Depuis un certain temps je m’interroge sur la manière de faire cohabiter
des médiums différents. Je travaille en parallèle la peinture, la sculpture et
le dessin. L’échange qui se met en place pendant le processus de travail,
aide à leur développement. Mes œuvres se construisent autour des mêmes
questionnements et sont basées sur des recherches essentiellement
plastiques, quelque soit le médium exploité.
Je considère mon travail comme une mise en tension des couleurs,
des formes et de la matière travaillée de manières différentes.
Je pense que dans la confrontation des médiums se créent des liens qui
rendent plus visibles les tensions que je veux souligner.
C’est pourquoi, je présente mes peintures et sculptures en dialogue.
Je me construis une banque d’images à partir des éléments et des expériences
visuelles rencontrées dans la nature. Je m’intéresse au paysage : les rochers,
les formes naturelles, les textures et couleurs qui se créent sur une surface
par l’érosion, les taches qui apparaissent sur un mur là où la peinture
est tombée attirent mon attention.
Je déplace des éléments de leur contexte pour créer de nouveaux « paysages »
et jouer sur notre perception.
Je mets alors en place une sorte d’ambiguïté, d’étrangeté.
En peinture je travaille par superposition de couches de matière plus ou
moins épaisses (mélanges de colle et pigmentes pour les fonds, sable, vernis
et peinture à l’huile pour les parties en texture). Il y a au cours de ce processus
des réactions, des effets qui échappent au contrôle. C’est là qu’à lieu
la rencontre entre la maîtrise et le hasard, l’habituel et l’étrange.
Mon plaisir est alors de permettre ces surprises, d’accepter ces contraintes.
Je travaille à partir des événements produits par la nature des matériaux.
Je m’intéresse à ces spécificités que j’utilise pour renforcer les tensions qui
s’y sont créées.
