Yves Carrey

Mon travail consiste a puiser dans le réservoir sans fond de ce que produit notre société consumériste à l’excès pour les ré assembler, non sans les triturer, les tordre, les découper, les écrabouiller, au gré des images mentales qui se présentent à mon imaginaire. En bref, faire feu de tout bois, sauf qu’il s’agit ici du métal sous toutes ses formes disponibles. Mon travail ne consiste pas uniquement a réaliser de la sculpture, mais également a créer tout ce que permet l’usage de ce matériau au possibilités infinies: luminaires, mobilier, bas-reliefs, rambardes, etc.

Mannee Saki

L’artiste mauricienne MANNEE développe depuis 10 années une langage solitaire de la performance rituelle contemporaine, qui due à ses procès intimes se manifeste principalement dans des video-performances, des installations et des peintures rituelles. Son corps de travaille prend racine dans son vécu des rituels traditionnels hindou. Mais elle y relie à travers des formulations contemporaines des forces subtiles perçu dans le Ici et le Maintenant. Ainsi elle choisit des thèmes d’importances actuelles de nos sociétés globales de cultures nomades qui sont l’exile, l’individu et la masse, aise et malaise sociale, intimité et identité; élaborées par des matériaux comme le sang menstruel, la terre, le safran, les pigments, les cheveux, le vernis et la résine et des objets comme des vêtements, des pierres et autres objets portant les traumas sociaux et sociétales de notre civilisation. Son principal sujet de recherche et de travail est basé sur le traumatisme transgénérationnel, ses conceptions scientifiques et leur guérison. Les dimensions multigénérationnelles du traumatisme se réfèrent à la transmission physique et psychique des horreurs du passé comme «histoire incarnée» dans le présent; comment les individus et la société sont modelés par les actions passées de leur ancêtres, leurs angoisses et peurs et comment les perceptions sont influencées par cela. Une autre source d’inspiration sont ses rêves, un médium puissant et un guide, menant de l’autoréflexion et de l’histoire familiale à une vision élargie de l’histoire du monde; les vagues de mouvements évolutives de l’Homme, la «criminologie» de l’Homme et de son existence même, le monde des rêves comme une plateforme de conscience collective et de souvenirs mondiaux. En tant que langage, elle utilise la performance rituelle vidéo, l’écriture de la poésie et de proses ainsi que de la peinture et du chant performatif.

Sylvie Monami

artiste dans l’âme, je crée, dessine, peint, transforme depuis mon adolescence. de l’aquarelle à l’acrylique, sur toile, sur mobilier, après mes 40 ans j’ai commencé a proposer mes oeuvres au public. j’ai exposé sur divers marchés et salons d’Arts et depuis fin 2016, je crée des lampes dont l’abat jour est une création en papier moulé et le pied de lampe est en bois.

Joelesbiscottos

Je m’appelle Frédérique ANDRE, j’ai 50 ans, je suis graphiste professionnelle et travaille en parallèle le textile, la laine… J’anime des ateliers créatifs sur le feutrage de la laine à la main, atelier autour du textile… sous le nom de JoeLesBiscottos J’ai le souvenir d’avoir toujours bricolé depuis toute petite. Je joue naturellement avec les couleurs, les matières, les transparences… J’adore associer le transparent, l’opaque, le lisse, le rugueux, le brillant, le mat, les couleurs opposées ou faire des harmonies de couleurs… J’ai commencé par créer des colliers fantaisies pour moi, puis pour les anniversaires, puis, puis… Le tissu est devenu plus présent, presque indispensable… j’adore tester des trucs avec le tissu (tissu rétrécissant, hydrosoluble, transfert…) autant que la laine feutrée à la main, à l’eau et au savon que j’ai découvert puis perfectionné lors d’ateliers que j’ai suivi auprès de feutrières professionnelles comme Nathalie Banos, Ariane Mariane, Maria Friese, Sandrine Bihorel. L’inspiration vient d’un tissu, ou d’un bouton, d’une couleur… j’adore créer des bijoux en tissu, inspirés de bijoux ethniques ou du charme de l’Asie (même si je n’y suis jamais allée)… En ce moment, je suis à fond dans la customisation de vestes, j’aime « raconter des histoires » avec mes compo de fleurs, de tissus, de galons, boutons choisis spécialement. Je recrée de « petits tableaux » en tout modestie, bien sûr. Je ne me prends pas pour une peintre, mais je joue encore avec la couleur avec d’autres médium.

Miriam Schwamm

Miriam Schwamm a vécu et travaillé pendant près de trente ans en Nouvelle-Calédonie avant de s’installer dans le Bas-Rhin. Son travail plastique, protéiforme est souvent questionnement sociétal, environnemental voir historique, qu’il s’agisse d’appels à projets publiques ou de projets d’expositions personnels.

Son engagement envers la communauté artistique, très métissée en Nouvelle-Calédonie, l’a amené également à la création et coordination de nombreux événements collectifs en arts visuels. A Nouméa, le partage de son atelier de gravure a permis à plusieurs artistes locaux de développer cette technique, une dynamique qui se poursuit aujourd’hui. Son travail de dessin autour des objets kanak dans des musées en Europe et Australie a participé à la diffusion de ce patrimoine culturel fondateur pour la Nouvelle-Calédonie contemporaine.

En réhabilitant et aménageant un espace de travail dans le Nord de l’Alsace, un nouveau projet et un changement de vie se mettent en place depuis octobre 2019.

Il ne s’agit pas là d’une coupure avec l’Océanie et son mode de vie et de pensée, même si son travail plastique se consacre désormais aussi aux réalités de son nouveau territoire, l’Alsace du Nord. Mais au contraire de continuer à tisser des liens entre des mondes aux antipodes les uns des autres. C’est pour cette raison qu’en plus de l’ouverture de son atelier de gravure et des espaces d’exposition aux artistes à proximité, elle accueille des artistes de Nouvelle-Calédonie et d’ailleurs pour des rencontres et créations en échange avec ceux de la région.

Concevoir et faire vivre un espace de partage et de compréhension de l’autre différent, interroger et créer ensemble sur des thématiques qui nous concernent tous, où qu’on se trouve sur la terre est une partie inhérente du travail artistique de Miriam, un enseignement de l’art de vivre des civilisations du Pacifique Sud qu’elle a amené dans ses valises et qu’elle continue à faire vivre ici.

En ce mois de mai 2024, elle ouvre les portes de sa Case à Preuschdorf pour la 10ème exposition depuis son arrivée dans l’Outre-Forêt.

Yvanne Laurent

Artiste, artisane, bijoutière à Strasbourg depuis 2022, Yvanne Laurent imagine, dessine et fabrique des bijoux en argent en petite série et à la commande – mais également de petits objets, des boîtes et sculptures en cuivre, laiton, argent, bois. Issue d’une formation technique et créative, elle dessine des formes simples inspirées d’une géométrie élémentaire. La réflexion est celle d’un jeu d’enfant, le rapport aux objets se veut simple et ludique. Une boîte dænse dans le creux de la main : jouer à l’ouvrir, répéter le geste, se demander ce qu’on y mettra… un petit mot, peut-être rien ? Peu importe. Formes et motifs dialoguent avec le corps et se laissent influencer par les reliefs, les surprises, les imperfections qui font la poésie du vivant.

Manon Pourcher

Diplômée de la mention Art-Objet à l’atelier bijou en 2021, elle a d’abord suivi 5 années d’études techniques en bijouterie.
Après ses études à la HEAR, elle obtient un atelier au Bastion 14 à Strasbourg en 2022. Son travail interroge, dans une perspective animiste, les liens que les objets tissent dans les paysages ainsi que les échanges qu’ils opèrent avec les corps.
En parallèle de son travail personnel, elle poursuit ses réflexions sur le vivant et dans le duo Tierstein, co-fondé avec l’artiste Zoé Kiner-Wolff en 2021

Claire Pontié

Point d’ancrage, le bijou définit des rythmes et des mouvements sur le corps de celui qui le porte. Il joue de la topographie biologique du corps, ses courbes et ses plis, et des projections culturelles qui s’y dessinent pour supporter un réseau de valeurs et d’affects. A l’échelle individuelle du porteur et à celle de la société, le bijou oriente le regard et créer une interface qui définit une part de notre identité sociale. Le bijou participe ainsi à la construction d’un langage à même le corps. J’investis ce langage par le biais de formes organiques qui empruntent à l’ image de plantes et d animaux souvent chargées de fortes symboliques. A travers elles je tente d’interroger des rapports possibles à l’érotisme et la nature. Je veux donc que mes bijoux offrent des points de contacts avec une forme de sensualité et puissent être instigateurs de rituels personnels.

Juliette Même

Par mon intervention, je tente de révéler la valeur de ce qui n’a a priori pas d’intérêt. Les restes, les objets banals, les situations ordinaires constituent la matière première que je cherche à transmuter en objets sensibles qui prennent souvent la forme de bijoux.

Cannelle Preira

Par la sculpture et la photographie, Cannelle Preira interroge les relations entre le corps, les objets et l’architecture.

À travers différentes séries de sculptures portables et manipulables, l’artiste explore la complicité que l’on peut entretenir avec les objets. Ses petites pièces artisanales en pierre, métal ou céramique (Les Osselets, Récréation, les Handschmeichler…) nous invitent à un toucher ludique et instinctif. Ils suscitent une appropriation très personnelle des objets.

Lorsqu’elle emploie la photographie, Cannelle Preira récolte, collectionne et enquête à la recherche de formes et de matières signifiantes (dans les aires de jeux, les halls d’immeubles, les mouvements des mains) mais surtout pour relever les subtilités qui font toute la singularité d’un environnement. Ces collections de photographies nourrissent généralement son travail du volume, ainsi les deux médiums cohabitent et se répondent au sein de sa démarche.

Si les recherches de Cannelle Preira convoquent régulièrement l’enfance et les sensations vécues à cet âge, elles sont également traversées par des questionnements sociologiques, politiques et culturels, comme avec le projet Hair Pride qui interroge la diversité capillaire et l’héritage post-colonial ou encore Mon Château qui souligne l’absence de la pierre dans le logement social.