Eleonore Descazals

Un jour d’octobre 1999, j’ai mis la première fois les mains dans l’argile, matériau qui m’a de suite happé pour ne plus me lâcher. Vingt années sont passées et enfin fraîchement installée au Séchoir, je peux faire de ma passion, mon métier.
Mon travail en tant que céramiste s’articule comme un langage formel autour d’émotions et de sentiments intimes. J’ai le goût de l’esthétisme, de la couleur et du décors. J’aime le beau et la représentation explicite, qui me permettent d’exprimer des ressentis en les sublimant dans la matière et ce de manière plus explicite que par l’oralité.

Melissa Decaire

Le paysage et le patrimoine en tant que valeurs humaines est au centre de ma pratique photographique plutôt documentaire qui se traduit dans des travaux au long cours sous forme de séries.
Mon travail tente de faire ressentir des présages, une sensibilité attachée à ce qui demeure, ce qui s’efface, ce qui se transforme.
Il se poursuit dans la collecte d’archives, de vestiges et l’écriture.
Depuis 2018, je m’affaire sur des sujets proches de moi, comme la métamorphose du quartier COOP situé entre les rives de l’Ill et le Rhin, son environnement et tout phénomène inédit.
Il est aussi question du fleuve L’Escaut, du petit patrimoine qui le peuple, me console et me dépasse.
Ce même cours d’eau se dévoile ensuite sous une lumière diffuse d’où émane les mots de l’immense poète Emile Verhaeren
et le brouillard du nord sur son tombeau.

Camille Drai

Camille Drai est scénographe, plasticienne et metteuse en scène. Elle a une affinité particulière pour les matières souples, notamment le textile. A partir de ces matériaux, elle imagine et conçoit des scénographies et des installations. En 2015, elle découvre l’univers de la Marionnette Contemporaine qui fait résonance avec ses préoccupations artistiques. Elle affirme, alors, ses scénographies comme des univers mobiles, manipulables, où le scénographe devient « marionnettiste de l’espace ». Avec cet univers en constante métamorphose, elle cherche à perturber l’ordre établi de nos représentations, ébranler nos certitudes face au réel et au surnaturel. Elle interroge les mécanismes inconscients et invisibles qui façonnent notre identité et notre conscience humaine.

C’est avec cette ambition qu’elle fonde en 2018, la Cie Sans Visage, compagnie de marionnette contemporaine, théâtre visuel et sonore. Elle signe la mise en scène du premier spectacle de la compagnie : « Résurgence », qui a été créé le 8 décembre 2022, au Manège, scène nationale de Reims.  Il joué au Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, à Charleville-Mézières en septembre 2023.

Résurgence s’intéresse aux liens transgénérationnels et en particulier aux fantômes familiaux : ces traumatismes enfouis et secrets de nos ancêtres, qui se répercutent dans l’inconscient des générations suivantes et viennent entraver leurs vies, leurs relations et leurs bien-être.  C’est à travers l’oeuvre et la vie du poète visionnaire Arthur Rimbaud, qu’elle a choisi d’explorer ces liens familiaux invisibles.

Parallèlement, elle collabore avec d’autres Compagnies comme la Cie les ailes de Samare, Cie Muutos, la Cie Juste Après, Cie le 7 au soir, en tant que scénographe, accessoiriste ou constructrice de marionnette. De 2016 à 2018, elle travaille avec l’agence de graphistes, Fabrication Maison, à la conception d’une signalétique originale pour la nouvelle Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette.

Anne Derivière

Une raideur tangueuse du tronc. Une résistance flottante de la tête. La météorite creusant le sol dans la violence de sa chute. Le trou fume, le son du crépitement a changé. La fumée gonfle jusqu’à se dissoudre dans le ciel. La vague s’élève transpercée par la lumière, le blanc mêlé à l’ocre quand elle craque. Les éléments s’entrechoquent, résistent, se pénètrent. Les forces opèrent. Je construis le fantasme de territoires introuvables et partout à la fois. Intérieur-Extérieur. L’échappée, au-dessus, en-dessous, au-delà.

Véronique Duflot

Tout est contraste, cuivre/papier, blanc/noir, traits durs/souples. Chercher, prendre avec soi, avec force, ne rien cacher, ce qui est. Les portraits, les corps fragmentés, les paysages sont des sujets inépuisables qui permettent de multiples dérives, à la recherche d’un nouveau répertoire de signes, d’une écriture forte.

Decko

…/Decko/veut embrasser le monde, en saisir l’unité profonde – de l’infiniment grand à l’infiniment petit – dans ses rythmes sériels et ses variations fractales ; mais aussi en appréhender les fréquences et les vibrations, les forces et les énergies, pour en traduire à la fois l’ordre et le désordre, la genèse et le chaos… Tout cela par des lignes et des couleurs où la symétrie joue un rôle majeur autour d’un axe dont les irrégularités demeurent aléatoires : les lois de la physique se confrontent aux théories de l’incertitude !   Dans l’univers de Decko, la place de l’homme n’est pas oubliée, la sienne en particulier avec l’inclusion dans ses toiles de souvenirs personnels (Carnet de route) et familiaux (Ouranopolis). Quant aux symboles et aux signes, empruntés à diverses civilisations ou inventés, ils traduisent l’héritage commun de l’humanité (Traces). Mais l’artiste sonde avant tout la matière et trace son chemin dans des espaces indifféremment réels ou imaginaires qui mêlent géographie personnelle, rêverie scientifique et interrogation transcendantale. La peinture de Decko, méticuleuse et précise jusqu’à l’ascèse voire l’obsession, se donne ainsi comme une invitation à la méditation. Joël Delaine, conservateur en chef des Musées municipaux de Mulhouse in catalogue « Echo des origines », Mulhouse, novembre 2014 Ces résonances jouent une partition énigmatique dont on ne peut que ressentir la fréquence secrète, telle un soubresaut tellurique surprenant de sa secousse inattendue la quiétude d’une surface endormie. Dominique BANNWARTH (“L’harmonie invente le chaos  » in catalogue « Voyage à travers la matière », mars 2003, Musée de Voïvodine, Novi Sad, Serbie). « …Et puis il y à l’incessant aller retour devant la surface ; comme l’on peut se placer devant un mur infranchissable pour prier. Le peintre y revient tous les jours de nombreux jours, voir des années… ». Claude ENGEL, (in « La durée du désir », lettre à Decko, La Réunion, 2014)

Karima Duchamp

Composée d’œuvres en céramique, de dessins et de peintures sur toiles, l’œuvre de Karima Duchamp est polymorphe. De sa formation de céramiste, elle a gardé le goût de la matière qu’elle travaille et retravaille afin d’atteindre légèreté, transparence et luminosité. Elle passe d’un médium à l’autre, afin que chacune des techniques enrichisse sa création. La matière de la terre, les couleurs printanières de sa palette, la lumière qui émane de ses œuvres, toutes ces manifestations visuelles et matérielles révèlent son cheminement créateur. Née en France de parents algériens, Karima Duchamp est animée par les liens conscients et inconscients liés à ses origines, se sentant passeuse d’histoires de femmes. Elle puise son inspiration dans les fresques historiques, l’ornementation et l’architecture vernaculaire. Dans une réduction de formes, elle cherche à aller à l’essentiel. Cette épure est motivée par une sensibilité au passage du temps dans une forme de contemplation et de nostalgie offrant un langage particulier pour lire et imaginer le monde.

Céline Delabre

Je suis née à l’automne 1980 à Nice, je vis et je travaille à Strasbourg. J’ai plusieurs cordes à mon arc ; j’écris et j’illustre des albums pour la jeunesse, je crée des séries de cartes, j’expose mes papiers découpés, et je suis également artiste intervenante dans les écoles, les collèges, médiathèques, Esat…Et enfin j’accompagne d’autres artistes pour des créations graphiques (musiciens, auteurs…).

Pascale Duanyer-Marziou

Si le papier reste mon matériau de prédilection, avec toutes les techniques qui s’y accordent, je suis de plus en plus poussée à introduire dans mon travail des éléments naturels, végétaux et minéraux. Ils sont découvertes de chemins de campagne ou pépites du jardin au matin ; ils avaient accroché mon regard, suscité une curiosité, fait naître une émotion, pour ensuite être oubliés. Retrouvés dans un coin de l’atelier, ou au fond d’un tiroir entre autres trésors, je les sors de leur apparent silence. Je les regarde et les écoute me murmurer la terre, le vent, le temps et ces infimes instants de vécu.Ainsi naissent, parallèlement aux travaux sur papier et aux toiles, des volumes étranges, mélange d’insolite et de poésie qui disent la fragilité et la force de la nature, la douceur et la violence des émotions.