Collection de photographies Madeleine Millot-Durrenberger

Née dans les années 1880 pour analyser la notion de mouvement, la pratique de la séquence photographique (suite ordonnée d’images) se généralise au XXe siècle parallèlement à la diffusion du reportage photographique dans la presse illustrée. Elle permet le « récit en images » à partir de la saisie chronologique d’instants du réel.

À partir des années 1960/1970, certains auteurs-photographes se réapproprient le procédé pour le mettre au service de leur créativité, échappant ainsi au dogme de l’« instant décisif ».

Ce sont des exemples variés de cette « renaissance » de la séquence photographique que nous présente cette exposition. Pour certains auteurs, la séquence permet d’introduire du rythme dans le narratif, pour d’autres c’est une forme de jeu, éventuellement destiné à désorienter le regardeur. D’autres encore, combinant séquences et mise en scène, nous questionnent sur le rapport au réel (le leur autant que le nôtre). Enfin, dans ce balancement entre instant et durée, comment ne pas être interpellé par l’espace séparant les images les unes des autres, sorte d’entre-deux offert à l’imaginaire du regardeur ?

Brendhan Dickerson

Brendhan Dickerson a travaillé principalement dans le fer forgé, souvent en combinaison avec le bois ou le bronze. Le processus intense, presque alchimique, qui consiste à transformer un matériau résistant en le travaillant tout en le chauffant, résonne avec sa quête de transmutation intérieure.

Bien qu’il cherche souvent à articuler une perspective lyrique, ironique ou satirique, c’est sa perception de la sculpture comme fondamentalement performative qui motive ses choix formels et qui anime le plus sa pratique.

Dans les années 90, parallèlement à son travail en studio, il a commencé à explorer la sculpture performative de feu. Pour lui, il y a quelque chose d’atavique dans la sculpture de feu, quelque chose de primal et de fascinant dans son immédiateté et sa fugacité. En tant que forme d’art éphémère et irrécupérable, elle est un contrepoint à la permanence de la sculpture en fer et en bronze.

Ces dernières années, il s’est immergé plus profondément dans la performance. Fusionnant les aspects durables et éphémères de sa pratique, le travail qui émerge de ce changement explore l’intersection des objets sculpturaux performatifs avec le corps performatif spontané, et avec l’énigme de la présence et de la communion incarnée

Aurélie De Heinzelin

C. et D. sont dans le couloir et admirent les tableaux de C. Je passe devant un tableau de chevalier allongé et ne peux m’empêcher d’admirer l’ambiguïté qui se dégage de ce chevalier en armure : sa féminité et sa juvénilité alliées à sa force masculine, à sa puissance guerrière. Sa grâce céleste, irréelle, et sa force tellurique. Je crie à qui veut l’entendre « Quelle ambiguïté ! Quelle ambiguïté ! ». Et ces mots résonnent pour moi comme la plus belle des choses que l’on puisse faire en peinture. Rêve du 17 juin 2010 Je suis peintre. Je vois mon travail comme un carnaval, un lieu où tout est possible. Dans mes tableaux, je vis une « autre » vie, libre de toute morale et affranchie de la réalité. Si je suis bien élevée dans la vraie vie, je suis une peintre « dé-polie », « dé-policée ». Mon père spirituel est Otto Dix. Ma mère spirituelle, Paula Rego. Peindre, pour moi, c’est pouvoir être à la fois une bonne sœur et une mère maquerelle sans que cela pose problème. C’est créer des êtres hybrides, un homme qui a des seins, une femme qui a 3 jambes. C’est faire cohabiter dans le même espace-temps mon amie Célie et Gargantua, le personnage de Rabelais peint par Doré. C’est vivre dans un monde où lilliputiens et géants se côtoient. C’est avoir un visage bleu. C’est piétiner un ancien amant et qu’il s’en sorte sans une égratignure. C’est autoriser une histoire d’amour entre mon ami Guillaume et une statue de marbre. C’est escalader à mains nues une montagne infranchissable sans être alpiniste. C’est avoir tranché une tête et se balader avec en bout de bras sans risquer la prison.

Marie-Jo Daloz

Marie-Jo Daloz est une artiste peintre, originaire de Franche Comté. Elle vit à Saverne et enseigne à  la Haute école des arts du Rhin de Strasbourg. Elle est actuellement résidente au Cloître des Récollets. 

Depuis de nombreuses années, sa peinture est un travail en totale immersion dans la nature. A travers ses peintures Marie-Jo Daloz exprime et affirme une posture qui s’est révélée à elle lors d’une rencontre qu’elle a vécue avec des rochers. Un échange qui l’a amené à se ‘’positionner’’ non plus en tant qu’être humain mais en tant qu’être vivant, au même titre que les arbres, les oiseaux, les loups ou les rochers avec lesquels nous avons, selon ses mots « un même fond commun »

Sa peinture et ses recherches, notamment en dessin, sont le fruit de cette rencontre, des propositions picturales comme des clefs pour approcher ce qui se manifeste lorsqu’ « elle peint avec… »

Janvier 2024

Pauline Dubost

La peinture sous verre est merveilleuse. Le verre donne au tableau une lumière étincelante, les couleurs sont éclatantes. On plonge dans le tableau, ses couches, ses transparences et dans les eléments. Vivants et organiques, ils composent le tableau en harmonie avec la figure. J’aime quand la peinture raconte une histoire, qu’elle oscille entre réel et monde rêvé, que le spectateur se perde dans un univers un peu chaotique mais toujours tendre.  Les repères propres à la figuration, nous rattachent à nos souvenirs. Les eléments, au traitement plus  abstrait, sont plus sensuels et sensoriels.  Je joue à perturber les sensations du réel par la peinture et son traitement plastique, par la couleur et avec la lumière.  J’ai trouvé en la peinture à l’huile sous verre l’extase de peindre. Ouais, carrément. Elle est devenue « mon médium ». Fabuleuse technique, elle me donne envie de travailler, d’expérimenter, de chercher, de comprendre et de m’émerveiller inlassablement.

Valérie Demenge

De son oeil d’artiste formé dès le plus jeune âge, Valérie Demenge a gardé une sensibilité particulière pour capter et retranscrire les lieux qui l’entoure. Avec ses études d’architecture d’intérieur à Camondo, ce sont d’abord des lignes et des perspectives saisis sur des croquis qui se projettent sur des aquarelles aux couleurs méditerranéennes et pastels. De ces ébauches résultent des toiles abstraites travaillées entre Paris et l’Alsace qui, avec le temps, se sont désagrégées en un ballet de formes et de contrastes diffus. La technique de l’huile et des textures font alors cohabiter l’ombre et la lumière. L’étude des espaces de vie quotidiens fait naitre des constructions éphémères auxquelles les tableaux de Valérie Demenge peuvent rendre une vie durable. En partant de la contemplation d’un intérieur, de la nature (avec les arbres et les châteaux des forêts vosgiennes) ou de la ville (des toits de Paris ou Rome aux grattes-ciels de Chicago ou aux ponts de Porto), c’est la même lumière universelle qu’essaye de transmettre Valérie Demenge qui considère ses tableaux comme des « passeurs de lumière ».

Isabelle Deloron

Yza, véritable touche à tout, est autodidacte. Elle s’essaye à l’acrylique, à l’huile, à l’aquarelle, pour enfin trouver son univers de prédilection dans les variations proposées par l’encre de chine. Ce noir puissant décliné en abstraction suggestive toute en mouvement, au pinceau jouant avec l’eau ou au point précis en figuration la passionne. Le support est important. Papier japonais washi ou papier Lana texturé … chacun apporte par sa structure une dynamique à l’univers du dessin. Les thèmes suggérés ou figuratifs représentent des ambiances de paysages ou animales influencé par la découverte de la calligraphie contemporaine asiatique et les voyages. La découverte de la céramique lui ouvre de nouvelles perspectives : transformer son univers graphique en 3D. Mais cela demande du temps d’essayer de dompter la terre. Son univers pictural influence largement des décors des pièces réalisée au tour en grés blanc, grés noir et récemment porcelaine.

Luc Dornstetter

Je suis né à Rothau en 1948. J’entre aux Arts Décoratifs de Strasbourg en 1966. Au bout de quatre années, formé par Camille Claus et Camille Hirtz, j’obtiens mon diplôme avec le prix de la ville de Strasbourg. Jusqu’en 2011 je partage mon temps entre l’enseignement du dessin en lycée et la peinture. Président de l’AIDA de 2008 à 2011, j’anime le groupe « 7 à voir » qui se compose d’une dizaines de plasticiens. Membre du comité des artistes de l’Evêché, je collabore à l’organisation des expositions du Chemin d’Art Sacré. Depuis 2011 une grande partie de mon temps est voué à l’Art Sacré avec des expositions de groupe et individuelles sur des thèmes tels que : « Musique et Bible », « L’Apocalypse » et en 2022 « La rédemption » au couvent du Bischenberg à Bischhofsheim.Je suis un peintre pythagoricien à tendance symboliste à la croisée de l’histoire, de l’ésotérisme, de la littérature et de la bande dessinée, passionné par l’histoire des techniques picturales et un peu alchimiste.