« Puiser dans la terre, tendre vers le ciel Nous connaissons d’elle ses sculptures: des créations d‘une force lumineuse et élégante, offrant à nos yeux une retenue mystérieuse en même temps qu’une solide présence entre ancrage et mouvement. Les tableaux que nous montre Claudine Leroy Weil aujourd’hui révèlent à quel point son art peut se lire sous différents angles. Sa peinture expose une nouvelle dimension de son travail: des fragments intimes d’un cheminement autonome. Cette artiste suit sa voie avec persévérance et dévouement, confortée par la puissance de l’inspiration. » Sabine LUBOW, rédactrice, traductrice et journaliste indépendante Dans ma sculpture « les volumes se rencontrent et se tutoient » (Paul Ambille) . Dans ma peinture ce sont les corps qui se rencontrent, parfois se traversent ou se côtoient .Mon travail se nourrit tout autant de l’énergie vitale de la nature, la montagne où je vis, que des énergies et sensations corporelles liées aux arts énergétiques et à la danse. Ce qui me touche : la présence et l’espace entre les êtres, ce qui se joue entre eux, les liens visibles ou invisibles et l’histoire qui se tisse.
Obsession de la série. le temps est limité la créativité devient mon champ des possibles. c’est avec une grande liberté que je me promène dans cet univers élargi de formes et de thèmes. pour les ateliers Ouverts 2024, présentation des séries : __ Madone la femme est une sainte série III, __Cluedo mais qui a tué Madame Leblanc?, __femme en boite , __les oubliées, __petites peintures de la mode…
les fragments de vie se rassemblent, la poésie, la tragédie, le banal, la science, le spirituel sont invités à travailler ensemble nous ramenant à notre condition humaine, au théâtre de nos vies.
Franzele, ( de son vrai nom Françoise Rothenburger) promène un regard tantôt amusé tantôt plein de tendresse sur des personnes et objets de la vie courante. En plus de la peinture à l’huile, elle explore également d’autres techniques comme le collage, fusain et ajout de matière. Dans ses tableaux se côtoient avec bonheur Amour, volupté, humour et mélancolie, fils conducteurs de son oeuvre.
“Ainaz Nosrat convoque sa culture mythologique persane et la mélange à d’autres horizons. De cette mixture sort une nouvelle histoire, en mythe contemporain, dans laquelle on peut saisir des tragédies contemporaines. Ce qui est fait aux femmes, à leur corps, à leur esprit, aux contraintes multiples d’un monde contemporain qui se croit libre. Mais elle se saisit également de la scène fertile qui en découle. Que voyons-nous ? Des fragments de femmes, comme la découpe issue d’un pattern de couturière. Des bribes ? Des broderies. Des boîtes à musique qui relient, dans des rouages improbables, et font gémir la chair, les ventres, les seins. Cela grince, ripe, cela étire à l’infini les souffrances de l’humanité. La douleur qui se joue ici n’est pas exempte d’ironie et parfois d’humour. La peinture est parfaite, de l’ordre de la précision du tissage d’un tapis, ou de la manière délicate de la miniature. La couleur est soit en harmonie soit laisse a-paraître des stridences, des discordances. Des points tressent finement l’ensemble de la surface. C’est comme si, toute jeune peintre encore, elle osait ces citations vers Van Gogh dans les tournoiements du ciel, ou encore Gauguin avec des jaunes acides. De ce paradoxe d’une couleur qui nous touche, nous charme (de l’or qui accroche) et de l’aspect vénéneux naît une incroyable force. Nous foulons des prairies suaves, délicatement tracées et puis nous découvrons, dans la forêt des herbes, des phallus (un peu féminisés dans la même mesure inversée de ce que Brancusi fait à Melle Pogani), des plantes voraces, dévoreuses qui observent en silence ce que fait la peinture à l’advenir du corps, au désir qui se cache et se dévoile. Moules phalliques, malice des moules féminins, Duchamp revisité dans un dadaïsme persan, critique et incisif. Une oeuvre n’est jamais figée, elle avance en tentant des formes nouvelles, des couleurs différentes, des techniques déjà usitées.” Germain Roesz, expo des femmes et des chimères, Zone d’art, 2015
A travers une approche multiple, je m’interroge sur la porosité, qui existe entre les disciplines. Je passe avec liberté d’un domaine à un autre sans égard de frontière. L’interférence des champs est ma ligne directrice. Mes réalisations questionnent ce croisement par l’instauration de rapports singuliers entre corps, objets et espaces. L’ambivalence de la destination et du statut de l’objet produit m’intéresse. Je me penche à la fois sur l’existence et le dépassement des frontières disciplinaires, spatiales, imaginaire. Le franchissement entre les territoires, en empruntant certains chemins, me permet par association ou hybridation de prendre plusieurs issues, tournures. La circulation parallèlement à la tension qui peut exister entre les disciplines, cohabitent. Les productions s’inscrivent dans cet endroit informel où différents secteurs s’entrecoupent. La limite est envisagée comme une membrane perméable. Je parcours son paradoxe de commencement-fin. Le mystère de l’origine de la vie, de ses cycles et de l’univers m’a toujours intrigué. L’origine n’a ni commencement ni fin. Elle est infinie en tout point de l’espace et du temps. Un concept originel, qui a germé en moi pour devenir une source d’inspiration illimitée. La cellule là où la vie, la matière, la forme prend corps. La fragilité inhérente à la force qui en émane. L’aspect cellulaire est un thème récurrent dans plusieurs de mes pièces. La dualité et la complémentarité sont souvent présentes au moment de la conception des pièces. En combinant les pratiques, les techniques et les matériaux, j’explore, trace, transforme, façonne. L’allure polymorphe, des propositions hétéroclites. Objets / sculptures / peintures / installations invitent à vivre une expérience. Les sculptures enfilées, les objets épinglés, les peintures deviennent espaces. L’apparence minérale et la douceur des lignes épurées s’accordent, s’opposent, se complètent. Droites et courbes coexistent. Tracé fluide ou en pointillé, je dessine les contours puis j’entre au cœur. La couleur est utilisée avec tempérance. Du noir au blanc, je sillonne les nuances de gris. Tonalités naturelles. Poudre de cuivre. Anthracite. Transparence, reflet, profondeur. La matière sensorielle, un soin particulier dans son choix est apporté. J’accorde une place importante au rapport sensitif que peut procurer une pièce. Une forte propension à la sensualité est engendrée. Le processus de création m’importe autant que l’objet produit. Lorsque je travaille sur un projet, je ressens rapidement l’urgence de matérialiser la pièce imaginée. La création peut orchestrer des gestes expansifs ou restreints toujours en constante concentration. La sensation de plaisir est intensément présente. Le lieu intime ou de partage, les objets-espaces, les peintures-assemblages peuvent être des endroits où des choses se produisent. Le temps d’une rencontre, l’espace d’un moment. Les installations peuvent être appréhendées en solitaire ou à plusieurs. Elles existent seules ou ensemble. La quiétude semble se dégager des pièces. J’aime créer des pièces qui invitent à la contemplation comme à la réflexion, tout en y glissant un peu de poésie. La recherche autant que le regard esthétique sont subjectifs. La beauté du geste, d’un silence à sa place. Libre à chacun de se faire sa propre interprétation. L’acte créateur autant que la perception expriment toujours quelque chose de soi. Mon engagement est celui de passer à l’action : Créer. La concrétisation fait acte.
Artiste autodidacte à l’ADN pluriel je navigue entre papier et toile, paysage et nature morte. Encre, aquarelle et acrylique. Le paysage m’interpelle par son intensité. Silencieuse et simple. Globale et émotionnelle. L’encre ou l’aquarelle s’y colle. Et le papier, les pinceaux dansent… libres. De l’eau, du pigment. Du risque aussi. Il s’agit alors de capter l’essentiel, l’ambiance. La vibration. Et puis je me pose parfois, happée par un sujet à décortiquer. La nature se meurt…Je m’approche au plus près et me recentre. Envie de restituer. Tout simplement. Montrer le sujet, dans une mise en scène sobre. Il me plait, le voilà. Acrylique, toile, concentration. L’observer et le peindre pour révéler sa beauté, telle qu’elle se présente. Jeux d’ombres et de lumières, palette de couleur réduite font le lien et signe mon travail artistique. Peindre est une évidence, une respiration saccadée entre ces deux mondes qui font écho en moi. Ils se complètent et m’harmonisent.
Parce qu’au commencement, c’est un gouffre à franchir: de moi à la peinture, au geste de peindre. Ma peinture commence en écartant tous les autres chemins possibles. Alors un fil, et je me cramponne. J’ai plusieurs peintures en cours, qui finissent par être abandonnées, remplacées par d’autres, auparavant délaissées. Elles refont surface de nombreuse fois. Travail au long cours, à la limite de l’absurdité. Ce sont essentiellement des petits formats sur bois ou ardoise. Ces supports m’apportent la concentration et m’amènent à une densité, que j’observe parfois comme un point trop dense, sans échappée. Où est l’image? Où est la peinture? Je peins et dis « surface ». Je me colle à la paroi, comme une pulsion avec le désir de la franchir. Je suis Narcisse et je repeins Adam et Eve. La peinture me lie à ma langue, elle est ma matière à penser, ma présence au monde.
Tout est bruyant et flou, emmêlé. Je tournoie dans l’atelier, par bouts d’ellipses, tâtant l’air, la lumière, le bazar. J’attends la fulgurance. Je pense ; la matière et l’esprit sont liés. Combien faut-il de clous pour reboucher un cœur ? Le bleu cobalt me donne envie de courir nue entre les glaces. L’Indigo m’épaissit le sang, le rend velours. J’entre à petits pas dans le rythme du temps géologique. Celui où la matière se forme. J’ai le temps avec moi. Je me débarrasse. Je peins avec la matière, cherche à tâtons l’impact dans l’inhérent. Mets le hors-champ dans le champ. Je peins sans artifice, avec un œil sous terre, ouvert. Comme un caillou âgé de cinquante ans, de cinq cent mille ans. Un caillou de l’espace. La peinture est une entreprise de clarification. Quand le temps le permet ; j’embrasse les pierres salue les arbres caresse l’air, libre. Tel est le but, s’il en faut.