Travaux en cours: » térébenthine essentiel, matières encore, énergies, couleurs, …lumière! »
Travaux en cours: » térébenthine essentiel, matières encore, énergies, couleurs, …lumière! »
Le travail de l’artiste s’est d’abord inscrit dans une démarche explicitement engagée, abordant les tensions géopolitiques et les fragilités écologiques et sociétales à travers des systèmes de signes structurés comme dans la série Ferrugineuses.
Aujourd’hui, l’engagement est latent et sous-jacent. Il ne relève plus du motif mais du processus : absorber les tensions contemporaines, les traduire en équilibres précaires, en respirations visuelles, en présences retenues.
Ses œuvres, légères et délicates, explorent des territoires flottants entre apesanteur (Tobikusa & Ukigumo) et cartographie irisée (POP Maps) : des espaces d’impermanence, propices à une attention ralentie, des lieux de métamorphoses et d’impermanence.
À la recherche d’un équilibre, Catherine Sombsthay chemine entre théâtre d’objets, musique et arts plastiques. Dès sa première création elle développe un axe de recherche précis : entrer dans la proposition artistique par l’objet manipulé et l’occupation de l’espace. Les objets sont choisis en tant que matériau « sensible » plus que pour leur caractère usuel ou leur capacité à « figurer ». Au fil des années, d’hyperréalistes, ils deviennent matière avant de tendre vers l’abstraction. L’espace est redistribué entre l’aire de jeu et la position du public. Il interroge la place physique et émotionnelle du spectateur dans le dispositif théâtral et promène le public dans l’évocation plus que dans l’histoire. Actuellement, elle développe les relations entre arts plastiques et arts de la scène en proposant une série de formes plastiques théâtralisées ayant pour ambition de développer une idée simple en quelques minutes. Elle s’efforce d’associer physiquement le public présent dans des propositions ponctuelles et ludiques.
Dominique Haettel développe une pratique artistique axée sur la réinterprétation d’éléments oniriques, surréalistes et irrationnels. Dans ses créations (dessins, peintures, assemblages, photographies) il est constamment à la recherche de ce qui se cache derrière… au delà des apparences. Le côté « inachevé » de ses représentations imaginaires crée un sentiment de mystère et d’attrait qui amplifie le pouvoir suggestif de l’œuvre, entraînant ainsi le spectateur dans un monde chimérique et fantasmagorique.
Concepteur lumière depuis 1998, je conçois et réalise des projets de mise lumière de bâtiments et de sites urbains ou paysagers. Depuis 2017 je réalise des animations lumières sur le principe du vidéomapping et assure la direction artistique et la réalisation des contenus vidéos.
Parallèlement depuis 2001, dans mon atelier, je modèle l’argile avec l’obsession des visages et des expressions. Je me laisse guider par la pâte et voit naître entre mes doigts des portraits sculptés par le temps, figés dans l’expression d’une émotion ou d’un sentiment intérieur.
J’exacerbe les tensions musculaires, je force le modelé de la peau, je retire cheveux et cils pour renforcer la théâtralité de l’expression et forcer l’attention sur le visage.
Mes têtes imaginaires inspirées par l’instant ou par des photos de personnes anonymes, cherchent à exprimer un état de l’âme et à provoquer chez le spectateur une émotion similaire en invoquant le souvenir d’un moment de vie ou d’une expérience individuelle.
Je travaille par série pour explorer différentes approches dans la relation de la sculpture au socle ou encore pour appréhender le lien entre l’expression des visages et leurs corps, corps et mouvement ébauchés ou présents.
Le travail de séries me permet d’écrire une narration et de provoquer des interactions nouvelles entre les pièces mises en scène. Ainsi chaque pièce devient l’élément élémentaire d’un ensemble qui permet d’opposer l’individu à la foule, le singulier à l’universel.
L’argile une fois façonnée, est cuite à haute température dans mon propre four. En fonction des séries, j’aborde alors le biscuit selon plusieurs techniques inspirées par les traditions de la polychromie. Par une succession de couche, de patines et de lavis à l’huile je souligne les expressions par un rendu hyperréaliste.
Sur d’autres séries j’applique plusieurs couches d’émaille ou d’engobe à la façon des Terracotta et prends beaucoup de plaisir à explorer et me laisser surprendre par l’aléatoire, par les accidents et merveilles que je découvre en ouvrant le four.
Les effets de matière enrichissent alors les volumes du corps et de la tête.
Ce que j’aime, c’est prendre un élément et le transposer, changer sa taille, sa matière dans un travail de recomposition et d’assemblage. Sélectionner un objet du quotidien et le faire devenir alors l’élément de départ du processus de transformation. L’affranchir de sa condition, de son utilité. Utiliser des matériaux divers pour créer des rencontres inattendues.
La thématique qui m’occupe en ce moment est liée aux questionnements posés par les incertitudes qui pèsent sur le monde et plus particulièrement les questions environnementales.
Pour interroger des concepts d’adaptabilité, de transformation et d’hybridité, j’ai – paradoxalement – choisi de me tourner vers une forme de réenchantement en explorant la notion de merveilleux.
Du latin Mirabilia : choses étonnantes ou admirables, qui nous entraînent du coté des contes et des chimères, de l’étrange et de l’inquiétant parfois.
Je privilégie des procédés appartenant aux champs de l’art populaire, de l’artisanat ou du bricolage. Ils me permettent une pratique diversifiée et libérée des contraintes techniques. Une pratique qui expérimente le langage des matériaux et confronte les matières. Faisant apparaître des tensions, suggérant des points de rupture, la recherche plastique est engagée dans une tentative de production de sens à travers un travail pointant les contraires, les oppositions et les dualités.
Mon travail s’articule autour des notions de trace et de mémoire, ce que j’appelle le fantôme réel , soit une réflexion picturale autour de ce qu’il reste d’une existence ou d’un événement. Chaque trace laissée sous quelque forme que ce soit est un indice précieux qui nous permet de se faire une image plus ou moins précise de ce qui a pu se produire. Ma démarche est avant tout observatrice : je collecte, je contemple, je photographie chaque détail qui me touche, qui pourrait par sa seule présence raconter une histoire. Je veux faire parler les objets morts , leur donner de la voix là où justement leur utilité s’est évanouie. Tout ce que nous touchons, tout ce qui nous entoure est un prolongement de notre propre corps ; le paysage, les bâtiments, les objets sont des extensions. On pourrait dire qu’ils sont les organes inorganiques de notre existence et témoignent ainsi de notre vécu après même notre disparition. C’est principalement au travers de la photographie argentique que je construis mon travail, je la vois comme un spectre, un instant qui n’apparaîtra plus jamais, le fameux « ça a été » de Roland Barthes. Elle est une apparition, créée par la lumière qui devient image, elle se matérialise. Cette idée de matière persiste également au travers d’autres expérimentations dessinées, installées car c’est bien la matière qui est marquée par le temps, grâce à quoi on peut deviner les traces et les faire parler. Ma recherche, à la fois archéologique, artistique et matiériste se veut l’interprète d’un certain passé,le mien, celui des autres. On ne peut construire un « après » sans connaître l’ « avant ». Nous déambulons dans un monde jonché de stigmates qui contribuent à nous façonner
Mon travail porte sur le sentiment de foisonnement vital. En résonance avec le désir, porté par les corps, la nature et le rythme des saisons. « Je peins. Quand je peins, quand je dessine, il est question de puissance, il est question des palpitations du désir. Je peins le désir, la vie, les bourgeons tendus, les fleurs qui éclosent, le vent léger dans les feuilles, le ciel bleu à travers les arbres, la moiteur et la chaleur de la peau, l’odeur de la sueur et les sourires à ces moments. Je ne raconte rien. Il n’y a pas d’histoire. Mon travail dit la captation de toutes ces choses : l’instant, vivant, jubilant, foisonnant, de verts, de rose, victorieux, le passé enroché, l’espoir là et le désespoir plus loin. »
Si pendant de longues années mon travail tournait autour de l’image du corps -travail avec modèle vivant, travail à partir de modèles culturels- c’est à partir des gravures réalisées après les attentats du 13 novembre 2015 que mon travail prend délibérément une tournure plus engagée.
Dans la multitude de démarches artistiques d’aujourd’hui, il me semble important de prendre conscience que nos regards et prises de positions artistiques ne sont pas neutres. Nous venons de quelque part, nous sommes ancrés dans une histoire individuelle et collective. C’est la raison pour laquelle je m’intéresse depuis longtemps aux mythes et à leur manifestation dans l’histoire de l’art.
L’histoire (de l’art irrigue) mon travail.
Depuis un certain nombre d’années, je dessine au musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg des sculptures provenant de la cathédrale. Ces séances de dessin sont l’occasion de faire monter à la surface (du papier ET de la conscience !) des connexions enfouies.
Des jeunes femmes, nommées Vierges Sages et Vierges Folles dans la Bible (Matthieu 25, 1-13) me plaisent particulièrement. Elles portent quasiment toutes un voile et témoignent de leur individualité par l’attitude du leurs corps et l’expressivité de leurs visages.
Le texte biblique à l’origine de cette iconographie, de Saint Matthieu (cf. Matthieu 25 : 1-13), prête des paroles extrêmement dures au Christ, qui juge 10 jeunes femmes, dont la moitié sera exclue de la fête !
Ce qui est accepté en histoire de l’art, est souvent un défi pour notre regard occidental aujourd’hui. Des femmes portant un voile nous irritent parfois, nous déstabilisent et interrogent notre vision du monde musulman.
«Voil(é)es»
Ça fait un certain nombre d’années, que je travaille sur le sujet de femmes voilées. J’interroge sans juger ni prendre parti ; c’est le sort et le combat humain de ces femmes qui me motivent. Elles contribuent largement à modifier notre regard sur le monde (musulman) en défendant les droits humains et la justice sociale et elles sont au cœur de mon projet que j’ai intitulé « Vierges Sages – Starke Frauen »
«Vierges Sages-Starke Frauen »
A partir de mes lectures, je me suis rendue compte de ma grande ignorance au sujet du voile … et je ne dois pas être la seule …
Faire le procès, juger, exclure la moitié des « Vierges » (femmes ???) de la fête, comme décrit dans le texte de Saint Matthieu, ne me convient pas.
L’idée de rendre visible en dévoilant, donner à voir et diffuser l’image (et les biographies) de ces femmes est au cœur de mon travail.
Je souhaiterais présenter lors des ateliers ouverts 2026 des sérigraphies peintes réalisée à partir d’images de photos de de femmes ainsi que les nouvelles gravures d’une série initiée en 2021.
Ce travail a été montré en 2024 au Conseil de l’Europe et dans le cadre du OFF des Assises Européennes de lutte contre les violences faites aux femmes