La grange des Merelles

Mon atelier est accroché dans les montagnes, dans une ferme ou  la grange a foin  s ‘est transformé en lieu de création. On y accède par une petite route sinueuse finissant par un chemin. L’atelier ‘Les Merelles ‘ est un lieu que j’ai pensé et qui vient de prendre jour en 2020. Artiste voyageant entre l’Alsace et la Nouvelle Zélande j’ai recrée un espace mêlant mes collections de papier, les pigments et l’accumulation d’objets glanés dans mes souvenirs et lors de mes voyages. Il est la continuité d’un travail commencé en 2006 en Nouvelle Zélande c’est la que je faisais partie d’un collectif d’artistes a Auckland dans le quartier de New Market a Railway street Studios . L’atelier ouvrira ses portes à toutes les personnes en recherche de partage, d’échange  de connexion et de créativité

Axel Gouala

La pratique d’Axel Gouala s’inspire d’objets et de matériaux du quotidien qu’il implique dans un changement de plan et de sens. Lorsqu’ils les reproduit ou les transforme il intervient sur leur image et déplace leur champs d’action. Leurs représentations socialisées sont ainsi recontextualisées. Balais à frange, chaise de bureau, plante tropicale. Tous renvoient à des réalités socio-économiques, historiques, géographiques différentes. En les assemblant à la manière de totems, ils s’unissent pour créer des corps hybrides, contestataires et drôles. Dans sa série Totem-Voyage, dessins et sculptures mélangent environnement du bureau, fourrures et palmacées décoratives. Ces rapprochements absurdes tournent en dérision le monde du travail et nos lubies exotiques. Il s’amuse de nos préjugés en nous incitant à associer nos fantasmes à des objets de labeurs et d’inégalités sociales. Ainsi poussent un aspirateur dont le tronc se termine en cocotier qu’il appelle Aspiration Vacances (Totem-Voyage 12) ou une ventouse de toilette qui finit en palmier sur une île déserte (Totem-Voyage 09, L’Île). Ces sculptures font aussi une allusion parodique au Romantisme et à l’objéctification de la nature. Cela se traduit notamment dans le titre de ses pièces Échelle de Peintre (Romantique) ou Le Grand Tour a.k.a. Steppy. Cette relation homme-nature est présente dans sa pratique à plusieurs niveaux. On la retrouve dans ses fragments de paysage réalisés à partir de matériaux de construction, comme sa série sur les vagues en polystyrène ou ses falaises de briques. Elle est aussi manifeste dans ses travaux sur l’ornementation végétale, où celle-ci est extraite de sa narration architecturale pour se concentrer sur ses qualités de langage et en revisiter les connexions aux plantes et au vivant.

Isabelle Garnier Luraschi

Isabelle GARNIER-LURASCHI, artiste peintre développe depuis plusieurs années un travail autour de questions étroitement liées à l’idée de géographie privilégiant la notion de point de vues et de regard sur le monde: « Images satellites, monde balisé auscultable à l’infini, la peinture serait la proposition d’une nouvelle cartographie distanciée convoquant tout autant qu’un territoire naturel les frontières mouvantes de l’espace flottant qui habite notre imaginaire. Retrouver, explorer et questionner la Terra Incognita disparue de nos cartes. » I G L

Alicia Gardes

Je suis photographe et vidéaste. J’ai découvert la photographie argentique et le moyen format au début de mes études d’arts, avant de me tourner vers le cinéma et la vidéo. Mes images se veulent contemplatives et poétiques, tout en jouant sur les frontières entre mise en scène et documentaire. C’est par ce chemin que je tente d’amener le spectateur à questionner les normes, les stéréotypes, les rapports de pouvoir. Depuis plusieurs années, je porte également un projet de photographie documentaire intitulé Girls wanna have strength qui questionne la perception de la force physique chez les femmes, grâce à des portraits de sportives professionnelles. Je réalise aussi des images sur commande, principalement pour la musique (pochettes de vinyle et cd, clips vidéo, portraits d’artistes).

Monique Grysole

Graver le patrimoine, colorer le quotidien, pastelliser l’imagination sans précipitation, avec patience et détermination, avec curiosité contre vents et marées.

Johnny Gaitée

La découverte picturale et l’interaction virtuelle sont au coeur de mes créations présentes. Engendrées par les jeux vidéos et le deeplearning, le renouvellent de ma pratique auprès de ces territoires d’imaginaire où les pixels et l’invraisemblable se croisent, font déraisonner en moi la vision première d’une réalité virtuelle. Éclatante et inquiétante. Se faisant, l’émergeance de ces peintures hybrides nous donne à voir les images figées d’une esthétique dormante ininterrompu, en plein sommeil paradoxal et machinal. J’explore alors une technique de hacking appelé “corruption”, qui décortique les textures des jeux-vide?os et re-décompose les images au grès des variations innnombrables de l’émulateur. L’image ainsi capturé traverse les liquides colorés, relâchées contre la toile par les touches détachées de mes mains instinctives. D’autre part, les oeuvres tirées de peintures classiques fournissent un abécedaire commencé depuis ma découverte du machine learning, et d’un logiciel appelé Dreamdeeply. J’y introduis alors ces peintures, qui ressortent transformées par l’interprétation des images condensées d’un algorythme. En dernier ressort, je retouche l’image obtenue pour y laissé apparaître les formes numériques les plus criantes à mon oeil. J’en suis à la lettre C des peintres trouvé sur la toile numérique et j’ai commencé à partager quelques unes de leurs oeuvres sur les réseaux.

Valérie Gerrer

Fascinée, dès mon plus jeune âge dans la marbrerie familiale, par les gestes techniques et sensuels des hommes domptant le matériau, j’ai ressenti comme une évidence le besoin de rester en contact avec la pierre et de questionner les formes et la représentation qui pouvaient en émaner.

Après m’être formée à la gravure sur pierre, la découverte de l’œuvre de Camille Claudel me bouleverse. C’est un choc esthétique fondamental doublé d’une révélation qui nourrit encore mon engagement associatif et politique actuel, celle du combat des femmes pour trouver une égalité dans la vie civile, professionnelle, artistique et politique.

Portée par la nécessité de créer et le désir de transmettre ma vision intérieure, c’est au contact des œuvres des artistes du début du XXe siècle, précurseurs de l’Abstraction que j’ai trouvé une liberté et une spontanéité formidables, et l’énergie pour développer mon propre vocabulaire formel.

Dans ma pratique artistique, j’interroge la taille du matériau à l’aide de différents outils et tente de traduire une émotion et une intensité par une courbe, un volume, une arête, un bloc à peine dégrossi ou un feuilletage de marbres. Le minéral, le travail des pleins et des vide, de la lumière et de l’espace sont d’une poésie infinie.

Je mène actuellement une réflexion en sculpture sur le corps féminin : le corps comme lieu d’intériorité et d’intimité, le corps créateur et spirituel, le corps sensuel et sexualisé, le corps politique sur lequel se nouent et se dénouent les combats pour l’égalité, le droit et le respect des femmes.

C’est dans cette méditation sur le corps, sa puissance onirique et les enjeux fondamentaux qu’il porte en lui que je cherche, à travers mon matériau, à exprimer le ressenti, l’émotion et l’exploration d’un monde en constante métamorphose.

Régis Guillaume

Dès mes débuts en photographie, j’ai été attiré par la faculté de transfiguration du réel par l’image, par les effets obtenus grâce au cadrage ou à la lumière. Puis, lorsque j’ai commencé à faire du tirage noir et blanc, il y a 20 ans, j’ai découvert le pouvoir d’agir sur l’image photographique au delà de la simple prise de vue, de transfigurer cette fois le réel par l’abstraction du Noir et blanc et son espace graphique. Mon intérêt s’est porté non pas vers une photographie qui montre mais vers une photographie qui donne à voir une certaine poésie des choses. Par mes connaissances du médium argentique, dans mes démarches créatrices j’aime explorer et expérimenter des formes plastiques inhérentes à ce dernier, les interactions possibles entre la lumière des choses, la chimie et le papier photographique. Ainsi, en plus d’une pratique du sténopé ou du photogramme, j’ai developpé des pratiques alternatives à la prise de vue classique, telle que la pratique direct de la lumière sur le papier argentique, comme dans la série « Les expressions pures », ou encore la gravure chimique. Faire mes tirages est très important, aussi, l’univers du labo photo, de ma pratique avec l’argentique, est pour moi un autre espace de création.  Représenté aux collections privées de Madeleine Millot-Durrenberger, Marcel Burg et Francis Meyer ainsi qu’à l’Artothèque de la Ville de Strasbourg.

Violette Graveline

Elle considère l’espace scénographique comme un partenaire de jeu, une matière à expérimenter, à propulser, à faire vibrer, à sculpter par la présence de l’acteur, du danseur, du performeur. Espace privilégié des choses et des phénomènes, la scénographie se traverse telle une expérience vivante, aussi palpable qu’atmosphérique et métaphysique. Elle permet de créer des combinaisons poétiques enivrantes entre un lieu, des spectateurs, un texte, des matières, des voix, des corps comme autant de présences dont il faut révéler et sublimer les dimensions.

Clothilde Garnier

Tisser, réparer,
Coudre le passé au présent,
Méditer l’instant.
La vie, notre vécu, notre environnement.
Fragiles.
Assemblées entre eux, ces petits fragments de vie,
sensibles ou éphémères,
viennent recouvrir, protéger.
Tissus vivants, objets de la mémoire.
Du fil, du cuivre, des fruits de la terre,
De la douceur.
Matières empreintes de notre histoire.
Plantes séchées qui ne meurent plus jamais.
Ce qu’il reste, inerte, et pourtant plus vivant que jamais.
Il faut du temps.
Répéter les gestes parfois indéfiniment.
Lâcher prise.
Avancer.
Ne plus se retourner.
Garder le cap, sans vraiment savoir où l’on va.
Pourtant, la forme apparaît, à un moment,
Doucement,
sûrement.
Elle s’impose.
La fragilité est devenue force.
Elle est devenue un tout.
La forme, si frêle, est devenue un corps.
En équilibre, elle tient debout.