Intrication
La haute-montagne suscite toujours, quels que soient les époques, les cultures et les continents, admiration, crainte et vénération. Elle symbolise l’inconnu, le danger et l’inaccessible (en tous cas pour le commun des mortels) ; parfois, elle est considérée comme un lieu sacré, siège d’esprits ou de divinités et c’est ainsi que certains des plus hauts sommets du monde restent invaincus à ce jour.
Présente dans la peinture tout au long des siècles, souvent comme simple élément de décor, elle deviendra un sujet à part entière dès le moyen-âge. Le XVIIIe siècle, puis les romantiques populariseront le sujet.
Cet univers exclusivement minéral, rochers sur les arêtes desquels seul le vent s’oppose à la glace, m’a semblé le terrain propice à illustrer l’intrication (Larousse : « état de ce qui est emmêlé, de choses qui s’enchevêtrent »), qui désorganise la représentation par un apport d’imaginaire.
Tout comme Francis Bacon décrivait la peinture comme le « résultat d’une sorte de conflit entre la matière et le sujet », il s’agit ici d’une confrontation entre l’observation et l’expérimentation, la description littérale et le chahut poétique.
née en 1982 à Téhéran, vie et travaille à Strasbourg
Dans ma pratique, j’aime l’expérimentation libre. C’est avec gourmandise que j’ explore le dessin, les encres, les pastels et l’aquarelle, la gravure, le modelage, le collage, les installations végétales et minérales. C’est la vie qui nourrit mon inspiration, touchée par les sentiments humains et la beauté des cadeaux de la nature. « Guerriers et gardiens, imparfaites, mémoire dispersée, rêveries, entre terre et ciel, pierres éphémères, lorsque la rouille paraît… » sont quelques thèmes autour desquels j’ai divagué. L’art me permet de passer de mon ressenti au geste, de mes émotions à ce qui est représenté, et du silence de mon intériorité à l’objet réalisé. Celui-ci n’est que le reflet de mon regard sur le monde qui m’entoure. Guidée par un brin de poésie, agitatrice d’émotions.?..
La technique de gravure que j’utilise en majorité est la linogravure, qui génère un contraste élevé, un point que j’apprécie beaucoup. Ce que j’aime tout particulièrement dans la gravure est le fait qu’elle requiert une certaine patience : avant de voir un résultat final, il faut un travail de recherche, de dessin, de sculpture et d’impression.
Au cours de ma pratique, une évolution a eu lieu vis-à-vis de la couleur : longtemps, les gravures ont été imprimées exclusivement en noir, alors que la couleur, depuis quelques années, s’est immiscée dans mes travaux. On obtient un univers plus coloré, mais chaque rendu, isolé, reste tout de même relativement sobre.
Mes thèmes de travail sont souvent liés à mes voyages, au monde qui m’entoure de façon proche et à l’enfance. Ce dernier thème s’accentue depuis quelques années, notamment dans la série qui est en cours : la Langue des Signes Française initiée aux enfants.
Née en 1988, Charlotte Aveline vit et travaille entre Mulhouse et la vallée de Thann. Elle y concilie ses recherches artistiques personnelles et une activité d’impression textile, ses études en arts appliqués lui ayant insufflé le goût de la conception visuelle et du travail de la matière.
C’est lors de ces mêmes études qu’elle commence à concevoir le vêtement comme un élément de passage entre l’être intérieur et son environnement.
Au travers de différents médiums, il s’agit alors pour elle de son incorporation au monde par le corps, qu’elle perçoit avant tout comme une matière organique. Des sensations ainsi crées, naît l’idée de transformation qui prime sur la fonction.
Par la performance et l’écriture, Charlotte Aveline explore le geste comme moteur dominant la création et place la recherche de la forme textile avec un corps nouveau, dépouillé de ses chairs et vêtu par l’attente d’un renouveau. L’armure est au coeur de sa réflexion, c’est l’entrecroisement des fils de chaine et de trame d’un tissu et c’est aussi pour elle l’incarnation de chaque être.
Présents depuis les temps les plus anciens, les monstres, tout comme les contes, les légendes ou encore la peur, répondent sans doute à un besoin profondément inscrit dans l’esprit humain.
De plus en plus protégé, notre univers est mis aujourd’hui à l’abri de ce qui nous trouble.
Le design se veut bienfaisant : dans mon processus de création, j’utilise le code inverse en prenant pour point de départ les images universelles de la peur, afin de créer un objet poétique et décalé.
Mon univers est un lieu de rencontre entre l’imaginaire et le quotidien. Un monde où l’adulte côtoie l’enfant et où les loups, les ogres, les monstres, l’étrange, s’invitent sous nos toits.
Mon travail évolue techniquement par une volonté d’explorer d’autres procédés et à revisiter naïvement des techniques traditionnelles liées au textile. Ma curiosité me pousse à apprendre sans cesse de nouvelles techniques que j’exploite dans mes créations de façon inattendue.
Fil, tissu et images se rencontrent dans mes mains et des histoires se construisent progressivement au fur et à mesure des coups de crayon et d’aiguille. Ainsi je développe des collections textiles en concevant et en fabriquant de curieuses créatures, des collections de tissus sérigraphiés de qualité et toute une gamme d’objets textiles.
Passionnée par le monde de l’image… J’associe plusieurs savoir-faire, qui sont liés à mon parcourt pluridisciplinaire. Photographe & Graphiste de formation, j’ai développé une créativité personnelle et enrichi ma pratique de différents outils, comme la sérigraphie, qui lie pour moi de manière évidente la photographie et le graphisme. La richesse des outils numériques et les méthodes traditionnelles s’entremellent…
A travers de installations photo et la vidéo je raconter des histoires, un état d’esprit, un songe, un sentiment.
Je parle de la légèreté, de l’oubli, de la solitude.
“j’aime la peinture parce que c’est un art silencieux” / “j’aime la peinture parce que c’est un art solitaire”.
L’artiste définit la peinture comme «
quelque chose jouant sans cesse entre matérialité et virtualité, entre présence et figuration, refusant toujours de basculer définitivement dans l’une ou l’autre. Avec cependant une inclinaison (coupable ?) plus forte vers l’objet, un goût pour l’immédiateté et seulement une éventuelle suggestion de représentation, toujours avec le plus d’ambiguïté possible. ».
CLaude Geagean invite Suzanne Gagean qui présentera des patchworks.