Aurélia Firoben

Le P’tit Baz’Art de l’association de réinsertion Espoir donne une seconde vie à des objets ou mobiliers désuets, abîmés au travers de la création. Le P’tit Baz’Art porte un regard bienveillant sur l’objet comme le fait l’association sur l’humain. Il décèle dans l’extraordinaire banalité des choses leur puissance singulière. Métaphore qui met en lumière la capacité à faire resurgir le beau en toute chose, en tout être. En puisant dans l’immense gisement des objets en transit dans les différents ateliers et la salle de vente d’Espoir, l’équipe du P’tit Baz’Art crée ses objets « décosolidaires » en exploitant ce matériel de récupération. Mobilier retravaillé, nombreux luminaires, sculptures en fil de fer, petits articles de déco qui subliment des ressorts, des couverts, des ampoules, des livres. Ou l’art de sublimer des objets délaissés pour leur offrir une nouvelle destinée qui viendra nourrir de poésie les intérieurs des clients de la boutique.

Cynthia BRIDE

Un point, puis un autre à côté d’un autre, entouré d’autres. Pluiseurs et pourtant véritable entité. Auto-généré et autogéré. Microcosme. Je suis là, ici, rangé à ma place et ma place ne peut être autre sans faire trébucher l’ensemble. Je m’emploie à consolider et à construire cet ensemble. Je suis une marque, une forme plus ou moins précise, je suis à chaque fois la même et pourtant complètement différente. Je suis un lieu déterminé, une douleur aiguë localisée. Je ne suis que répétition de moi-même, itération de ce que je suis, reditede ma condition, reprise de mon existence.

Artiste plasticienne, Cynthia Bridé utilise des matériaux simples, brutes. Pourtant, les formes qu’elle déploie se meuvent en des structures complexes et gorgées de détails. La temporalité, la lenteur qui permettent de voir émerger les pièces de l’artiste semblent devenir des matériaux à part entière. L’artiste prend le temps, le dompte et dans un même temps accepte de le laisser filer.
Chaque pièce est un amoncellement d’éléments quasiment identiques. Les formes sont souvent abstraites et pourtant glissent ça et là vers le monde du vivant, de la nature et de l’organique. Les détails sont omniprésents, la poésie jamais bien loin.

Saousen Bouanane

Mon travail consiste à explorer la sphère des représentations esthétiques et académiques de l histoire de l art. Suscitant l émotion à partir d un élément d évocation , je mets en scène des éléments de la nature , des paysages , des animaux , des visages ou des corps sous forme de compositions abstraites dont je m attache à exacerber les effets de textures.
Il s agit d œuvres picturales ou sculpturales qui se situent à la frontière de la figuration et de l abstraction .
Ma recherche consiste à créer un réel lieu d échanges et de partage , une plate forme d émotions et de sensations produites par la mise en scène de la lumière et de la couleur, mais non sans sens.
Mon travail trouve sa force dans le mouvement et le geste , importants et nécessaires, ils représentent la vie , la difficulté est de capter cette dynamique et je m y emploie.

Dominique Bourgois

Récupérateur, destructeur, remonteur et assembleur effréné, j’assemble … d’un rien je le transforme et le relance pour une nouvelle destination. Un dégoût profond pour l’immobilise avéré, m’oblige à me remettre en question non-prudemment. Utilisant les déchets des mammifères humains comme la pochette de Compact Disc, la bouteille en plastique, les vieilles peintures, les objets du passé, les bonbons… Je suis artiste peintre, plasticien, styliste, designer!!! Je réalise des fresques, je transforme des lieux, je crée des objets d’utilité (public :-)) et hop, je passe de la machine à coudre au rouleau de peinture avec ma perceuse et ma défonceuse dans une main et mon chalumeau de l’autre avec les pieds sur l échafaudage dans une danse sulfureuse et primitive !!!

Marc Thebault

Né à Saint Brieuc, Côtes d’Armor en 1957
Artiste, sculpteur, professeur des E.N.S.A.
Enseigne à L’Ecole des Arts Déco de Paris
Vit et travaille à Mulhouse.

 

Florian de la Salle

Ma main pense. Elle est l’héritage de plusieurs millions d’années. Cette main est le premier temoin de
l’existence d’une humanité avant même que les Hommes en prirent consciences. Elle n’est pas spécialisée,
ses opérations de préhension-rotation-translation ont traversé tous les temps. Elle fait lien avec le
monde, elle fait aussi naître en moi un désir de ce qu’elle sait que je ne sais pas. Nous sommes à la fois
l’histoire de l’humanité et cette page blanche. Alors je me mets à enrouler un fil de cuivre autour d’un
axe, ma main est à la fois l’outil et le moteur. La distance de ces fils correspond aux distances d’autres
chemins quotidiens – entre mon atelier et un musée (4810 m), mon atelier et un magasin de bricolage
(8848 m), mon atelier et un jardin collectif (5895 m), mon atelier et l’université (4167 m), ou encore
mon atelier à la bibliothèque (2917 m) – sur lesquels ma main m’a emmené. L’objet finit le trajet fini (ou
l’objet fini, le trajet fini – à moins que le trajet finit l’objet fini), ma main finit par déclencher des objets
de vision. Ces distances sont aussi les hauteurs respectives du Mont Blanc, de l’Everest, du Mont Kilimanjaro,
du Mont Toubkal et du Mont Olympe. Et ça fait sens.

Jordan Grosse

Mon travail aborde les thèmes du paysage, du déplacement et de la rencontre. Suivant l’environnement dans lequel je me trouve, des formes vont venir attirer mon attention. La photographie m’aide à comprendre la composition de ces formes : rapport de masse, construction de la ligne, soin des couleurs. Face à la photographie, la sculpture est une manière de prolonger mon regard en donnant corps à ce dernier. Les matériaux utilisés sont : le bois, le plâtre, la résine et le papier. Sculpture et photographie s’articulent ensuite dans l’espace et deviennent ensemble l’écriture d’un nouveau paysage.

Amélie Leblanc

Après une première approche du corps paré lors de mon diplôme des métiers d’art textiles, mon travail progresse autour de la relation entre l’individu et son environnement, la tension entre l’intimité et la démonstration de soi et la parure comme entre-deux. La parure permet de se déterminer matériellement. Elle est une expérience sensorielle, des formes, des textures apposées au corps, conditionnant le regard qu’on lui porte. L’esthétique du vivant et notre relation à l’environnement sont ainsi très présents dans mon travail.

Lionel Sabatté

Né à Toulouse en 1975. Vit et travaille à Paris et Los Angeles.

Born in 1975, Toulouse (France). Lives and works in Paris and Los Angeles.

Fanette Baresch

La matière m’inspire par son potentiel à se métamorphoser. A travers des processus de transformation répétitifs, je cherche à créer des espaces oniriques où la matière révèle des notions ambivalentes. Mes sculptures perturbent nos représentations mentales, symboliques et émotionnelles afin de faire émerger de multiples images qui m’obsèdent : la métaphore du temps, le corps viscéral, l’ancrage psychologique et inconscient du liquide, les artefacts.

Ma pratique se développe selon différents processus de transformations, immédiats ou non, temporaires ou définitifs. J’utilise des matières aux propriétés différentes : terre, cire, textile, bois, métal. De l’état stable à l’état instable, du réversible à l’irréversible, j’expérimente les passages entre les matières ainsi que leurs compatibilités à travers des phénomènes physiques ou chimiques. De mes sculptures émerge la mémoire d’une émotion viscérale et instinctive qui, même figée, continue d’évoluer.