Ugo Lange

Issu d’une génération pour laquelle la question écologique devient une préoccupation quotidienne, mon travail est traversé par la nécessité de contribuer à un imaginaire abordant différemment les relations avec les autres vivants.
La question est vaste et complexe, les approches multiples. J’ai commencé par tenter d’appréhender le sujet en ne pensant plus en termes de nature et d’environnement, puisque la première s’oppose à l’humain, tandis que le deuxième ne désigne qu’un tout indifférencié, dont la principale qualité serait de nous environner.
Plutôt que de penser une autre nature pour y inclure l’humain, j’ai tenté de voir dans l’humain ce qui ne l’était pas ; sa nature multiple, son origine microbienne, cosmique, en essayant de dessiner l’autre qui niche en soi.
Mon rapport au dessin remonte à l’enfance, c’est pourquoi il est marqué par tout ce que je j’ai aimé voir depuis le plus jeune âge ; des albums de Claude Ponti à la peinture de Magritte, en passant par les planches naturalistes d’Haeckel, et Princesse Mononoké. Mon style se veut éclectique, dense, mystique, coloré, ambivalent ; j’ai un pied dans l’art, l’autre dans le dessin d’illustration. Parfois, les deux se joignent pour de longues marches en montagne.

Anne Lerognon

L’humain est au cœur de ma démarche plastique. Depuis une année le thème de la migration s’impose à moi. C’est une des questions centrales de notre temps. J’ai une place confortable pour être émue. Alors je cherche pudiquement une forme, une expression, un groupe, la terre ou la rive rêvée. Le drame aussi. Ce sont souvent des portraits en pied sur toile libre. De cette façon l’image qui vient est comme en miroir et m’interroge sur le sens de l’exil que chacun porte en lui.

Anne-Marie Schoen

J’aime imaginer une création en équilibre, juste au bord du temps, accessible à tous, qui vive et s’enrichisse d’ échanges et de partages en jouant avec tous les matériaux y compris les sons et les mots.

Hélène Cottet

Je suis née à Paris, là où j’ai commencé mes études et ma recherche picturale. J’ai ensuite été diplômée en 2018 des Arts Décoratifs de Strasbourg où je réside et où je crée dans les ateliers de la ville de Strasbourg, au Bastion XIV. Mes toiles représentent des visages rêveurs et des corps expansifs suspendus dans des espaces vides et neutres. En m’inspirant des figures sociales que je rencontre, à travers mon art, je m’engage dans une exploration visuelle du corps humain et de nos rôles sociétaux, posant des questions évocatrices.

Au-dehors de mon atelier, je contribue à la scène artistique locale de Strasbourg, en co-organisant des expositions pour présenter et promouvoir mes camarades artistes.

Rejoignez-nous pour découvrir un monde enchanteur, où l’esthétique onirique se mêle à un commentaire profond sur l’existence humaine.

Vladimyyr

Le cœur de mon travail c’est la couleur. Je cherche à travers elle à explorer mon intimité, celle de mon corps et de mon esprit.  Je peins la couleur de mes émotions et les mondes oniriques qui surgissent l’espace d’un instant dans le creux de mon être. 
Ceux sont les mots qui viennent en premier. Ceux sont les mots qui tournent et qui se bousculent. Et cette répétition m’obsède, alors je les consigne dans la peinture. Née alors une allégorie. Je crée des métaphores de mes obsessions, de mes envies, de mes attentes. La couleur des mots prend souvent visage humain, dénué d’âge et de genre. 
J’essaye d’interroger, dans des représentations naïves, ce que m’inspire le monde, ce que c’est d’être « femme », de s’en émanciper, d’exister dans une société qui nous prive d’un avenir heureux. 

Jeanne Tocqueville

Si le paysage est le principal sujet de mes dessins, il est un prétexte pour y intégrer une subjectivité, une émotion, une expérience pour prendre à parti celui ou celle qui l’observe.
Il est question de s’interroger sur la subjectivité et les ressentis de chacun.e face à des ambiances sensorielles plus qu’à des représentations précises. Quand commence le processus de narration, pourquoi se raconte-t-on des histoires ? Quels souvenirs, expériences, émotions une image fait-elle naître chez chacun.e de nous, comment s’en empare-t-on sous le prisme de notre vécu personnel ? Qu’est-ce qui ressort de la mise en regard de ces différentes lectures d’une image? Quel est notre rapport aux espaces dans lesquels nous évoluons ? Quels sont leurs impacts sur nous, et à l’inverse, quel impact avons-nous sur les espaces que nous traversons ?

Alexandra Gerber

Depuis son diplôme obtenu en 2005 à la HEAR de Strasbourg, Alexandra Gerber peint, sculpte, modèle, explore, enfante, sème et assemble des objets issus du vivant.

Elle embrasse une multitude de chemins comme autant d’univers disponibles à sa pulsion créatrice : films en 16mm, sculptures sur bois monumentales, peintures à l’huile sur feuille d’or, sculptures grandeur nature de terre et de laine, crânes d’animaux dorés et réanimés, racines exhumées des tréfonds de la forêt, empreintes de spores d’amanite tue-mouches, polypores aux yeux de braise et autres masques issus des règnes végétaux et fongiques. Sa créativité effrénée se développe aussi sur le papier ; romans, poèmes, dessins “automatiques” peuplés de créatures insolites, portraits fantomatiques à l’aquarelle, comme si la main devinait naturellement ce qui se cache dans l’invisible…

Impossible de connaître la suite : chaque territoire exploré conduit à de nouvelles découvertes. Rien n’est jamais acquis, ni figé. Tout se transforme inlassablement en obéissant à l’appétit des matières, dans une danse exploratoire ouverte sur l’inconnu.

« Faire feu de tout bois, et même de l’invisible », c’est la spécialité de l’artiste, qui a étendu son champ de sculpture à la psyché humaine, et à travers des rituels, conduit des personnes à des transformations intérieures, en rebranchant l’humain à la dimension archaïque de son être, à la structure de l’univers…

Est-ce de l’Art ? Du chamanisme ? Un jeu de piste, un conte métaphysique ? Tout cela à la fois !

Alexandra l’incarne en vivant et créant à Steige en lisière de forêt, à cheval sur les mondes, et ne faisant aucune concession sur la sincérité de l’élan. Ce qui rend la chose éphémère, fugace, magique, et échappant totalement aux projets institutionnels.

Jacques Thomann

Après de longs mois  d ’ absence, je  retrouvai   l ’ atelier.  Je me laissai aller à l’éblouissement de la  couleur pure, de celle qui donne corps à la forme, à la ligne, à l’espace.  Ce chant nouveau n’ est pas sans vertige ni questionnement. 

            J‘avançai dans le brouillard, émerveillé, sublimant seule la matière composée. Fallait-il ces longs chemins  de traverses pour toucher du doigt la simplicité  du langage poétique,  sa  musicalité ?  

               « Le choc de l’émotion cause l’expression »  Etel Adnan