Tilmann Krieg

L’ artiste allemand Tilmann Krieg est un peintre photographe. Les images semblent floues, comme si elles avaient été prises intentionnellement hors du plan de mise au point et se chevauchant avec d’autres images. Ainsi, ces éléments fugaces ont un sens différent de celui des éléments de la photographie classique en ce qui concerne leur représentation et leur actualité. L’artiste vise autre chose qui va au-delà de la simple apparence et de la confiance dans une représentation superficielle. Plus les figures se fondent dans le flux du temps et de l’éphémère, plus les images deviennent des peintures, bien plus que des images photographiques, véhiculant à la fois une dimension poétique et une atmosphère dense et lyrique. C’est particulièrement évident dans les images dynamiques de la série Metro, sur laquelle l’artiste travaille comme l’un de ses thèmes principaux. L’environnement urbain devient un synonyme iconographique de la vie quotidienne et de l’identité de l’individu moderne. Les gens modernes sont constamment en mouvement, constamment en route quelque part. Ce type contemporain apparaît dans ces tableaux comme des personnages anonymes dont l’identité disparaît au rythme de leur vie quotidienne trépidante. Le regard semble suivre les figures qui s’évanouissent, entremêlées d’ombres et de lumières. On pense involontairement à un ventre urbain qui protège ces êtres anonymes. En ce sens, ces images photographiques symbolisent le caractère éphémère de toute existence : êtres en mouvement, phénomènes dans l’écoulement du temps, figures qui se fondent dans l’ombre et disparaissent finalement dans le néant.
(Kho Chunghwan, critique d’art, Séoul, Corée, sur l’exposition Museum PakYoung, Séoul 2009 – extrait)

Vincent et Hugo Muller / Mairelle

Être(s) est une ode à la nature et un hommage aux peuples autochtones. Ce projet collaboratif réalisé dans la région par le plasticien Hugo Mairelle et le photographe Vincent Muller questionne notre rapport à l’environnement. Le masque, objet mystique et anthropomorphe présent aux quatre coins du monde, est ici une passerelle du sensible au spirituel. Ces créations locales, délicates et périssables, sont laissées sur place après chaque séance, pour retourner à la terre et respecter ainsi le cycle du vivant. La variété des corps et des environnements exposés aux saisons et aux éléments, met en valeur la richesse et la beauté de la nature, au travers d’une unité, d’une origine commune et d’une diversité indispensable à son épanouissement.

Jean Mathis

Retour à Baala

Un photo-reporter visite un petit pays lointain. Il y photographie et interroge quelques habitants. 25 ans plus tard il y retourne, retrouve les individus déjà rencontrés, et reprend ses portraits et entretiens. Le visiteur n’a-t-il vu que lui-même lors de ses échanges ?

Philippe Colignon

Quinze fois la mer

L’horizon se tend et sépare deux univers liquides sans rivage où toute réalité se dissout, où ne flottent que brumes et buées.

/ …

Ces carrés de mer, où toute vérité est absorbée, diluée dans des gris chauds, violacés ou verdâtres laissant percevoir la possibilité d’une lumière.

La mer, sans vague et sans ride, confinée au bas de l’image, nous ramène inlassablement à la possibilité d’une terre, d’un rivage où le ciel sera moins pesant, moins immense, une terre de repos où nous pourrons enfin goûter la plénitude du paysage.

Quinze fois la mer, quinze voyages au long cours où l’on abandonne toute certitude de retour, se laissant porter par les éléments et dériver sans fin.

Emmanuel Antoine

Sandro Weltin

Sandro Weltin est né en 1970, à Mulhouse.
A l’âge de 14 ans, il découvre la photographie.
Et quelques années plus tard, le travail de Sebastião Salgado.
C’est une révélation
Il tracera son chemin pour faire de cette passion, son moyen d’expression.
Autodidacte, il observe et admire le travail de tant d’autres.
Discret, il pose son regard, sensible et respectueux.
Ses sujets, causes, lieux, projets, se dévoilent, naturellement et dignement.
A une époque où l’accélération est de mise, Sandro prend son temps.
Une image se réalise si rencontre il y a.
Une image est une émotion.
Sandro, est photographe pour le Conseil de l’Europe.
Témoin d’une Europe en mutation, il photographie pour rendre compte.
Au quotidien.
Appareil enclenché, il crée des images.
Nature, intime, ligne, vertige, absence, innocence, signe, vie.

Björn Nussbächer

Björn Nussbächer est « travailleur frontalier » de diverses manières. Il a étudié l’art et le design à la «Gerrit Rietveld Academy“ d’Amsterdam et a été impliqué dans divers programmes d’artistes en résidence, par exemple Sandimen en Rep Chine, «Tsarino“ en Bulgarie et «Setouchi“ au Japon et Motoco“, Mulhouse ( Fra). Son travail artistique a été au „NAI“, Rotterdam, au Stedelijk Museum, Amsterdam et au Palais de Tokyo, Paris. Il travaille également comme charpentier et menuisier en bois et est un judoka passionné. Dans sa recherche artistique, l’autonomisation performative, la mise en scène installative et le cadre constructif jouent un rôle qui détermine l’œuvre. Ce faisant, il explore les limites au moyen de l’implication physique et réalise ces zones intermédiaires de manière performante.

Victor Remere

Bachelier en arts applique?s, Victor Remere intègre l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy en 2009. Après une année d’étude réalisée en 2011 à Concordia University à Montréal au Canada, Il obtient l’année suivante le DNSEP à Nancy et participe en 2013 au Post-diplôme  » Création et mondialisation  » à Shanghai. C’est aux côtés de Paul Devautour et de l’économiste et essayiste Yann Moulier-Boutang, de rencontres diverses, de conférences et d’actions qu’ils tentent de remettre en question la notion d’exposition par le biais de nouveaux formats. Ces questions deviennent récurrentes et cruciales dans le développement de ses recherches. Elles se poursuivent et s’adaptent à des contextes différents. Sous la forme d’un projet participatif intitule? « White Squares » expérimente? dans les espaces périurbains de Berlin durant l’anne?e 2014, immerge?s dans l’environnement naturel des résidences « Est-Nord-Est »
au coeur du village de Saint-Jean-Port-Joli au Que?bec re?alise?e en 2015 et au printemps 2016 dans des bâtiments en friche de la Basse-ville de Toulon, a? l’occasion de la « résidence Booster ». Depuis 2015, Victor Remere intégré en tant que membre actif l’association « Ergastule » fondée en juillet 2008 par dix artistes plasticiens. Ergastule a pour objectif de promouvoir la création contemporaine, en mutualisant expériences et outils au sein d’ateliers à Nancy ainsi que l’organisation d’évènements et expositions dans le champ de l’Art contemporain.

Laurent Gailmain

Né le 02/09/1974 à Sarrebourg, France.
Vit et travaille actuellement à Saarbrücken en Allemagne où il enseigne les Arts plastiques.

Après une formation d’architecte d’intérieur et de professeur d’Arts appliqués à Strasbourg, il entame une carrière d’enseignant en France jusqu’en 2004, se forme en parallèle à la photographie argentique et réalise de nombreuses expositions par le biais de la création du collectif photographique Focale fixe, puis s’expatrie pour se consacrer à l’enseignement des Arts plastiques et à la photographie professionnelle (île de la Réunion, Algérie, Tunisie, Allemagne). Depuis l’an dernier, il intervient également ponctuellement comme médiateur culturel à la Halle verrière de Meisenthal et à Sarrebruck dans le cadre du festival Artwalk (en partenariat avec l’école des Beaux-Arts HBK).

Lukas Hoffmann

Lukas Hoffmann est né en 1981 à Zug, en Suisse. De 2003 à 2007, il a étudié les arts plastiques à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, avant de participer, de 2009 à 2001, au programme de recherche La Seine (ENSBA, Paris). Des bourses d’atelier l’ont conduit à Anvers (2008/2009), à Berlin (2011) et à New York (2016). Ses photographies sont régulièrement montrées dans le cadre d’expositions personnelles et de groupe. Il vit avec sa famille à Berlin.

Constance Nouvel

Née en 1985, Constance Nouvel vit et travaille à Paris.
Elle développe depuis 2010 un ensemble d’oeuvres qui prend pour point de départ l’analyse critique des caractéristiques de la photographie : comprendre pourquoi et en quoi le processus photographique n’est pas uniquement la reproduction d’un réel, mais aussi l’image d’une réalité tangible, ouvrant aux complexités de la représentation. Ses réflexions se déploient dans un langage plastique et formel ouvert à l’interdisciplinarité des médiums, et aboutissent à la notion d’objets et d’installations photographiques.
Constance Nouvel a exposé notamment pendant le Mois de La Photo au Théâtre de Vanves (2017), au Centre d’Art et Photographie de Lectoure et au Centre Photographique d’Ile-de-France (2014), à la Maison des Arts de Pékin (2015), et dernièrement aux Rencontres d’Arles de la Photographie, dans le cadre du Nouveau Prix Découvertes 2017.
Depuis 2014, elle enseigne la Photographie à l’École Supérieure d’Art de Lorraine – site de Metz, et la technique du tirage chromogène (argentique couleur), au laboratoire photographique de l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris.