Entre savoir expert et profane, Jacques Herrmann développe une pratique qui allie peinture et installation.
Il entend susciter une expérience sensible de la peinture ou s’articule des phénomènes d’apparition et de disparition, d’accumulation, de répétition et de mémoire. De l’inévitable mise en perspective de la peinture avec son passé, il puise les anecdotes nécessaires à revisiter ses formes comme autant de traditions qu’on célèbre, qu’on renouvelle. Attentif aux usages et aux formes de la peinture, il multiplie les séries pour formuler différentes typologies qu’il poursuit en altrnance les unes des autres tels que des trompes l’œil, des palimpsestes ou des monochromes. Son affinité pour la peinture l’entraînent en terra incognita, à l’affût de nouvelles possibilités, de découvertes fortuites. Il met la matière à l’épreuve en cherchant ses limites pour en révéler quelques aspects : sa fragilité, sa luminance ou son opacité
Architecte de formation, la dimension artistique est au cœur de ma vie depuis de nombreuses années. D’abord au travers du dessin, de la danse et de l’enseignement, c’est le médium de la peinture qui s’impose aujourd’hui de façon vicérale et qui me permet d’entrer dans un travail au long court. La dimension rituelle du travail artistique m’intéresse tout particulièrement et m’amène, d’une part, à la collection de mots, de phrases poétiques, de photos et d’autre part à des moments de peintures qui s’apparentent à des protocoles toujours en mouvements du type : peindre tous les jours sur un même format, peintre à partir du souvenir, peindre à partir de «d’hypothèses poétiques». Si ma pratique est principalement figuratif, l’aspect protocolaire m’invite à ne pas prendre le sujet pour sujet, mais plutôt comme un support au travers duquel je découvre petit à petit des thèmes transversaux comme la mémoire et l’intensité du quotidien. Réapparait alors, pinceaux faisant, derrière la peinture d’une cuillère, d’un vélo d’un reflet ou d’une composition picturale, l’obsession très architecturale de la lumière et l’équilibre toujours instable de la danse.
Artiste pluridisciplinaire, graphiste, chercheuse et professeur à l’Université de Grenade, docteur en Arts (Phd), auteur de plusieurs publications scientifiques et de livres de graphisme. Sa recherche artistique est axée sur le corps, la créativité, l’espace et notre façon de l’habiter, en particulier sur la fragile et mouvante frontière entre l’espace intérieur et extérieur, ainsi que les multiples aspects de la perception. Son travail artistique couvre un large éventail de techniques et se centre principalement sur la figure humaine et son environnement, le corps et la symbolique sociale, ainsi que la symbiose avec la nature, ce qui l’a amenée aussi à la construction de parcours et d’expériences de land art et d’art vivant. En ce moment, elle réalise un séjour de recherche sur la créativité inhérente à la corporalité, au laboratoire de David Le Breton à l’Université de Strasbourg où elle intègre une recherche plastique sur la figuration et la représentation du corps humain.
La série de peintures « Déterritorialiser » qu’elle présente aux ateliers ouverts, évoque la difficulté pour l’être humain d’atteindre l’expression authentique de son être et de se sentir libre. Nous sommes « jetés » dans ce monde (selon l’expression de Heideggger), sans défenses, et nous cherchons continuellement un abri, un refuge, une protection. Les liens sociaux que nous tissons nous protègent en même temps qu’ils nous conditionnent et nous empêchent de nous sentir libres.
Il s’agit d’une dichotomie difficile (voire impossible) à résoudre. Le drame ou la lutte qui en résulte est ce qui caractérise nos vies, chacune ayant une réponse unique à un drame commun. Les protagonistes de ces peintures sont « piégés » dans un réseau de signes qui représentent des cartographies imaginaires. Ce simulacre cartographique symbolise notre système de codage, que nous utilisons pour interpréter la réalité et qui crée de nouveaux liens sous forme de préjugés ou de pensées figées qui nous empêchent d’avoir une expérience authentique de la réalité. La solution est, comme le suggère le philosophe Gilles Deleuze, de « déterritorialiser », c’est-à-dire de rompre les interprétations de la réalité auxquelles nous sommes accoutumés afin de créer toujours de nouvelles réalités, de nouveaux « territoires », en stimulant notre capacité interprétative et en mettant en action l’autocréation continue qu’est la vie.
Depuis que je me connais, j’adore dessiner. Cet amour était si fort que ni les produits cosmétiques de ma mère ni les portes, les fenêtres et les murs de la maison n’étaient à l’abri de moi ! Le jour où j’ai peint sur le plafond de la cuisine, mon père s’est vu finalement obligé à m’envoyer chez son ami peintre pour mieux apprendre.
Les années ont passé et j’ai étudié le graphisme, la peinture, l’architecture d’intérieur et l’illustration. J’ai eu l’occasion de coopérer avec diverses agences de publicité, avec les éditions jeunesse, les agences et cabinets d’architecture et de décoration d’intérieur, les entreprises d’imprimerie et de conception de tissus et d’arts de la table. Toutes ces tentatives m’ont fourni l’opportunité parfaite afin d’acquérir de riches expériences. J’ai également participé à des expositions individuelles et collectives et enseigné le dessin et la peinture.
Après avoir émigré, en dépit des difficultés rencontrées j’ai enfin ouvert mon propre atelier de peinture et j’y travaille actuellement. Mon amour pour l’art est tellement profond que je ne peux pas imaginer la vie sans art, j’espère pouvoir continuer à marcher sur ce chemin grâce à votre soutien.
La série Terre d’Encre aborde la notion de paysage avec peu de moyens, l’eau, l’encre de chine et le papier. Il s’agit de faire naitre le paysage à partir de la trace, de l’empreinte. La lumière enfouie dans la profondeur du papier révèle la force et l’énergie du paysage.
Cette série rejoint l’approche de Shitao : « L’encre en imprégnant le pinceau le dote d’une âme, le pinceau, en utilisant l’encre la doue d’esprit »
L’art interroge notre perception du monde
Un monde toujours en mouvement où rien ne dure, tout change , nos pensées, nos émotions, les choses de l’extérieur, chaque instant qui passe, chaque échange, chaque discussion nous rend différent.
La gageure de mon travail tente de traduire l’impermanence de la vie, du mouvement perpétuel dans des objets, des installations qui, par essence, se fixent, se figent dans le temps.