutilité onirique, désertée. Elle porte les fantômes d’un passé que nous rêvons. Fixe un instant. C’est une manière d’aborder une double perception sur l’espace physique et l’espace onirique. Elle devient un prétexte pour parler du temps, de l’impalpable, de ce qui nous échappe. Rendre concret le passé, l’inscrire dans une temporalité, rendre vivant le présent, l’étendre à demain.

Romina Kunz

Dans un monde qui s’accélère et glisse de plus en plus vers le numérique, Romina Kunz choisit de se tourner vers le concret et le palpable. Attirée par la richesse et la diversité de l’argile par le dialogue possible entre esthétique culinaire et céramique elle entame en 2023 une formation en tournage au village de potiers de Dieulefit, dans la Drôme.

 

Depuis avril 2025, elle s’est installée au « Le Âtelier », au Port du Rhin. Nourrie par les traditions de la région où elle s’est formée autant que par la céramique alsacienne, elle conçoit actuellement de la vaisselle et des objets du quotidien en terre vernissée, principalement tournés, mais aussi façonnés à la main.

Sylvain Bourrières

Mon travail est orienté vers le réalisme, j’aime saisir les ambiances et lumières dans des compositions recréer de la réalité.J’aime particulièrement le portrait, mais j’ai réalisé une série qui se déploie dans le tram ou chaque tableau est l’écran d’une scène banale figée par le regard extérieur du spectateur.Cette série, composé de 16 tableaux, met en évidence la séparation d’êtres pourtant physiquement réunis.

Je travaille également beaucoup le dessin, d’après nature, au crayon, au fusain, au carré conté, du croquis rapides au travail plus élaboré, mes thèmes de prédilection sont le corps humain, le portrait et la nature…

Ghazal Foroozani

Mon travail naît d’un espace intérieur que je transforme en mouvements, en formes visuelles et en atmosphères singulières.  Au fil de mes projets, j’ai exploré des thématiques variées telles que l’identité, le corps, la figure féminine, l’apparence et l’intériorité, ainsi que les dialogues mentaux et la connaissance de soi. Si les sujets diffèrent, un élément demeure central : le mouvement et la transformation.  Travailler image par image m’a appris à percevoir le changement comme un processus progressif, où chaque modification, même infime, influe sur l’ensemble. Montrer le mouvement constitue une part essentielle de ma pratique artistique : il peut s’agir de transformer une image fixe en séquence animée, de faire passer une photographie vers le film, ou encore de déplacer une peinture vers la sculpture.  La transformation n’est pas pour moi un simple changement de médium, mais une manière de prolonger une idée et d’explorer ce que le passage d’un état à un autre produit dans l’expérience. Aujourd’hui, ma recherche s’oriente vers l’exploration de l’inconscient humain, dans le prolongement de mon intérêt pour le mouvement et les processus de transformation.

Wargnier Zirekian

Ma participation aux Ateliers Ouverts s’inscrit dans la première édition de la résidence Un bruit qui court, initiée à l’Atelier Pierre Kieffer à l’invitation de Renée Kieffer, son épouse, qui a filmé la vidéo éponyme. La magie blanche de l’image numérique y convoque l’artiste : esprit, geste et parole, malicieusement suspendus, nous autorisent au jeu – une forme de ping-pong entre une œuvre interrompue et celles qu’elle pourrait encore susciter.

Investir aujourd’hui cet espace en qualité d’artiste, et disposer du temps nécessaire pour fréquenter ses toiles, n’a rien d’anodin pour moi. J’ai connu Pierre Kieffer. Cette rencontre fut décisive. Pourtant, bien que j’aie occupé durant plusieurs années un local à l’étage inférieur de son cabinet, j’ignorais tout de l’existence de son atelier et de son travail plastique.

Qui était donc ce Pierre Kieffer que je trouvais si peu loquace ? Sa disparition laisse moins un silence qu’une présence active : livres, notes, œuvres, outils et matériaux composent aujourd’hui un paysage dense avec lequel dialoguer.

Ce lieu m’appelle à reprendre la recherche plastique amorcée au début des années 2000 autour de l’intime et des tensions qui s’y déploient – visibles comme invisibles -dans et au-delà de l’amour, du désir et de la mort. Il m’invite aussi à parler de Pierre et avec Pierre : collecter indices et traces, formuler des hypothèses à partir desquelles peinture, écriture, installations ou formes sonores pourraient entrer en correspondance.

Mon travail s’intéresse aux histoires qui surgissent des lieux que nous habitons, publics ou privés : le van des départs en vacances, un salon traversé par la sieste, une place qui respire, une usine habitée de poésie ou un atelier qui continue de travailler après la disparition du peintre. Je cherche moins à raconter une histoire qu’à observer comment elle naît – à travers un espace, un geste, une rencontre.

Mes projets prennent ainsi appui sur des lieux existants que j’explore dans la durée. Par l’immersion et l’échange avec celles et ceux qui les habitent, j’essaie de faire émerger relations, souvenirs et tensions invisibles. Les formes produites, qu’il s’agisse d’installations, dispositifs participatifs ou propositions visuelles, sont pensées comme des expériences ouvertes où visiteurs, récits et espaces entrent en résonance.

Jérôme Rich

Jérôme Rich est un artiste pluridisciplinaire. Musicien, chanteur clavieriste bidouilleur dans Contremeute, Hubert lamentin, et Dribbbbble. Comédien dans le collectif la Bévue, collectif de théâtre de rue avec le spectacle plongeon piscine.  Membre fondateur du collectif noun ( nous ne savons pas) 
Il est aussi plasticien, sculpteur,scénographe.  il travaille avec plusieurs compagnies de spectacles (Atelier Mobile, La bévue,  collectif noun).  Développe une pratique du bricolage avec comme médium principale le métal, la soudure, la découpe plasma. Il a participer a plusieurs exposition collectives,
notamment en forêt sur le sentier des passeurs dans les Vosges
(édition 2015-2017 et 2019). Il participe cette année ( 2026) à l’exposition l’art est dans le pré prêt de Troyes. avec la fabrication de deux portails géants en acier. Exposition prévue de Mai à Novembre.  Aujourd’hui au fruit de toutes ses expériences
multiples, on retrouve dans son travail une intention poétique particulière , à la fois drôle, affecté et sincère. Aujourd’hui il est membre du collectif la semencerie. Il a obtenue son diplôme d’art en 2018 à la Hear en développant un travail de performance. 

Deana Kolencikova

Le travail de Deana Kolencikova oscille entre l’intervention dans l’espace public, les aspects urbains et les nuances socio-politiques du quotidien. Elle crée des installations uniques adaptées à l’espace et au contexte donnés. Elle aime expérimenter la malice et l’esprit ludique au sein de l’art contemporain, tout en cherchant à rendre cet art démocratique et accessible au grand public. Une partie de son œuvre consiste également en des ateliers avec le grand public, des élèves ou des professionnels, au cours desquels elle les invite à redécouvrir leur environnement quotidien à travers des exercices ludiques et poétiques spécifiques au lieu. Elle s’exprime principalement par le biais d’installations, d’interventions éphémères, de la photographie et de la performance. Elle croit fermement au pouvoir de l’art en tant qu’outil poétique, activiste et pédagogique, et s’oppose à la production d’œuvres destinées exclusivement aux white cubes dans le seul but d’être vendues.Elle possède un champ d’intérêt très large, allant de la biodiversité et de l’écologie, à la sociologie, aux transports publics, à la politique alimentaire, à la biopolitique, jusqu’à l’absurdité de la bureaucratie.