Audren Brisset

Après avoir partagé plusieurs ateliers strasbourgeois, de la Plaine des Bouchers au Parc Grüber, j’ai posé mon chevalet depuis trois ans à la Villa Haslach, un atelier collectif à la Montagne Verte, co-construit par Thomas Bischoff et Fantine Andrès.
Dans cet espace aux allures de maisonnée, je développe un travail plastique plus intime, principalement inspiré par mon histoire personnelle et mes expériences vécues. Oscillant entre peinture à l’huile, techniques de gravure ou dessin, je combine les images, croise les points de vue, articule cet ensemble de rencontres et de visions partagées au sein-même de ma production.

Jade Rousset

Tout est une question de dualité, ou plutôt d’allers-retours. Mon travail de peintre me permet de prendre conscience que mon corps évolue dans une atmosphère. Je retranscris ces moments où corps et espace se rencontrent. Je ne suis pas dans la représentation. C’est une suite de couches et d’additions qui se met en mouvement sur mon médium, nourrit des éléments qui m’entourent. Tout devient impressions. Trop imprécis pour être un paysage mais trop évocateur pour n’être que de l’abstrait. Je me détache naturellement d’un possible objectif de départ. C’est un vide dans lequel je continue sans cesse de creuser. Il me nourrit. Puis, ma peinture m’échappe dans d’autres regards. Elle devient autonome. J’apprends alors que peindre c’est être solitaire, mais ça ne prend pas vie dans la solitude.?

Christophe Hohler

Les personnages que Christophe Hohler met en scène ont quelque chose de fascinant. Le terme de fascinant ne rend pourtant pas avec suffisamment de précision ce qui se produit exactement au moment où nos yeux se posent sur ces personnages. En fait, ces frêles silhouettes s’offrent à nous avec une évidence si déconcertante que nous en sommes bouleversés. En contemplant ces êtres désarmés, saisis à des moments anodins de leur existence, nous réalisons combien nos regards sont conditionnés, entravés. Depuis longtemps, les convenances ont recommandé de ne pas dévisager avec trop d’insistance nos sembla- bles. Ne doit-on pas soigneusement éviter de croiser trop longtemps un regard ? La bienséance nous interdirait-elle aujourd’hui de voir l’autre (de le comprendre) ? Christophe Hohler lève ce tabou, en tant qu’artiste, en tant qu’homme, il refuse de se conformer à ce genre de convention. Alors, quand on lui pose la question d’où pro- viennent toutes ses figures, l’artiste répond en toute simplicité « c’est en peignant que le sujet se révèle ». Voilà un certain temps, en effet, qu’il n’a plus besoin de modèle devant lui pour donner un corps à ses silhouettes. C’est que sa vigilance mentale mobi- lise sa mémoire visuelle et son empathie. Cette fusion guide ses mains, et en quelques traces fulgurantes surgissent Celui-ci, Personnage 12-01, Individu 1, Groupe de réfu- giés… Car il peint vite, très vite. Il faut l’avoir vu, ne serait-ce qu’une fois : en quel- ques lignes colorées, il invente un corps et lui assure l’allure désirée. On comprend alors qu’il a intégré une multitude d’observations et qu’il a mémorisé les formes que peuvent prendre certains états psychiques. Et il les érige en véritables images sympto- matiques. Il modèle la figure avec son jaune, avec le bleu, le rouge. Le rouge surtout, celui de la vie. « C’est en peignant que le sujet se révèle »… Il ne cherche pas l’indivi- dualité, ni la ressemblance, il débusque, avec une précision infaillible qui lui est propre l’humanité dans les êtres. Il en capte une part intime, leur fragilité, leur dignité lumi- neuse. Celle que nous refusons de voir et qui justement ici nous fascine. Claude ROSSIGNOL

Julien Schleiffer

Graphiste, illustrateur et animateur indépendant, son travail tente de tisser un lien entre un intérêt pour le portrait – thème classique de l’histoire de l’art – et la recherche d’une voie singulière et originale dans la pratique de ce même thème. Confrontant le dessin d’observation à l’expérience graphique au travers d’un médium encore relativement jeune, la peinture numérique. Conjuguant une pratique assidue du croquis in situ (carnettiste et membre de la communauté Urban Sketchers) à une réflexion sur les contraintes et les libertés inhérentes au « digital media ». Ces prises de notes quotidiennes deviennent un champ d’expérimentation, une recherche du point de rupture entre l’essentiel et le superflu. Il présentera quelques carnets et impressions lors des ateliers ouverts.

Léontine Soulier

Léontine Soulier a grandi dans les grandes forêts vosgiennes. Elle partage aujourd’hui son temps entre sa douce région d’enfance et un Strasbourg animé, où elle partage un atelier collectif.
Elle construit de très petites images sur papier comme de très grandes sur des murs. Inspirée de l’environnement qui l’entoure, et qu’elle traverse à pied, à vélo, elle raconte la nature et part de son quotidien, de sa vie de femme, de ses contes d’enfance pour raconter des récits qui résonnent chez d’autres. Elle distille une poésie colorée, fabrique des sensations. On y lit ce qui la fâche, l’apaise ou la questionne.
Les techniques traditionnelles lui permettent de faire corps avec le médium, d’explorer la matière. Elle offre une balade dans un monde en pleine nature, où des personnages hybrides, souvent féminins, prennent vie. Des récits qui se déclinent dans des livres, ou qui se synthétisent dans des images indépendantes.
Nourrie par les rencontres, animée par la transmission, son travail trouve sa forme finale dans le partage et l’échange.
Elle part d’elle-même pour raconter dans son premier livre « Nauplius », sorti en 2022 aux éditions Lapin. Elle pose aussi ses lignes sur le récit des autres, comme pour le livre « Vagi-quoi ? », sorti en 2025 aux éditions Lapin, et pour lequel elle a obtenu une bourse d’écriture de la région Grand Est.
Sa pratique l’emmène vers des territoires ruraux où elle apporte son imaginaire, notamment lors de résidences comme celle réalisée avec l’association REEL dans le Tarn-et-Garonne en 2022, soutenue par la DRAC et la région Occitanie.
L’aventure, la recherche de nature et la rencontre sont au cœur de son travail, ce qui l’a emmenée au Groenland en juillet 2026 pour une résidence dans le village d’Akunnaaq avec l’association du Manguier.

Dominique Haettel

Dominique Haettel développe  une pratique artistique axée sur la réinterprétation  d’éléments oniriques, surréalistes et irrationnels.  Dans ses  créations (dessins, peintures, assemblages, photographies) il est constamment à la recherche de ce qui se cache derrière… au delà des apparences.  Le côté « inachevé » de ses représentations imaginaires crée un sentiment de mystère et d’attrait  qui amplifie le pouvoir suggestif de l’œuvre, entraînant ainsi  le spectateur dans un monde  chimérique et fantasmagorique.

Jean-Louis Kuntzel

Mon travail porte sur le sentiment de foisonnement vital. En résonance avec le désir, porté par les corps, la nature et le rythme des saisons.  « Je peins. Quand je peins, quand je dessine, il est question de puissance, il est question des palpitations du désir.  Je peins le désir, la vie, les bourgeons tendus, les fleurs qui éclosent, le vent léger dans les feuilles, le ciel bleu à travers les arbres, la moiteur et la chaleur de la peau, l’odeur de la sueur et les sourires à ces moments. Je ne raconte rien. Il n’y a pas d’histoire. Mon travail dit la captation de toutes ces choses : l’instant, vivant, jubilant, foisonnant, de verts, de rose, victorieux, le passé enroché, l’espoir là et le désespoir plus loin. »

ROM

Robert, après avoir passé un CAP de modeleur sur bois est parti à l’âge de 19 ans pour un tour du monde de 3 ans en s’inspirant de Châteaubriand qui disait que « les voyages forment la jeunesse ». Ayant toujours eu une âme d’artiste, cet autodidacte de l’Art se retrouva dans différents pays où il s’initia par exemple en Afrique et en Asie particulièrement aux sculptures locales et par la suite au Canada à la photo.

Montanaro

C’est entre art et peintures, sculptures et pop art que Renato Montanaro façonne ses oeuvres. Innovant, Renato a mis en avant des concepts inédits, tels que la peinture 3D. Ses idoles ? Picasso et Michel Ange.

Falcone

Falcone, est un jeune artiste alsacien qui a débuté la sculpture et la peinture en pure autodidacte. Conscient et engagé, il a décidé de mettre son talent à profit de la nature dont il s’inspire pour mieux la valoriser dans ses différentes créations. Il retranscrit la dynamique du monde actuel dans le caractère stylistique de ses œuvres, et ne cesse de se réinventer car il laisse libre cour à son imagination. Ses œuvres sont sculptées ou peintes par son esprit avant tout, donnant ainsi à son travail une évolution constante.