Natacha Caland

Je vise à mettre en scène les ombres, la lumière et le mouvement par des dispositifs aléatoires ou contrôlés des pièces constitutives de mes tableaux. Je recherche l’épurement notamment par des couleurs strictement monochromes qui évitent que le regard soit pris dans les interactions de couleur. L’essentiel est la direction donnée au mouvement de mes tableaux, mouvement que je tente d’explorer jusqu’à son terme.. Les supports de ma recherche sont les décalages, les alignements, les trames, les géométries, les ruptures, la progression…Je travaille les limites et l’infini, l’insaisissable et l’éphémère, l’aléatoire et l’ordre en visant à créer, à travers le regard du spectateur, des émotions esthétiques qui ressortent du non-dit et de l’inconscient. Je m’inscris ainsi dans la ligne du travail des cinéticiens du XXe siècle revendiquant le minimalisme et la pure abstraction.

Emmanuel Henninger

Engagé dans une pratique du dessin, Emmanuel Henninger s’intéresse à l’iconographie du paysage et à la problématique de la subsistance d’écosystèmes anciens et de leur modification sous l’effet des activités d’exploitation des ressources naturelles. La nécessité de donner un sens esthétique aux espaces dans lesquels nous vivons, mais aussi d’y renouveler l’engagement social et politique, lui semble plus pressante que jamais.

Il arpente les lieux à pied dans le souci d’une approche lente qui rend les paysages progressivement familiers jusqu’à une forme d’immersion. Cet enjeu environnemental dans sa pratique du dessin le pousse à explorer quelques sites en tension et c’est donc par le biais d’un travail de collecte documentaire de motifs témoignant des modes d’exploitation des ressources naturelles, et des formes de contestations qui en découlent que s’ancre sa pratique artistique.

Aujourd’hui plus précisément, son intérêt se porte vers la mutation des espaces et des forces de contestation.

Son travail de recherche aspire à produire des mémoires personnelles et collectives reflétant la diversité des engagements dans lesquelles elles opèrent..

Il s’agit d’envisager une histoire des personnes invisibilisés et de jouer sur ces lieux de convergences où viennent se rencontrer des mouvements minoritaires afin de révéler une mythologie des sous-cultures.

Masquant les visages, il cherche à faire allusion aux sentiments d’effacement et d’invisibilité des communautés au travers des ZAD.

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

Frédéric Henninger

Je peins de façon spontanée et intuitive. Ma peinture est instantanée. Dans la série les Essais, la surface s’élabore dans un moment très rapide et intense de concentration sans détermination préalable. Un instant tactile se matérialise, souvent repris, réactivé. J’applique les couleurs en fonction de mes sensations et du dialogue qui je souhaite obtenir entre elles et la perception de la matérialité de la surface. La peinture se concrétise pour moi dans une sorte de restitution de mes expériences physiques et sensibles. Je souhaite projeter de façon concrète la peinture auprès du regardeur par l’intermédiaire de la surface peinte, de la texture, de la matérialité, de la lumière, ses couleurs, son espace, sa pesanteur. L’image peinte se matérialise entre structuration et improvisation suivant un processus de palimpseste entre gestes et matières. La peinture laisse apparaître ses différentes couches, son histoire depuis son origine la toile vierge jusqu’à son état final. La peinture est pour moi un enregistrement de l’expérience du faire. Les couches sont comme une mémoire des échecs successifs que j’ai repris et surmontés. Une sorte de temps visible mis en espace. La peinture résulte à la fin de l’ensemble des étapes précédentes et dépasse toutes mes prévisions. Cela me permet de questionner l’impermanence du réel, ses cycles et son expansion. La cire d’abeille que j’introduis dans la couleur me permet d’intégrer d’une certaine façon un fragment de nature issu du territoire dans lequel je vis. La série des Atmosphériques se caractérise par un processus « météorologique » qui me permet d’exprimer des temps suspendus, inachevés, ouverts.

Sébastien Haller

Plasticien sculpteur né à Mulhouse, je pratique la sculpture depuis 1999. Je travaille le métal. J’ai démarré ma pratique artistique par la réalisation de tableaux en fils de fer qui racontent des histoires d’hommes, de femmes. Instantanés sortis de mes moments de contemplation du monde contemporain, j’aborde au fil des ans différentes techniques de travail du métal : d’abord des tôles découpées aux dessins précis et acérés, figuratifs et graphiques puis des pièces en acier découpées au laser. Depuis 2001, je réalise des sculptures en acier découpé thermolaqué ou en acier corten qui sont exposées, et certaines vendues partout en France. Mes sculptures souvent anthropomorphes, sont des invitations à se projeter ailleurs, à se détacher de la rudesse du monde pour le percevoir avec humour et poésie. La nature, le vivant, les hommes, les animaux sont des sujets récurrents dans mon travail. Je développe régulièrement des projets de commandes publiques et privés, aussi bien pour des architectes, promoteurs immobiliers, mairies, que pour des particuliers.

Brigitte Bourdon

  • Développe un travail personnel autour de la mémoire

utilisant le textile, le papier, le fil, et l’écriture… prenant

plusieurs formes plastiques : gravures, sculptures, et grandes installations…

Le texte, le mot, le signe, son fond et sa forme, la place de la femme dans cette image souvent réductrice du textile et de son identité voilà quelques thèmes récurrents de sa production.

Utilisant le glanage dès ses premières installations : « Hommage à elle ou les vêtement d’une vie » Caen 1979 à la Comédie de Caen. 

Adepte de la sérendipité  dès que celle-ci alimente et nourrit sa réflexion sur la place de ses matières de prédilection  dans la société et leur impact mémoriel.

 

Ainaz Nosrat

“Ainaz Nosrat convoque sa culture mythologique persane et la mélange à d’autres horizons. De cette mixture sort une nouvelle histoire, en mythe contemporain, dans laquelle on peut saisir des tragédies contemporaines. Ce qui est fait aux femmes, à leur corps, à leur esprit, aux contraintes multiples d’un monde contemporain qui se croit libre. Mais elle se saisit également de la scène fertile qui en découle. Que voyons-nous ? Des fragments de femmes, comme la découpe issue d’un pattern de couturière. Des bribes ? Des broderies. Des boîtes à musique qui relient, dans des rouages improbables, et font gémir la chair, les ventres, les seins. Cela grince, ripe, cela étire à l’infini les souffrances de l’humanité. La douleur qui se joue ici n’est pas exempte d’ironie et parfois d’humour. La peinture est parfaite, de l’ordre de la précision du tissage d’un tapis, ou de la manière délicate de la miniature. La couleur est soit en harmonie soit laisse a-paraître des stridences, des discordances. Des points tressent finement l’ensemble de la surface. C’est comme si, toute jeune peintre encore, elle osait ces citations vers Van Gogh dans les tournoiements du ciel, ou encore Gauguin avec des jaunes acides. De ce paradoxe d’une couleur qui nous touche, nous charme (de l’or qui accroche) et de l’aspect vénéneux naît une incroyable force. Nous foulons des prairies suaves, délicatement tracées et puis nous découvrons, dans la forêt des herbes, des phallus (un peu féminisés dans la même mesure inversée de ce que Brancusi fait à Melle Pogani), des plantes voraces, dévoreuses qui observent en silence ce que fait la peinture à l’advenir du corps, au désir qui se cache et se dévoile. Moules phalliques, malice des moules féminins, Duchamp revisité dans un dadaïsme persan, critique et incisif. Une oeuvre n’est jamais figée, elle avance en tentant des formes nouvelles, des couleurs différentes, des techniques déjà usitées.” Germain Roesz, expo des femmes et des chimères, Zone d’art, 2015

Mathilde Cochepin

Mathilde Cochepin est auteure-illustratrice et artiste sculptrice. Dans son atelier à Strasbourg, Mathilde écrit, dessine et sculpte des objets uniques inspirés de l’univers jeunesse. Le livre animé, qui est au cœur de sa pratique, s’articule avec une production de sculptures. Totems, crocos-tigres, canards-bananes, chauves-souris dodues… Mathilde développe un bestiaire graphique haut en couleur. Cette artiste participe chaque année à des salons, des foires et des expositions où elle expose son travail.

2022 • SALON RÉSONANCE[S], SALON EUROPÉEN DES MÉTIERS D’ART, FRÉMAA, PARC EXPO WACKEN, 67000 STRASBOURG.
2022 • TRESOR[S] ROUGE, EXPOSITION COLLECTIVE, GALERIE NICOLE BUCKFRÉMAA, 67117 HURTIGHEIM.
2022 • CARRÉ SCULPTURE, MARCHÉ DE LA CERAMIQUE CONTEMPORAINE DE GIROUSSENS (81), TERRE ET TERRES.
2022 • ATELIERS OUVERTS, BASTION XIV, RUE DU REMPART, 67000 STRASBOURG.
2021 • ST’ART, FOIRE EUROPÉENNE D’ART CONTEMPORAIN ET DE DESIGN, PARC EXPO WACKEN, 67000 STRASBOURG.
2021 • SALON RÉSONANCE[S], SALON EUROPÉEN DES MÉTIERS D’ART, FRÉMAA, PARC EXPO WACKEN, 67000 STRASBOURG.
2021 • EXPOSITION EN DUO, ESPACE ÉPHÉMÈRE 22.2, 25290 ORNANS.
2021 • ATELIERS OUVERTS, BASTION XIV, RUE DU REMPART, 67000 STRASBOURG.

Géraldine Husson

A travers une approche multiple, je m’interroge sur la porosité, qui existe entre les disciplines. Je passe avec liberté d’un domaine à un autre sans égard de frontière. L’interférence des champs est ma ligne directrice. Mes réalisations questionnent ce croisement par l’instauration de rapports singuliers entre corps, objets et espaces. L’ambivalence de la destination et du statut de l’objet produit m’intéresse. Je me penche à la fois sur l’existence et le dépassement des frontières disciplinaires, spatiales, imaginaire. Le franchissement entre les territoires, en empruntant certains chemins, me permet par association ou hybridation de prendre plusieurs issues, tournures. La circulation parallèlement à la tension qui peut exister entre les disciplines, cohabitent. Les productions s’inscrivent dans cet endroit informel où différents secteurs s’entrecoupent. La limite est envisagée comme une membrane perméable. Je parcours son paradoxe de commencement-fin. Le mystère de l’origine de la vie, de ses cycles et de l’univers m’a toujours intrigué. L’origine n’a ni commencement ni fin. Elle est infinie en tout point de l’espace et du temps. Un concept originel, qui a germé en moi pour devenir une source d’inspiration illimitée. La cellule là où la vie, la matière, la forme prend corps. La fragilité inhérente à la force qui en émane. L’aspect cellulaire est un thème récurrent dans plusieurs de mes pièces. La dualité et la complémentarité sont souvent présentes au moment de la conception des pièces. En combinant les pratiques, les techniques et les matériaux, j’explore, trace, transforme, façonne. L’allure polymorphe, des propositions hétéroclites. Objets / sculptures / peintures / installations invitent à vivre une expérience. Les sculptures enfilées, les objets épinglés, les peintures deviennent espaces. L’apparence minérale et la douceur des lignes épurées s’accordent, s’opposent, se complètent. Droites et courbes coexistent. Tracé fluide ou en pointillé, je dessine les contours puis j’entre au cœur. La couleur est utilisée avec tempérance. Du noir au blanc, je sillonne les nuances de gris. Tonalités naturelles. Poudre de cuivre. Anthracite. Transparence, reflet, profondeur. La matière sensorielle, un soin particulier dans son choix est apporté. J’accorde une place importante au rapport sensitif que peut procurer une pièce. Une forte propension à la sensualité est engendrée. Le processus de création m’importe autant que l’objet produit. Lorsque je travaille sur un projet, je ressens rapidement l’urgence de matérialiser la pièce imaginée. La création peut orchestrer des gestes expansifs ou restreints toujours en constante concentration. La sensation de plaisir est intensément présente. Le lieu intime ou de partage, les objets-espaces, les peintures-assemblages peuvent être des endroits où des choses se produisent. Le temps d’une rencontre, l’espace d’un moment. Les installations peuvent être appréhendées en solitaire ou à plusieurs. Elles existent seules ou ensemble. La quiétude semble se dégager des pièces. J’aime créer des pièces qui invitent à la contemplation comme à la réflexion, tout en y glissant un peu de poésie. La recherche autant que le regard esthétique sont subjectifs. La beauté du geste, d’un silence à sa place. Libre à chacun de se faire sa propre interprétation. L’acte créateur autant que la perception expriment toujours quelque chose de soi. Mon engagement est celui de passer à l’action : Créer. La concrétisation fait acte.

Clémentine Margheriti

Parce qu’au commencement, c’est un gouffre à franchir: de moi à la peinture, au geste de peindre. Ma peinture commence en écartant tous les autres chemins possibles. Alors un fil, et je me cramponne. J’ai plusieurs peintures en cours, qui finissent par être abandonnées, remplacées par d’autres, auparavant délaissées. Elles refont surface de nombreuse fois. Travail au long cours, à la limite de l’absurdité. Ce sont essentiellement des petits formats sur bois ou ardoise. Ces supports m’apportent la concentration et m’amènent à une densité, que j’observe parfois comme un point trop dense, sans échappée. Où est l’image? Où est la peinture? Je peins et dis « surface ». Je me colle à la paroi, comme une pulsion avec le désir de la franchir. Je suis Narcisse et je repeins Adam et Eve. La peinture me lie à ma langue, elle est ma matière à penser, ma présence au monde.

Anne Wicky

Tout est bruyant et flou, emmêlé. Je tournoie dans l’atelier, par bouts d’ellipses, tâtant l’air, la lumière, le bazar. J’attends la fulgurance. Je pense ; la matière et l’esprit sont liés. Combien faut-il de clous pour reboucher un cœur ? Le bleu cobalt me donne envie de courir nue entre les glaces. L’Indigo m’épaissit le sang, le rend velours. J’entre à petits pas dans le rythme du temps géologique. Celui où la matière se forme. J’ai le temps avec moi. Je me débarrasse. Je peins avec la matière, cherche à tâtons l’impact dans l’inhérent. Mets le hors-champ dans le champ. Je peins sans artifice, avec un œil sous terre, ouvert. Comme un caillou âgé de cinquante ans, de cinq cent mille ans. Un caillou de l’espace. La peinture est une entreprise de clarification. Quand le temps le permet ; j’embrasse les pierres salue les arbres caresse l’air, libre. Tel est le but, s’il en faut.