Sofia Durrieu

Jusqu’à présent, je conçois mon travail comme un questionnement, une manière d’agir sans certitudes. Ma pratique explore, au sein des objets, discours, constructions, normes et codes du paradigme fonctionnel contemporain, où peut émerger une rupture, dans une tentative de libérer la présence humaine de son conditionnement à l’efficacité. Sculptures et performances – envisagées comme un continuum – sont des situations de dialogue. Elles prennent souvent la forme de systèmes hautement régulés, tout en suggérant subrepticement incertitude et ouverture. Objets, systèmes et catégories du quotidien sont extraits des contextes qui leur confèrent sens et utilisés à des fins incertaines : des actions familières mènent à des résultats inattendus, où la logique binaire des contraires est mise à mal. Les visiteurs sont souvent invités à s’engager attentivement avec l’œuvre. De cette rencontre naît une transformation mutuelle. En expérimentant directement l’étroitesse de la structure imposée, le visiteur peut actualiser la responsabilité qu’il exerce à son égard. Le corps en situation se révèle alors comme un champ des possibles où se manifestent les mécanismes acquis de la perception, et comme la source de leur possible désarticulation. Inséparable de l’intuition, des émotions et de l’intellect, elle abandonne son rôle d’instrument rationnel pour devenir une présence, créant un espace de resensibilisation et d’empathie. Le comportement opérationnel et la notion de fonctionnalité peuvent alors être resignifiés : l’univocité du sens et l’ordre acquis figurent parmi les constructions possibles de la réalité. Concret et spirituel, sacré et quotidien, efficacité et sensibilité, soi et non-soi sont à la fois distincts et identiques. C’est là que se révèle la structure au-delà de sa conception fixe et monolithique, ouverte dans sa résonance vitale, tendre, dynamique, polyvalente, versatile, mutante, poétique.

Christine Dürr

Christine Dürr
Hafenateliers Birsfelden 248

Text über das Werk

Was ich tue, nenne ich bilderbilden.

Zum grössten Teil besteht mein Werk aus Arbeiten auf Papier.
Die Papiere haben selten mehr als ein-, oder zwei m2 Fläche.
Meine Farben sind selbst hergestellt, so habe ich
sie im Griff, aber umso mehr Freiheiten kann ich der Farbe
auf dem Papier geben.

Es ist nicht zu wissen, wie ein Bild dann aussehen wird.
Das erfahre ich dann während der Arbeit.
Und Linien sind eine brauchbare Art zu denken,
ich verwende sie gerne.
Ich stelle mir Regeln auf und ich bleibe restriktiv
mit meiner Imagination und Vorwegnahme.

Was daraus wird, ist ‚VORgegenständlich‘.
Ich gelange an den Ort, wo das Entstehen zwischen mir
und auch im Bild geschieht. Das kann man sehen,
und vermutlich können das auch andere erkennen,
das zu zeigen, ist sehr interessant.

Brenda Dell’Anna

Son travail illustratif, ses créations textiles et son utilisation de matériaux tels que la céramique et le béton créent des dialogues entre des éléments solides et souples. Son travail aborde des expériences personnelle avec sensibilité et oppose un langage visuel délicat à des thèmes marqués par la tension.

Druckwerk print and art

Wer wir sind

Wir sind eine Gruppe von Druckkünstler:innen, die miteinander auf dem Weg sind. Uns ist es ein Anliegen, das Wissen um die traditionellen Drucktechniken zu erlernen, weiterzugeben und damit zu erhalten und die Druckgraphik als zeitgenössisches künstlerisches Medium zu fördern und zu vermitteln.

Unser Atelier ist selbstverwaltet und unabhängig. Als offene Gemeinschaft nutzen wir die Möglichkeiten, die es bietet, und unterstützen und inspirieren uns gegenseitig – gerne auch im Experimentieren und Erweitern der bekannten Techniken.

Als Möglichkeit der Vermittlung dienen unsere offenen Veranstaltungen, Kurse und Workshops, die allen interessierten Personen offen stehen.

 

Qui sommes-nous ?

Nous sommes un groupe d’artistes graveurs qui cheminons ensemble. Nous avons à cœur d’apprendre et de transmettre les techniques traditionnelles de gravure afin de les préserver, mais aussi de promouvoir et de faire connaître la gravure comme moyen d’expression artistique contemporain.

Notre atelier est autogéré et indépendant. En tant que communauté ouverte, nous exploitons les possibilités qu’il offre et nous nous soutenons et nous inspirons mutuellement, notamment en expérimentant et en développant les techniques connues.

Nos événements, cours et ateliers ouverts à toutes les personnes intéressées nous permettent de transmettre notre savoir.

Jean-Louis Davoigneau

Recherche sonore audionumerique  spatialisation live lutherie par modelisation physique du son

Du Dehors

Mon atelier a été situé longtemps au cloître des Récollets à Saverne. Cet espace a constitué un lieu de concentration et d’expérimentation, en continuité avec un travail initié au contact direct avec la forêt.

La fin de cette résidence marque un tournant décisif ;

Depuis peu, mon atelier est désormais exclusivement situé en forêt.

Ce déplacement engage une transformation structurelle de ma pratique : le lieu de création n’est plus séparé du milieu vivant, il en est le prolongement direct.

Je peins à même le sol, en intégrant des matériaux naturels (terre, feuillage, charbon) et en travaillant dans les conditions variables du milieu (lumière, humidité, vent, froid). Cette immersion radicalise la notion de « peindre avec » et déplace les enjeux de la peinture vers une relation de co-présence et d’interaction avec les autres existants.

Ce choix constitue à la fois une mise à l’épreuve et un approfondissement de ma démarche : dépasser le cadre traditionnel de l’atelier pour explorer une pratique fondée sur la porosité, l’engagement physique et la recherche d’une relation sensible au vivant. La forêt n’est pas un décor, elle est un partenaire actif ; elle imprime son rythme, sa temporalité, ses résistances.

L’atelier n’est plus un espace délimité.

Il devient un champ relationnel.

Dans le cadre des « Ateliers Ouverts » du 23 et 24 mai, cet atelier à ciel ouvert rend la rencontre avec le public plus complexe. C’est pourquoi la Galerie l’Estampe à Strasbourg m’accueille pour le temps de l’événement. Il s’agit d’organiser un espace de passage : un lieu où les oeuvres issues de la forêt peuvent être rendues visibles, partagées et mises en dialogue. L’exposition devient ainsi une interface entre un processus ancré dans le vivant et un espace de réception collectif.

Cette ouverture sera également marquée par la parution du livre « 7 saisons », un regard sur ma peinture interprété par le texte de Lisa Klein. La journée du 23 mai sera un temps de dédicace et d’échange : la présence de l’autrice viendra enrichir le dialogue avec le public, ouvrir des perspectives et approfondir la compréhension de ce travail mené en immersion.

Le passage d’un atelier clos à un atelier en forêt ne marque donc pas un retrait, mais une redéfinition du lieu de création — et des modalités de rencontre. Ce déplacement affirme une volonté de cohérence : que le geste, le lieu et la forme de partage procèdent d’un même mouvement d’attention au vivant.

Vanessa Dziuba

Vanessa Dziuba développe des questionnements sur l’usage des formes dans notre quotidien, leur impact sur notre manière de percevoir l’espace et le temps. Elle utilise des motifs peints qu’elle découpe, perce, agrandit et imprime pour enfin les arranger au sein d’expositions et d’éditions qu’elle conçoit souvent en collaboration avec Jean-Philippe Bretin, designer graphique. 
En ce moment, elle regarde le travail de Paula Modersohn-Becker, Frances Stark, d’Edward Ruscha et de Guy De Cointet et lit les livres de Clarice Lispector.

Daniel Felber

Daniel Felber            Malerei             Februar 2026

Meine Malerei zeigt Abstraktes mit Erinnerungen an Landschaftliches oder Gegenständliches.

 Sie verwendet ruhigere bis turbulentere Gestik, verschieden strukturierte Flächen, oft gemalt mit 1- bis 3- Meter langen Pinseln, die Kontrolle nicht ganz zulassen.So öffnet sich mir der staunende Blick auf die vor mir entstehenden Bildwelten.

Psychologisches oder Spirituelles ist oft thematischer Ausgangspunkt, welchen ich zu einer Farbvision und daraus zu sich entwickelnden Kompositionen verdichte. Dabei bitte ich  Energien, die verbunden sind mit mir, mich zu unterstützen beim Malen. Als Maler fühle ich mich auch als Teil des Gemalten, flüssig wie die mit Pinsel gemalten Formen.

Meine Malerei bewegt sich zwischen Chaos und Ordnung. Frühere Malstile loteten geometrische Bildeinteilung und tonal abgestimmte Farbkombinationen aus, sowie figurative Tanzszenen.

Die Bilder sind oft in Eitempera, Acryl, bis 2024 auch in Oel ausgeführt und haben zuweilen Collage-Elemente.

 

Daniel Felber            Peinture             Février 2026

Ma peinture montre des éléments abstraits avec des souvenirs de paysages ou d’objets concrets.

 Elle utilise des gestes plus calmes ou plus turbulents, des surfaces de structures différentes, souvent peintes avec des pinceaux de 1 à 3 mètres de long qui ne permettent pas un contrôle total. Ainsi, je découvre avec émerveillement les univers picturaux qui se créent devant moi.

Le psychologique ou le spirituel sont souvent le point de départ thématique, que je condense en une vision colorée et, à partir de là, en compositions qui se développent. Ce faisant, je demande aux énergies qui sont liées à moi de me soutenir dans ma peinture. En tant que peintre, je me sens également partie intégrante de ce que je peins, fluide comme les formes peintes au pinceau.

Ma peinture oscille entre chaos et ordre. Mes styles de peinture antérieurs exploraient la division géométrique de l’image et les combinaisons de couleurs tonales, ainsi que les scènes de danse figuratives.

Les images sont souvent réalisées à la tempera, à l’acrylique, et jusqu’en 2024 également à l’huile, et comportent parfois des éléments de collage.

Naser Dushica

Des actions telles que regarder, collecter, toucher, dessiner, gommer, redessiner, scanner, peindre, superposer, juxtaposer, repentir, aplatir, etc., font partie de mon vocabulaire gestuel habituel. Ces gestes s’appliquent à une variété de médiums, souvent classiques, allant du dessin d’un objet dans un carnet à la peinture monumentale, où la figure humaine revient souvent avec une touche mélancolique.  Ma pratique oscille entre le dessin dans un carnet, la peinture et la sculpture. Elle consiste à interroger ce que l’image dissimule, ce qu’elle révèle et ce qu’elle conserve secrètement.  La peinture est pour moi un moyen d’expression qui me permet d’explorer librement les questionnements qui m’habitent, notamment autour de l’image contemporaine et de sa représentation.  Je peins des images enfouies dans mon répertoire, leur offrant un nouveau rôle dans l’immobilité, où l’imagerie peut être à la fois artificielle et réelle.  Mes peintures tirent leur essence de la composition d’éléments tels que le sujet, les motifs, les couleurs, les fissures, et l’usure. Souvent, la photographie devient un point de départ pour mes peintures. La matière de l’image, ainsi que les supports et outils utilisés pour la donner à voir, sont tout aussi importants que le sujet lui-même. Ils me permettent d’explorer les jeux de clair-obscur, de flou et de netteté, jusqu’à réduire l’image à son essence : sa composition et son architecture.  Je tends à réaliser des compositions picturales sobres : pas de narration, peu de matière, des touches subtiles, et une palette restreinte. Ce sont ces caractéristiques que j’apprécie également dans la photographie. Mon travail consiste à recréer des images issues de mon répertoire en les adaptant aux spécificités qu’elles contractent. Ces peintures d’images, en résonance avec d’autres, me permettent de raviver des émotions artistiques et formelles enfouies dans ma mémoire.