Horace Lundd

« Ce travail s’ancre résolument dans certains des enjeux les plus actuels tramant le champ de la création contemporaine, qu’il s’agisse d’une dimension postmédia assumée et réfléchie, articulant en un dispositif immersif des stratégies plastiques propres à l’installation, la vidéo, la performance ou encore à la scénographie, mais aussi en tissant un dialogue subtil avec nombres d’artistes actuels réinvestissant à nouveaux frais la question de la narration dans l’art contemporain. Enfin, son travail se fonde aussi sur une sorte de mise en scène de la construction sociale du genre en investissant des stratégies de neutralisation ou de sur-visibilité de nature à saper les assignations identitaires binaires héritées des schèmes cognitifs propres à la domination masculine. L’exposition comme espace pour un régime de regard émancipé des comportements routiniers et ouverts aux expérimentations esthétiques et sociales recoupe le territoire qu’Horace Lundd s’efforce d’explorer. »
Cyrille Bret.

Alain Villa

Il m’est souvent demandé :« Comment je fais » à quoi c’est du, comment je vois ça, mes connaissances techniques et scientifiques, et culturelles, ai-je de l’intuition…Je reviens sur ce que je nommerais l’éclatement des valeurs parallèles : confronté à un risque de marginalisation, mes activités photographiques, poétiques et plastiques, utilisées comme support et matière première, deviennent à la fois plus ténues et plus essentielles. Le viatique devient vital, journal. La photo, outil analogue à un carnet d’esquisse se trouve nantie d’une existence indépendante, certes toujours en question, souvent à la limite de l’utilité et du geste gratuit et si l’Art pose, pour moi, la question de la métamorphose, naît la crainte de l’œuvre qui comme l’ombre portée de l’artiste se matérialise, prends plus d’importance et met en abîme l’individu, l’artiste lui-même. Chacun son Bardo, espace entre le chaos et le désir d’ordre, représentation plus ou poins fragmentaire d’un microcosme et le témoignage d’un regard. À cela vient se conjuguer la revendication, cependant pas toujours indispensable, de la recherche d’interactivité des thèmes, susciter la réflexion du lecteur-spectateur et de l’acquéreur en renforçant la valeur narrative de l’image par juxtaposition des composants ; dialogue fond/forme.

Anne-Marie Ambiehl

Anne-Marie Ambiehl qui se définit comme artiste-assembleuse, travaille à partir d’objets ou de matériaux de seconde vie qu’elle fait se rencontrer dans des compositions pleines de contrastes avec une espièglerie parfaitement assumée… Elle puise son inspiration dans les histoires que les objets veulent bien lui raconter, dans les dialogues avec les personnes qui lui offrent des objets « déclassés » ou avec les artisans qui partagent avec elle des techniques artisanales d’assemblages.
Pour les ateliers Ouverts 2017, Anne-Marie Ambiehl présentera une série inédite de compositions qui mixent des matières de seconde vie, la typographie, le collage et la couture. Pendant cette période, elle présentera des travaux dans l’Atelier Bourgois, Mulhouse.

Erik Fryd

Erik Fryd dessine sur mur, papier, toile, verre ou bois…avec des outils analogiques ou numériques…la plupart du temps en présence d’un public qu’il sollicite (un peu trop souvent) pour venir à la rescousse de son inspiration défaillante !
Lors des ateliers ouverts 2016, il réalisera une performance graphique numérique projetée sur les murs du bâtiment 75.
Sur invitation de Clear Mind Factory, il transformera également les locaux de cette entreprise en show-room avec la complicité d’Anne-Marie Ambiehl. Des oeuvres graphiques inédites et des meubles d’artistes s’y côtoierons dans une douillette atmosphère post-industrielle.

Delphine Gutron

Je peins des souvenirs et grave la mémoire des lieux. Mon travail s’attache à raconter des espaces emblématiques, porteurs d’histoires, où l’intime rejoint l’universel. Je cherche à donner forme aux récits, à ces fragments du passé qui nous habitent et façonnent notre perception du monde. Dans mon atelier au Séchoir, mes oeuvres traduisent cette quête : celle de dire l’instant, le lieu, l’histoire. Chaque image devient un passage entre le réel et la mémoire, du mythe personnel aux mythes plus universels. À chacun sa narration.