Clémentine Margheriti

Parce qu’au commencement, c’est un gouffre à franchir: de moi à la peinture, au geste de peindre. Ma peinture commence en écartant tous les autres chemins possibles. Alors un fil, et je me cramponne. J’ai plusieurs peintures en cours, qui finissent par être abandonnées, remplacées par d’autres, auparavant délaissées. Elles refont surface de nombreuse fois. Travail au long cours, à la limite de l’absurdité. Ce sont essentiellement des petits formats sur bois ou ardoise. Ces supports m’apportent la concentration et m’amènent à une densité, que j’observe parfois comme un point trop dense, sans échappée. Où est l’image? Où est la peinture? Je peins et dis « surface ». Je me colle à la paroi, comme une pulsion avec le désir de la franchir. Je suis Narcisse et je repeins Adam et Eve. La peinture me lie à ma langue, elle est ma matière à penser, ma présence au monde.

Valérie Demenge

De son oeil d’artiste formé dès le plus jeune âge, Valérie Demenge a gardé une sensibilité particulière pour capter et retranscrire les lieux qui l’entoure. Avec ses études d’architecture d’intérieur à Camondo, ce sont d’abord des lignes et des perspectives saisis sur des croquis qui se projettent sur des aquarelles aux couleurs méditerranéennes et pastels. De ces ébauches résultent des toiles abstraites travaillées entre Paris et l’Alsace qui, avec le temps, se sont désagrégées en un ballet de formes et de contrastes diffus. La technique de l’huile et des textures font alors cohabiter l’ombre et la lumière. L’étude des espaces de vie quotidiens fait naitre des constructions éphémères auxquelles les tableaux de Valérie Demenge peuvent rendre une vie durable. En partant de la contemplation d’un intérieur, de la nature (avec les arbres et les châteaux des forêts vosgiennes) ou de la ville (des toits de Paris ou Rome aux grattes-ciels de Chicago ou aux ponts de Porto), c’est la même lumière universelle qu’essaye de transmettre Valérie Demenge qui considère ses tableaux comme des « passeurs de lumière ».

Magalie Ors

Après une formation universitaire de trois ans, Je me consacrais à mes propres expérimentations. Pour moi la matière picturale n’est pas prédéfinie, mais présente dans tout. Ma sensibilité me poussant vers des techniques éthérées, non immédiates et en perpétuelle évolution, je me suis tournée vers une technique mixte à l’encre, à l’acrylique parfois, et au papier collé, arraché, gratté, déchiré, superposé. La vision du paysage s’impose d’emblée comme un référent, un champ d’expérimentation et d’expression. Bien qu’omniprésent et commun à tous, le paysage côtoie l’intime, le particulier, le souvenir, l’émotion. Je travaille souvent d’après une photo. L’image se retrouve alors nue et brute. Un souvenir se superpose à un moment ou à un autre et imprime une émotion, et l’image retrouve avec la peinture, substance et présence physique. Ce mécanisme d’éloignement et de rapprochement successif apporte la distance nécessaire pour revenir à l’essentiel, à l’essence du paysage.

Luc Dornstetter

Je suis né à Rothau en 1948. J’entre aux Arts Décoratifs de Strasbourg en 1966. Au bout de quatre années, formé par Camille Claus et Camille Hirtz, j’obtiens mon diplôme avec le prix de la ville de Strasbourg. Jusqu’en 2011 je partage mon temps entre l’enseignement du dessin en lycée et la peinture. Président de l’AIDA de 2008 à 2011, j’anime le groupe « 7 à voir » qui se compose d’une dizaines de plasticiens. Membre du comité des artistes de l’Evêché, je collabore à l’organisation des expositions du Chemin d’Art Sacré. Depuis 2011 une grande partie de mon temps est voué à l’Art Sacré avec des expositions de groupe et individuelles sur des thèmes tels que : « Musique et Bible », « L’Apocalypse » et en 2022 « La rédemption » au couvent du Bischenberg à Bischhofsheim.Je suis un peintre pythagoricien à tendance symboliste à la croisée de l’histoire, de l’ésotérisme, de la littérature et de la bande dessinée, passionné par l’histoire des techniques picturales et un peu alchimiste.

Vérok Gnos

 Verok Gnos porte une attention particulière à la nature. Elle se laisse guider par les formes naturelles déjà existantes. Elle utilise et sublime ces matériaux et les met en scène. Ainsi l’oeuvre devient le lien entre le geste d’artiste et la création de la nature.  

Avec ses peintures elle nous invite à réfléchir à notre posture d’être humain face à la nature, à sa faune et sa flore.     

« Les Petits Bouts de Monde… » comme elle les appelle, n’ont pas vraiment de titre qui selon elle, aurait pour effet de cloisonner la pensée.    

Vérok Gnos a mis au point une technique de peinture qui permet à l’œuvre de vivre. À l’aide de l’apesanteur, les gouttes de couleurs vivent ou fusionnent sur le support (Dibond)

Gilles Michon

C’est ce qui m’entoure que j’ai d’abord considéré comme étant un paysage. Des formes d’arbre, des fragments de corps et d’architecture se sont imposés dans mes carnets de croquis. Ces formes sont devenues un dictionnaire que je consulte afin de renforcer et confirmer des impressions fugaces. Ces impressions sont devenues prétexte à déposer les couleurs sur des supports variés comme le papier, le carton, la toile et aussi à utiliser des matières comme le sable, la sciure ou même la terre.               

Ce qui est bon dans la peinture c’est son odeur, son onctuosité sa façon de couvrir et d’être recouverte. Le grand plaisir de mon métier de peintre c’est qu’il m’est permis de suggérer des traits particuliers, hasardeux, qui relèvent de l’anecdote et qui produisent, en fin de processus, une oeuvre douée d’une sorte d’existence en soi.   C’est ce qui m’entoure que j’ai d’abord considéré comme étant un paysage. Des formes d’arbre, des fragments de corps et d’architecture se sont imposés dans mes carnets de croquis. Ces formes sont devenues un dictionnaire que je consulte afin de renforcer et confirmer des impressions fugaces. Ces impressions sont devenues prétexte à déposer les couleurs sur des supports variés comme le papier, le carton, la toile et aussi à utiliser des matières comme le sable, la sciure ou même la terre.                Ce qui est bon dans la peinture c’est son odeur, son onctuosité sa façon de couvrir et d’être recouverte. Le grand plaisir de mon métier de peintre c’est qu’il m’est permis de suggérer des traits particuliers, hasardeux, qui relèvent de l’anecdote et qui produisent, en fin de processus, une oeuvre douée d’une sorte d’existence en soi.

Quintard Aurelie

Mon travail est figuratif et s’inscrit aujourd’hui dans une exploration approfondie de la peinture à l’huile. Après de nombreuses années consacrées à l’illustration et à la narration, je m’intéresse à un rapport plus lent et plus construit à l’image.

 

Je travaille principalement le portrait et la nature morte, envisagés comme des espaces de tension silencieuse. Les figures sont souvent situées dans des moments de passage : seuils, portes, entrées ou sorties de champ. Ce qui m’intéresse est moins l’action que l’intervalle — ce qui précède ou suit, le dialogue suspendu, la présence et son retrait.

 

Si mon parcours est marqué par la narration, ma recherche actuelle tend vers une forme plus contemplative, proche du symbolisme, où le sens n’est pas explicite mais suggéré par la composition, la lumière et la matérialité de la peinture.

 

Je travaille exclusivement de manière analogique — huile, aquarelle, gouache — en portant une attention particulière aux qualités physiques du médium : épaisseur, transparence, superposition, temps de séchage. La technique n’est pas un simple outil mais un terrain d’exploration à part entière.

 

Meine Arbeit ist figurativ und konzentriert sich derzeit auf eine vertiefte Auseinandersetzung mit der Ölmalerei. Nach vielen Jahren im Bereich Illustration und narrativer Bildgestaltung suche ich heute ein langsameres, strukturiertes Verhältnis zum Bild.

 

Ich arbeite vor allem mit Porträt und Stillleben, verstanden als Räume stiller Spannung. Die dargestellten Figuren befinden sich häufig in Momenten des Übergangs: Schwellen, Türen, Ein- oder Austreten aus dem Bildraum. Mich interessiert weniger die Handlung als das Dazwischen — das, was einer Situation vorausgeht oder folgt, der unterbrochene Dialog, Präsenz und Rückzug.

 

Obwohl mein Hintergrund stark narrativ geprägt ist, bewegt sich meine aktuelle Forschung in eine eher kontemplative Richtung, die dem Symbolismus nahe steht. Bedeutung entsteht nicht durch Erklärung, sondern durch Komposition, Licht und die Materialität der Malerei.

 

Ich arbeite ausschließlich analog — Öl, Aquarell, Gouache — und lege besonderen Wert auf die physischen Eigenschaften des Mediums: Schichtung, Transparenz, Textur und Trocknungszeit. Die Technik ist dabei kein bloßes Werkzeug, sondern ein eigenständiges Forschungsfeld.

Valerie Etterlen

Née en 1987 à Guebwiller, Valérie ETTERLEN est une artiste plasticienne qui vit et travaille à Strasbourg. Diplômée des Beaux-Arts de Nîmes avec une spécialisation dans les pratiques éditoriales puis dans les métiers du livre à l’IUT Michel de Montaigne de Bordeaux, son travail est marqué par le souci du détail, la précision du trait et le rapport au temps dans l’acte créatif. Son travail,proche du naturalisme, interroge le rapport au vivant, sa place, sa fragilité face à son exploitation par l’Homme, mais aussi sa beauté et sa fugacité.

Jordane Desjardins

Jordane Desjardins artiste.
J’ai obtenu mon diplôme à Paris en arts graphiques et dessin d’art.

Suggérer des formes par superpositions au travers de taches et coulures, et les laisser s’évanouir souvent jusqu’à l’abstraction.
J’aime peindre muse nature.
Les jardins, les fleurs, les étendues d’eau, les lacs et les étangs éveillent en moi un sentiment de quiétude et de béatitude.

Mon désir est de partager ces sentiments exaltants et tente de capter ces émotions essentielles dans mes peintures.
Je travaille sur toile libre surtout c’est-à-dire sans châssis et flottante comme une voile ou un étendard.

Le point focal de mon travail est celui de la couleur. Je la transforme, la modifie avec force et délicatesse pour mieux me l’ approprier. Dépassant les apparences de la réalité pour mieux révéler son essence, je m’éloigne de la couleur de mon sujet, le recréant à l’aide de teintes totalement irréelles. Je les dispose délicatement, fluides et liquides, accompagnant leur diffusion dans les trames du tissu.

L’essentiel de mon effort ainsi que de mon plaisir se trouve dans la composition de ces harmonies de couleurs. Ce sont elles surtout qui seront le vecteur de ses impressions et de ses sentiments délicats qui ont touché mon coeur dans la divine contemplation de la nature.
C’est ainsi que je m’efforce de révéler la quintessence de mon émerveillement.

Véronique Thiéry-Grenier

Véronique THIÉRY-GRENIER

Plasticienne à Strasbourg, Véronique Thiéry-Grenier peint et dessine, mais fait de régulières incursions dans le domaine du livre d’artiste et de la performance. Sous des formes diverses, la littérature est devenue rapidement un partenaire de recherche. Les thèmes abordés ont tous en commun l’idée du seuil et du non-dit, du silence et de l’absence. Le « rien ».
Pendant quelques années, Véronique Thiéry-Grenier a marqué une pause dans son travail de création, cessant quasiment sa pratique artistique pour se consacrer à l’enseignement (au sein du département d’architecture de l’INSA de Strasbourg, à l’Université Populaire, à l’Université du Temps Libre, à l’IUFM). Puis l’enseignement a laissé place à la reprise du travail personnel de création dans l’atelier, depuis maintenant cinq ans.
Après une dizaine d’années de peinture en noir et blanc (essentiellement du lavis d’encre de chine et du fusain), l’artiste a repris la couleur, dans son lien avec le silence, s’appuyant sur la figuration de ce que l’on nomme « nature morte ».
Lors de l’ouverture de l’atelier, le public pourra voir essentiellement des peintures à l’huile, des peintures vinyliques, et des aquarelles.